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CHAPITRE III

Hygiène intellectuelle.

L’enfant en grandissant développe, non seulement son corps, non seulement ses muscles; mais aussi son cerveau et ses facultés intellectuelles, ce qui lui permet d’acquérir peu à peu des connaissances variées.

« A quatre ans, comme le dit si excellemment M. G. Gompayré (i). l’enfant est déjà en possession de tous les éléments de son activité future. 11 a acquis l’usage de tous ses sens et le monde extérieur lui est ouvert.... Les diverses routes de l’activité humaine lui sont tracées. L’enfant n’a plus qu’à y marcher d’un pas chaque jour plus ferme, sous l’action de plus en plus féconde et décisive de l’éducation. »

Il va peu à peu pouvoir augmenter ses rapports avec le monde extérieur.

Notre système d’instruction devient encyclopédique. A mesure que les connaissances humaines s’étendent, que des progrès se réalisent, que de nouvelles découvertes surgissent, l’homme instruit a besoin d’apprendre une foule de choses que nos ancêtres ignoraient.

L’enfant, dès son entrée à l’école, est condamné à laire

(i) G. Compayré 1 p. XXII

des efforts de mémoire prodigieux pour classer dans son cerveau ces connaissances si nombreuses et si disparates.

Les programmes, rédigés par le conseil supérieur de l’Université, par des professeurs des diverses branches de l’enseignement, comprennent les matières les plus variées, chaque professeur demandant et obtenant pour sa spécialité une augmentation des heures de l’écolier.

On ne s’occupe pas de l’enfant, de son tempérament, de ses aptitudes, de ce qu’il est capable défaire; mais de la somme de connaissances qu’il doit emmagasiner, digérer et assimiler. Peu importe qu’on exige de lui un nombre d’heures de travail plus considérable que de raison, il faut satisfaire aux exigences des programmes.

Le développement physique qui, dans toute bonne éducation, devrait d’abord être envisagé, est relégué au second plan. On ne lui accorde que le temps non employé par les travaux de l’esprit.

L’hygiéniste ale droit et le devoir d’intervenir dans la répartition des heures de travail et de demander qu’on ne s’occupe du développement intellectuel qu’après le prélèvement quotidien des heures nécessaires à l’éducation physique de l’écolier.

Le développement des facultés intellectuelles ne peut et ne doit se faire que proportionnellement au développement physique du cerveau.

Un autre grave défaut de notre enseignement, c’est qu’à chaque ordre correspond un examen sur lequel, non seulement l’enfant, mais aussi le professeur est jugé; d’où il s’ensuit que le maître, sachant que du succès de ses élèves au certificat d’études ou au baccalauréat, dépend son avenir, surchauffe les candidats, selon l’expression consacrée, et leur demande une

HYGIÈNE INTELLECTUELLE

somme de travail incompatible avec leur santé physique. Il y a là une grave erreur qui fausse l’instruction de nos enfants et la vicie dans ses bases.

L’hygiéniste, s’il n’a pas à intervenir dans les programmes, doit au moins étudier l’influence de l’instruction sur l’enfant et sur son développement. Il doit aussi rechercher quelles sont les meilleures conditions de travail de l’écolier de façon à obtenir le maximum de rendement avec un minimum d’efforts.

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