‹ Hygiène scolaireChapitre 78 sur 106 · AGE DES ENFANTS · texte numérisé non relu

AGE DES ENFANTS

instituteurs libres, pour s'assurer des élèves, attiraient dans leur école les enfants dès le plus jeune âge. « Au lieu d'aller à l'asile, où se font des exercices propres à leuràge, ces enfants s'étiolaient sur les bancs de l'école, assistant à des leçons qu'ils ne pouvaient comprendre, obligés à un profond silence pendant de longues heures, et privés de l'air et du mouvement si favorables à leur âge. »

S'il n'y a pas de salle d'asile dans la commune, «des précautions ont dû être prescrites pour que les plus jeunes enfants fussent soumis dans l'école à un régime particulier, et pour qu'on leur donnât toutes facilités de prendre plus longtemps et plus librement leurs ébats au grand air, pour assurer aux enfants dans ces écoles les bienfaits de la salle d'asile. »

« Dans les salles d'asile, des petites classes entremêlées de mouvements divers, de chants, d'exercices variés et d'instructions ne durantjamais plus de dix minutes; point de leçons apprises par cœur, point de devoirs écrits, mais des récits moraux faits par la directrice et qui servent de texte i de fréquentes interrogations, de longues récréations pendant lesquelles des jeux sont organisés en plein air, et ont pour but de développer tout à la fois les forces physiques et l'intelligence des enfants. »

« Rien de tout cela ne se retrouve dans les écoles, où les enfants entrent en sortant de l'asile. De longues classes, précédées et suivies de longues études, des récréations courtes, trop souvent même pas de récréations, l'obligation de faire d'interminables pages d'écriture qui ne parlent pas toujours à leur esprit, d'apprendre par cœur des leçons de grammaire, des

règles de calcul, et de faire des devoirs dont ils ne comprennent pas encore le but. »

« Nous aurons, ajoutait l'auteur de la circulaire, une sérieuse réforme à introduire dans ce régime; en attendant, il conviendrait là où des enfants au-dessous de six ans seraient.autorisés à rester dans les écoles publiques, d'y organiser pour eux une petite division, qui emprunterait aux asiles quelques-uns de leurs procédés, et dont le régime serait combiné de telle sorte qu'en modifiant légèrement celui de la division supérieure, la transition s'opérât presque insensiblement.))

Ces sages prescriptions ne mérîagent pas seulement les facultés intellectuelles des enfants, elles sont éminemment favorables à leur, santé et à leur développement physique.

Admission des enfants à l'école. — L'instituteur est

chargé de veiiler avec une constante sollicitude sur tout ce qui touche à la santé des enfants i.

Le Règlement des écoles dispose que : « Avant d'admettre un enfant, l'instituteur s'assure qu'il a été vacciné, ou qu'il n'a pas eu la petite vérole, et qu'il

1. On est bien étonné, on serait même effrayé, si l'on ne connaissait le zèle et le dévouement admirables des instituteurs, de voir la multiplicité des fonctions dont on a successivement chargé les maîtres de la jeunesse. Instruction, éducation, hygiène des enfants : voilà leurs premiers devoirs ; mais à. ceux-là combien d'autres sont venus s'ajouter ! Dans beaucoup de localités, la plupart doivent remplir en outre un grand nombre des emplois qui suivent : sacristains, chantres, organistes, secrétaires de mairie, employés de télégraphe, professeurs de gymnastique, d'horticulture, d'orphéon, chargés de statistique; etc., etc !

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