‹ Hygiène scolaireChapitre 84 sur 162 · III · texte numérisé non relu

III

LES MALADIES ENGENDRÉES PAR l’eXCÈS DE TRAVAIL

« L’abus du travail sédentaire, écrit Riant (i), les ; exagérations toujours croissantes des programmes, les examens rendus chaque jour plus difficiles sans qu’il en résulte une preuve plus certaine de la valeur des candidats, la course aux grades, les anxiétés des concours ou des examens d’admission aux écoles spéciales, sont des causes d’altération possible de la santé des jeunes gens. »

On a décrit de nombreuses affections qui résulteraient toutes, d’après certains auteurs, du surmenage intellec-

(i) Riant, II, p. n.

LiCS MALADIES SCOLAIRES NON CONTAGIEUSES 25ç)

tuel. Nous ne parlerons que de celles qui nous semblent bien manifestement résulter de l’excès du travail.

La céphalalgie, accompagnée ou non d’épistaxis, est fréquente chez les enfants des écoles. Guillaume de Neufchâtel l’a souvent notée. Elle résulte de la congestion encéphalique provoquée et entretenue par la précocité du travail intellectuel, l’immobilité prolongée, l’inclinaison du corps en avant, la chaleur et l’air confiné et souvent vicié de la classe.

Daily (i), insiste sur la prémataration, c’est-à-dire sur l’adaption prématurée d’organes à des fonctions pour lesquelles ils ne sont pas mûrs.

J. Rochard (2) accuse surtout l’inlluence néfaste du milieu scolaire.

La chlorose et l 'anémie, accompagnées souvent de troubles nerveux graves, s’observent très fréquemment chez les jeunes filles à l’époque de la puberté (3).

L ’autotyphisalion, selon l’expression de Peter, peut être le résidtat d’un travail excessif. Le travail intellectuel, poussé à l’extrême, peut produire dans le sang des leucomaïnes, poisons chimiques qui s’accumulent dans l’organisme soit par défaut d’élimination, soit par excès de production. On comprend qu’un sujet ainsi intoxiqué soit un terrain de culture favorable pour les germes pathogènes et qu’il puisse facilemen* contracter des maladies graves.

Les troubles digeslij s, sont aussi fréquemment observés chez les élèves des cours supérieurs. Il sont dus à des causes multiples : la mastication incomplète, l’enfant

(1) Daily, II, p. ao5.

(2) J, Rochard, i

(3) Dufestel, I, p. 656.

2ÜO HYGIÈNE SCOLAIRE

se pressant de manger pour jouer plus tôt et avalant les aliments avant leur complète division par les dents: le travail trop rapproché des repas avant que la digestion ne soit terminée ; enfin la position défectueuse de l’écolier penché sur l’arête de la table qui comprime son estomac. Ajoutons à ces affections les troubles génitaux urinaires, la faiblesse de la vessie, l’onanisme qui s’observent chez les prédisposés et s’aggravent si une surveillance sévère ne vient pas en enrayer les progrès.

Page 1