‹ Hygiène philosophique de l'âmeChapitre 47 sur 63 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

SUR LA MORT ET LE BUT DE LA VtE.

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La mort est la fin commune de tous les êtres } elle n'épargne personne. On commence à mourir au moment même de sa naissance^ et chaque heure nous rapproche de celle qui sera pour nous la dernière; elle fait en quelque sorte partie de notre être^ elle est l'inévitable condition de la vie f et c'est par elle surtout que les hommes sont véritablement égaux. Nous ne pouvons faire un pas sur la terre sans marcher sur la cendre d'un mort. Depuis six mille ans, toutes les générations qui nous ont précédés, ont mêlé leur poussière à cette poussière) chaque parcelle de la terre que nous foulons fut aniniée^ chaque grain de cendre a été arrosé par du sang ou par des larmes, et nous nous livrons à la joie sur ces débris de l'humanité ; nous dansons sur des sépulcres, et nous ne pensons pas que nous-mêmes^ dans quelques années^ demain peut-être, nous ne serons plus ; nos passionf^^ nos joies, nos espérances, tout ce qui fut le rêve d'une ombre aura rejoint ces cendres refroidies et silencieuses.

Quoique la mort délivre l'homme de toute douleur et le prive de tout sentiment, il ne peut abandonner sans regret l'hôte dont il va se séparer, le compagnon de ses misères et de ses peines. La crainte de le savoir eiposé

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