DE PRÉSERVATION SCOLAIRE
La société moderne, et c’est là un des plus grands progrès de la solidarité contemporaine, a compris qu’il ne suffisait pas de s’occuper de l’enfant sain et bien portant ; qu’à côté il y avait de nombreux déshérités auxquels elle devait aussi aide et protection.
Étendre les bienfaits de l’instruction aux aveugles, aux sourds-muets, aux anormaux psychiques, les mettre en état de gagner leur vie, les empêcher d’être à charge à la société : tel a été le but poursuivi pendant les trente dernières années du siècle dernier.
D’êtres inutiles et malheureux, on a cherché à faire des hommes en les instruisant et en leur apprenant un métier.
De tous côtés des écoles spéciales ont été créées pour les aveugles, les sourds-muets et les enfants arriérés. Bien plus, on a vite reconnu que l’enfant des villes, surtout l’enfant pauvre, s’étiolait rapidement pendant la période scolaire, et de nombreuses œuvres se sont donné pour mission de lui conserver la santé. Les caisses des écoles ont établi, un peu partout, des cantines scolaires dans le but de donner à l’écolier un repas
chaud et réconfortant ; puis elles ont fondé des colonies de vacances, pour faire bénéficier d’un séjour à la campagne une partie des enfants chétifs et déshérités. • Dans un autre ordre d’idées, on a aussi cherché à remplacer les grands internats urbains par des colièges situés en pleine campagne pour éviter à l’écolier l’étiolement résultant de la vie en commun.
Enfin de nombreuses œuvres potscolaires ont été fondées pour chercher à perfectionner l’instruction du jeune homme à sa sortie de l’école et à le préserver des fréquentations malsaines.
Toutes ces œuvres intéressent l’hygiéniste pour deux raisons : la première, c’est que la plupart (cantine, ■ colonies de vacances, etc.), mettant l’enfant dans de bonnes conditions hygiéniques, favorisent son développement physique ; la seconde, c’est que d’autres (mutualité scolaire, caisse d’épargne) ont une action moralisatrice bienfaisante et constituent une branche importante de l’hygiène morale.
Ce sont toutes ces fondations que nous allons rapidement passer en revue.