‹ Hygiène scolaireChapitre 79 sur 106 · ADMISSION 1S · texte numérisé non relu

ADMISSION 1S

n'est point atteint de maladies ou d'infirmités de nature à nuire à la santé des autres élèves, s (Titre III, art. II.)

Le certificat et la date de la vaccine- — Nécessite des revaccinations périodiques. — Le Certificat

du médecin établissant ces diverses constatations, et en particulier celles qui se rapportent à la variole et à la vaccine, a été et est encore jugé suffisant. Il l'était en effet au temps où la vertu préservatrice de la vaccine semblait durer pendant toute la vie de l'individu, au temps où l'on n'avait pas vu la variole frapper une même personne plus d'une fois dans le cours de la vie.

L'expérience a trop péremptoirement démontré que la préservation due à la vaccine n'est que temporaire, que l'individu déjà atteint de variole n'est pas pour cel;i à l'abri d'une récidive, et que l'immunité peut ne pas être de longue durée.

Se contenter comme autrefois d'un certificat de vaccine, et considérer l'enfant dûment vacciné, quelle que soit la date de l'opération, ou déjà atteint de variole, comme ultérieurement à l'abri de cette maladie, n'est donc plus aujourd'hui qu'une dangereuse illusion.

Aussi jugeons-nous tout à l'ait insuffisante la preuve une fois donnée, le jour de l'entrée de l'élève, de la vaccine ou d'une atteinte antérieure de variole : il y a loin de la présomption qui résulte de ces constatations, à la certitude que l'enfant ne court plus aucun danger relativement à celte maladie.

La vaccination la plus parfaite ne préserve que pour un temps de la variole, et comme ce délai n'est nulle-

menf déterminé, le seul moyen efficace de préservation est la revaccination fréquente, au besoin annuelle. C'est ce système que nous conseillons et que nous mettons en œuvre dans la pratique.

Nous proposons donc d'adopter dans l'intérêt de la santé des enfants des écoles, des revaccinations périodiques.

Nous insistons en outre, sur la nécessité, si l'on veut donner ou rendre quelque intérêt au certificat de vaccine, d'y indiquer autant que possible, outre le fait de la vaccination, V époque ou cette opération a été pratiquée. 11 n'est pas indifférent pour le médecin d'un établissement scolaire, par exemple, de savoir si un enfant a été vacciné il y a six ou dix ans, ou bien l'année précédente seulement '.

Nous compléterons ces indications dans la chapitre suivant, relatif à la Surveillance médicale et hygiénique des écoles.

Propreté des enfants. — Chaque matin à l'ouverture de l'école, l'instituteur ou l'institutrice doit faire l'inspection de propreté. Elle ne portera pas seulement sur la propreté de la figure, des mains, mais particulièrement sur celle de la tête, sur l'état des cheveux. Des reproches devront être adressés aux enfants malpropres, afin que les parents sachent bien que l'école communale est un lieu qu'il faut respecter, et où Ton n'est pas reçu sans avoir pris ces soins que l'hygiène et les convenances commandent. A la figure, on devra

1. Cette mention de la date de l'opération devrait être désormais exigée dans tout certificat de vaccine ou de revaccination.

REVACCINATIONS 183

examiner avec soin les yeux, le nez, la bouche, les oreilles, afin d'être averti des maladies qui peuvent s'y développer. L'état de la tète demande une attention spéciale ; en cas de malpropreté l'enfant sera renvoyé dans sa famille ; en cas de doute sur l'existence d'une maladie du cuir chevelu, d'une affection parasitaire, ou d'une maladie plus générale (teigne, impétigo, variétés de scrofule, etc.), le médecin de l'école devra être consulté.

L'instituteur devra encore veiller à la propreté et a la décence des vêtements des enfants. Nous sommes prêts à reconnaître qu'il est plus facile de réclamer des familles ces soins de propreté que de les obtenir. Heureuses les écoles de province où l'on a à sa disposition une buandrie et des bains !

Les Caisses des écoles pourraient peut-être trouver ici l'occasion de donner une nouvelle preuve de l'heureuse influence de l'initiative privée, s'il était admis qu'elles ont qualité pour contribuer à introduire des améliorations de ce genre '.

Nous n'en doutons pas. Déjà nous connaissons un grand nombre de Caisses d'écoles qui ont rendu à ce sujet les plus grands services, et qui ont droit à la plus vive reconnaissance de la part de ceux qui soutiennent les intérêts de l'enfance.

1. D'après la circulaire ministérielle du 12 mai 1867, la Caisse des écoles est « destinée à encourager et faciliter la fréquentation « de l'école. Créée sous l'inspiration du conseil municipal, alimen- « tée par les souscriptions des personnes les plus dévouées au bien « public, elle peut suppléer à l'insuffisance des ressources com- « munales pour un grand nombre de dépenses qui, sans être obli-

Quels bienfaits résulteront de ces mesures, le jour oïl elles seront généralisées !

Hâtons-nous de dire que presque tous les arrondissements de Paris, et un grand nombre de communes ont déjà obtenu d'excellents résultats de cette précieuse institution.

» gatoires, sont d'une utilité incontestable » . Il ne suffit pas, par exemple, en de certains cas, d'ouvrir gratuitement la porte de l'école.

L'emploi des ressources de la Caisse des écoles peut se produire sous mille formes différentes. Tantôt sous forme d'encouragement: elle donnera des prix, des récompenses, des livrets; tantôt ce seront des vêtements, des chaussures aux enfants qui en manquent. D'autres fois, clic suppléera à l'insuffisance du déjeuner que les enfants apportent le matin de la maison. Ici, elle fournit des médicaments indispensables. N'est-il pas permis de comprendre les bains et les soins de propreté parmi les bienfaits qu'elle pourra encore procurer aux enfants?

Nous devons à l'honorable maire du VIIIe arrondissement, président de la Caisse des écoles, M. Dalligny, les documents qui suivent, et que nous ne donnons qu'à titre d'exemple. La Caisse des écoles de cet arrondissement a fait délivrer aux enfants des quinze écoles 2160 bains. Les enfants sont conduits par un maître et par groupes de ving';, Cette innovation a été très-goùtée par les enfants et les familles.

Le comité de; dames a, par sa précieuse collaboration, assuré la fréquentation plus assidue de l'école à un certain nombre d'enfants, et rendu à l'hygiène des élèves de signalés services. Les distributions de vêtements faites par ses soins du 11 décembre 1871 au 31 mars 1872 ont employé une somme d'environ 6000 fr. Du 1er février au 1er avril 1873, 681 objets d'habillement (tels que chemises, blouses, pantalons, souliers, bas, pour les écoles de garçons; chemises, robes, tabliers, souliers, galoches, bas, pour les écoles déjeunes filles) représentent une dépense d'environ 3000 fr.

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