‹ Hygiène scolaireChapitre 45 sur 106 · PLANCHER DE LA CLASSE · texte numérisé non relu

PLANCHER DE LA CLASSE

des enfants, et leurs mouvements soulèvent une poussière qu'il n'est pas sans danger de respirer. Nous avons pu constater de sérieux inconvénients de ce genre dans une école dont le service sanitaire nous est confié.

La classe planchéiée est plus saine : toutefois les planches non vernies, non cirées s'imprègnent d'humidité, de miasmes; leurs interstices se garnissent de poussière que le balayage n'enlève qu'imparfaitement '.

L'odeur repoussante desf classes tient à plus d'une cause, parmi lesquelles la malpropreté des enfants et la propreté insuffisante de la classe tiennent le premier rang. On ne nettoie pas assez un local de ce genre, quand on l'a arrosé et balayé chaque jour. Les planches, les peintures, les badigeons des murs, des plafonds, le mobilier, tout s'imprègne d'émanations fétides et dangereuses pour la santé. Les planchers devraient être lavés très-souvent. En Suisse, en Autriche, on est frappé de la propreté du plancher des écoles. Le jour où nos élèves seront habitués à faire usage de décrottoirs et de paillassons, l'entretien et le lavage des planchers deviendront très-facilement exécutables, et

1. Nous avons constaté, dans une école importante de la ville, sur un modèle de table-banc nouvellement adopté, une disposition fâcheuse au point de vue de l'entretien de la propreté de la classe. Les traverses du banc et de la table, celles qui les relient, «ont fort larges, et élevées seulement de 3 centimètres au-dessus du plancher. Il en résulte une absolue impossibilité de nettoyer la classe, la pesanteur de ces tables-bancs empêchant d'ailleurs de les déplacer.

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on aura dans la classe une source de moins de malpropreté et de mauvaises odeurs. Les poussières ne sont pas seulement irritantes pour les yeux et pour les organes de la respiration ; elles sont encore nuisibles, en ce qu'elles constituent le véhicule permanent des émanations malsaines, des miasmes et des nombreux agents de la contagion.

Dans les écoles d'Autriche, de Suisse, les planchers des classes reçoivent un enduit à l'huile : par ce moyen, on prévient le soulèvement, la dissémination si incommodes et si funestes de la poussière dans les salles de classe.

Voilà assurément des procédés simples qu'il serait facile d'imiter dans nos écoles. Alors encore, il ne sera pas superflu, — non-seulement dans les cas exceptionnels, comme en temps d'épidémie, par exemple, mais môme dans les circonstances ordinaires, — de faire faire de temps à autre dans la classe, outre le lavage de chaque jour, des pulvérisations d'eau de goudron ou d'eau phéniquée.

On n'oubliera pas toutefois que la propreté est le meilleur des désinfectants, dont toutes ces mesures, excellentes d'ailleurs, ne dispensent jamais.

La classe est bien située, bien exposée ; elle a des dimensions suffisantes; le chauffage, l'éclairage, la ventilation, y sont réglées, la propreté y est observée avec la plus grande attention, et la notion la plus éclairée des exigences de la santé des élèves. Gela ne suffit pas : à cette classe il faut un mobilier, et particulièrement des tables et des bancs pour les élèves, un bureau pour le maître.

Gela parait fort simple, mais quand, pour ne parler que de la capitale, on songe aux 250 écoles de la ville de Paris, aux nombreuses classes qu'elles renferment (ici il y en a 4 de garçons et k de filles par école; ailleurs, comme dans certains établissements, jusqu'à 10 de garçons et 10 de filles), on comprend que la question du choix, et des améliorations de la par-

lie du mobilier scolaire affectée aux élèves a une trèsgrande importance '.

Ce n'est pas cependant le chiffre considérable de ces tables et 'de ces bancs, leur quantité en un mot qui nous frappe. Au point de vue où doit se placer cette étude, les besoins si nombreux des écoles des grandes villes peuvent créer une difficulté de plus; mais ici nous devons parler de la plus simple école de village aussi bien, plus encore peut-être que des écoles de nos plus importantes cités : celles-ci ne manqueront jamais de ressources ni de défenseurs. Ce qui nous intéresse, ce que nous voulons étudier, c'est la qualité du mobilier scolaire, au point de vue de l'hygiène, c'est l'intelligence des besoins de l'enfant que dénote la disposition des tables et des bancs des écoles.

Appréciation du mobilier scolaire en nsage. — Il

faut bien le dire, à ce point de vue, le mobilier scolaire de nos classes laisse singulièrement à désirer. Le mobilier d'ancienne fabrication, celui qui garnit encore un grand nombre déclasses, est lourd, incommode, grossier, mal étudié au point de vue du bien-être de ceux pour lesquels il est fait. Des modèles plus récemment mis en usage accusent un progrès qui profi te bien plus à l'aspect, ou à la solidité du mobilier de la classe, qu'à l'hygiène même de l'enfant.

1. On a pu voir à l'exposition de Vienne une très-intéressante réduction au dixième des magasins du mobilier scolaire de la ville de Paris, avec ses tables, bancs, bureaux, bibliothèques, livres, cartes, ardoises, cabiers, rideaux, balais, arrosoirs, râteaux, bêches, etc., enfin avec tous les outils et ustensiles sans nombre que la ville fait fabriquer et réparer dans ses ateliers, pour les écoles.

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