‹ Hygiène philosophique de l'âmeChapitre 57 sur 63 · SUR LA MORT BT LE BUT DE LA VIE · texte numérisé non relu

SUR LA MORT BT LE BUT DE LA VIE

Non, assurément, le but de |la vie n'est pas la mort; si elle en était l'objet et la fin, Dieu nous l'aurait fait aimer et désirer comme tout ce qui est beau et vrai ; mais soyons sincères, et reconnaissons qu'elle inspire, au contraire, à la nature sensible et aimante de l'homme une aversion qui ne peut être surmontée que par la raison; cette répugnance prouve invinciblement que l'homme n'était pas créé pour la mort. Il se pare avec recherche pour les jours de fête ; eh quoi ! l'âme s'ornerait de vertus et de perfections, l'esprit se consumerait dans l'étude, le génie enfanterait ses merveilles pour tout porter au néant? Cette doctrine serait celle du désespoir, et la raison comme le cœur la proclament un mensonge.

Mais pourquoi donc la mort, si elle n'est pas naturelle î Ici commencent des mystères dont nous ne cherchons pas à soulever les voiles. D'après Moïse et les auteurs sacrés, saint Paul a dit que la mort est la solde et le payement du péché (1). On objectera peut-être qu'on ne saurait imaginer un monde et des lois différents de ceux qui existent actuellement, ni des hommes qui ne soient sujets ni à la douleur, ni à la vieillesse, ni à la mort. Si les hommes ne mouraient pas, ajoute-t-on, ils se multiplieraient à l'infini, et dans un petit nombre de siècles couvriraient le globe tout entier. Ces difficultés ne sont réellement pas sérieuses. Ainsi que nous l'avons dit autre part, l'expérience seule révèle la nécessité de la mort. Nous avons plus de peine à expliquer comment un organisme si parfait s'arrête dans sa durée, se brise et se dis-

(1) Épitreaux Romains, chap. vi, ^3,

Page 1