CONSTRUCTION
Comme toute maison, l'école est un abri, qui doit protéger ceux qui l'habitent contre les vicissitudes atmosphériques, les variations ou les excès de température ou d'humidité, contre l'agitation de l'air.
Les règles ci-dessus, relatives à l'emplacement et à l'exposition de l'École, ont pour but de la garantir des causes d'humidité, d'agitation ou d'altération de l'air, de provenance extérieure.
Le sol est-il humide, le drainage impossible ou insuffisant, le mode de construction et le choix des matériaux devront encore être déterminés par ces considérations, et dirigés contre ce danger.
Relativement au mode de construction, si l'on ne peut établir les fondations sur une couche de terrain solide, on bâtira sur pilotis. On peut maintenant, en imprégnant les bois employés de solutions métalliques, les préserver indéliniment de l'action de l'eau.
On interceptera l'humidité du sol au moyen de caves spacieuses, convenablement aérées ; ou bien on exhaussera le rez-de-chaussée, afin de ménager entre le sol recouvert d'une couche épaisse de matière isolante, béton, asphalte, ciment Portland, etc., et le plancher, un espace où l'air puisse circuler librement.
Le choix des matériaux n'est pas moins important. La pierre extraite depuis peu de temps de la carrière est pour longtemps un réservoir d'humidité. Les briques mal cuites sont susceptibles d'absorber et de transmettre l'eau du sol et des pluies. Il convient de n'employer que des briques bien cuites et bien sèches, ou des briques creuses à circulation d'air. Le grès est
toujours humide et doit être rejeté pour cette cause l.
L'emploi de la chaux hydraulique, du ciment romain, l'intercalation dans la hauteur des murs de couches horizontales alternantes de substances isolantes, compléteront l'ensemble des précautions à prendre.
Les plâtres neufs contiennent les deux tiers de leur poids d'eau. Les murs de refend, les cloisons où l'on emploie une grande quantité de. plâtre sont des réservoirs d'humidité.
Il en résulte qu'une école nouvellement construite, ou dont la réparation a nécessité d'importants travaux de maçonnerie, ne peut être occupée immédiatement sans danger 2. En général, il faut au moins laisser écouler plusieurs mois, pendant lesquels on ventile
1. On juge de la facilité avec laquelle telle espèce de pierre ou de brique peut absorber l'eau, en mettant un morceau de pierre ou de brique d'un poids et d'un volume connus, dans une certaine quantité d'eau déterminée. Après trois heures, on mesure le liquide restant; on connaît ainsi la quantité d'eau absorbée par la substance mise en expérience.
2. Pour apprécier le degré d'humidité d'une pièce, il faut, après en avoir fermé les ouvertures, y placer dans un vase de la chaux vive pulvérisée d'un poids déterminé.
La différence de poids représente la quantité de vapeur d'eau absorbée. En répétant de temps à autre l'expérience, on suit les progrès de l'assainissement du local.
Un autre moyen consiste à retirer du mur avec une tarière une certaine quantité de plâtre. On le pèse et on le dessèche. Si la perte ne dépasse pas 15 pour 100, les murs sont assez secs. Au delà de cette proportion, le local doil être séché avant d'être habité. (Becquerel, Hyyiène.)