‹ Hygiène scolaireChapitre 80 sur 106 · PROPRETÉ · texte numérisé non relu

PROPRETÉ

Enfants malades. — L'inspection faite par le maître s'étend aussi à ce qu'il lui est possible de juger de l'état de santé des enfants. Un élève manifestement malade, hors d'état de suivre la classe, ayant de la fièvre, une éruption, un malaise qui l'empêche de travailler, devra être reconduit chez ses parents. L'art. II du Règlement dispose que «l'enfant qui, une fois admis, serait atteint de maladies contagieuses, devra être rendu à ses parents... » Nous verrons au chapitre suivant les difficultés que présente l'exécution pratique de cette mesure, ainsi que de celle relative au retour à la classe des enfants guéris on prétendus tels.

Repas. — Le repas que prennent les enfants au milieu du jour est l'occasion de plus d'une difficulté. Apportent-ils leurs provisions le matin, ils ne trouvent à midi dans leur panier qu'un déjeuner froid et indigeste : inconvénient plus fâcheux encore pendant l'hiver. Laissc-t-on sortir les enfants pour aller prendre chez eux un repas chaud et plus confortable, ce qui n'est praticable que pour les enfants dont les parents demeurent dans le voisinage, ou achète ces avantages au prix des dangers que courent les élèves dans la traversée des rues, au prix des habitudes de flânerie qu'ils contractent ; parfois même la classe du soir est manquée, en un mot cette mesure engendre bientôt l'indiscipline et le désordre. Une sorte de moyen terme est le repas pris au préau, au moyen des provisions du panier, auxquelles s'ajoute une soupe ou un plat de légumes chauds, préparés dans l'école.

Les concierges des écoles « peuvent être autorisés

à vendre aux enfants, à l'heure des repas, des légumes cuits et chauds, ils portent ces aliments dans le préau et ne les distribuent pas dans leur loge... Il leur est défendu de fournir des friandises ou des sucreries1. » Ces aliments chauds complètent ou remplacent avec avantage les provisions froides qui sont données le matin aux enfants. Au risque d'être taxés d'une recherche exagérée, nous demanderons pourquoi l'on ne ferait pas faire prendre ce repas à table? La propreté y gagnerait assurément, et l'on pourrait donner aux enfants de meilleures habitudes que celles qui résultent de ce repas pris en courant, en se poussant, repas entremêlé de cris, interrompu par les jeux, les taquineries et le désordre. Au point de vue de l'hygiène, il n'est pas douteux que l'on aurait tout à gagner à une mesure déjà si profitable à la discipline et à la propreté de l'école et des élèves.

Nous avons vu avec plaisir cette amélioration récemment introduite dans plusieurs écoles supérieures de Paris, notamment à l'Ecole supérieure Turgot et à l'École supérieure d'Auteuil. Selon nous, il y aurait une faute grave à omettre une seule des leçons que l'école peut donner.

Emploi du temps. Travail et récréation. — La

journée de l'enfant à l'école comprend différents exercices et des temps de repos nécessaires. Une grande régularité doit présider à ces changements. Ils seront

1. Note circulaire de M. le Directeur de renseignement primaire (Bulletin, n° 83, 1872).

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