‹ Hygiène publique. Les Odeurs de Paris... Deuxième éditionChapitre 2 sur 12 · de matières organiques · texte numérisé non relu

de matières organiques

Il se développe en outre dans les tuyaux des végétations, des algues qui entravent la circulation.

Les conduites se détériorent lorsqu’elles sont exposées aux gelées; placées dans les égouts, ou enterrées profondément, il n’y a aucun risque à courir, si ce n’est pour les portions établies dans l’intérieur des maisons.

Lorsque les conduites sont posées en terre, il faut aussi les préserver des secousses produites par le passage des voitures, par les ébranlements dus aux inégalités du pavage et qui se propagent dans le sol jusqu’à une certaine profondeur; il faut encore avoir soin de donner des épaisseurs suffisantes aux tuyaux des colonnes montantes qui reçoivent des chocs, dits coups de bélier.

Les canalisations avaient été faites, dans le principe, en bois; on creusait des sapins qu’on armait à leurs extrémités de brides en fer. Ce mode peut être conservé pour des canalisations de peu d’importance ; il ne peut être employé à Paris.

Ce ne fut qu’en 1823, que les ingénieurs attachés à la direction des travaux de Paris, prirent la détermination de placer dorénavant les conduites d’eau dans les égouts; nous avons fait remarquer que les visites se font avec facilité et fréquemment les pertes sont reconnues et réparées de suite; tandis que lorsque les conduites sont posées en terre, les visites sont impossibles et on ne peut réparer les dégradations qu’alors souvent, il est trop tard.

Sous galeries les conduites sont placées sur appui, elles ne sont pas susceptibles de tassement, par les cahots du roulage comme lorsqu’elles sont placées en terre.

Les écoulements d’eau se font dans des conduites maîtt'esses qui

prennent leur point de départ au bassin; elles ont ce caractère distinctif de pouvoir fonctionner indépendamment les unes des autres.

Elles ont un diamètre, plus ou moins considérable, suivant que la quantité d’eau et la longueur qu’elles auront à desservir, sera plus ou moins grande.

Il arrive fréquemment que deux conduites maîtresses soient mises en communication par un branchement pour se porter un mutuel secours.

Les conduites secondaires ou branches de ramifications, sont de premier, deuxième et troisième ordre.

Les conduites sont placées au fur et à mesure que les égouts se construisent, sur des consoles en fonte.

On ne se sert pour la conduite des eaux que de tuyaux en fonte, qui durent, nous l’avons vu, plus d’un siècle.

Le placement des tuyaux, sur une console en fonte ou sur une colonnette s’appuyant sur un des quais de l’égout, ne présente aucune difficulté, si l’ingénieur qui conduit les travaux a eu soin de faire marcher de front, la construction de son égout et la pose de son tuyau.

On conçoit que cette opération faite avant la fermeture de la voûte, avant que l’émissaire ne soit enfoui sous terre, doit s’effectuer sans beaucoup de frais.

Mais il n’en est pas ainsi, et le public se demande pourquoi l’administration s’y prend en temps inopportun pour accomplir ces travaux; il se demande encore pourquoi les tuyaux n’y sont posés que lorsque l’égout est fermé et enfoui sous terre, ce qui oblige à démolir la voûte, de distance en distance, pour le*s y faire entrer?

Dans le premier cas, les joints, les rivets manquants, l’ajustage, se feraient en plein soleil; dans le second au contraire, cette opération si simple se fait dans les ténèbres, à la lumière de la lampe du mineur, dans un endroit où aucune aise n’est permise à l’ouvrier, aussi ne doit-on pas être étonné du coût élevé de ces travaux.

Les conduites en poterie , seront l’objet d’une discussion circonstanciée que nous ferons au sujet du service des maisons à l’égout. Elles présentent pour la conduite des eaux, à une haute pression, comme cela a lieu à Paris, par suite de la multiplicité des joints, des inconvénients graves qui n’ont pas permis son emploi sur une plus grande échelle que celle qui existe.

L’EAU A PARIS-

Les conduites en verre, présentent les avantages et les inconvénients des tuyaux en poterie ; elles coûtent plus cher, ce qui ne leur permet pas de lutter avantageusement avec la fonte qui, aujourd’hui, d’un prix peu élevé, est employée dans les égouts à la canalisation des eaux de Paris.

Ces tuyaux se coulent sous toutes les formes, les recouvrements sont précis, d’où un placement facile et des joints économiques.

L’assemblage se fait par emboîtement, le vide étant rempli par de l’étoupe qu’on comprime à joints plats.

Des robinets à clef de dimensions différentes permettent de diriger l’eau dans un sens ou un autre. Au point où il est placé, le tuyau de conduite, s’il est en terre, est accessible, grâce à un tube vertical en fonte, fermé au niveau du sol par un couvercle de fonte. L’employé de la compagnie, communément ouvre et ferme à volonté au moyen d’une douille carrée.

Les robinets vannes sont, comme le nom l’indique, des séparations verticales que l’on abaisse ou élève dans une conduite maîtresse. Ce sont en un mot les écluses de la canalisation qui permettent à Peau de se porter dans la direction que l’on désire.

Nous sommes arrivés aux confins du parcours de l’eau destinée aux besoins de l’alimentation de la ville de Paris ; le service administratif, après l’avoir recueillie dans les fleuves, les sources et les puits, l’avoir conduite dans des bassins d’approvisionnement, l’avoir menée, par des conduits en fonte et en plomb, aux maisons, aux fontaines et aux établissements municipaux et hospitaliers, la met à la disposition du public. Nous aurons en décrivant l’installation intérieure dans une maison et dans les bâtiments hospitaliers et municipaux à nous occuper encore des services qu’elle satisfait et de ceux qu’elle doit satisfaire.

LA MAISON

« Chaque maison, par un conduit fermé, « constamment rempli à une haute pres- « sion, doit donner à l’habiiant, tournant « un robinet, une source d’eau pure pour « les besoins et la propreté des lieux qu’il « occupe. »

« Chaque maison doit évacuer à l’égout, « aussitôt formées, ses déjections, ses eaux « sales, ses vidanges.

« Chaque maison doit être construite de « telle sorte que toute porte d’appartement a ait son issue sur un palier; que tout cou- « loir d’accès soit défendu, que toute pièce « soit munie d’une cheminée et d’une fe- « nôtre et cube au moins 25 mètres. »

Consommation «l’eau. — Dans les maisons de Paris on consomme actuellement 85,909 mètres cubes qui, s’ils étaient répartis à chacun de ses habitants, leur donnerait 43 litres 19.

Mais cette distribution est inégalement faite, les habitants de onze arrondissements sont bien pourvus, ceux des neuf autres sont oubliés.

La moyenne des habitants, par maison, est :

A Londres de. : . 7

A Bruxelles de. 8

A Paris de. 30

Ce qui établirait qu’une maison à Paris devrait recevoir présentement 1,295 litres d’eau toutes les 24 heures ; ce chiffre n’est qu’un zéro dans l’état actuel des choses, on ne peut établir aucun calcul qui approche de la vérité.

Nous obtenons des chiffres bien différents si nous consultons les statistiques officielles, c’est ainsi que dans le tableau suivant indiquant la consommation d’eau dans les principales villes de l’Europe, Paris y figure pour 90 litres par habitant, ce qui donne pour 2 millions : 180,000 mètres cubes sur les 370,0(J0 mètres approvisionnés.

LA MAISON

Le nombre de litres, par tête d’habitant, distribué dans diverses villes, est le suivant :

Nombre

Villes. de litres

par habitant.

Rome.

New-York.

Carcassonne...

Besançon.

Dijon.

Marseille.

Bordeaux.

Gènes.

Castelnaudary .

Glascow.

Londres.

Paris .

Narbonne.

Toulouse.

Genève.

Philadelphie ..

Grenoble.

Vienne (Isère).

Montpellier...,

Clermont.

Edimbourg...

Tout le monde a besoin d’eau, mais la nécessité de s’en procurer plus ou moins est pour tous bien différente ; les riches, les gens aisés y attacheront une telle importance qu’ils payeront le prix que la Ville exigera; d’autres moins riches ne s’en serviront au contraire qu’autant que le prix en soit raisonnable ; d’autres encore, les pauvres, ne feront usage que de la quantité qui leur est strictement indispensable si le prix n’en est pas bon marché.

Dans les temps anciens, aucune ville n’eut jamais l’idée de faire payer l’eau ; dans les temps modernes tel acheteur qui consommera 100 litres par jour n’en dépensera que moitié, suivant le prix qu’on la lui fera payer.

La distribution d’eau à domicile dans Paris existera à partir de 1881, rendue dans l’appartement et par an et coûtera:

Un robinet établi au-dessus de la pierre d’évier :

Pour trois personnes... 16,20

— chaque personne en plus. 4, »

Pour tout robinet supplémentaire :

Dans les cabinets d’aisances. 4, »

— les salles de bains. 12, »

— les salles de douches.;. 9, »

— les autres parties de l’appartement. 6, »

Dans les maisons, où les appartements n’atteignent pas une location annuelle de 500 francs, les propriétaires pourront faire établir, sur chacun des paliers un robinet d’eau pour le prix de 16 fr. 20 par an.

Ces nouveaux prix engageront sans doute les propriétaires à établir des prises d’eau dans leurs immeubles, et la ville de Paris, en présence de la modicité des prix, espère des recettes importantes qu’elle évalue devoir être aii minimum de 8 millions, c’est-àdire celles payée avant 1850 aux porteurs d’eau.

La population de Paris était à cette époque de 1,171,345 habitants qui consommaient chacun 85 litres d’eau et payait : l’eau de l’Ourcq 50 francs le mètre cube et celle de la Seine 100 francs, alors que les annexés payaient 185 et même 218; aujourd’hui cette population est de 2 millions, il n’y a donc aucun mécompte à redouter.

Cette recette sera bien plus élevée, si on rend obligatoires les prises d’eau dans l’appartement.

Les hygiénistes admettent qu’une ville, pour qu’elle soit saine, doit être armée de chaussées pavées ; posséder des bornes et des fontaines publiques; des colonnes montantes à chacune de ses maisons, déversant l’eau jusqu’au toit ; des égouts pour mener au loin les eaux salies; et que tous ces services demandent, au minimum, 200 litres d’eau par 24 heures et par habitant.

C’est pour Paris 400,000 mètres cubes nécessaires.

A Londres, la consommation locale n’est que de 60 à 75 litres ; mais si on considère la différence du climat et des mœurs, les hygiénistes ont raison d’élever le chiffre à 200 litres.

Les 85,000 mètres cubes actuellement amenés à la maison n’allaient que par exception dans des colonnes montantes, elles aboutissaient à une borne-fontaine placée dans la cour.

Les habitants assez fortunés des maisons ayant la colonne montante n’ont à craindre l’apparition des mauvaises odeurs ; tout, chez eux, se trouve dans des conditions hygiéniques parfaites, mais lorsque le locataire n’a à sa disposition que l’eau de la borne-fontaine, il n'en fait guère usage, il préfère en revenir aux us et aux moyens du porteur d’eau.

Il n’en sera plus de même avec les robinets de palier, chacun en usera, selon ses besoins, et la salubrité publique recouvrira ses droits trop longtemps méconnus.

i^e filtrage de Veau. — Nous venons de suivre le parcours de

LA MAISON

l’eau depuis la source où elle a été puisée jusqu’au seuil de la maison.

Nous verrons, au moyen du compteur, enregistrer la quantité que chaque maison de Paris va consommer en 24 heures.

Nous allons maintenant passer au filtrage qui est l’opération la plus nécessaire, la plus indispensable, si on veut alimenter la population d’eau potable et salubre.

Une commission scientifique constituée en 4851, et présidée par M. Hérican de Thury, définit le filtrage des eaux pour la maison, c’est-à-dire pour les besoins domestiques des habitants qu’elle renferme de la manière suivante : « Une eau peut être considérée « comme bonne et potable quand elle est fraîche, limpide, sans « odeur, quand sa saveur est très faible; qu’elle n’est surtout ni « désagréable, ni fade, ni salée, ni douçâtre ; quand elle contient « peu de matières étrangères ; quand elle renferme suffisamment o d’air en dissolution ; quand elle dissout le savon sans former de « grumeaux et qu’elle cuit bien les légumes. »

Dupasquier ajoute : L’eau pure est incolore, transparente. Si donc une eau destinée aux usages domestiques, présente une nuance.de coloration, C’est un signe certain qu’elle contient en solution quelque substance étrangère, et particulièrement une matière organique. Une eau de cette nature est essentiellement mauvaise, et doit être rejetée, à moins que la nécessité ne force de l’employer, et dans ce cas, il faut préalablement la filtrer au charbon.

Toute eau trouble, bourbeuse ou manquant d’une limpidité parfaite, tient en suspension des substances étrangères, et particulièrement des matières terreuses; telles sont la plupart des eaux de rivières, dans le temps de crue, que trouble un limon grisâtre, une grande partie de l’année. De telles eaux ne peuvent être bues en cet état : non seulement les matières terreuses qu’elles tiennent en suspension, les rendent lourdes et indigestes, mais ces matières contribuent encore à amener un désordre dans les fonctions digestives, par le dégoût qu’elles causent quand on en fait usage comme boisson. Elles peuvent, il est vrai, devenir bonnes par une simple filtration.

M. David remarque que les eaux de rivière entraînent avec elles du sulfate de chaux, des matières organiques et séléniteuses. Pendant les pluies, les orages, elles deviennent troubles; si on ne les filtre pas elles restent troubles, aussi ajoute-t-il avec raison :

Si les proportions de matières étrangères tenues en suspension dans l’eau pendant les crues, pendant les plus fortes troubles, ne sont pas les mômes, ainsi qu’on devait s’y attendre, dans les différentes rivières. Dans la Seine cette proportion s’élève quelquefois jusqu’à 5 ^ 55 . Ainsi, celui qui boirait dans sa journée trois litres d’eau de Seine non filtrée, à l’époque des plus fortes crues, chargerait son estomac d’un gramme et demi de matières terreuses. Quel pourrait être, à la longue, l’effet de ces matières sur la santé ? La question, vivement controversée, a laissé les médecins et les ingénieurs hydrauliciens fort divisés d’opinion.

Dans tous les temps et dans tous les pays, la limpidité a semblé la condition nécessaire du liquide destiné à la boisson de l’homme; voilà pourquoi avant l’invention ou, plutôt, avant le perfectionnement des procédés de filtrage, les anciens ne se croyaient pas dispensés de creuser à grands frais des puits profonds, ou d’aller, par de magnifiques'aqueducs, chercher au loin des sources naturelles, lors même que de grands fleuves ou de larges rivières traversaient leurs villes.

Les eaux que Paris reçoit ont toutes les caractères que nous venons d’énoncer, et pour qu’elles deviennent potables, elles doivent être filtrées.

Cette opération n’offre pas de difficultés quand on se contente de l’appliquer sur de petits volumes, mais les tentatives pour opérer en grand, pour fournir de l’eau pure à des cités étendues et populeuses, ont jusqu’à présent échoué.

Disons, pour rester dans la vérité, que plusieurs fois les essais ont semblé réussir, mais bientôt, dans les appareils les mieux conçus, la quantité d’eau filtrée a diminué, et est devenue même nulle.

Le sable, le gravier, les laines, les éponges, etc., ne clarifient l’eau qui passe à travers eux, qu’en retenant toutes les matières étrangères qu’elles contiennent; or il s’en suit que l’un ou l’autre de ces filtres réussit un certain temps, mais comme les interstices, entre les molécules de ces corps, se rétrécissent successivement, à mesure qu’elles retiennent ces matières, l’eau qui les traverse diminue proportionnellement jusqu’à ce que l’écoulement tarisse.

Le repos ne peut être adopté comme méthode de clarification des eaux destinées à l’alimentation des grandes villes. Il ne faudrait pas moins de 8 à 10 bassins séparés, ayant chacun assez de

capacité pour contenir toute l’eau nécessaire à la consommation d f un jour? Ajoutons que, des eaux exposées en plein air et qui resteraient immobiles, stagnantes, pendant huit à dix jours consécutifs, contracteraient un mauvais goût , soit à cause de la putréfaction des insectes sans nombre qui y tomberaient de l'atmosphère , soit à cause des phénomènes de végétation dont leur sur face deviendrait le siège. Le repos de l’eau peut, toutefois, être considéré comme un moyen de la débarrasser de tout ce qu’elle renferme en suspension de plus lourd, de plus grossier. C’est sous ce point de vue seulement que des bassins, que des récipients de dépôt ont été préconisés et établis en Angleterre et en France.

11 faudrait des filtres se nettoyant par eux-mêmes; mais on ne peut songer à une telle besogne lorsqu’il s’agit d’épurer des centaines de mille mètres cubes par jour, qui demandent des espaces filtrants considérables.

Une compagnie anglaise en a fait les essais. Pour filtrer 24,000 mètres d’eau par jour, il fallait 10 ares de filtres, posés sur drains,... Que faudrait-il à Paris pour ses 400,000 mètres?

- On a fait des calculs à ce sujet et l’on est arrivé à ce résultat que, les appareils filtrants nécessaires couvriraient une superficie de 14 hectares environ, et en tenant compte des moments où les eaux sont chargées de limon, et delà nécessité d’avoir un quart de filtres de rechange, pour les chômages et les nettoyages, on devrait compter 17 hectares et demi.

La ville de Paris s’est contentée d’armer seulement, la sortie des eaux des réservoirs, d’un grillage qui retient les corps volumineux, et de les filtrer dans les établissements dits de Vente d’eau.

La science dit M. David, à qui nous demandons pardon de l’avoir copié dans ses études sur la filtration des eaux, ou plutôt le hasard a fait découvrir un moyen de hâter considérablement, de rendre presque instantanée, la précipitation des matières terreuses tenues en suspension dans l’eau. Ce moyen consiste à y jeter de l’alun en poudre. Il est constant, il est avéré qu’à Paris, le gros limon, charrié par la Seine, s’agglomère en stries longues, épaisses, et qu’il se dépose, très promptement, dès que l’eau est alunée. La théorie de cette opération mérite de fixer l’attention des chimistes. Aujourd’hui, elle n’est pas assez certaine pour qu’on puisse affirmer que le même effet aurait lieu indistinctement avec le limon de toutes les rivières. Le doute, à

cet égard, semble d’autant plus permis que la clarification par l’alun n’est pas toujours complète ; que certaines matières très fines échappent à l’action de ce sel, restent en suspension dans le liquide, et le rendent encore louche quand toutes les stries ont disparu. S’il est vrai que l’eau, après avoir été alunée, ait besoin de subir une filtration ordinaire, on concevra aisément pourquoi l’emploi de l’alun, comme moyen de clarification, n’est pas devenu général. D’ailleurs, le prix de ce sel s’ajouterait à celui de l’eau filtrée, et l’augmentation ne serait peut-être pas à dédaigner dans un système d’opérations exécuté très en grand. Ce qui forme, au reste, contre ce procédé, une objection plus sérieuse, c’est qu’il altère la pureté chimique de l’eau de rivière, c’est qu’il y introduit un sel qu’elle ne contenait pas, c’est qu’en supposant ce sel entièrement inactif dans de certaines proportions, les consommateurs peuvent craindre qu’un jour, sur 100, sur 200, sur 1000 si l’on veut, ces proportions soient notablement dépassées, car il suffirait pour cela de la négligence, d’une erreur d’un ouvrier.

L’un de nous, ajoute M. David, parlait un jour de l’alunage de. l’eau à un ingénieur anglais qu’une longue habitude avait mis fort au courant des préoccupations du public, et qui se lamentait devant lui sur l’imperfection actuelle des moyens de purification;

« Ah! que me proposez-vous, répondit-il sur-le-champ; l'eau , comme la femme de César , doit • être à l’abri du soupçon! »

Voilà, sous une forme peut-être singulière, mais vraie, la condamnation définitive de tout moyen de clarification qui introduira dans l’eau de rivière quelque nouvelle substance dont elle était d’abord chimiquement dépourvue ; .voilà pourquoi les tentatives les plus récentes des ingénieurs se sont toutes dirigées vers l’emploi des matières inertes, ou qui, du moins, ne peuvent rien céder à l’eau. Les matières sont :

Du gravier plus ou moins gros,

Du sable plus ou moins fin,

Du charbon pilé.

Le sable, le charbon et le grès sont trois corps qui ne peuvent servir qu’à une classification, plus ou moins complète, mais si on a eu soin, par des nettoyages fréquents, de les débarrasser des impuretés qui se déposent et se corrompent, ils constituent les filtres les plus propres et les meilleurs que l’on puisse employer.

De grands essais de filtrage en employant ces matières ont été

LA. MAISON

faits naguère chez nos voisins d’outre-mer, et surtout à Glasgow. C’est par millions qu’il faudrait compter les sommes qu’on y a employées. Ces essais cependant n’ont pas réussi ; ils sont devenus, au contraire, en raison de l’importance avec laquelle ils ont été faits, la cause de la ruine de plusieurs puissantes Compagnies.

Ceux qui s’occupent de la recherche desprocédés destinés à l’industrie trouvent d’excellents guides dans les phénomènes naturels, mais à la condition qu’ils ne se laisseront pas séduire par des similitudes imparfaites. Telle a été, la principale origine des fautes commises en Écosse. Certaines sources, se disait-on, coulent uniformément, sans interruption ; depuis des siècles elles donnent la même quantité d’eau claire; pourquoi n’en serait-il pas ainsi d’une source artificielle placée dans des conditions analogues ? Il y a lieu de répondre :

Est-il certain que ces sources naturelles n’aient pas éprouvé de diminution ?

Ce qu’il y a de positif c’est que dans la source artificielle, la couche filtrante aura toujours une étendue circonscrite, bornée;

Ce qui est probable, c’est que pour les eaux de la source naturelle, la clarification s’opère dans des bancs de sable qui occupent des provinces entières et sur une eau à peine trouble.

Parmi les compagnies de Londres qui clarifient leurs eaux, par filtration à travers le sable, on compte celle de Ghelsea, qui opère avec trois bassins communiquant entre eux; les deux premiers, dits de repos, recevant les matières les plus grossières; le troisième, ayant une couche de sable et de gravier très épaisse, retenant les particules plus ténues.

De temps à autre, des ouvriers armés de rateaux enlèvent la couche superficielle et la remplacent par du nouveau sable.

Le système que M. l’ingénieur Robert Thom a introduit à Greenock, en 1828, a sur celui de Ghelsea l’avantage que le nettoiement s’effectue de lui-même, que toute la masse de sable filtrante y est assujettie. Cette masse forme une couche de 5 pieds anglais d’épaisseur. L’eau peut à volonté entrer dans le bassin que le sable remplit, par-dessus ou par-dessous. Si la filtration s’est opérée, par exemple, en descendant, dès qu’on s’aperçoit que le filtre s’obstrue, qu’il devient paresseux, on fait pendant quelque temps, arriver l’eau par-dessous, et, dans son mouvement ascensionnel, elle emporte les sédiments, parla partie supérieure, dans un conduit de décharge destiné à les recevoir.

En France, jusqu’ici, la filtration de l’eau n’a pas été tentée très en grand. Dans les établisssments où cette opération s’effectue à Paris, on se sert d’un grand nombre de petites caisses prismatiques, doublées en plomb, ouvertes par le haut, et contenant à leur partie inférieure une couche de Charbon comprise entre deux couches de sable. Ce sont les anciens filtres brevetés de MM. Smith, Cuchet et Montfort. Quand les eaux de la Seine et de la Marne arrivent à Paris très chargées de limon, les matières dépuratrices contenues dans ces diverses caisses, ou au moins leurs couches supérieures, ont besoin d’être renouvelées ou remaniées tous les jours et même deux fois par jour.

Chaque mètre superficiel de filtre donne environ 3,000 litres d’eau clarifiée par 24 heures ; il faudrait donc 7 mètres superficiels ou 7 caisses cubiques d’un mètre de côté par pouce de fontainier, et 7,000 caisses pareilles pour le service d’une ville où la consommation serait de 1,000 pouces.

Il faudrait en conséquence pour les 400,000 mètres cubes nécessaires à Paris, 140,000 caisses.

A Grenock, le filtrage s’opère de haut en bas, M. Robert Thom nettoie comme nous l’avons vu la masse de sable en y faisant passer,dans la direction contraire, c’est-à-dire de bas en haut, une grande quantité de liquide.

Ces procédés sont imparfaits. M. de Fonvielle en a conçu de plus puissants : l’auteur les a trouvés dans l’action de deux courants contraires, dans les chocs, dans les secousses brusques, dans les remous qui en résultent.

Pour nettoyer le filtre hermétiquement fermé à l’Hôtel-Dieu, où ces moyens ont été appliqués, l’ouvrier chargé de cette opération ouvre tout à coup, simultanément ou presque simultanément, les robinets des tuyaux qui mettent le dessus et le dessous de l’appareil en communication avec le réservoir élévé ou avec le corps de pompe qui renferment l’eau alimentaire. Le filtre se trouve ainsi traversé brusquement et en sens opposés par deux forts courants dont l’effet nous semble pouvoir être assimilé à celui du froissement que la blanchisseuse fait éprouver au linge qu’elle manipule.

Ce système, en action disons-nous à l’Hôtel-Dieu, dans une couche de sable de moins d’un mètre d’épaisseur, fonctionne sans interruption; douze millions de mètres cubes d’eau traversent l’appareil, et prouvent à M. de Fonvielle qu’il a résolu la question de

LA MAISON

filtrer des quantités d’eau assez importantes pour l’usage d’un grand hôpital.

Ces essais, pour un filtrage en grand, sont les derniers tentés; ceux qui parlent encore de ne faire qu’un seul filtre, par réservoir, pour les eaux amenées à Paris, poursuivent un rêve chimérique; le filtrage en grand est, jusqu’au jour de nouvelles découvertes, une illusion.

L’Hôtel-Dieu consomme, par jour, environ 33 mètres cubes d’eau, pour tous ses services, cette eau est filtrée et ne laisse rien à désirer; dans ces conditions, M. Fonvielle a prouvé que l’opération est possible, un seul appareil suffit pour traiter 12 millions de mètres cubes par an, si on a soin, tous les mois au moins, de recharger par de nouvelles matières une partie des bassins.

On se demande, en présence du résultat satisfaisant reconnu et constaté par une commission spéciale, comment des filtres semblables ne se trouvent pas dans les autres hôpitaux, dans les casernes, dans les hospices, dans les maisons hospitalières, et comment on se contente de recevoir l’eau telle qu’elle sort des conduits?

Il suffit cependant de faire un essai des plus simples pour se convaincre que l’eau de Seine, que l’eau de source, prise à la fontaine d’un de cesétablissements, regardée au microscope est louche, reste chargée de limon ; et que si on la filtre, dans une petite fontaine Fonvielle, aujourd’hui David, elle devient claire comme cristal.

Nous reviendrons sur la question du filtrage des eaux, dans le chapitre suivant, lorsque nous décrirons les maisons de vente et les bornes-fontaines ; nous nous contenterons, pour l’instant; dans cette partie si intéressante de notre oeuvre, au point de vue de l’hygiène, d’entrer dans la maison d’habitation, d’y voir ce qui s’y passe et de dire ce qu’il faut y faire à l’avenir.

« Le filtrage doit enlever à l’eau toutes les matières organiques « qu’elle lient en suspension et qui peuvent la corrompre. »

Les causes d’insalubrité ne disparaissent qu’incomplètement si les moyens d’épuration, de clarification et surtout de nettoyage des filtres sont défectueux ou imparfaits ; c’est-à-dire si les matières filtrantes qui entrent dans la composition de presque tous les appareils : le charbon, la laine sous diverses formes, le sable, le grès et les éponges rendues imputrescibles ont de.s propriétés désinfectantes; mais l’action absorbante de cqs matières est très li-

mitée et ne peut exercer une influence utile que pendant un temps relativement court et en raison inverse de la quantité d’eau à purifier.

Le sable et le grès ne peuvent jamais servir qu’à une simple clarification, incomplète, qui devient nulle, si on néglige d’enlever, par des nettoyages fréquents, les impuretés de toute nature que l’eau dépose et qui se corrompent si facilement.

Les éponges qui remplissent à peu près le même but que le sable et le grès ont l’inconvénient très grave de se putréfier et de communiquer à l’eau une odeur d’autant plus désagréable qu’elles ÿ séjournent plus longtemps, en contact avec des matières organiques en décomposition.

Ce fait ressort de l’extrait suivant du rapport adressé par les membres du Conseil de salubrité du département de la Seine à M. le Préfet de police :

Une expérience a consisté, dit ce rapport, à mettre dans deux vases en verre, dans l’un de la laine préparée par M. David, dans l’autre une éponge qui avait été battue avec un maillet et lavée un grand nombre de fois avec de l’eau tiède. L’éponge et la laine ont été couvertes* chacune avec de l’eau, puis les deux vases ont été. déposés dans une étuve à une température de 20 à 25 degrés.

Cette expérience avait pour objet, non seulement d’apprécier l’altération qui aurait pu se produire dans la laine, mais, en outre, de la comparer, sous ce rapport, avec les éponges que l’on fait entrer dans la construction d’un assez grand nombre de filtres.

Au bout de quinze jours d’expériences, le vase dans lequel se trouvait l’éponge répandait une odeur putride, tandis qu’après deux mois, il ne s’était manifesté aucune mauvaise odeur dans l’eau où plongeait la laine.

Aussi fut-il bien établi, par ceux qui se sont occupés de la question :

Que les matières'contenues dans un appareil de filtrage doivent être nettoyées avec le plus grand soin à des époques assez rapprochées pour empêcher qu’il se forme un amas trop considérable d’impuretés qui putréfient les éponges qui entrent dans la composition du filtre lui-même.

11 faut pour accomplir facilement cette opération que l’appareil -soit construit de manière à rendre les nettoyages faciles, efficaces et peu coûteux.

1 Indépendëmment de cette condition essentielle, sans laquelle il

LA.. MAISON

est impossible d’obtenir de l’eau limpide et salubre, il est avant tout nécessaire :

Que les couches filtrantes, qui laissent passer les molécules liquides, en arrêtant les matières qu’elles tiennent en suspension , soient disposées dans l’appareil de telle façon que, par leur nature, le moindre atome ne puisse les traverser complètement; qu’elles absorbent les gaz résultant de la décomposition rapide de ces matières.

Ces deux conditions ne sont'jamais remplies si les couches dont nous parlons ne sont pas parfaitement assises et si elles éprouvent le moindre dérangement lorsque l’eau les traverse avec une vitesse souvent considérable.

Cet inconvénient très grave, qui rend un filtre plutôt nuisible qu’utile, se produit forcément lorsque le passage de l’eau a lieu par ascension, c’est-à-dire de bas en haut. Par sa pression, elle soulève les matières que leur propre poids fait retomber en désordre dès que cette pression cesse, et si à cela vient s’ajouter un semblant de nettoyage par courant contraire, le bouleversement est complet et la clarification impossible.

La filtration de l’eau est de toute antiquité.

Les Égyptiens purifiaient l’eau du Nil, nous dit l’histoire, en la plaçant dans des vases en grès au travers desquels elle s’écoulait, goutte à goutte. Tous les peuples de l’Orient font de même aujourd’hui.

Au moyen âge, en France, on substitua aux vases de terre des amphores en cuivre étamé contenant du sable fin ; la fontaine en bois revêtue de lames de plomb, contenant également du sable, vint ensuite, puis la fontaine Amy qui avait le premier composé sa matière filtrante d’un lit d’éponges et d’un lit de sable.

Amy est considéré comme l’inventeur de la fontaine filtrante actuellement employée, et qui reçut de si remarquables perfectionnements des fontainiers de Paris, dont nous retrouvons en M. David, un des survivants.

Avant eux les appareils filtrants les plus répandus, dans nos habitations, étaient les fontaines-filtrantes ; il y en avait de toutes dimensions, suivant les besoins à desservir; elles dataient du jour où les porteurs d’eau s’étaient emparés de l’approvisionnement de Paris ; elles se composaient' généralement d’un réservoir en pierre poreuse, laissant suinter à travers ses pores l’eau qui y était renfermée.

Elles existent encore, marchent bien pendant quelque temps, mais bientôt les pores des pierres s’obstruent et le filtrage ne s’opère plus ; elles deviennent alors, par les molécules dangereuses renfermées dans la pierre, un instrument de corruption des eaux, dangereux pour ceux qui s’en servent.

Il est vrai que le marchand de charbon, également marchand d’eau, s'offre pour effectuer un lavage, mais, si bien que soit ( faite cette opération, on ire peut chasser complètement, des interstices où ils se sont réfugiés, les sels et les matières organiques qui, du reste ont fini, pour la plupart, par faire partie intégrante de la pierre filtrante.

On devrait, suivant nous, proscrire au nom de l’hygiène, l’usage de ces fontaines, qui deviennent à la longue des instruments d’empoisonnement. Les appareils de M. David par leur forme conique, par le soin avec lequel les différentes couches sont placées, par la pression de l’eau s’effectuant de haut en bas en serrant sans cesse ces mêmes couches contre les parois intérieures, sans jamais les déranger et sans laisser passer la moindre impureté, donnent la certitude d’avoir une clarification parfaite et une épuration d’autant plus grande que la laine ou le charbon sont plus fréquemment remplacés et nettoyés.

Ces appareils, employés dans les établissements de la Ville de Paris, n’ont cessé de donner des résultats approuvés par les hommes les plus considérables et consacrés par une expérience de plus de quarante années.

Si ces appareils n’ont pas pris dans l’industrie et dans l’usage domestique toute l’extension qu’ils sont appelés à recevoir, lorsque les conditions de leur emploi, de leur installation très simple et surtout de leur entretien économique seront mieux connues, lorsqu’on sera pénétré de la nécessité absolue de n’employer que de l’eau entièrement dégagée des matières impures qui la corrompent, et dont l’usage prolongé peut provoquer de sérieuses maladies, ces filtres seront les seuls employés.

Si cet emploi ne s’est pas généralisé cela tient aussi à ce que l’opinion publique, trompée par les nombreux appareils auxquels l’importance de la question a donné naissance, a cru devoir s’en tenir, pour les usages journaliers, à l’emploi si défectueux et si insuffisant des fontaines filtrantes, et, pour l’industrie, à la filtration si lente et si incomplète, par le repos, dans les réservoirs ou des bassins qui ne sont qu’un réceptacle où vient incessamment se déposer le limon formé par des matières terreuses et par les dé-

bris organiques entraînés par les eaux; à ce limon viennent se joindre encore la poussière et des débris de toutes sortes, des myriades d’insectes et des infusoires sans nombre, qui y laissent leurs dépouilles, et qui forment en très peu de temps, en se décomposant, une couche qui en tapisse les parois, et rend l’eau, non seulement insalubre, mais impropre à un grand nombre d’industries.

Les expériences faites par M. Belgrand sur les appareils de M. David nous ont paru présenter un grand intérêt et nous avons cru devoir les reproduire in extenso en les empruntant à son ouvrage : Les Anciennes Eaux de Paris.

Les filtres employés aux fontaines marchandes de Paris étaient de deux sortes : la Compagnie française employait le filtre de M. Fonvielle, composé de grès pilé, recouvert d’une couche d’éponges; M. Souchon faisait usage des détritus de laine provenant delà tonte des draps, que l’on nomme aussi laine tontisse.

Le premier essai du système Fonvielle a été fait en présence des ministres de l’intérieur et du commerce, le 2 juin 1838. Une délibération du conseil municipal du 5 avril 1839, autorisa l’établissement des premiers filtres de ce système à la fontaine de la porte Saint-Denis.

L’essai du filtrage à la laine a été fait pour la première fois, dans la cuvette même du pont Notre-Dame, le 15 juillet 1839, et a été poursuivi jusqu’en 1847. Le filtre était à découvert, et l’eau était versée à sa surface dans la cuvette; après avoir traversé le filtre, elle ne trouvait d’autre issue que les conduits de la distribution. Ce filtre pouvait ainsi subir une pression d’une atmosphère qui suffisait pour que toute l’eau montée par la pompe (environ 12 litres par seconde) fût entièrement filtrée avant d’être livrée à la consommation.

Ces essais de filtrage eurent un grand succès. Ils furent appliqués à toutes les fontaines marchandes. La ville payait le filtrage six centimes le mètre cube, et livrait l’eau à raison de quatrevingt-dix centimes aux porteurs d’eau à tonneaux et aux habitants.

MM. Yedel et Bernard, qui représentaient les deux compagnies, ne tardèrent pas à s’associer ; ils améliorèrent le filtrage en composant un filtre formé d’une couche d’éponges et de laine tontisse. La couche d’éponges, établie à la partie supérieure du filtre, servait de dégrossisseur; elle retenait à peu près tous les limons et les matières organiques non dissoutes.

Le nettoyage des filtres de la Compagnie française avait lieu :

Lorsque l'eau ôtait trouble. tous les huit jours.

louche. tous les quinze jours.

— claire (on été) .. tous les mois.

On se bornait presque toujours à laver les éponges de la couche supérieure.

Le filtre Souchon se nettoyait, lorsque l’eau était trouble, tous les jours, et en temps ordinaire tous les trois ou quatre jours.

Le nettoyage consistait à enlever à chaque fois, une certaine

Fig. 5. — Filtre David

épaisseur de laine à la première couche, sans la remplacer, et à continuer ainsi jusqu’à ce qu’elle fût épuisée. On la remplaçait alors entièrement et on recommençait tant que la seconde couche n’était pas atteinte. Dès que cette couche commençait à se charger de vase, on la traitait comme la première. On procédait de même pour la troisième qui n’était renouvelée que tous les mois ôu tous les deux mois, suivant la saison.

X. Eau brute (arrivée). — B. Eponges préparées. — C. Laines imputrescibles. — D. Grès pulvérisé. — E. Laines imputrescibles. — F. JJoir animal ou charbon. — G. Sable ou gravier. — H. Eau filtrée (départ). !]

LA MAISON

Cette dernière matière est rendue imputrescible par un tannage à base ferrique. Chaque petit filament se trouve recouvert d’une couche métallique suffisante pour le protéger, mais assez légère pour ne pas retirer à la laine sa propriété feutrante. Sous l’effort de la pression, ces innombrables filaments s’agglomèrent et constituent un feutre très épais et très dense, qui a sur le feutre ordinaire l’immense avantage de rejeter toutes les matières en suspension qu’il a retenues et absorbées, puisqu’il est divisible à l’infini. Un simple délayage suffit à cette opération.

Ces appareils, d’une grande simplicité, sont en fonte de fer, et peuvent résister aux plus grandes pressions. Il se composent essen tiellement d’une cuve conique surmontée d’un couvercle. Ces deux pièces, à cornières, assemblées par des boulons glissant dans les encoches, constituent le corps du filtre. Au-dessus de la tubulure correspondant au robinet de départ qui se trouve à la partie inférieure de l’appareil est disposée une grille surmontée d’un tamis métallique sur lequel reposent les couches filtrantes dans l’ordre de la figure ci-dessous :

Ces matières, fortement comprimées, sont maintenues par une grille placée au-dessous de la tubulure correspondant au robinet d’arrivée.

Les tarifs et les dimensions des appareils de M. David, sont les suivants:

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