ET DE REPOS
Mais si le travail du matin est plus productif, est-il possible d’accumuler dans la matinée toutes les heures de classes en ne les séparant que par des pauses de courtes durées ? Certains expérimentateurs ont cherché à résoudre la question. Laser (1), observant des élèves ayant cinq heures déclasses dans la matinée avec des intervalles de 5 à i5 minutes entre chaque classe, arrive avec la méthode des calculs à cette conclusion : que la quantité totale de travail fourni dans un temps donné va en augmentant régulièrement pendant les cinq heures successives ; mais que la qualité du travail diminue.
Ebbinghaus (2) arrive à peu près aux mêmes résultats.
Aussi à l’étranger a-t-on cherché à appliquer la méthode qui consiste à demander à l’enfant un grand effort le matin en réunissant toutes les classes et à lui laisser un repos l’après-midi.
En Allemagne : à Hambourg, BrunsAvick, Lubeck, Düsseldorf et Kœnisberg, pour ne citer que quelques villes, les classes du matin sont adoptées.
En Norwège, la commission a décidé six classes de 45 minutes entre 8 heures 3o et 2 heures.
(1) Laser p. 207.
(2) Ebbinghaus p. 60t.
HYGIÈNE INTELLECTUELLE l83
A Stockolm, on fait cinq classes de 8 heures à i heure avec des repos de io à 20 minutes.
En Angleterre, certains collèges, comme l’aristocratique collège d’Éton, emploient le même procédé.
En Suisse, quelques écoles de filles de Zurich ne travaillent intellectuellement que le matin.
En France, les écoles nouvelles : le collège de Normandie, l’école de l’Ile de France, celle des Roches, toutes basées sur le système anglais, demandent à l’enfant un travail matinal, et lui donnent l’après-midi pour se reposer intellectuellement. Ce principe est aussi appliqué au collège Sévigné à Paris, chez des jeunes filles, et les résultats en semblent très heureux. A l’École polytechnique, la répartition des heures de travail et de repos est basée sur la même idée.
Le travail doit donc, à notre avis, être demandé aux écoliers surtout le matin.