‹ Hygiène scolaireChapitre 25 sur 106 · NETTOYAGE DE L'ÉCOLE · texte numérisé non relu

NETTOYAGE DE L'ÉCOLE

l'école. L'habitude prise, l'école, la classe, ne seraient plus reconnaissables, et bientôt nous pourrions avoir des planchers aussi propres que dans les écoles des pays voisins. Un pareil usage donnerait à l'école un aspect plus agréable, il la rendrait incontestablement plus saine.

Travaux exécutés pendant l'année dans les établissements scolaires. — Les nécessités du service ont l'ait adopter les congés de Pâques pour l'exécution de divers travaux urgents de réparation, d'appropriation, de peinture, etc. Nous avons eu l'occasion de constater plus d'une foi* les inconvénients qui peuvent résulter de ces travaux exécutés à la haie et quelquefois à la dernière heure. Nous ne reviendrons pas sur les dangers des plâtres nouvellement mis en œuvre ; il est évident que la durée des vacances de Pâques est insuffisante pour que ces plâtres aient le temps de sécher avant la rentrée des élèves. Mais, si à cette époque on ne fait des réparations de ce genre qui; par exception, en revanche les travaux de [teinture sont très-fréquemment exécutés à ce moment. Or, l'odeur de l'essence de térébenthine, les émanations des composés métalliques qui entrent dans la préparation des couleurs employées, ne sont pas sans danger pour la santé des enfants. Les sels de plomb, les sels d'arsenic, etc., peuvent déterminer des accidents, coliques et paralysies saturnines, et tous les symptômes d'un empoisonnement. Quand il est impossible d'attendre les grandes vacances pour exéculer ces travaux, il ne faut admettre les élèves qu'après qu'une énergique ventilation a "-= oratiquée, et qu'il s'est écoulé un

temps suffisant pour ne plus laisser aucun doute sur la salubrité de l'école.

Réparations et constructions. — Dans bien des

cas, il faut le reconnaître, nos maisons d'école sont impropres à une destination pour laquelle beaucoup d'entre elles n'ont pas été primitivement construites. D'autres, qui suffisaient au petit nombre d'élèves pour lequel elles étaient disposées, sont devenues insalubres, depuis que l'on y a, par nécessité, entassé un trop nombreux personnel. D'autres encore, qui recevaient autrefois l'air et la lumière nécessaires, ont perdu ces avantages par la construction des terrains qui les avoisinaient, ou par l'édification sur une partie du terrain municipal remis en vente de maisons qui dominent aujourd'hui les bâtiments et dépendances scolaires1. Est-il d'une bonne administration et d'une sage économie de consacrer chaque année des sommes considérables à réparer certaines de ces écoles, à essayer de les rendre plus confortables et plus salubres? Ne vaudrait-il pas mieux savoir, quand il est nécessaire, détruire et remplacer ce qui n'est plus susceptible des améliorations et des transformations exigées par

1. Nous connaissons une école de Paris qui est dans ce cas. La Ville a cru devoir vendre une portion du terrain destiné à la construction : elle s'est ainsi privée de la place et de l'air indispensables à cette importante école. Singulière spéculation par laquelle on réalisait quelques milliers de francs, mais qui faisait du bâtiment scolaire et du préau une sorte d'enclave ! Quel sera demain le sort d'une école où déjà il existe un encombrement que nos rapports ont si souvent signalé ?

RÉPARATIONS ET CONSTRUCTIONS â9

l'hygiène? Aucune réparation, si coûteuse qu'elle soit, — et beaucoup de réparations le sont plus qu'une construction nouvelle, — ne peut agrandir le terrain trop exigu sur lequel l'école est bâtie, rendre l'air et la lumière nécessaires à ces constructions enfouies dans un amas de maisons trop élevées : et l'on conçoit que l'on hésite à tenter d'introduire un système plus parfait de chauffage et de ventilation dans un bâtiment, quand il faut pour cela le remanier dans son entier.

Besoins et budget. — Si l'on ne veut annihiler les services que peut rendre l'hygiène scolaire, il faut en admettre toutes les sages exigences, il faut fermer l'oreille aux demi-mesures toujours coûteuses, et trop souvent inefficaces, et appliquer hardiment les améliorations reconnues nécessaires et indiscutables. En pareil cas, les sacrifices résolument acceptés ne sont pas toujours le parti le plus onéreux et le moins utile.

On est pris d'un sentiment profond d'humiliation, quand on compare nos écoles à celles des autres pays, de la Suisse, par exemple, « où l'esprit public s'intéresse unanimement au développement intellectuel, où, dans les grandes villes industrielles, on croit devoir faire des écoles élémentaires le premier monument de la commune. — On ne peut voir sans envie ces grandes écoles qui ont coûté près de 600 000 francs et qui ont été bâties avec le sentiment éclairé et libéral de tous les progrès modernes '. »

Mais la Suisse dépense pour ses écoles primaires

(1) Deseilligny, De V influence de l'éducation sur la moralité et le bien-être des classes laborieuses, l'.iris, Hachette, 1868.

hum. h.

7 millions 900000 francs, sur lesquels 2 millions et demi sont fournis par l'État, et plus de 5 millions par les communes ; la Prusse consacrait déjà, avant 186a, environ ZiO millions de francs aux besoins de ses écoles primaires, réunissant près de 3 millions d'enfants1; l'Amérique dépense pour ses écoles ^50 millions de francs.

Quel est d'autre part le budget de l'instruction primaire en France?

Le budget de l'instruction primaire donnée dans les Écoles publiques, budget comprenant toutes les dépenses obligatoires : traitement des instituteurs et institutrices, adjoints et adjointes, loyers de maisons d'écoles, etc., s'élevait en 1872 au chiffre de

55 731255 fr., 81 cent.

Somme qui se décompose ainsi :

Dépenses communales. 41176 515 fr., 17 c.

— départementales 5544992 82

Part de l'Etat 9009 747 82

Total 55731255 fr., 81 c.

dans lequel chiffre le département de la Seine entre pour 2 805 895 francs.

Le budget ordinaire de l'instruction primaire, spécial àla ville de Paris, s'élève à 9298 787 francs.

1. Centralblatt fur die gesammte Unterrichtsverwaltung in Preussen (an0 1864).

BESOINS ET BUDGET ôi

En regard de ces chiffres, il convient d'indiquer les besoins auxquels ils sont destinés à suffire.

Le nombre total des écoles primaires publiques en France (comprenant les écoles publiques ordinaires et les écoles dites de hameau) s'élevait en 1872 à 3631:1 11 y a en outre lu 866 écoles libres, dont un grand nombre sont subventionnées.

A Paris, on compte 239 écoles primaires publiques.

Les élèves qui fréquentent les écoles primaires publiques sont, dans toute la France, au nombre de 3 835991 enfants des deux sexes.

D'autre part, nous trouvons 886 763 enfants dans les écoles libres.

Les écoles primaires publiques de Paris reçoivent 109557 enfants.

Malgré le nombre si considérable des écoles publiques et libres, et le chiffre des enfants qui y sont reçus, il fallait encore compter, en 1872, dans toute l'étendue du territoire 182 039 enfants de 7 à 13 ans, n'ayant fréquenté aucune école, ni reçu aucune instruction. Dans le département de la Seine, il y avait, à la même époque, 67500 entants dans cette catégorie.

11 est inutile d'insister sur ces chiffres. On comprend, et de reste, pourquoi l'hygiène des écoles est encore si peu avancée.

Raison de plus, selon nous, pour signaler sans relâche les besoins matériels, les défectuosités, l'insuffisance de nos écoles, l'insalubrité de certains de nos bâtiments scolaires.

C'est au médecin qu'il appartient de prendra la parole en cette matière, dont il est le juge compétent et autorisé.

Malgré de très-notables améliorations récemment introduites J, n'est-il pas permis de dire que le budget de l'instruction primaire semble encore destiné à fixer la mesure, la limite des besoins, à opposer une fin de non-recevoir à toute innovation, au lieu de permettre la réalisation des vœux légitimes et l'accomplissement des progrès nécessaires?

Si l'on peut espérer voir disparaître cette singulière anomalie économique, nul ne doit réclamer cette réforme avec plus d'ardeur que ceux qui parlent au nom de la santé des enfants de nos écoles !

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