‹ Hygiène scolaireChapitre 46 sur 106 · APPRÉCIATION · texte numérisé non relu

APPRÉCIATION

Sur les défauts du mobilier ancien, la nature des progrès accomplis, et le mérite des améliorations en voie de préparation et d'exécution, rien de plus instructif que ce passage du Rapport de M. le directeur de l'enseignement primaire pour 1871-72:

« Les dernières tables confectionnées ont gagné, sous le rapport de l'agencement, en solidité, et celles qui les suivront pourront être établies dans desproportions mieux appropriées aux différents âges. Notre mobilier s'améliorera ainsi d'année en année. Il pourra suivre les progrès accomplis dans les autres pays. Il a déjà subi dans son ensemble une véritable transformation, ù

« On ne connaissait jusqu'ici dans les écoles que les longues tables massives, immeubles par destination, qu'il fallait réparer péniblement sur place, à moins de les faire sortir par les fenêtres, fautes de portes suffisamment larges. Sur ces bancs de 6 à 7 mètres de longueur, les élèves, dans les classes inférieures surtout, étaient rangés par files épaisses de 15, 18, 20. A peine pouvaient-ils se mouvoir. Il suffisait qu'un seul se dérangeât, pour mettre tous les autres en désordre. Il était, pour ainsi dire, interdit aux maîtres de passer dans les bancs, et de s'approcher pour corriger un cahier, rectifier une mauvaise position, donner un conseil spécial. Ces tables sont aujourd'hui remplacées dans les écoles nouvelles par des tables de 3, k ou 5 places, suffisamment solides, mais mobiles et légères, propres à être rapprochées lorsque le local l'exige absolument ; mais qui, régulièrement, doivent être placées à distance les unes des autres, de façon à assurer aux enfants la liberté de leurs mouvements, aux mai-

très la facilité de la surveillance et de l'enseignement, de façon aussi à obvier à ces entassements qui créent et qui propagent les maladies épidémiques. »

« D'autres améliorations se préparent en ce moment. Conformément à l'autorisation de M. le Préfet, j'ai fait exécuter à titre d'essai, un modèle de bureaux-bancs, en usage dans les écoles américaines. C'est un système, qui sans exiger une superficie de classe plus considérable, permet d'isoler chaque élève, et de lui constituer, comme son domicile propre, un siège et un pupitre avec tons les accessoires du travail. »

« Rien n'est indifférent, rien n'est insignifiant dans ce détail de l'organisation matérielle des classes. C'est une partie essentielle de l'éducation; car il doit en résulter pour l'enfant des habitudes de convenance, de propreté, de bonne tenue. Une classe bien aménagée, bien ordonnée, où l'élève entre avec un sentiment de plaisir mêlé de respect, le dispose et le contraint moralement, pour ainsi dire, à l'application et au travail '. »

Exigences de rhygiène. — Lorsqu'une critique si autorisée et si vraie de l'ancien mobilier scolaire appelle de nouvelles recherches, il importe de remarquer que les exigences légitimes de la pédagogie ne sont plus les seules à consulter. L'hygiène aussi a le devoir de donner sur la question les conseils que réclame l'intérêt bien entendu de la santé des élèves.

1. Gréard, Rapport au Préfet sur la situation de l'instruction primaire en 1871-72. Bulletin de l'instruction primaire, n° 94. Paris, Dupont, 1872.

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