SUR LA MORT RT LB BUT DB LA TK
S4»n iiiédecin Tavanl abordé en lui demandant : « Com-
ment cela va-t-il ? — Cela ne va pas, répondit Fontenelle, cela s'en va. » Comme il le questionnait sur ses souffrances : « Je ne sens, reprit-il, qu'une difficulté de vivre. » Au dernier moment il ajouta : <x Voilà la première mort que je vois. »
Enfin on trouve des hommes bizarres qui cadient leur vrai caractère, dont les actes nous laissent ineertains sur les motifs qui les ont dirigés, véritables protées pour rhistoire et le moraliste. Tel fut Maximilien qui, étant empereur, voulut être pape, qui se montra l'ennemi le plus jaloux comme l'admirateur le plus enthousiaste de la France, laborieux et négligent tont ensemble, entreprenant et timide à la fois, le plus avide et le plus prodigue des hommes ; en réalité , désirait-il ou craignait-il la mort? Maximilien faisait conduire dans ses voyages et déposer tous les soirs dans sa chambre deux grands coffres dont il ne confiait les clefs à personne. Chacun était persuadé qu'ils contenaient ses trésors et des papiers importants. Dès qu'il eut rendu le dernier soupir, on se hâta de les ouvrir, et quel ne fut pas l'étonnement, de ne trouver dans l'un qu'une bière et dans l'autre qu'une pierre sépulcrale sur laquelle il avait gravé son épitaphe !
Aucune exagération ne nous paraît conforme à la nature non plus qu'à la droite raison; il est peu digne d'un homme de trembler à la seule pensée qu'il doit mourir un jour. N'est-ce point une faiblesse ridicule, de ne pas savoir se soumettre à une nécessité imposée à tous par la nature et que, volontairement ou contre son gré, il ne faudra pas moins subir? Quelle pitié de s'in-