ÉCLAIRAGE DE JOUR
une place spéciale dans cette étude d'hygiène scolaire.
Comment sont éclairées nos écoles? Quelle quantité de lumière y pénètre? Comment y est-elle répartie? De quel côté vient-elle? Est-il indifférent qu'elle entre dans les classes, de face, de droite ou de gauche, par derrière on par en haut?... Autant de questions dont la solution est pleine d'intérêt pour l'hygiène, quelle que soit l'indifférence dont témoignent les constructions actuelles, et la disposition générale de nos salles de classe, sur cet important sujet.
L'architecte qui bâtit une école doit non-seulement l'orienter convenablement, mais il doii donner à la classe une forme favorable à l'éclairage.
« La lumière convenable, dit le docteur Liebreich, s'obtient le plus facilement si la classe est de forme oblongue ; les fenêtres devront, dans ce cas, être per- - sur un des longs côtés, les tables posées parallèlement aux murs courts, de manière que la lumière arrive du côté gauche. Le pupitre du maître doit être placé près du mur court vers lequel regardent les écoliers '. »
Ces conditions sont loin d'être toujours réalisées dans nos écoles. Le bâtiment d'école contient généralement plusieurs salles de classe dans sa profondeur, et l'on peut trouver dans le même bâtiment toutes les variétés d'orientation possibles. Dans les grandes villes, et surtout dans les anciennes écoles, où le manque de place, où les nécessités nouvelles du service ont obligé à ouvrir des classes d'abord, sauf à voir ensuite
1. Liebreich, School li/'e in ils influence on light. Lomlon, Churchill, 1872.
si elles étaient conformes aux règles de l'hygiène, on conçoit qu'il ait pu en être ainsi. C'est du provisoire, et on peut dire que l'on est là en attendant mieux. Mais ces règles ne doivent plus jamais être négligées ou ignorées dans la distribution de certaines écoles nouvelles, où la place ne fait pas défaut, et où, bien souvent, l'architecte sacrifie trop les dispositions des classes à l'apparence extérieure. C'est une grande erreur, même au point de vue de l'art : il y a une architecture d'école comme il y a une architecture de palais ; l'une n'est pas moins digne d'étude que l'autre, et l'on manque autant au goût qu'à l'hygiène, en oubliant qu'ici la véritable beauté consiste surtout dans la parfaite adaptation du bâtiment à sa destination '.
La forme ob longue de la classe permet de mieux répartir la lumière : une classe profonde est nécessairement obscure dans quelques-unes de ses parties. On évitera de donner aux tables et aux bancs une disposition telle que les enfants reçoivent la lumière en face. La lumière de face éblouit les yeux, la lumière qui arrive de côté porte l'ombre de la main, celle qui arrive par derrière porte l'ombre delatète et du corps, sur le papier ou sur le livre : de là une fatigue continuelle pour les yeux, le danger de la myopie déterminée par l'effort pour lutter contre une lumière insuffisante ou mal disposée, et celui des attitudes
1. Cette architecture spéciale n'est point à dédaigner : elle a ses lois et ses maîtres. Elle a inspiré aux Etats-tinis d'excellentes publications, telles que celles de M. H. Barnard, School Architecture; celles de J. Emerson, etc....