‹ Hygiène scolaireChapitre 48 sur 106 · MYOPIE · texte numérisé non relu

MYOPIE

ment défectueux du mobilier scolaire lui rend facile, ou même lui impose une attitude fâcheuse pour sa santé.

11 y a longtemps déjà que cette question a été étudiée en Allemagne. Il faut citer sur ce sujet les observations dues au docteur Cohnqui, pendant les années 1865 et 1866, a relevé une intéressante statistique dans les écoles de Breslau et des environs. Sur 10 060 enfants observés, il en a trouvé plus de 17 pour 100 atteints d'altérations variées de la vue.

Les chiffres les plus favorables ont été observés dans les écoles rurales, où l'on n'a constaté ces altérations que chez 5 pour 100 seulement du nombre des enfants, tandis que dans les écoles supérieures des villes, la proportion s'élevait jusqu'à 15 pour 100, jusqu'à 1k pour 100 dans les « Realschulen», et 32 pour 100 dans les a Gymnases ». Dans plus de la moitié des cas, il s'agissait de cette myopie, qui suivant le docteur Gohn, est en voie de progression, de classe en classe, dans toutes les écoles. Cet auteur qui, bien entendu, ne considère pas l'école comme la seule cause de la myopie, en attribue néanmoins le développement à diverses conditions anti-hygiéniques des classes, et en particulier au mobilier défectueux que l'on y trouve trop souvent '.

Ces mêmes causes ne tendent pas moins à favoriser les déviations de la colonne vertébrale, l'absence de symétrie dans la hauteur des épaules, et comme conséquence, un rétrécissement des diamètres de la poi-

1. H. Cohn, l'ntersuchunrjeu der Augen von 10 0C0 Scliulkmitern Leipzig, 18G7.

trine, et une gêne considérable dans le fonctionnement des organes importants qu'elle renferme.

Ici encore, l'influence de l'école- paraît évidente. Elle est confirmée par la comparaison de ce que l'on observe chez les enfants illettrés, qui présentent bien plus rarement des déviations de ce genre.

M. le docteur Guillaume de Neuchâtel cite à cet égard la curieuse statistique qui suit ' :

« Sur 350 garçons, j'ai rencontré 62 cas de déviations de la colonne vertébrale, et sur 381 jeunes filles, 156 cas, à des degrés plus ou moins prononcés. Ainsi, sur 731 élèves, il y en a 218 qui courent le plus grand danger d'avoir une grave difformité pendant toute leur vie. Les cas de scoliose rachitique ne sont pas comptés dans ces chiffres; mais on peut remarquer que les influences qui déterminent chez les enfants non rachi tiques une déviation delà colonne vertébrale, aggraveront certainement la scoliose rachitique, et en tous cas, qu'elles ne contribueront pas à son amélioration2. »

1. En citant ces statistiques, nous avons pour but, non-seulement de fournir des documents pleins d'intérêt pour le sujet qui nous occupe ; nous espérons encore et surtout montrer la voie où doivent être désormais nécessairement dirigées l'observation médicale et la sollicitude des hygiénistes de nos écoles. Nous ne serons plus alors tributaires de l'étranger pour une source d'information que nous avons sous la main, quand nous voudrons consentir à y puiser. Quant aux faits et aux chiffres, il n'est permis, ni de les contester ni de les admettre chez nous, en vertu de différences ou ^'analogies supposées, tant qu'un travail d'observation du aux médecins de nos écoles n'aura pas fourni les éléments d'une comparaison sérieuse et d'une critique autorisée.

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