‹ Hygiène publique. Les Odeurs de Paris... Deuxième éditionChapitre 7 sur 12 · TRAVAIL DE LA MACHINE. — ANALYSE DU PRODUIT · texte numérisé non relu

TRAVAIL DE LA MACHINE. — ANALYSE DU PRODUIT

Le temps.

Produit

approximatif.

jl

250 tif.

172f'.'oü'

La moyenne de chaque opération est de trois heures et demie, ce qui permet facilement à une machine de renouveler, toutes les 24 heures, quatre fois son travail.

En Angleterre, on a abordé la vidange et les détritus des villes, par l’emploi de ces appareils, ces deux grosses questions qui jouent le rôle principal dans la recherche des meilleurs moyens à employer pour leur assainissement.

En France, on s’est tenu plus particulièrement aux débris organiques.

Les produits sont bons, c’est une poudre sèche et renfermant d’excellentes qualités agricoles, qui n’a pas besoin de passer dans un moulin, c’est-à-dire d’être pulvérisée. Enfin, dans les villes qui ont adopté les machines Firman la mortalité a beaucoup diminué et la fièvre typhoïde a presque disparu. C’est une constatation faite par les municipalités qui se servent de la nouvelle invention; c’est donc un des points, à notre avis, le plus méritant de M. Firman, qui, tout en produisant un produit rémunérateur dote les villes de moyens simples et faciles de se débarrasser de ses immon-

LES VOIRIES

diees qui sont le siège, nous ne le savons que trop, des épidémies qui n’y régnent que trop souvent.

Une analyse anglaise nous donne les principes qu’il renferme, ce sont :

Silice insoluble. 2,216

Chaux.,... 1,310

Oxyde de fer et d’alumine... 0,<i67

Acide sulfurique. 4,450

A Acide phosphorique ... 3,102

Potasse. 3,021

Chlorure de magnésie.:. 1,910

— de sodium. 5,120

Sulfate d’ammoniaque. 22,191

B Matières organiques... 56,013

A est l’équivalent de 6,771 phosphate tribasique de chaux rendu soluble.

B contient 3,083 d’azote, équivalant à 14,534 de sulfate d’ammoniaque.

A l’inspeclion de cette analyse, incontestablement c’est un produit de premier ordre pour la culture; le conseil d’administration de l’asile de Roscrea fit remettre à M. Richard Bomey, inspecteur d’agriculture, un sac de poudrette provenant de la vidange de Rochdale, afin d’en soumettre les propriétés fertilisantes à une épreuve complète.

Les engrais suivants furent admis au concours :

Engrais ordinaire, dit de ferme.

Phosplio-guano.

Superphosphate d’os.

Guano du Pérou.

Engrais Firman.

Ce résultat ne comporte aucun commentaire.

Comme on le voit par les résultats donnés, depuis Bridel, la science avait parlé et les.détritus de Bondy, comme les immondices de Paris, peuvent, si on le voulait, être traités et convertis en engrais pour l’agriculture, saus que les opérations amenassent des odeurs ou des inconvénients dangereux pour les populations.

lkécliet de cuirs, cornes, peaux. Procédé lKrunfaut.

Depuis nos essais, depuis les travaux si bien entendus exécutés à l’usine de Balgerock, d’autres expériences ont été faites par nous, soit dans notye laboratoire, soit dans celui de l’École des ponts et chaussées.

Nous devons rendre hommage à M. l’ingénieur Durand-Cla^e, directeur du laboratoire de l’école, quia mis à notre disposition les appareils nécessaires pour reconnaître, dans quinze opérations différentes, la quantité d’azote que ces matières organiques renfermaient.

« Rien n’est neuf dans la nature », vieux dicton qui s’applique aux procédés imaginés en industrie, et qui ont pour but, dans le cas qui nous occupe, de mettre à la disposition de l’agriculture l’azote contenu dans les vieux cuirs et dans les déchets provenant de chevaux, industries qui font usage des peaux des animaux et qui répandent, par leur putréfaction, des odeurs bien incommodes pour les habitants des quartiers de Paris où ces travaux sont venus se localiser.

Au commencement du dix-neuvième siècle, Yogel, chimiste allemand, prétendait retirer du sucre de toute substance ligneuse. Il répondait ainsi aux volontés exprimées dans des décrets où Napoléon I er avait établi le blocus continental, à l’époque où nos pères ne pouvaient se procurer du sucre qu’aux plus grands sacrifices. Les maux amenés par le blocus continental furent en partie palliés par la science.

Aujourd’hui, si pareille mesure pouvait encore se réaliser, l’Europe fournirait des quantités considérables de sucre par la culture de la betterave, et nous affranchirait à jamais du besoin d’en recevoir de là canne qui ne se cultive que dans les colonies.

Les recherches ne s’arrêtèrent pas là; Yogel -et d’autres, après avoir établi que le sucre est une des substances qu’on trouve le plus communément dans le règne végétal, qu’il existe dans les fleurs de la plupart des plantes, qu’on le rencontre dans les tiges, dans les feuilles, les racines, l’écorce, les fruits, s’appliquèrent à traiter particulièrement les substances ligneuses, et signalèrent le procédé suivant découvert par Braconnot.

« Étant donné que la sciure de bois, la paille, les chiffons, les « écorces d’arbres possèdent la propriété de se transformer d’abord « en gomme, puis en sucre, il suffirait, pour arriver à ce résultat, « de mêlercescorps avec de l’acide sulfurique concentré etdelaisser « reposer le mélange qui produirait de la gomme sans qu’il y eût « dégagement du gaz. Puis d’étendre la masse avec de l’eau, «qu’on ferait bouillir ; dans ces conditions on recueillerait du « sucre. »

Fabriquer du sucre avec les déchets dè nos villes ne présente-

LES VOIRIES

rait aucun avantage industriel, le prix en serait trop coûteux, aussi nous ne retiendrons, pour les besoins de la cause que nous traitons, celle d’utiliser ses produits nauséabonds, que la première partie du traitement qui, appliqué avec des modifications, fournit un produit propre à l’agriculture, remplaçant avantageusement les engrais sans nuire à l’hygiène publique.

Les acides et les alcalis ont la propriété de dissoudre les matières organiques, il ne s’agissait que de trouver des procédés simples et peu coûteux.

Dans une cuve en bois, recouverte de plomb, on place 100 kilogrammes d’acide sulfurique ordinaire du commerce, que l’on étend de 100 litres d’eau.

On y met 100 kilogrammes de cuirs que l’on brasse de temps à autre et qu’on laisse en repos pendant six heures. Lorsqu’ils sont bien imbibés par la liqueur acide, ce que l’on remarque facilement par le volume qu’ils ont acquis, on retire ces cuirs et on les laisse sécher, pendant une couple d’heures, sur une aire.

Ces matières ont considérablement augmenté de volume, leurs pores se sont réouverts, elles affectent les apparences d’une peau qui a perdu ses caractères d’homogénéité, et c’est dans cet état, qu’on les porte dans des cuves en fonte dure, chauffées par un foyer. On les amène dans cette chaudière à une température de 125 degrés ; on a soin de remuer de temps en temps la masse qui s’agglutine et présente les mômes faits que si on brassait, par exemple, de la fécule.

Cette opération, si elle est bien conduite, s’arrête au moment où la matière cesse de s’agglutiner ; car si cette phase du travail ne s’est pas bien accomplie, la masse est à l’état de gomme poisseuse, et, si elle est poussée trop loin, on convertit le tout en charbon.

C’est entre ces deux extrêmes que gît tout le secret de la fabrication qui, comme on le voit, est des plus simples.

La matière, dans cet état, est retirée de la cuve, et se broie avec la plus grande facilité. On sépare, par un tamisage, les morceaux de bois, de fer, etc., qui accompagnent toujours ces produits.

On peut, pour une fabrication en grand, et l’on sait que la matière est abondante ; les tanneurs, les cordonniers, les mégissiers, les chiffonniers en ont en abondance, leur prix de vente n’atteint guère que cinq francs les 100 kilos, et la quantité s’en chiffre par des milliers de tonneaux ; on peut, disons-nous, traiter

la deuxième phase de l’opération automatiquement, et réaliser ainsi économie de temps et d’argent.

Nous avons décrit l’appareil dans un de nos livres •— Un nouvel engrais. — On place, disions-nous, la matière imbibée dans la solution acide, au moyen d’une toile sans fin, dans un cylindre. Dans l'intérieur de ce cylindre se trouve une hélice montée sur deux paliers. A la partie supérieure existe une valve, qui reçoit son mouvement de rotation de l’hélice, par l’intermédiaire de roues d’engrenage.

A la partie inférieure un appareil identique. A la tê,te de l’appareil, sur un des côtés du cylindre, est fixée la poulie destinée h recevoir le mouvement d’une machine à vapeur.

Un Ihermomèlre indique la température, qui doit être de 125 degrés, amenée par de l’air chaud.

Ce système, en permettant l’emploi de la force motrice, supprime en majeure partie la main-d’œuvre, et donne une quiétude parfaite pour la fabrication.

La poudre de cuir que nous obtenons par les procédés que nous venons de décrire, renferme les quantités d’azote qui suivent, suivant les données recueillies au laboratoire des Ponts et chaussées.

L’échantillon n° 1 . 5,00 p. 100

la

La moyenne de ces divers essais est de 6,82. Les différences rapportées par l’analyse varient, comme on le voit, de 5,06 à 7,48, et sont le résultat d’une plus ou moins bonne fabrication. Il est constaté que, si on acidifie trop, ou trop peu, les résultats sont mauvais ; il en est de même de la chauffe, si elle a été trop ou trop peu prolongée.

Les cuirs traités étaient plus ou moins riches suivant leur provenance. Ainsi les matières que nous avions reçues de M. Godillot donnaient 7,58 p. 100 d’azote, lorsque celles fournies par les chiffonniers ne renferment que 5 06. Cette différence est le résultat

LES VOIRIES

des impuretés de toute miture renfermées dans des échantillons dont le cuir a servi à maints usages, et dans des résidus qui ne sont que des déchets de fabrication.

Dans ces conditions, on ne peut compter que sur un rendement moyen de 6 82 p. 100 d’azote, car on ne doit songer, pour obtenir une fabrication économique, à séparer les diverses sortes de produits.

Cette poudre reprise dans L’eau chaude est en partie soluble.

48 p. 100 passent à travers un filtre de papier.

5*2 — y restent.

Ces 48 pour 100 contiennent 7,2 pour 100 d’azote, ce qui prouve que dans les 52 pour 100 il en existe encore 2 k ,37 ou l k ,20 environ par 100.

Le produit dans ces conditions d’assimilité présente pour l’agriculture des avantages sur l’emploi des matières de cuirs torréfiés par la vapeur d’eau; le cultivateur préfère, et il a raison, un engrais qui se dissout facilement, et qui donne, si ce n’est tout, au moins une majeure partie de son azote aux plantes, et ce, quelques jours après qu’il est enterré.

Il nous reste à établir le prix de revient :

100 kilogrammes de vieux cuirs coûtent rendus à l'usine. 5 »

10 — d’acide sulfurique à 8 fr. coûtent...... » 80

La chauffe à 120% soit par la voie d’une chaudière, soit par celle d’un torréfacteur, l’opération durant une

heure, est évaluée à une dépense de. 1 »

La main-d’œuvre, les frais d’usure des appareils, etc., à.. I j>

Ensemble . 7 80

Et pour 1 kilogramme d'azote.. fr: 1 10

11 y a lieu d’ajouter 5 p. 100 de pertes, 100 kilogrammes de cuir ne donnant que 95 kilos de poudre, de telle sorte que l’on doit calculer, en ajoutant les frais généraux, que le kilogramme d’azote revient au fabricant kl fr. 25.

Comme on le voit, ces procédés réalisent une économie de plus de 100 p. 100 sur les autres.

L’azote recueilli dans ces conditions n’a pas encore fait ses preuves sur les champs agricoles; assimilable , il l’est plus que le cuir torréfié à la vapeur d’eau, il n’est pas comparable au déchet proprement dit qui renferme des quantités de tannin fort appréciables et qui empêchent sa décomposition. — Toute la question, que

l’expérience seule résoudra, c’est de connaître son action sur la végétation; quant à l’hygiène, les établissements qui les traiteront ne présenteront aucun danger, et pourront s’établir partout.

On pourrait traiter, pour le bien de l’hygiène publique, d’autres déchets de matières organiques de la même façon et obtenir des résultats aussi satisfaisants, pour l’industrie.

Nous aurons cependant à faire une réserve pour le travail des déchets de laine qui renferment en moyenne 15 p. 100 de coton, qu’il est avantageux de recueillir ; ces dernières matières valent, pour la papeterie, 25 fr. les 100 kilogrammes, lorsque le déchet de laine ne vaut pas plus de 10 francs; aussi croyons-nous utile pour les intérêts de la viticulture française, que nous étudions leur transformation en un engrais propre à la vigne, qui serait un palliatif heureux aux ravages du phylloxéra.

Ce but, nous allons tâcher de le réaliser.

Traitement des chiffons de laine , au point de vue de leur emploi à la viticulture. — Il résulte d’analyses faites par M. Ch. Miné, avec toute l’attention qu’un pareil sujet comporte, que les déchets de laine et de soie renferment les éléments suivants :

Matières Matières

Eau.

organiques.

minérales.

A zote.

Débris de laine. .

Tontisses..

Résidus de feutres.

Laines.

— résidus des fabriques.

Graterons..

Résidus de soie.

Bourres de soie..

Moyenne.

Les résidus, on le voit, présentent des différences considérables dans leur proportion d’azote, tel échantillon en donne 10 p. 100 alors que tel autre n’en renferme que des traces ; aussi le fabricant d’engrais ne doit pas compter, dans ces déchets, sur une teneur de plus de 5 p. 100.

Eu 1875, nous avons publié un petit livre, intitulé La vigne et le Phylloxéra, notre conclusion était la suivante : que le phylloxéra

LES VOIRIES

n’avail rien de commun avec ces myriades de pucerons, jaunes, noirs, blanchâtres, monde d’infusoires issu d’un milieu putride, qui détruisent n’importe quelle plante qu’ils approchent ; d’après nous, toute la question était : la rotation des cultures, l’aération du sol.

Mais avouons, à notre grande honte, que notre manière de voir ne fut pas celle admise par de plus savants.

Depuis la question fut reprise par nous, et fut, en 1876, le sujet de trois articles parus dans le journal la Réforme économique. C’était une étude basée sur des documents parus sur la matière; c’était un relevé des essais tentés et qui établissaient que partout où on avait lavé à grandes eaux ces immondices d’animalcules, la vigne s’était sauvée des morsures de l’insecte, que partout où on avait donné des cultures alternantes, telles que les fraisiers, par exemple, il avait été constaté qu’elle se trouvait sinon débarrassée de son ennemi, au moins notablement soulagée.

Nous constations encore :

Que l’emploi de la chaux avait donné de bons résultats ;

Que la potasse avait partout amené la guérison, et que cette guérison était d’autant plus prompte, que ces sels étaient accompagnés d’azote.

11 fut encore constaté que si ces éléments réunis étaient mélangés, à leur tour, avec du sulfure de carbone et de l’eau, l’insecte ne pouvait résister et la vigne pansait ses blessures et s’armait, à nouveau, d’une végétation luxuriante.

De l’aveu de tous les viticulteurs du Midi, le chiffon de laine est l’engrais qui, depuis vingt ans, a été répandu avec le plus d’abondance aux pieds des ceps. C’est grâce à son emploi, disent-ils, que jusqu’à l’époque de l’apparition de l’oïdium, la vigne a donné de si grands produits.

Les détritus de laine donnent naissance à une myriade d’animalcules consécutifs, d’aprèsles uns, de la matière elle-même, produits, disent les autres, par voie spontanée ; ainsi, si on prend la matière qui s’échappe d’un effilochage et si on la met en tas, elle ne tarde pas à s’échauffer, à entrer en fermentation.

Mais, un fait révélé par l’expérience, c’est celui que la végétation de la vigne, sous l’influence du chiffon de laine, donne la venue au monde de myriades d’animalcules.

Un autre fait est celui de la nécessité, pour la vigne, de trouver dans le sol où elle végète, des sources considérables de potasse;

c’est en effet la plante qui renferme dans son fruit et dans ses rameaux la quantité la plus grande de cet alcali. Or, les fruits dont on fait lé vin, les souches dont on se chauffe, ne restituent jamais au sol la potasse qu’ils renferment. Il fest donc de toute nécessité, en même temps qu’on lui fournit de l’azote assimilable, d’y joindre de la potasse.

« Il avait semblé, disait M. Dumas, qu'on devait trouver une substance chimique propre à favoriser la végétation de la vigne et capable de fournir, peu à peu, le poison au phylloxéra. »

Les sulfo-carbonates de potasse ou de soude sont dans ce cas. Ces corps qui avaient été signalés par Berzelius, furent mis à l’essai par M. Dumas, et produisirent les résultats les plus satisfaisants ; et si ce n’était son prix de revient et les difficultés que leur emploi présente, ce traitement aujourd’hui aurait éteint le fléau.

Les procédés de M. Dumas étant trop coûteux, M. G. Rexio a démontré, par des essais des plus intéressants, qu’une solution concentrée de potasse, employée en arrosage, et en quantité suffisante pour humecter fortement la terre dans le périmètre occupé par le pied de vigne phylloxéré, détruitles insectes et rend à ce pied de vigne sa santé compromise par le phylloxéra.

Cet exposé, qui nous paraît utile, étant fait, nous allons discuter et établir le coût de la fabrication des déchets de laine et autres, dont nous avons donné la nomenclature. Les alcalis fixes caustiques dissolvent facilement les matières. Si on traite un des déchets que nous venons de mentionner avec de la soude ou de la potasse -caustique étendue d’eau, si on agit à une température de 100 degrés, la liqueur renfermera l’azote, et des i ; ésidus sous la forme de gelée.

Cet état pâteux se réunit, se sèche et forme un corps semblable à du gluten. — Il est très soluble dans l’eau, tous ces faits sont constatés par la science, et confirmés par la pratique qui applique la formule :

A*. KO. Ca. HO.

Les réactions que ces corps produisent, alliés ensemble, sont des plus simples en opérant de la manière suivante :

Dans une cuve analogue à celle employée pour la fabrication du savon, on place de la chaux et de la potasse, on y fait arriver les eaux mères qui ont servi aux précédentes opérations, de telle sorte, qu’en y ajoutant de l’eau on produise une lessive caustique contenant :

LES VOIRIES

35 kilogrammes de chaux.

59 — dépotasse.

600 — d’eau.

à laquelle on ajoute :

100 kilogrammes de déchets.

On allume le foyer placé sous la chaudière pour amener la température à 100°, au moyen d’un agitateur, ou à bras, on brasse toute la matière, et lorsque l’on s’aperçoit qu’elle est dissoute, qu’il ne reste plus au-dessus des eaux, que le coton, on arrête le feu, on retire les débris, que l’on place sous la presse, on en recueille les eaux que l’on rejette dans la chaudière.

Ces débris renferment généralement 15 p. 100 de coton que l’on porte à une chaudière dite de rinçage, on les lave, on les remet à la presse, on les laisse sécher à l’air, pour les vendre comme chiffons propres à la fabrication du papier.

Les eaux de rinçage qui contiennent de la lessive sont portées dans la cuve de dissolution et mélangées, toutes ensemble, passent dans des filtres de grosses toiles à voile.

La partie mucilagineuse, la potasse qu’elles renferment, la chaux qui s’y est déposée, sont recueillies sur le filtre, l’eau qui s’en est écoulée est remisée pour servir à de nouvelles fabrications.

Ce magma desséché donne une poudre noirâtre, cristalline, renfermant de grandes quantités d’azote, dépotasse et de chaux, le tout allié à des matières organiques.

Cent kilogrammes d’un pareil produit contiennent, d’après les expériences faites :

10 pour 100 d’azote 5 — de chaux

9 — de potasse

10 — d’eau

66 — de matières organiques

et forment ainsi un engrais, ayant et se rapprochant le plus, de celui préconisé par M. Dumas, Complet si on veut y ajouter quelques kilogrammes de sulfure de carbone.

Le coût de fabrication peut être évalué comme suit :

200 kilos de déchets à fr. 10.. . 20 »

10 — de chaux, perte comprise, à fr. 30 les J00 kil. » 30 18 — de potasse, — à fr. 70 — 12 60

La chauffe, la main-d’œuvre, l’usure du matériel.. 5 »

Ensemble pour 100 kilos. 37 90

de matières.

A diminuer :

30 kilos de chiffons de'coton à fr. 20 les 10Ô kilos.... 6 »

Reste net .... 31 90

La valeur d’un pareil engrais est la suivante :

10 kilos d’azote à fr. 2,60. .. 26 »

fl — do potasse à fr. 1. 9 »

5 — de chaux à 0,15. » 75

66 — de matières organiques à 0,0 i. 2 64

Ensemble. 3H 39

La description m extenso que nous venons de faire des procédés à employer pour une fabrication utile, économique et saine des déchets de Paris, nous a paru indispensable.

Dans la première édition de notre livre, il semblait à l’administration supérieure qu’il n’y avait rien de mieux à faire que ce qui existait, tout au plus prévoyait-elle des palliatifs qui auraient en partie amélioré la situation ; elle ne se préoccupait pas qu’à l’étranger, même dans quelques usines situées en France, on traitait sans danger pour la santé publique lès matières organiques, et qu’il suffisait pour empêcher les odeurs qui nous viennent des établissements qui se trouvent dans la banlieue de Paris, de les astreindre à employer ces procédés, si leurs propriétaires ne voulaient se les voir fermer comme établissements insalubres.

Aujourd’hui, que nous avons fait le jour sur ces fabrications, il n’est plus permis au Conseil de la salubrité de la Seine d,e ne pas faire appliquer ces nouveaux procédés ou d’autres qui présenteraient, au point de vue de l’hygiène, les mêmes avantages.

Nous poursuivrons cette étude en. abordant la fabrication de l’ammoniaque qui présente des inconvénients plus grands encore que la conversion dès matières organiques en poudrette ou en composts, et qui peut très facilement être modifiée et devenir inoffensive. - ■

L’emploi de ces machines et des procédés nouveaux que nous venons de décrire doit amener la solution de cette partie de l’assainissement de Paris et de sa banlieue.

Le stock ancien des matières fécales àBondy ne vaut pas grand’chose ; en revanche celles, qui arriveront tous les jours; par le conduit de La Villelte, doivent donner à l’aide de ces appareils, des produits rémunérateurs.

LES VOIRIES

On calculait, en 1873, que l’égôut de Saint-Denis jetait en Seine 30 à 40,000 mètres cubes d’eaux qui n’avaient pas été utilisées, et ces eaux étaient, conjointement avec celles du collecteur de Cliehy, la cause de l’infection du fleuve.

Les mêmes faits se continuent. Les ouvriers qui travaillent dans cet égout sont tous atteints d’ophthalmie, les dangers sont grands pour la population, on ne pourra y remédier que le jour où tous les égouts seront terminés, où les vidanges s’écouleront dans le canal de Paris à la mer.

Les mêmes calculs n’ont pas été faits pour les usines qui se sont érigées depuis, à Ghoisy-le-Roi, à Aubervilliers, à Nanterre, à Montrouge, à Billancourt et en d’autres endroits ; mais si nous en jugeons par les résultats que nous avons contrôlés, par les plaintes des habitants, les matières méphitiques que ces voiries jettent dans l’atmosphère et dans les cours d’eau voisins, elles sont toutes autant qu’à Bondy, pernicieuses, et ont pour Paris cet immense inconvénient de plus, que lorsque cés établissements étaient dans la forêt de Bondy, au moins les vents n’apportaient leurs émanations que lorsqu’ils soufflaient du Nord-Est, au lieu: qu’aujourd’hui ces dépotoirs étant partout, quand le vent de Bondy ne donne pas, c’est au tour des. fabriques situées au Nord, comme ce sera demain celui pour les voiries existant au Sud.

Aujourd’hui sur les 2,000 à 2,200 mètres cubes de vidanges fournis chaque jour, Bondy en reçdit 1,200 : ce sont 1,000 mètres cubes allant un peu partout, dans les 45 nouveaux dépotoirs, et dont une partie, d’après M. Alpband,-jetée la nuit en cachette sur la voie publique, le plus proche d’une bouche d’égoût.

Un pareil état de choses, conséquence des administrations qui se sont succédé depuis 1870, ne peut être toléré davantage’, il faut en revenir à de plus saines pratiques ; si le jour où les vidanges iront à l’égout les dépotoirs n’ont plus de raison d’être, il exislera toujours d’autres industries infectantes que l’hygiène'publique a le droit de voir confinées à Bondp

Fabriques de sulfate d’ammoniaque. -—- Les fabriques qui traitent dans la banlieue de Paris la vidange, sont infectes à leurs ouvriers et à leurs voisins; la raison est celle que le traitement de ces matières se fait mal.

M. Lauth, chargé par le^Uonseil municipal de faire un rapport sur la voirie clé Bondy, a constaté que les industriels rejetaient à

la rivière 24 k., 3 de matières, c’est-à-dire le tiers environ de l'azote qu’elles renfermaient.

Par suite de la décomposition qu’éprouvent les matières organiques, soit qu’elle se produise sous l’influence de la fermentation putride, soit de la distillation sèche, l’azote se dégage, et c’est dans cet état que nous allons aborder sa fabrication.

Le composé d’azote qui se prête le mieux, pour son transport à l’agriculture, est l’ammoniaque transformée à l’état de sulfate ou de chlorhydrate.

L’ammoniaque AzH 3 est un gaz incolore, d’une odeur vive et pénétrante, se dissolvant 670 fois dans son volume d’eau, et s’échappant dans l’atmosphère à 60 degrés de chaleur.

Cette dissolution que l’on appelle ammoniaque liquide, a pour densité 0,85, à dix degrés.

Le chlore décompose l’ammoniaque, il se produit du chlorhydrate d’ammoniaque et de l’azote.

Lorsqu’on fait arriver du gaz ammoniac sur du fer ou du cuivre chauffé au rouge, il se décompose et forme des azotures.

Enfin l’ammoniaque liquide dissout plusieurs oxydes métalliques.

L’azote et l’hydrogène peuvent s’unir, à l’état naissant, pour former de l’ammoniaque.

L’ammoniaque prend encore naissance lorsqu’on expose le fer à l’humidité. On explique ainsi sa présence dans certaines terres argilo-ferreuses telles que les cendres de Picardie.

L’ammoniaque, ce dérivé de l’azote, se rencontre partout, le chlore le décompose, les métaux en forment des azotures, ainsi s’explique sa présence dans le sol et son absorption par les êtres qui y vivent.

Les substances organiques produisent de l’ammoniaque lorsqu’elles se décomposent spontanément, lorsqu’on les soumet à l’action de la chaleur, lorsqu’on les chauffe avec un alcali hydraté.

Sa densité est de 566 ; son équivalent, 212, 5 ; sonpoids au mètre cube de 0,7748.

Dès le vu me siècle, la tradition ne faisant pas remonter plus haut l’emploi du sel Armenicum , — il était préparé en Egypte et dans d’autres contrées de l’Asie, et l’objet d’un grand commerce d’échange avec les autres peuples moins savants.

On le recueillait de la fiente des chameaux, et comme cette matière, essentiellement organique, était la seule qui servît au chauffage, c’était de la suie qu’il en provenait.

LES VOIRIES

Les procédés de fabrication consistaient à placer cette suie dans des matras en verre, à la distiller et à condenser les produits gazeux, dans de l’eau saturée d’huile de vitriol.

Comme nous le verrons, sauf le choix des ustensiles, nous n’avons rien innové à ce qui se faisait il y a mille ans et plus.

Nous avons étendu le domaine de la production, la fiente du chameau a été remplacée par des détritus de tous les êtres organisés, depuis ceux de l’homme jusqu’à ceux des plus inférieurs de la création, et nous sommes parvenus à produire de grandes quantités, et à bon marché.

La putréfaction des déjections des animaux, la distillation des matières animales et surtout la décomposition que subit la houille dans les usines à gaz constituent, en réalité, la base principale de la fabrication des produits ammoniacaux,

L’absorption de l’ammoniaque se fait, soit au moyen de l’eau, soit au moyen d’acides minéraux, et principalement d’acide sulfurique, soit enfin au moyen de sulfates. Dans le premier cas on obtient des dissolutions ammoniacales qu’on traite ultérieurement pour la fabrication des sels ammoniacaux (mais ces dissolutions sont étendues).

Dans les autres cas, on obtient un produit d’un ordre plus élevé, formé par du sulfate ou du chlorhydrate d’ammoniaque dans un plus ou moins grand état de pureté.

Lorsque les matières organiques nesontplus sous l’influence des forces vitales, les principes qui entrent dans leur composition réagissent les uns sur les autres, suivant les circonstances où se trouvent ces matières, et donnent lieu à de nouveaux produits.

Cette réaction est accompagnée de divers phénomènes ; les matières se tuméfient, se gonflent, bouillonnent si elles sont liquides, du calorique se développe et des gaz se dégagent.

Dans les végétaux la putréfaction est lente, aussi a-t-on hésité longtemps à donner ce nom à leur décomposition; cependant c’est la même que pour les tissus animaux. On observe, en effet, les phénomènes analogues dans les végétaux azotés d’une texture molle et humide, lorsque la vie a cessé chez eux et qu’ils sont placés dans des circonstances favorables.

D’après Boissieu, il y a A parties dans la fermentation putride.

1° Tendance à la putréfaction. « Odeur fétide. »

2° Putréfaction commençante. « Odeur ammoniacale. ‘

3“ Putréfaction avancée..... « Des bulles se dégagent; il y a bour¬

souflement ; odeur fétide. »

4» putréfaction terminée. « Odeur aromatique. »

Le résidu est une terre grasse, visqueuse et d’une odeur encore fétide.

Il se dégage des produits nombreux ; parmi eux :

Hydrogène carboné.

sulfuré. ,

— phosphoré.

De l’ammoniaque.

De l’eau.

Des carbonates d’ammoniaque.

Des suîfhydrates —

tous corps . volatiles qui s’échappent en entraînant avec; eux une matière animale d’une odeur fétide.

D’autres produits sont fixes:

De l’huile.

De la matière grasse ou savon animat.

De l’acide acétique.

Enfin le résidu cité plus haut qui distillé donne une huile empyreumatique, du carbonate d’ammoniaque et des phosphates terreux. li se forme aussi des nitrates.

Recueil de 1 ammoniaque des eaux de gaz. — ha houille contient 0,08 p. 10Q d’azote; par sa combustion ou par sa distillation sèche, cette quantité d’azotq se transforme en ammoniaque.

Si on pouvait recueillir cette quantité d’azote du gaz produit par la combustion de la houille, la quantité en serait considérable ; en effet, on calcule qu’il se brûle 200 millions de tonnes de houilles qui à 0,08, d’azotè (ou 1 p. 100 d’ammoniaque) donneraient aux besoins industriels et agricoles 200 mille tonnes. Malheureusement, malgré bien des essais tentés nous n’avons pas, plus que pour le recueil de celui renfermé dans l’air atmosphérique, trouvé de moyens industriels pour nous approprier ce gaz si utile.

Il n’eh est pas de même lorsque nous voulons le recueillir de la distillation sèche des eaux de gaz.

La distillation le produit à l’état de sesquicarbonate d’ammoniaque et de suîfhydrates, etc.,, qui viennent se condenser dans les eaux goudronneuses qui se déposent dans les barillets et les condenseurs.

On soumet les eaux à une distillation, on échauffe jusqu’il ce

LES VOIRIES

qu'elles; entrent en ébullition ; on conduit la vapeur dans une autre chaudière déjàchargée d’eaux ammoniacales ; par l’ébullition elles fournissent une vapeur plus sèche que la première ; on continue d’amener ainsi jusque la troisième chaudière qui donne un produit dont la teneur en ammoniaque.est plus élevée encore.

Au moyen de la chaux, qu’on introduit dans les chaudières, on chasse facilement les gaz ammoniacaux jusque dans des récipients en ciment, où ils sont condensés.

L’appareil le plus employé, pour le traitement des eaux de gaz, est celui de M. Mallet. Les prix de fabrication de la Compagnie parisienne du gaz, ont élé établis par M. Payen comme suit :

50 hectolitres d’eau ammoniacale pesant 2° J / 4

à 2° 1 / 2 sont évalués valoir.... fr. 50 »

250 kilos de chaux à 4 fr. les 100 kilogr. 10 »

200 — do houille à 3 fr. 75 les 100 kilogr. 7 50

La. main-d’œuvre. 10 50

Les frais de transport des eaux et des produits... 14 »

Les intérêts d’argent, les frais, les imprévus, les réparations à. . . 9 »

Ensemble. fr. 101 »

On obtint 350 kilogr. d’alcali volatil pesant 21° Cartier, dissolution ammoniacale acceptée par le commerce et qui contient par 100 kilos d’eau de gaz l kgr ,01.

Il kil. 53 d’ammoniaque par 100 kilos d’alcali.

11 96 d’azote —

Le çqût de l’alcali est donc par 100 kilos de 28,85; dans ces conditions, on le voit, le kilogramme d’azote coûte 2 fr. 40.

On ne distille que des eaux de gaz pesant 2 1 / 4 à 2 1 / 2 ; elles sont ordinairement régulières en leur production, cependant elles varient quelque peu, suivant les qualités de houille qui ont été employées à la fabrication du gaz d’éclairage.' Cette fabrication s’exécute, à Paris, sur une grande échelle par la Compagnie concessionnaire, et ne présente d'autres inconvénients, pour le public, que les odeurs qui se dégagent.

Mais, comme les odeurs sont plutôt, par leur nature empyreumatique, bienfaisantes que délétères, nous ne voyons aucune raison sérieuse pour que le traitement des eaux de gaz ne se continue pas dans la banlieue de Paris.

Recueil de l'ammoniaque des matières animales. — Dès le siècle

dernier, on a cherché à recueillir l’ammoniaque des matières animales par la distillation en vase clos.

Cette industrie ne donnant pas de résultats satisfaisants, ne tarda pas à disparaître, pour faire place à celle des prussiates et du noir animal qui dégage des odeurs fétides et dangereuses. Aussi nous ne voyons d’autres lieux qui puissent les recevoir que Bondy.

En effet, il ne pourrait en être autrement, il faut avant d’opérer la distillation que ces corps, qui sont associés et qui forment les matières organiques, aient été dissociés par la fermentation, qui seule met en liberté l’azote retenu dans ses différentes combinaisons.

Dans la fabrication nouvelle de ces mêmes matières organiques dont nous allons nous occuper, nous décrirons ce qu’il faut faire pour arriver à un résultat industriel.

Recueil de l’ammoniaque des vidanges. — Ces exploitations existent dans les grandes villes où des usines distillent les vidanges pour en recueillir des produits ammoniacaux.

On en traite de grandes quantités à Paris et à Londres; nous allons décrire les appareils qui y sont en œuvre.

Les uns, particulièrement en Angleterre, traitent la vidange telle qu’elle se produit et se comporte, c’est-à-dire en distillant solides et liquides. Les autres, à Paris, décantent tout d'abord, dessèchent les solides, en font de la poudrette et distillent les eaux ; les dépôts solides ou pâteux sont dirigés sur des plaques de fonte chauffées par les chaleurs perdues des eaux résiduaires provenant de la distillation. C’est ainsi que jusqu’à ce jour la Compagnie Lesage, dans ses usines de Billancourt, de Ghoisy-le-Roi et d’Aubervilliers, traite les matières épaisses. L’usine de Nanterre, appartenant à la Compagnie Parisienne, a été établie suivant ces mêmes principes. Mais il y a dans ce mode de travail des odeurs nauséabondes, des gaz mêlés à la vapeur d’eau, dont il est difficile de se débarrasser complètement, et qui gênent beaucoup le voisinage.

Ce qu’on fait encore, c’est de les laisser dessécher d’elles-mêmes par la seule action de l’air ; procédé qui demande quatre à cinq années et qui perd tout l’azote.

On mélange le swage avec de la chaux, puis on presse au moyen d’une pompe à air.

On se sert aussi de la pompe hydraulique, et on dissout la ma- ■ tière avec différents autres corps, afin de la rendre la plus épaisse possible.

LES VOIRIES

Ces précipités sont encore desséchés dans des fours, mais ils perdent une grande partie de l’azote qu’ils contiennent et ont le grave inconvénient de brûler 1 kilogr. de houille pour 6 kilogrammes d’eau à évaporer.

L’urine renfermée dans ces eaux, est plus ou moins riche, elle contient de 2, 5 à 3 p. 100 d’urée avec 0,01 d’acide urique, mais étendue, comme elle l’est, d’eau, sa fabrication présente des difficultés, car elle ne renferme plus que 7 à 9 parties d’azote par 1000, lorsque vierge elle en contenait 15 à 19.

11 a fallu imaginer des appareils autres que ceux de M. Mallet, pour le traitement des eaux de vidange; d’un autre côté, l’action de la chaux n’était pas suffisante pour dégager les vapeurs survenant de la décomposition des carbonates d’ammoniaque formés par la putréfaction.

Généralement les appareils employés consistent en une chaudière ordinaire chauifée directement au moyen d’un foyer, à une température de 100 et quelques degrés, formant des vapeurs d’eau entraînant les gaz, qui se rendent dans des cuves en tôle faisant office de récepteur.

En élevant la température, le carbonate d’ammoniaque se volatilise et se rend dans un serpentin de plomb qui dirige les vapeurs dans une solution acide, pour former des sels et des chlorhydrates d’ammoniaque. Le générateur a généralement une capacité de dix mille litres, chacune des cuves en tôle a le même volume, la cuve renfermant le serpentin a 25 mètres cubes.

En poussant la température des eaux vannes pour chasser complètement les vapeurs ammoniacales, on dépense une quantité de houille qui n’est pas toujours en rapport avec la somme des produits recueillis, et le travail devient difficile.

L’ébullition trop prolongée des vidanges amène la formation de mousses produites par les matières organiques et qui tendent à s’échapper et s’épandent dans les cuves de recueil ; aussi la plupart des fabricants préfèrent perdre une partie de l’ammoniaque et ne distiller les eaux qu’imparfaitement.

L’opération, bien conduite, dure douze heures environ.

Au moyen de cette ébullition, on désagrège en partie les combinaisons ammoniacales qui étaient formées lors de la mise en chaudière, mais l’azote contenu dans les matières organiques non décomposées par la fermentation, restent dans les résidus.

Cette fabrication donne 9 à 11 kilogr. de sulfate d’ammoniaque par 1,000 litres, mais les conditions ne sont pas toujours les

mêmes, la quantité à évaporer devenant trop grande on abandonne cette industrie. Le traitement de J00 mètres cubes, de vidanges donne lieu établir un compte comparatif d’exploitation des procédés ci-après.

Page 1