EXIGENCES DE L'HYGIÈNE
Bien que la statistique médicale des écoles soit toute à faire ; que nous ne possédions malheureusement que très-peu de documents positifs sur les conséquences du régime auquel sont soumis les enfants, et qu'il y ait précisément à instituer une enquête médicale des plus intéressantes, sur la nature et la fréquence des maladies réellement observées dans les écoles, et sur la part qui revient à l'influence scolaire dans leur production ', déjà deux faits pathologiques importants, signalés par de nombreux observateurs, ne paraissent plus laisser de doute sur leur réalité, et sur la cause qui leur a donné naissance, ou qui active leur développement.
La question ne porterait plus que sur le degré de fréquence que présentent ces faits.
Myopie scolaire et déviations de la colonne vertébrale. — Les médecins qui se sont occupés avec soin des écoles, ont constaté chez les élèves la proportion toujours croissante des cas de myopie d'une part, et de l'autre, des déviations de la colonne vertébrale et des déformations de la poitrine avec tous les désordres organiques qui en résultent.
Yoilà des faits indiscutables dans leur généralité. Nous donnons plus loin quelques chiffres empruntés aux statistiques des pays étrangers qui n'ont point négligé de préciser numériquement les résultats de leurs observations sur cet important sujet.
1. Consulter le chapitre m, Surveillance hygiénique et médicale des écoles. On y verra comment peut être déterminée l'influence réelle de l'Ecole sur les maladies dites scolaires.
Ces deux faits admis, nous avons à déterminer les causes qui les produisent. Il faut, sans se laisser entraîner à aucune exagération, reconnaître que certaines conditions subies par l'enfant dans l'école peuvent avoir une sérieuse influence sur la production de ces infirmités ou de ces maladies.
Pour la myopie, il est certain que l'habitude de fixer de petits objets, comme les caractères souvent beaucoup trop fins des livres, de ne regarder, dans l'étendue trop limitée de la classe, que des objets peu éloignés, dispose à cette altération de la vue. L'œil cesse peu à peu d'être capable de voir de loin, le globe de l'œil s'allonge dans le sens anléro-postérieur, sous l'action des muscles qui ne cessent d'agir et de le comprimer, la rétine ne reçoit bientôt plus que les images des objets rapprochés. Les enfants sont d'autant plus disposés à cette altération que chez eux se rencontrent les conditions qui la favorisent, et que le pouvoir oV accommodation ou d'adaptation de l'œil aux distances est plus grand à cet âge. Ces résultats sont bien incontestablement attribuables à l'influence de l'école: en effet, on observe que la myopie est relativement rare chez les individus qui ne fréquentent pas les classes, et chez ceux qui ont d'ordinaire sous les yeux un horizon étendu. On sait que le nombre des myopes est plus considérable dans les villes que dans les campagnes, chez les riches que chez les pauvres.
La myopie scolaire sera plus fatalement produite encore, si l'enfant prend une position vicieuse sur son banc ou sur sa table pendant le travail de l'école, s'il cède à la disposition déjà trop fréquente à diminuer la distance entre ses yeux et le livre, ou si un arrange-