CHAPITRE PREMIER
Le Bâtiment.
Avant de construire l’école, il faut savoir où on la placera.
L’e.uplacemnt devra être choisi avec soin. Il faudra qu’il soit central, c’est-à-dire situé au milieu delà population à laquelle il doit servir de manière à éviter les trop longues distances aux enfants.
L’accès et les abords en seront faciles.
Le terrain devra être bien aéré, situé sur un plateau plutôt qu au fond d’une vallée. Mais malgré cela il devra etre abrité des vents du nord. Il sera éloigné de tous les établissements classés comme dangereux et insalubres, de toutes les agglomérations où peuvent se développer des épidémies : casernes, hôpitaux, prisons ; des abattoirs, des dépotoirs, des cimetières, (le règlement prévoit au moins ioo mètres d’éloignement).
On devra éviter le voisinage des cabarets, des gares et des fabriques. Il faudra, autant que possible, que l’école ne soit pas située sur une rue trop fréquentée, où le bruit des voitures et des tramways gêne la classe et empêche l’ouverture des fenêtres.
Certains règlements étrangers exigent que l’école soit
dans le voisinage d’un terrain de jeux et de gymnastique (règlement du canton de Fribourg (Suisse).
L’école devra être suffisamment éloignée des constructions voisines pour que le soleil et l’air puissent pénétrer librement. Le règlement français exige une distance de 8ra ; c’est tout à fait insuffisant pour les grandes villes surtout. Nous connaissons des classes où le soleil ne pénètre jamais. Il faut au moins exiger 20 à 23 "*, chiffre égal à la hauteur possible des maisons voisines. Labit et Polin (i) demandent le double de la hauteur des constructions les plus proches.
Le terrain sera, autant que possible, isolé des quatre côtés et séparé par une rue. Malheureusement ce qui est possible à la campagne, est peu réalisable à la ville par suite de la cherté des terrains.
Uu système employé en Allemagne et en Belgique consiste à isoler l’école de la rue en l’encastrant dans un groupe d’immeubles. Les classes se trouvent ainsi situées sur la cour formée par ces immeubles. En France et en Suisse, on place au contraire les classes sur la rue.
La superficie de l’école doit être en rapport avec le nombre d’enfants qu’elle devra recevoir.
Le règlement français exige 8ra2 par enfant pour les écoles maternelles avec un minimum de 4oo m2 et iom2 pour les écoles primaires avec un minimum de 5oom2. Cette superficie est tout à fait insuffisante.
Le Dr Yvon demande au moins i2m2 par enfant. L’architecte devra aussi prévoir l’augmentation de la population scolaire et se ménager si possible de l’em-
(i) Labit et Potin, tom. I, p. 71.
LE BATIMENT l3
placement. En Angleterre, le règlement exige iooom. superficiels pour une école.
Assainissement du terrain. L’emplacement une fois déterminé, il faut rechercher si le terrain présente toutes les garanties hygiéniques désirables. N’est-il pas trop humide? A quelle profondeur se trouve la nappe d’eau souterraine? Est-elle à au moins im. du sol? Si le terrain est sec, calcaire ou sablonneux, les travaux d’assainissement seront faciles ; mais, dans les autres cas, il faudra éviter l’humidité si malsaine pour les enfants, surtout dans les terrains argileux. Le sol devra alors être drainé. Si l’édifice ne doit avoir ni caves, ni soussols, il faudra le surélever.
L’orientation du bâtiment a une grande importance. Elle doit etre calculée de façon à ce que le soleil vienne inonder la classe de ses rayons purificateurs au moment ou les éleves n y sont pas, pour ne pas les incommoder. L orientation varie un peu selon le climat.
Le Dr Guillaume de Neuchâtel (Suisse) demande que la classe regarde le sud-sud-est.
lrélat indique l’orientation nord qui seule assure une lumière constante; mais les écoles ainsi orientées ne reçoivent jamaisles rayons solaires si nécessaires à la santé.
Bagynski demande qu’on laisse pénétrer dans la classe le plus de lumière possible.
> ^ ' Bunel (r)> architecte parisien, réclame dans le cas d éclairage unilatéral que l’exposition nord soit interdite et que dans le cas d’éclairage bi-latéral, l’axe de la classe soit orienté de préférence N. NE. — S. SO. sans dépasser un angle de 4o° dans la direction N.. S.
(O Bunel, Bulletin municipal i893, 16 sept, et suivants.
l4 HYGIÈNE SCOLAIRE
La même orientation a été adoptée par la Commission d’hygiène scolaire.
Baudin (t) se rallie à l’orientation sud-sud-est : « qui assure, dit-il, dans les meilleures conditions, outre un ensoleillement normal et rationnel, une lumière très régulière et met la façade à l’abri des vents et de la pluie. » Malheureusement ces conditions ne sont pas toujours réalisables dans les grandes villes.
De toutes façons, il faudra protéger l’école contre les pluies et les vents habituels de la région et éviter que que le soleil ne vienne frapper directement les yeux des enfants.
Construction du batiment. Le terrain étant préparé et assaini, il faut commencer la construction.
Si l’école doit être élevée sur cave, ce qui de beaucoup est préférable au point de vue hygiénique, le bâtiment pourra être édifié presque au ras du sol ; mais, dans le cas contraire, il devra être surélevé d’au moins trois marches, soit de om.,]o à im. du sol.
Cette surélévation se fera au moyen de voûtes en briques ou de planchers en fer. •
On pourra laisser l’air circuler librement sous ces voûtes ou remplir les interstices d’argile ou de mâchefer.
Le choix des matériaux qui entreront dans la construction sera l’une des préoccupations de l’architecte.
Comme il faut, avant tout, éviter l’humidité, les matériaux seront choisis aussi peu poreux que possible. La meulière et la brique sont certainement les matériaux les plus hydrofuges. A leur défaut, on emploiera le moel-
( i) Baudin, p. 174.