CHAPITRE VIII
L’enseignement de l’hygiène aux maitres et aux
élèves.
Donner aux enfants des écoles des notions d hygiene, leur faire connaître les principes de cette science qui a une action si importante sur la prophylaxie des maladies, leur montrer le danger d’enfreindre ses lois : en un mot leur faire un enseignement d'hygiène pratique est aujourd’hui admis par tous.
C’est par la diffusion de cetle science qu’on arrivera à combattre les deux fléaux qui dévastent notre pays : l’alcoolisme et la tuberculose.
« Au médecin, écrit le Dr Legendre, revient sans contestation possible l’enseignement de l’hygiène à l’école. »
Seul par les connaissances qu’il a acquises, par l’autorité que lui donnent ses fonctions, par le rôle qu'il remplit à l’école, le médecin peut enseigner l’hygiène, cette science delà préservation sociale contre la maladie.
En Belgique et dans diverses villes d’Allemagne, le médecin scolaire est chargé de faire des conférences d’hygiène générale.
En France, nous avons vu dernièrement M. le professeur Pinard faire, dans une école de jeunes filles de la ville de Paris, un cours de puériculture .
11 a cru de son devoir de donner l’exemple, et d’apprendre à des jeunes filles les fonctions maternelles qu’elles auront à remplir plus tard : les soins à donner aux jeunes bébés.
Le programme des écoles normales comprend aussi certains principes d’hygiène, mais un peu épars dans les livres.
L’enseignement de l’hygiène à l’école devrait comprendre deux parties bien distinctes : d’abord une série de conférences didactiques failes en classe aux élèves des cours supérieurs ; puis des causeries familières à propos d’un fait, d’une occasion qu’au besoin le maître ferait naître. Ces causeries auraient un caractère pratique et chercheraient à montrer aux enfants les choses qui leur sont familières. Nous pensons, qu’à l’école, cette éducation hygiénique pratique conviendrait mieux aux jeunes élèves.
Le Dr de Pradel (1) a rédigé un programme des conférences à faire dans une école primaire; nous ne pouvons mieux faire que d’y renvoyer le lecteur.
L’enseignement anti-alcoolique doit être très développé à l’école. Il faut montrer à l’enfant où conduit l’abus des boissons malsaines, il faut lui en faire toucher du doigt les graves conséquences.
Dans les dernières classes des lycées de garçons, dans celles des écoles normales, le médecin devra mettre en garde les jeunes gens contre le péril vénérien. Il n’est pas possible de laisser ce jeune homme, qui demain sera livré à lui-même, ignorer les maladies auxquelles il est exposé.
(1) Dr de Pradel I p. 3a3.
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L’enseignement doit-il comprendre l’hygiène sexuelle? C'est une question très controversée que le Dr Butte (1) a posée au congrès de Londres et qu’il n’a pas osé résoudre, après avoir exposé les arguments des adversaires et des partisans. Nous pensons que c’est une question d’espèces et qu’il est impossible de prendre une règle unique en une matière aussi délicate.
A l’école des Roches M. Bertier le directeur actuel réunit chaque année les grands élèves qui vont entrer dans la vie et leur fait une causerie familière sur l’hygiène sexuelle et les dangers du péril vénérien. Il en a obtenu les meilleurs résultats.
L’enseignement du médecin doit aussi comprendre les soins à donner à l’enfant en cas d’accident, le lavage et la desinfection des plaies ; il doit enseigner aux maîtres à se servir des produits de la boîte de secours qui se trouve dans chaque groupe scolaire.
(1) Dr Butte II vol. I p. 356.