‹ Hygiène philosophique de l'âmeChapitre 45 sur 63 · DES CONSOLATIONS DANS LA VIEILLESSE · texte numérisé non relu

DES CONSOLATIONS DANS LA VIEILLESSE

réguer jusqu'au dernier moment sur tous ceux qui l'environnent. Abdiquer le commandement, toujours tempéré, il est vrai, par la justice et la douceur, c'est intervertir les rôles, c'est descendre l'échelle des ans, redevenir enfant et inspirer la pitié, mais non le respect. Alors, cependant, toute consolation ne nous abandonne pas encore dans cette faiblesse sans défense. Nous n'avons plus pour nous soutenir la main d'une mère, qui depuis longtemps nous a précédés dans la tombe ; mais nous trouvons souvent, pour la remplacer, le cœur d'une fille qui nous fait une tutelle sainte de son affection, et devient la tendre mère de l'enfance du vieillard.

11 est très vrai que peu de gens savent être vieux, et que nous arrivons novices à chaque âge de la vie. Toute expérience s'achète ; heureux celui qui la devance parla raison ! Il y a des dangers de plusieurs genres à ne pas en accepter les enseignements. Si l'enfant qui dogmatise, inspire la pitié, quel mépris ne ressent-on pas pour le vieillard qui, oubliant ses cheveux blancs, compromet sa dignité dans les amusements frivoles et dans la poursuite d'aventures qui le livrent à la risée et à la déconsidération ! Chacun doit s'efforcer de remplir sa lâche conformément au vœu de la nature et de la Providence. Celle du vieillard est la sagesse, la prévoyance, le conseil, la modération, l'indulgence; c'est par ces qualités qu'il se fera chérir et honorer.

Nous avons prouvé par de nombreux exemples et en nous appuyant sur l'opinion des hommes les plus sages, que l'étude, les lettres et la philosophie sont, pour tous les âges et dans toutes les positions , le charme le plus noble de l'esprit, la plus douce consolation des cœurs.

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