PORTES, FENÊTRES
pour la tuiletle îles enfants, pour la propreté de la maison d'école, et spécialement pour la bonne tenue des cabinets.
Lieux d'aisances. — Celle pallie du bâtiment d'école est en général aussi mal construite que peu soignée. Il y a là, au point de vue de l'hygiène, une source de dangers très-réels. Faut-il en chercher la raison dans l'ignorance des constructeurs, dans le défaut de place, dans le peu d'argent que l'on daigne consacrera ce service ! 11 est une cause qui nous parait dominer et expliquer tout cela, c'est notre indifférence marquée pour une question qui importe à un si haut degré à la propreté et à la salubrité de nos demeures1. En voyant où en sont encore nos écoles à cet égard, on n'a pas le droit de s'étonner si, dans nos habitations particulières, ce service laisse encore tant à désirer. Les habitudes contractées dans l'enfance, soit à l'école, soit au lycée, ne sont pas faites pour nous rendre délicats plus tard à ce sujet, et pour créer de justes exigences, et un sentiment de dignité et de décence, qui, s'il nous était inspiré de bonne heure, s'imposerait forcément aux architectes, et transformerait cette partie de nos maisons si peu en rapport avec notre degré de civilisation.
Est-ce à dire que la question soit facile? Non, sans doute ; mais ce n'est pas en négligeant ce service dans nos établissements d'instruction et d'éducation que nous pouvons espérer éclairer ce problème et en avan-
\ . « Un architecte bâtissant une école dans le Département de l'Yonne avait oublié les lieux d'aisances ! n Plaintes et vœux présentés par les Instituteurs... Paris, 1861.
eerla solution. A l'hygiéniste d'établir les principes, de signaler aux administrateurs et aux architectes les défauts révoltants des constructions actuelles. S'il,réussit à convaincre l'administration de la nécessité de réformes urgentes, il n'aura pas seulement amélioré l'hygiène des écoles sur un point important ; mais il aura contribué, résultat non moins utile, à faire l'éducation de l'homme, en donnant à l'enfant dans nos écoles, dans nos lycées, dans nos maisons d'éducation, des habitudes de propreté et de décence qui deviendront plus lard assez impérieuses pour triompher de la routine, et des errements d'une économie aussi mesquine que dangereuse.
Le nombre des cabinets d'aisances doit être proportionné au chiffre des élèves. En général, on admet deux cabinets pour cent élèves. Plusieurs écoles à Paris sont très-insuffisamment pourvues à cet égard. Une école de 600 élèves n'a que 6 cabinets ! Une autre école de 280 élèves n'a eu longtemps que 3 cabinets. Les enfants de chaque classe étaient obligés de stationner, matin et soir, pendant une heure dans l'escalier, par suite de cette installation insuffisante.
Ces cabinets seront d'un accès facile. On doit en trouver dansle bâtiment et dans la cour. Les objections faites à la présence des cabinets dans l'intérieur du bâtiment n'ont aucune valeur, elles ne font qu'accuser la construction défectueuse et la mauvaise tenue des cabinets actuels : il est impossible d'admettre que ce service ne soit pas entièrement et très-prochainement réformé, et alors, aucune raison ne s'opposera plus à ce que des. cabinets mieux installés soient disposés sans inconvénient dans l'intérieur du bâtiment.
Quelque part que soient placées ces annexes, on devra toujours assurer la surveillance du maître sur les élèves, conformément aux dispositions du Règlement.
Examinons donc quelles sont les conditions défectueuses des constructions le plus généralement adoptées jusqu'ici.
Le local affecté aux cabinets d'aisances est aussi exigu que possible, trop souvent dans une encoignure où la lumière et l'air font défaut, où les mauvaises odeurs restent en permanence.
Le trou de chute n'a point d'obturateur, de sorte que l'air infect de la fosse remonte dans les cabinets, de là, dans les couloirs et les escaliers, et se répand clans tout le bâtiment.
Les exhalaisons sont encore augmentées en cas d'absence de ventilation de la fosse, ou toutes les fois qu'il n'a pas été installé d'urinoirs séparés des cabinets d'aisances, et que la fosse reçoit ainsi les liquides et les solides '.
La malpropreté des parois et du sol des cabinets ajoute encore à ces causes d'infection.
1. Il est très-important d'avoir des urinoirs séparés des cabinets d'aisances. D'une part, ces derniers pourront alors être tenus plus proprement. En oulre, la séparation des liquides et des Bolides diminue, sans cependant la détruire absolument, la production des odeurs malsaines qui s'échappent des fosses d'aisances.
on sait, en effet, que beaucoup de fermentations ne peuvent se produire qu'autant que les substances sont à un certain degré de dilution: <>r, ici l'urine se charge des produits solubles, résidus de digestions incomplètes ou produits azotés rejetés de l'organisme., et les présente à l'air et aux ferments atmosphériques sous une grande
Comment y obvier? Ici se présente la partie la plus difficile, mais la plus importante du problème. Car il faut en même temps imposer aux enfants des écoles des habitudes de propreté qu'ils n'ont généralement pas, les garantir contre les dangers du système barbare des cabinets à la turque, simple ouverture pratiquée dans les dalles qui recouvrent le sol, où plus d'un enfant s'est brisé lesjambes;il faut parla nature des matériaux employés, par l'inclinaison donnée au sol, par la peinture des murs, qui devront se réunir non par des angles aigus, mais par des surfaces arrondies assurer un nettoyage facile et efficace ; régler la distance des cloisons, la profondeur des cabinets* la position du trou de chute de façon à diminuer les causes de malpropreté; enfin, donner aux portes une disposition qui ne réduise pas, lors de leur ouverture, la capacité du cabinet, permette le renouvellement de l'air, et n'empêche pas la surveillance du maître.
Toutes ces difficultés sont loin d'être insurmontables. Les plus grandes n'ont besoin, à notre avis,
surface. En outre, la présence de l'ammoniaque tend à solubiliser les matières solides. Or, ces substances, de composition mal déterminée, analogues aux ferments eux-mêmes, sont en décomposition continuelle; de là, production incessante de gaz hydrogène carboné, ou gaz Ses marais (putréfaction végétale), hydrogène libre, acide carbonique, acide suif hydrique, et enmêmetempsdematières odorantes d'origine organique, beaucoup plus dangereuses pour la santé, car ce ne sont plus, comme les gaz que nous venons de citer, des produits bien définis., mais des corps {miasmes) susceptibles de devenir des ferments morbides dans des conditions favorables.
pour être résolues, que d'une seule condition, mais elle est de rigueur, c'est de ne plus prendre pour point de départ nécessaire ou accordé, la malpropreté de .'enfant. Le vice des systèmes adoptés jusqu'ici, c'est qu'ils sont tous plus ou moins fondés sur une concession faite à la négligence prétendue inévitable des élèves. Loin de subordonner le choix d'un système, d'un mode de construction, aux instincts mauvais ou aux habitudes acquises de l'enfance, ne voit-on pas qu'on possède là au contraire un excellent moyen de les réformer? L'hygiène de cette partie de l'école n'avancera jamais, au grand détriment de la santé et de l'éducation, tant que l'on n'aura pas fait l'abandon d'un principe erroné, et que les constructeurs des écoles, au lieu d'obéir servilement aux penchants traditionnels des enfants, n'essayeront pas de leur imposer une meilleure direction.
Nous demandons formellement la suppression absolue des cabinets à la turque La malpropreté qu'ils rendent trop facile, les odeurs infectes qui résultent du séjour des liquides et des solides sur le sol, l'impossibilité dans ce système de tout appareil destiné à supprimer les émanations de la fosse, enfin les dangers qu'une installation de ce genre fait courir aux enfants, en condamnent irrévocablement l'usage.
Il faut au contraire rechercher un système qui réduise au minimum possible les émanations de la fosse, qui ne présente aucun danger pour les enfants, et qui les oblige par ses dispositions mêmes à devenir soigneux et propres. Où trouver ces conditions réunies? Un grand progrès sera déjà réalisé par la suppression absolue des fosses permanentes, et leur remplace-
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ment par les fosses mobiles à appareils bien ventilés; pas l'installation d'un siège, non pas en bois de chêne, trop difficile à tenir propre, mais en pierre, en dalles, ou plutôt en ciment Portland, qui ne présente aucuns joints, mais une surface continue, et k laquelle on donne l'inclinaison que l'on veut *, enfin, par l'usage de cuvettes en faïence, munies d'une soupape fermant hermétiquement le tuyau de chute. Pour faciliter le nettoyage, les murs seront garnis, à 1 mètre ou 2 au-dessus et autour du siège, de carreaux de faïence ou de terre cuite vernie, jointoyés avec du ciment; dans le reste de leur -étendue, les murs seront peints à l'huile.
Objecterait-on la dépense qu'entraînent l'installation et l'entretien de cet appareil à fermeture hermétique, d'un maniement peu commode pour les enfants, et d'un dérangement trop facile? Nous sommes convaincus que l'on pourrait obtenir un modèle plus simple et bien moins coûteux, mais tout aussi efficace que les appareils destinés aux appartements. Il a déjà été installé dans plusieurs écoles des appareils automoteurs très-simples et d'un prix bien moins élevé : ainsi les appareils Rogier, dont la soupape bascule par la pesanteur des matières. Nous ne parlons pas des systèmes où le poids même de l'enfant détermine l'ouverture de la soupape, parce qu'alors la fosse reste
1. L'école Turgot -vient d'être pourvue de cabinets de ce genre très-bien disposés, bien aérés, et où toutes les conditions hygiéniques sont remplies. De plus, il y a des fosses mobiles, et l'enlevage se fait non par les cours de L'école, mais directement par 'egout.
trop longtemps en communication avec l'air extérieur.
D'ailleurs, en attendant une installation qui, clans l'hypothèse la plus favorable, ne peut se faire que progressivement, on peut admettre déjà comme une très-grande amélioration le siège avec cuvette, même sans soupape hermétique, à condition que la fosse soit parfaitement ventilée, et que l'on y ait appliqué le système dit séparateur, que le lavage et le nettoyage au moyen de solutions désinfectantes soient régulièrement faits chaque jour '.
Des dispositions de ce genre ont été adoptées dans quelques grands établissements scolaires de Paris, notamment à l'ancien collège Chaptal, et, tout en faisant la part des habitudes antérieures d'enfants mieux élevés, l'expérience donne droit de con-
I. Nous avons souvent constaté l'absence d'eau, tantôt pane qu'il n'j avait pas île prise d'eau possible dans le voisinage de l'école; parce que dans certains quartiers l'eau ne montait pas assez haut ; d'autre fois, parce que l'égoùt où elle devait se déverser était trop éloigné.
C'est dans ces circonstances que Ion fiait usage en Angleterre du système Munie, très-répandu aujourd'hui. Ce système consiste à remplacer l'eau du water-closet par de la terre : on a alors le earth-closet, ou par de la cendre, c'est le ashcloset. Un réservoir rempli de terre séchee et réduite en poudre, ou de cendres, est disposé de façon à laisser tomber une certaine quantité de l'une ou de l'autre de ces substances sur les matières, chaque l'ois qu'il est l'ait usage des cabinets. La terre ainsi mélangée aux matières en détruirait complètement les émanations dangereuses et fétides. Le même moyen est employé pour les urinoirs.
Cesystème est appliqué engrand en Angleterre dans beaucoup de manufactures importantes, de grands ateliers, d'hôpitaux, d'écoles
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dure que l'on peut lout obtenir des élèves des écoles publiques à cet égard, si l'on ose exiger beaucoup.
Les cabinets d'aisances placés dans l'intérieur du bâtiment devront recevoir une ventilation convenable, par des fenêtres, et au besoin, au moyen d'une cheminée d'appel, où l'air sera mis en mouvement par la chaleur déterminée par un bec de gaz, que l'on placera hors de la p.ortée des enfants. On devra profiter du voisinage des cheminées de calorifères pour activer la ventilation des fosses et des cabinets. Pourquoi n'imiterait-on pas ce qui a été fait dans plusieurs établissements de bains-lavoirs, où de simples cabinets à. la turque ont pu, malgré les conditions les plus défavorables, être assainis par ce moyen? L'architecte a utilisé le tirage de la cheminée pour la ventilation de la fosse. Malgré l'absence de tout appareil hermétique, il n'y a plus aucune émanation : un courant énergique entraînant toute odeur vers la cheminée d'appel.
et de maisons particulières. Dans les possessions anglaises de l'Inde, on en fait partout usage pour les casernes et les campements.
Nous devons signaler un moyen de désinfection plus pratique encore et très-efficace proposé par un chimiste de Paris, M. Dusart. Il consiste à introduire dans la fosse de petites quantités d'huile lourde de houille (1 kilogramme par mètre cube : le kilogramme vaut 10 centimes); cette substance a la remarquable propriété de se mélanger avec les produits de la fosse, de ne pas répandre d'odeur, et d'arrêter toute fermentation, de telle façon que ni l'ammoniaque ni l'odeur de matières organiques en décomposition ne soient sensibles dans les habitations.
De plus, les substances préservées de la putréfaction par ces divers procédés, peuvent être utilisées comme engrais.
Les cabinets d'aisances sont-ils situés dans la cour, un chemin bitumé et couvert doit y conduire de l'intérieur de l'école '. Le peu de hauteur de ces petits bâtiments les rend parfois très-difficiles à ventiler. Les portes des cabinets seront élevées à 10 centimètres du sol, pleines jusqu'à lm, 60 ; elles seront à claire-voie au-dessus afin de faciliter la ventilation. Elles doivent toujours s'ouvrir de dedans en dehors.
Pour les urinoirs, ils doivent être formés de plaques d'ardoises, le sol également en ardoises, munis de rigoles aboutissant à un tuyau de chute. Le lavage que l'on y doit exécuter deux fois par jour, comme cela a lieu dans beaucoup d'écoles de Paris, au moyen de liquides désinfectants, est tout à fait insuffisant. Nous avons vu des écoles, fort bien tenues d'ailleurs, rendues littéralement inhabitables par la mauvaise disposition, et les lavages trop rarement exécutés de ces annexes. Il est bien regrettable que dans l'état de choses actuel, personne ne puisse dans les écoles communales être chargé de ces soins de propreté, connue cela a lieu dans les lycées ou les grands établissements. Pourquoi les concierges des écoles ne seraient-ils pas, moyennant une indemnité, tenus à cette surveillance, et responsables de ce service si important pour l'hygiène de l'école?
Un filet d'eau courante doit baigner constamment les surfaces des ardoises pour enlever toute odeur, et
1. 11 existe encore des lycées où les élèves sont obligés, même la nuit, de se rendre par tous les temps dans des cabinets situés dans des cours: éloignées qu'ils doivent traverser, sans abri, et sans chemin bitumé.
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entraîner les liquides vers l'égout. Ces constructions, installées dans la cour ou le préau découvert, doivent toujours être situées de préférence- sur le côté nord, pour éviter l'action de la chaleur solaire,
Nettoyage ordinaire de l'école — Le nettoyage ordinaire de l'immeuble et du mobilier est un service dont est chargé le concierge de l'école. Aux termes d'une note insérée au " Bulletin de l'instruction primaire, n° 83, il doit balayer tous les jours les vestibules, les préaux, la cour, les escaliers des classes. Ces soins sont sous la responsabilité de l'instituteur. Le Règlement des écoles prescrit (titre II, art. 5) : « L'instituteur tiendra son école dans un état constant de propreté et de salubrité. Elle sera arrosée et balayée tous lesjours, l'air y sera fréquemment renouvelé; même en hiver, les fenêtres resteront ouvertes dans l'intervalle des classes et toutes les fois que les élèves quitteront la classe. »
Ce service laisse en général beaucoup à désirer, moins à cause de la négligence de ceux qui en sont chargés, que du travail rebutant et inutile qu'ils doivent recommencer sans cesse. Il sera bien difficile qu'il en soit autrement, tant que l'on ne prendra pas les précautions convenables pour habituer les enfants à respecter davantage la maison d'école. Un décrottoir, un paillasson, placés sur le seuil de l'école, suffiraient pour empêcher que les escaliers fussent couverts de sable, de terre, de boue, dès que le mauvais temps a détrempé le sol de la rue ou du préau, et pour donner aux enfants des habitudes de propreté, dès les premiers pas qu'ils feraient dans