‹ Hygiène scolaireChapitre 54 sur 162 · COUCHER LEVER · texte numérisé non relu

COUCHER LEVER

Enfant de 7 à g ans — 8 heures — 7 heures — 1 1 heures de sommeil ioàn — — 8 — g — 7 — — 10 ou i 1 —

— — 17 à 18 io — — 6.3o — — 8 1/2 — —

Le sommeil donne un repos général, c’est-à-dire un ralentissement de rusure organique et un meilleur équilibre dans les fonctions d’assimilation et de désassimilation. Le cerveau, bien qu’il continue à penser pendant le sommeil, se repose par suite de la suppression des excitations psychiques et sensorielles.

§ V. — l’éducation physique

L’école qui prend l’enfant pendant la période de sa plus grande activité vitale, pendant la croissance, doit avant tout s’occuper de son développement physique. Les facultés intellectuelles ne peuvent être utilement cultivées que dans un organisme sain et vigoureux.

Les Grecs, ces merveilleux éducateurs, connaissaient l’art de faire de l’enfant un être parfait chez lequel les qualités physiques égalaient les qualités morales.

Ce passage de l’historien allemand Curtius (1) nous montre comment les Athéniens entendaient l’éducation.

« Ce que nous voyons peu à peu [se développer chez les Athéniens, c’est l’idée d’une civilisation qui façonne le corps et l’âme dans une proportion égale. On ne pensait pas alors que l’homme fut composé de deux moitiés originellement inégales et inégalement respectables

(1) Cité par P F Thomas.

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etque de ces deux moitiés, une seule l’esprit méritât une sollicitude particulière. On ne pouvait s’imaginer un esprit sain dans un corps débile, ni une âme sereine dans une enveloppe négligée et alourdie. L’équilibre de l’être corporel et de l’être spirituel, le perfectionnement harmonique de toutes les forces et de tous les instincts delà nature : telle était pour les Grecs la tâche de l’éducation ; et voilà pourquoi l’adresse robuste, la souplesse des membres, une attitude libre et dégagée, la netteté et la vivacité du regard n’avaient pas moins de valeur aux yeux des Grecs que la culture de l’esprit, la finesse du jugement, l’habileté dans les arts des muses. La musique et la gymnastique étaient réunies inséparables et s’accordaient pour élever degénération en génération une jeunesse saine de corps et d’âme. »

Si nous ne voulons pas que notre race dégénère, il nous faut revenir à la sain'e éducation des Grecs et nous occuper du corps avant de développer chez l’enfant les facultés intellectuelles.

Malheureusement notre vieille Université n’a pu encore se débarrasser des anciens dogmes de son hérédité religieuse. Pendant des siècles, l’Église, considérant le corps comme une quantité négligeable, ne s’occupait que du cerveau, de l’âme. Nos éducateurs modernes restent encore imprégnés de ces doctrines et ne s’occupent guère de l’éducation du physique.

« C’est une chose qui semblera étrange, écrit Herbert Spencer (i), que, pendant que l’élevage des taureaux de première beauté est une affaire à laquelle les hommes d’éducation consacrent beaucoup de temps et

(i) Herbert Spencei p. 23a.

de réflexion, le soin d’élever de beaux hommes en soit une qu’ils décident tacitement indigne de leur attention. »

L’enfant, aujourd’hui sur les bancs de l’école, sera demain un homme obligé de travailler pour subvenir à ses besoins. La Société qui le prend dès le bas-âge, qui le force à rester à l’école, doit l’armer pour la lutte de la vie. Elle ne fait pas tout son devoir, si elle se contente de développer seulement ses facultés intellectuelles sans s’occuper de sa croissance physique. Il faut que tout éducateur soit bien pénétré de ces idées.

L’exercice pour l’enfant est un besoin naturel dont la privation est extrêmement pénible. C’est une condition essentielle de son développement.

« L’enfant garçon ou fille a un besoin continuel de s’agiter. Interrogez les maîtres, ils vous diront combien il est difficile d’empêcher un enfant de remuer. »

C’est que, ainsi que le dit le Dr Lagrange, « les habitudes imposées de nos jours à l’enfant sont en contradiction perpétuelle avec ses besoins et ses instincts. Livré à son impulsion naturelle, l’enfant remue sans cesse ; il saute, il court, il grimpe, mais en classe l’enfant doit constamment se tenir, c’est la consigne. » Dès qu’un enfant ne remue plus, dites-vous que sa santé doit être altérée. Celui qui, dans la cour de l’école, reste dans un coin, immobile sans prendre part aux jeux de ses camarades, est un élève malade. L’enfant croît et se développe en s’agitant sans cesse. Ce besoin est impérieux, il l’est presque autant que le besoin de manger ou de boire, (i) »

(.) Dufoslel III.

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La discipline scolaire tend à refréner ce besoin de mouvements. Le maître, pour faire sa classe, pour fixer l’attention, demande une immobilité et un silence absolus. Tout élève qui remue et dérange l’ordre est immédiatement réprimandé. L’enfant, dont l’un des besoins les plus essentiels est ainsi comprimé, finit peu à peu par perdre l’habitude de l’exercice. L’équilibre entre l’activité physique et l’activité intellectuelle est rompu.

L’enfant qui n’éprouve plus le besoin de s’agiter est un malade qui plus tard, par suite de la prédominance du système nerveux, deviendra souvent un neurasthénique incapable d’efforts et un être inutile à lui-même et à la société.

Les exercices physiques ont pour but de remédier à ce défaut de l’éducation intellectuelle. Ils lui servent de contrepoids en cherchant à maintenir un égal équilibre entre l’état physique de nos organes et le développement des facultés cérébrales.

effets généraux de l’exeucige. - — L’exercice a une action considérable sur l’économie générale. Non seulement il active la circulation et la respiration ; non seulement, comme nous le verrons tout à l’heure, il favorise les échanges nutritifs; mais encore il a une influence énorme sur le moral.

Le jeune homme qui dépense son activité, son besoin de mouvements dans des exercices sains et agréables, y trouvera un dérivatif puissant aux entraînements nuisibles et aux passions malsaines.

Mais l’exercice a encore un côté éducatif d’une grande importance : il développe chez l’enfant l’adresse, la souplesse, la volonté et l’habitude de l’effort intelligent.

Enfin l’exercice a aussi un effet esthétique en ce qu’il est le correcteur d’attitude vicieuse.

Effets physiologiques de l’exercice. — Le muscle en se contractant produit de l’énergie en dépensant les réserves accumulées à l’état de repos. Pendant la période inactive le muscle se nourrit : il absorbe de l’oxygène, produit de l’acide carbonique et renouvelle sans cesse ses éléments constitutifs. Il met en réserve des graisses, du glycose et surtout du glycogène. Dès qu’il se contracte, les combustions s’activent, l’oxygène est absorbé en plus grande quantité, le glycogène et les matières azotées sont dépensées, il se forme de l’acide lactique et la température s’élève.

La contraction du muscle se produit sou§ l’influence du système nerveux en amenant un changement de forme. Un muscle fusiforme devient globulaire. En général, la différence delà longueur primitive peut être évaluée à près de 5/6eine; mais le volume ne change pas, les dimensions transversales augmentant en raison directe de la diminution de ses dimensions longitudinales.

Le degré de raccourcissement d’un muscle est en rapport avec son adaptation fonctionnelle : les muscles gros et courts qui développent une puissante énergie de contraction, ont un faible raccourcissement ; au contraire, les muscles longs et grêles qui se raccourcissent énormément, ont une énergie de contraction modérée.

La contraction musculaire amène des modifications

profondes dans les échanges nutritifs et par conséquent dans la nutrition générale. Les hydrates de carbone fournissant le glycogène sont consommés avec une activité plus grande, les graisses sont plus rapidement utilisées et la dépense en matières azotées est en rapport avec

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l’usure et les pertes résultant de l’activité musculaire. Sous l’influence du travail physique, la chaleur augmente et l’évaporation cutanée et pulmonaire est plus active.

Aussi peut-on dire qu’un travail modéré favorise les échanges nutritifs .et qu’un travail excessif les trouble profondément.

La fatigue a été appelée le régulateur qui nous avertit du danger de l’excès de travail. C’est la sensation que l’on ressent dans 'un membre à la suite d’un travail prolongé. Elle est d’autant plus intense que l’exercice 1 exige l’intervention plus active des facultés cérébrales. Le muscle fatigué diminue l’énergie de sa contraction et produit moins de travail.

La fatigue de la fibre musculaire présente trois phases physiologiques correspondant chacune à des degrés plus marqués de l’affaiblissement de son excitabilité. La première est caractérisée par une diminution des réserves dynamogènes ; la seconde par l’accumulation des produits dé désassimilation de nature toxique que le muscle ne peut éliminer ; et la troisième par la désorganisation de la cellule.

En réalité, il y a fatigue quand les échanges nutritifs ne sont plus en rapport avec l’énergie dépensée et quand le muscle ne peut plus éliminer les produits usés.

L’essoufflement est une accélération des mouvements respiratoires provoquée par le défaut d’élimination des matériaux de déchets et l’accumulation de l’acide carbonique. Quelques minutes de repos suffisent chez . l’enfant sain, après une course violente pour que la respiration reprenne son cours régulier.

Classification des mouvements. — On peut dire

îfio

d’un exercice qu’il est doux, modéré ou violent selon l’importance de la dépense d’énergie qu’il demande. C'est alors la quantité de travail qui sert à le définir.

Mais on peut aussi rechercher la qualité du travail exigé. Dans ce cas, on divise les exercices : en exercices de force, tels la lutte et les sports athlétiques ; en exercices de vitesse dans lesquels la succession rapide des mouvements amène une accumulation de travail ; et en exercices de fond où la modération de l’effort 'permet de prolonger longtemps le travail.

On a classé aussi les exercices en deux catégories : les exercices faciles qui ne nécessitent aucune dépense d’intelligence, ceux que l’enfant pratique sans s’en apercevoir, tels la marche, la course; et les (exercices difficiles qui nécessitent une attention soutenue et une dépense nerveuse très graïide, comme l’escrime par exemple.

Ces classifications présentent toutes un caractère artificiel. Nous concilierons avec Demeny que la qualité d’un mouvement au point de vue éducatif doit être jugé par son effet physiologique.

L’entraînement. — La fatigue arrive d’autant plus vite que l’enfant est moins habitué à l’exercice.

« L’entraînement a précisément pour rôle de remettre en état la machine animale détériorée faute d’usage et de lui rendre peu â peu son aptitude à travailler. » (i)

Un enfant de la ville, jouant avec un jeune campagnard, sera bien plus vite essoufflé que son camarade. C’est que l’un, habitué à jouer en plein air, entraîné à des exercices violents, à la course, au saut élémine bien

(i) Lagrange I. p. 190.

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plus facilement les déchets du travail musculaire que le citadin accoutumé à la vie sédentaire. Mais peu à peu ce dernier, en prenant part chaque jour aux jeux et aux exercices, arrivera à s’entraîner rapidement et les symptômes de fatigue seront beaucoup plus longs à se faire sentir.

Conditions d’une bonne éducation physique. — Pour diriger utilement l’éducation physique, il faut connaître les lois du développement et les besoins de l’enfant.

Celui-ci apporte en naissant des facteurs multiples qui vont singulièrement influer, tant sur son développement physique que sur son évolution intellectuelle et morale.

L’hérédité morbide des parents va peser durement sur lui. La race, le sexe, le climat vont aussi avoir une influence sérieuse ; enfin la condition sociale des parents se fera sentir sur la croissance. La salubrité du logement, la nourriture, l’habillement sont des causes avec lesquelles il faut compter.

L’éducateur doit connaître toutes ces choses et savoir que l’éducation peut souvent, sinon modifier complètement l’état général de l’enfant, du moins avoir une influence salutaire sur son évolution.

L’éducation d’un état démocratique comme le nôtre doit suppléer autant que possible aux inégalités héréditaires ou sociales et donner à l’enfant le summum de santé qu’il lui est possible d’acquérir.

L’éducation physique n’est en réalité une science que si elle repose sur des bases scientifiques et sur la connaissance parfaite de la physiologie du corps humain, ainsi que Marey, Mosso, Lagrange et Démeny l’ont bien établi.

« L’éducation physique dans sa forme physiologique doit faire partie du programme des divers établissements scolaires au même titre que l’éducation intellectuelle; elle doit s’y donner sous la direction technique des médecins scolaires, appelés à contrôler sur des fiches les résultats individuels et à déterminer les indications particulières. » (Lafeuille) (1)

L’éducation physique comprend trois catégories d’exercices ; ce sont :

les exercices gymnastiques, les jeux,

les travaux manuels (2)

Les exercices gymnastiques. — En France, la gymnastique est obligatoire dans les lycées et collèges depuis le décret de Duruy du i5 février 1869. Dans les écoles primaires, elle n’est sérieusement organisée que dans quelques grandes villes. L’arrêté du 8 août 1890 qui en consacre l’enseignement s’exprime ainsi :

« Le temps, consacré chaque jour aux exercices physiques, doit être de deux heures sur lesquelles on réservera à la gymnastique une demi-heure au moins pour les enfants au-dessous de to ans, trois quarts d’heure au moins pour les enfants au-dessus de 10 ans. Ce temps serait avantageusement réparti en deux séances, Les travaux manuels pas plus que les exercices militaires spéciaux ne pourront être considérés comme leçons de gymnastique. »

En Prusse, l’introduction de la gymnastique dans les écoles remonte à 1844 ; les autres états allemands sui-

(1) Lafeuille p. 290.

(2) VoiT Dufestel III.

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virent successivement. En Autriche, elle devint facultative dans les lycées dès 1849, mais elle ne fut rendue obligatoire qu’en 1897.

Les Japonais l’ont introduite dans les écoles en 1894. En réalité actuellement dans presque tous les États, l’enseignement de la gymnastique est développé.

La gymnastique, qui est la science du perfeetionnementdu corps humain, doit avant tout être physiologique.

« Elle a pour but, écrit le capitaine Docx, de donner au corps la plus grande somme de vigueur, de souplesse, de force et de santé possible. Elle est la science raisonnée des mouvements du corps humain et son application à l’éducation générale. Son objet est le corps; mais elle agit de la façon la plus heureuse sur le développement des facultés intellectuelles et morales. »

Les exercices gymnastiques n’ont donc pas seulement une influence salutaire sur la santé; ils ont aussi une grande influence sur le développement psychique, notamment sur celui de deux facultés, la volonté et l’attention.

La gymnastique répond à quatre buts principaux : i° elle doit avant tout augmenter l’ampliation thoracique, en favorisant le jeu des poumons et par contre coup en activant la circulation ; 20 elle doit favoriser le développement du squelette; 3° puis accroître la force musculaire ; 4° enfin apprendre à l’enfant à coordonner ses mouvements.

Il peut paraître extraordinaire qu’on soit obligé d’apprendre à l’enfant à respirer; mais c’est que surtout à la ville, il a désappris par suite des conditions de son

existence.

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Nous avons exposé (ij souvent les causes multiples qui arrêtent le développement de l’amplitude pulmonaire : l’immobilité forcée, l’air vicié, les mauvaises attitudes, le matériel déplorable, les vêtements trop serrés, toutes causes qui favorisent le développement du bacille tuberculeux*.

Les exercices respiratoires formeront donc la base de la gymnastique.

Nous n’insisterons sur le développement du squelette que pour rejeter les exercices violents et acrobatiques qui ont tendance à le déformer,

La force musculaire s’accroît insensiblement jusqu’à la puberté; mais elle augmente considérablement au moment de cette période pour atteindre son maximum versla a5® année. Jusqu’à ioou 1 1 ans, il ne fautpas rechercher le développement des muscles. D’ailleurs ce n’est pas le gros muscle qu’il faut viser, mais le développement harmonieux de toutes les parties du corps. On favorisera surtout le développement des muscles les plus frêles de l’économie.

La contraction des muscles fixateurs de l’épaule devra être recherchée pour remédier à l’écartement des omoplates. La fixation de la colonne vertébrale, le redressement des attitudes vicieuses, la contraction des muscles abdominaux, seront des exercices que le maître fera souvent répéter.

Mais l’un des buts les plus importants de la gymnastique, c’est le perfectionnement de la coordination des mouvements.

L’action de l’exercice n’est pas comme on pourrait le

(1) Dufestel VIII p. 598.

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croire limitée aux seules fonctions de la vie animale. Elle retentit aussi sur notre moral, sur nos centres nerveux et les fonctions les plus élevées de notre cerveau. L’enfant arrive ainsi peu à peu à produire un travail plus parfait avec moins de fatigue. Ce perfectionnement s’obtient par l’exécution, d’abord lente, puis progressivement accélérée d’actes musculaires simples, mais exécutés d’une façon [parfaite et fréquemment répétés.

Lorsque l’éducation de la coordination des mouvevements est complète, l’écolier utilise au mieux son énergie et tout concourt chez lui à l’exécution de l’acte voulu. Il a appris ainsi à régulariser l’emploi de ses muscles en dépensant le moins d’énergie possible.

Le professeur de gymnastique. — - Il est facile de comprendre pourquoi l’hygiéniste demande que le professeur d’éducation physique ait une solide instruction générale, pour qu’il soit à la hauteur de la tâche importante qu’on lui demande.

En Suède et en Allemagne, il n’y a pas de professeurs spéciaux ; ce sont les professeurs et les instituteurs qui enseignent la gymnastique.

En France, nous pensons que dans les grandes villes où la nécessité d’une bonne éducation physique est plus impérieuse, c’est un professeur spécial qui doit l’enseigner (1). A la campagne, l'instituteur, préparé à cet enseignement pendant son séjour à l’école normale, sera à la fois l’éducateur physique et l’éducateur intellectuel. Mais il faut que tous soient bien convaincus de l’importance du rôle qu’ils ont à remplir.

La leçon de gymnastique doit se faire au grand

(i) Dufestel IV.

air, si l’on veut en tirer tout le profit possible. C’est là seulement qu’on peut obtenir tous les bons effets de l’exercice. Elle doit être suffisamment éloignée des repas pour ne pas troubler les fonctions digestives.

Elle doit être variée afin d’intéresser les enfants, et de faire travailler alternativement les^différents groupes musculaires. Aux exercices !de force doivent succéder des mouvements calmes et reposants. La graduation du travail dépendra de l’effet produit.

Il faut avoir soin que chaque mouvement provoque chez l’enfant un effort personnel.

Le professeur cherchera à ce que l’enfant prenne plaisir à la gymnastique, pliais sans cependant faire perdre à la leçon ses qualités éducatives.

« La leçon, dit Démeny, n’est pas une juxtaposition artificielle d’exercices quelconques, ni une combinaison de mouvements de fantaisie ; c’est une sélection de moyens de perfectionnement dans un ordre logique. »

Les exercices doivent mettre en mouvement successivement tous les groupes musculaires et les faire travailler suivant l’importance de leur rôle physiologique.

Ils doivent être simples et faciles. A l’école, ils doivent pouvoir être exécutés par tous, sans nécessiter de travail de force. La leçon sera courte de façon à ne pas amener de fatigue, une demi-heure chez les jeunes enfants, trois quarts d’heure à une heure chez les plus grands, sont une durée suffisante.

Les méthodes en éducation physique. — Le réveil de l’éducation physique ne date guère que du commencement du xix° siècles avec Pestalozzi en Suisse, Gustsmuths en Allemagne et Nachtigall en Danemark. Puis vinrent Jahn qui provoqua en Allemagne le mouvement

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patriotique contre l’étranger, Ling en Suède qui rechercha la perfection physique et morale et préconisa des exercices utiles plutôt tjue difficiles, et enfin Clias et Amoros qui, surtout ce dernier, établirent en F rance la gymnastique athlétique que seuls des élèves bien doués peuvent accomplir.

Les gymnastiques française et allemande emploient de nombreux appareils, dont quelques-uns amènent des déformations du corps. La méthode suédoise, au contraire, se compose surtout d’exercices de plancher. Ses appareils sont peu nombreux et d’une grande simplicité. Ce sont : une poutre appelée homme, un espalier, des bancs. Souvenl elle utilise le mobilier scolaire comme engins de gymnastique.

Ling a été un vulgarisateur. Il a repris aux Grecs les véritables procédés d’éducation physique ; il a cherché des exercices pouvant être pratiqués par tous et il a su imposer sa conviction et sa méthode aux lettrés de son pays.

« Ce qui a surtout fait le grand succès de cette méthode, du moins en Suède, c’est qu’on a confié le soin de l’enseigner à des gens d’excellente et régulière éducation. Tandis que, chez nous, la gymnastique a souvent été enseignée par des gens illettrés et doués seulement de quelque aptitude musculaire dont ils ne comprenaient guère l’origine ; on a vu en Suède des professeurs de l’Université s’adonner à l’étude et à l’enseignement de la gymnastique. » (P. H. Lucas Champonnière) (i).

Ajoutons que la méthode suédoise présente un carac- (1) P. H. Lucas Gharnpionnière p. 19.

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tère médical et que la monotonie des exercices la rend peu agréable et peu récréative. Elle manque d’attraits pour nos enfants et c’est à notre avis un grave défaut.

En réalité, il n’y a en gymnastique qu’une seule méthode vraiment scientifique, c’est la méthode physiologique qui, s’appuyant sur des hases rationnelles, cherche à développer harmonieusement toutes les parties du corps. Cette méthode doit suivre les progrès de la science et évoluer selon ses indications.

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