JARDINS
qu'il présente? Il est la joie et la poésie de l'école. Voyez-vous ces allées bien droites et ombragées, ces carrés remplis de plantes potagères, ces espaliers couverts de fruits venus par vos soins! Quel bonheur de se promener au milieu de ces richesses à la portée de tous, puisqu'elles sont si faciles à produire. Entendezvous les oiseaux qui babillent dans le bouquet d'arbres voisins ! Quel plaisir pour vos élèves de contempler la jeune couvée qu'ils garderont avec amour et qu'ils apprendront ainsi de bonne heure à respecter ! Voyezvous encore ces plantes grimpantes, qui tapissent les fenêtres de l'école, en y conservant en été la plus délicieuse fraîcheur!... Comme tout ce paysage gai et riant est destiné à rendre le séjour de l'école agréable aux enfants et aux maîtres !... »
« En Allemagne, dans les Kindar-qarton, qui sont les salles d'asile de la contrée, chaque enfant dispose d'un petit carré de jardin, où il peut cultiver les plantes qui lui plaisent. Voyez-vous ce jardinier de cinq ans préparer lui-même son terrain, le nettoyer, le fumer avec grand soin, et y jeter bien lût quelques semences? Avec quelle inquiète sollicitude tous les matins il vient visiter son jardinet l Un jour, ù bonheur! il a vu poindre la jeune pousse, humide encore de la rosée de la nuit ; avec quel amour il la contemple ! Comme il va la préserver de tout danger ! comme aussi bientôt son jeune cœur déborde de reconnaissance envers Dieu !»
«On conçoit déjà combien ce petit jardin est fécond en enseignements utiles pour l'enfance. Voilà l'idée de propreté et de soin, le sentiment d'affection et de gratitude qui en découlent; voici encore, à peu de distance, l'idée de travail, si essentielle, si salutaire
pour le bonheur des individus, qui commence à germer dans le cerveau de l'enfant. »
« En France, un jardin doit être aujourd'hui nécessairement annexé à toutes les écoles primaires, si l'on veut essayer de réaliser les vœux déposés dans l'enquête agricole de 1867... Il n'y a qu'un jardin qui permette à l'instituteur d'enseigner à ses élèves la gre'Je, la culture des fleurs, des plantes potagères, des arbres fruitiers ou d'agrément, etc. C'est encore parle jardin seul que l'instituteur fera aimer aux enfants la vie simple de la campagne et apprécier l'heureuse influence qu'elle exerce sur la santé, la moralité et la famille ; ses leçons agricoles et horticoles auront ainsi pour résultat définitif d'attacher l'habitant de la campagne à son village, et de combattre les tendances fâcheuses qui entraînent les populations rurales vers les villes '. »
Escaliers. — Les escaliers sont la partie de l'école où se produit le plus grand nombre d'accidents (chutes, contusions, luxations, fractures). Les dimensions de l'escalier, des marches d'au moins lm, 50 de long, doivent permettre aux enfants de passer plusieurs de front; et même, dans certaines grandes écoles, deux colonnes d'élèves doivent pouvoir, au besoin, l'une monter, l'autre descendre, sans se gêner mutuellement.
La profondeur et la hauteur des marches seront
1. Gasquin, de l' Organisation matérielle des écoles, Conférences pédagogiques faites à la Sorbonne aux instituteurs primaires. Paris, Hachette, 1868.