‹ Hygiène sociale contre le PaupérismeChapitre 12 sur 88 · LES PALLIATIFS ET LES REMÈDES · texte numérisé non relu

LES PALLIATIFS ET LES REMÈDES

Palliatif : l'assistance, le dégrèvement, l'obligation de la prévoyance. — Remèdes véritables : l'épargne, l'association, le crédit, l'organisation da travail, la réforme de l'enseignement. — Facilité relative des réformes si l'on s'adresse à l'élite des travailleurs.

Le socialisme, non plus que la centralisation, n'est donc pas un remède au paupérisme, parce que, sans préjuger Tavenir, on peut afiînmer que le socialisme et la centralisation exigent, de la part des peuples qui les pratiquent, de plus grandes aptitudes morales et matérielles que rindividualismé.

La société actuelle, répétons le, est moins individualiste quon ne pense; elle abrite, au contraire, une foule d'institutions socialistes : la plupart des maisons des villes habitées en commun comme des phalanstères, les anonymats, les monopoles, le fonctionnement énorme de TËtat et des régies administratives, l'amoindrissement de la famille et des entreprises privées, le développement croissant du système de la rémunération fixe, etc., etc. Sauf dans le domaine' agricole, le collectivisme balance' presque l'individualisme, et c'est justement parce qu'il y a déjà trop de socialisme dans la société actuelle, relativement aux facultés du peuple en général, qu'il se révèle de ^inadaptatio^, de la souffrance, du paupérisme.

Le remède est donc ailleurs que dans une centralisation nouvelle.

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Le trouverons-nous dans les palliatifs?

As&istance ^ chaintél Nous serions bien cruels de jeter la moindre défaveur sur raccomplissement de ces pieux, devoirs sociaux. Certes, il y aura toujours lieu de secourir dans une mesure quelconque, et quel que soil le degré de civilisation où nou3 parvenions, les frères malheureux, de la grande association humaine. La charité privée, il faut Tespérer, grandira toujours avec la moralité et saura de mieux en mieux découvrir les misères méritoires et cachées. Mais qu'on n'aille pas se faire d'illusions sur ce point. La charité privée, si intelligente, si inépuisable qu'olle puisse être, n'offrira jamais la solution du problème du paupérisme, encore moins la charité ofiScielle y réussira-t-elle. Les maternités, les crèches, les asiles, les orphelinats, les maisons communes d'ouvriers, les hospices et maisons de retraite, etc., sont autant de fondations qui peuvent atténuer les maux présents, mais qui, dans une certaine mesure, risquent aussi de les perpétuer, parce qu'au lieu de pousser les travailleurs dans la voie de la prévoyance et de l'initiative personnelle, on les en détourne en rendant leur misère supportable,

A un autre point de vue, il est de bonne administration pour un grand industriel, comme il est de bonne *administration pour un grand État, de prendre des mesures salutaires aux travailleurs, de même qu'autrefois les puissants seigneurs de la Rome antique savaient soigner et entretenir leurs nombreux troupeaux d'esclaves ; mais l'assistance ainsi corn* prise, ou ainsi interprétée, blesse les cœurs autant qu'elle soutient les corps. Loin d'être doucement pénétrés par la reconnaissance, les assistés considèrent les secours qui leur suai donnés comme un paiement incomplet de ce qui leur est dû.

Qu'on se souvienne du âer inot de Jean Sbogar, le héros de Charles Nodier ; « L'aumône est une restitution faite à l'amiable^ le peuple transige; plaidons. » Ët^ de fait on n'a que txaf plaidé de notre temps, les armes à la xuain.

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Tout homme charitable, en ouvrant sa bourse aux misères irbprévues et en consacrant une part de son li^tivilé à les découvrir, doit bien se persuader qu'il agirait à tort, s'il organisait en permanence et administrât! vement le secours des misères connues, prévues et continues.

Hausse des salaires , dégrèvement des impôts y rabais sur les denrées de consommation! Tout cela est connexe. Le premier mouvement de l'économiste sentimental, quand il est en présence des souffrances populaires, c'est de déclarer les salaires insuffisants et de tâcher de les relever. C'est encore bien plus le mobile des h*availleurs eux-mêmes qui, par tous les moyens, cherchent à s'organiser, à s'associer, à se discipliner étroitement, pour contraindre les patrons et les consommateurs à augmenter leur rémunération. Ils ont incontestablement raison d'agir ainsi et de réclamer une augmentation quand ils ont chance d'y réussir, mais s'ils l'obtenaient immédiatement, il est probable que leur sort n'en serait pas sensiblement amélioré, parce que l'aptitude leur manquerait, et aussi l'occasion, de tirer parti de leur excédent, qui passerait tout entier en accroissement de leur dépense quotidienne, sans profiter ni à l'épargne de prévoyance, ni à l'épargne de capitalisation.

Sur ce point les opinions des gens compétents ne varient point, a Le chiffre élevé du salaire ne prouve pas la bonne situation du travailleiu* », a dit l'enquête parlementaire de 1872-1878 sur les conditions du travail en France. Pareillement, M. François Viganù dit nettement que toute augmentation de salaire ou toute économie de consomtnation qui n'est pas entourée de précautions suffisantes pour que l'ouvrier l'utilise sous forme d'épargne, lui est nuisible plutôt qu'utile.

Or ce qui est dit là de la hausse des salaires s'applique aussi bien, on le comprend, aux effets du dégrèvement des impôts, de l'abondance des denrées alimentaires ou du bon

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marché des économats, toutes combinaisODs, qui^ fonctionnant isolément, sont, en définitive, foncièrement inefficaces. Patronage et mesures de prévoyance de VÈtat ou des chefs dHndustnel Tout ce qui procède uniquement de ce principe est vicié dans son essence, parce qu'en exonérant l'ouvrier de refTort et du souci de la prévoyance, en lui dissimulant en quelque sorte son épargne, on le fait descendre plutôt qu'cm Jie Taide à monter, on le rabaisse en même temps qu'on rhumilie par une tutelle souvent arbitraire et hautaine, qui le traite en incapable et en serf.

Tout palliatif devient nuisible à la longue; c'est la racine même du mal qu'il faut chercher.

Le mai consiste, à mon sens, dans l'effacement et l'abaissement passager de l'individu au milieu d'une société qui a progressé trop vite et dont les sommets sont devenus trop élevés pour ceux qui sont encore au bas de l'échelle. Il y a entre la tête et les membres une lacune qui finirait par nuire au corps entier menacé de dislocation . Il faut donc rassembler les membres qui se disjoignent et s'atrophient, il faut rapprocher les distances, il faut ranimer la circulation et la vitalité dans toutes les parties appauvries.

Parlons nettement. Le socialisme qui se propose est plutôt une aspiration qu'un spécifique ; je ne sais s'il se réalisera un jour ; actuellement du moins, la société ne le comporte pas, il lui serait fatal.

Au point de vue ouvrier, le problème social n'est pas dans un progrès nouveau et presque aveugle de la centralisation, mais, au contraire, dans des mesures intelligente^, qui conso* lident les résultats acquis et les étendent à toutes les parties sociales»

Le programme qui on résulte est vaste; il comporte toute une série d'études et de considérations que je dois présenter sommairement.

i^ Avant même de songer à relever le salaire du pauvre, il faut relever, reconstituer son caractère, lui rendre et la virilité, et rénergie, et la prévoyance, et l'iniliative. Pour cela rétablir ou créer sa personnalité, l'habituer à l'épargne individuelle, le mettre dans ses meubles et dans ses outils, lui redonner un foyer, lui permettre de feutrer en possessioil de sa femme et de ses enfants que l'atelier lui enlève ; lui constituer ainsi une base d'honorabilité et de rest)onsabilité qui lui donne droit au crédit et lui permette l'espoir de s'établir et de s'élever dans la hiérarchie sociale : tout cela non pas par une tutelle philanthropique et une assistance bienfaisante, mais par ses propres efforts, par son courage, intelligemment stimulés.

2<* Concurremment à ces efforts individuels qui constituent Félément primordial de la personnalité du travailleur, il faut autoriser et favoriser les groupements collectifs qui sont facilement accessibles aux individus et qui leur servent d'intermédiaires et de protecteurs auprès des grands pouvoirs sociaux, tels que l'État, la grandeindustrie, le grand commerce *a haute banque. Ces groupements qui prennent le nom de sociétés amicales, de sociétés de secours mutuels, d'associations coopératives, de syndicats professionnels, suppléent en quelque sorte aux anciens patronages déchus, et, sans imposer à l'individu une autre tutelle que celle de ses pairs, le maintiennent cependant, tant qu'il est encore incapable d'indépendance absolue, dans une utile subordination volon-. taire.

3* Mais, quelle que soit l'efficacité de ces associations secondaires, elles ne peuvent se suffire à elles-mêmes et il ne faut pas d'ailleurs les rendre obligatoires ; on doit donc pourvoir à la fois, et aux besoins normaux des indi-* vidus émancipés et aux besoins collectifs des groupements dont nous venons de parler. D'une manière générale, il s'agit d'obtenir la meilleure répartition possible des capitaux

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productifs entre les mains les plus aptes à les utiliser ; il faat oi^aniser, en nn mot, l'assurance et le crédit^ et incliner les grandes institution^ existantes vers ce concours nécessaire à donner au travail et à Tintelligence, à la petite culture,, à k petite industrie, au petit commerce, à la petite entreprise ou à la coopération, en imitant ce qui se fait si fructuéusebient en Ecosse depuis un siècle et demi. Cette partie du programme aurait deux résultats également précieux : d'abord, de réparer au profit du plus grand nombre des travailleurs (presque toute la culture et la moitié au moins de Tindustrie) PiBJusticc réelle de la société qui ne leur procure àueime ressource accessible d'assurance et de crédit, bien qu'il lès méi*itent à l'égal de la grande industrie et du commerce ; ensuite, d'ouvrir aux affaires qui languissent un immense débouché, en stimulant par conséquent l'épargne et en la préservant des détournements dangereux ou improductifs.

4^ Le crédit institué, il faut se préoccuper d'en rendre l'application facile et productive et rechercher dans ce but la meilleure organisation du travail. L'organisation du crédit et du travail est un double problème qui se trouverait it la fois résolu si l'on parvenait à rétablir l'initiative et la responsabilité des travailleurs en leur assurant un crédit personnel. Je m'explique. Le crédit personnel ne semble aujourd'hui si elBrayant, si difficile à pratiquer que par suite de la disparité morale cpii s'est établie entre les ouvriers et les bourgeois, et de l'antagonisme qu'on s'est habitué à reconnaître entre le travail et le capital ; mais ce n'est là qu'un fait transitoire, imprudemment généralisé. On s'est beaucoup trop complu dans l'organisation des grands anonymats de l'industrie, du transport, du commerce, de la banque, qui sont tous établis en mode socialiste, c'est-à-dire sur l'unité de direction et rirresponsabililé des agents de tout ordre ; on s'est trop perisnadé, en voyant le progrès de ces anonymats, qu'ils étaient destinés à tout envahir^ à tout absorber, et rpn en a conclu

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beaucoup trop vite qu'ils étaient supérieurs au r^fimc de ta petite production (agriculture, arts et métiers, commerce de détail) qui est établi en mode individualiste, c'est-à-dire sur. la décentralisation des fonctions et la multiplicaticm des respcmsabilités. 11 en résulte qu'on s'est imaginé que la petite production est destinée à disparaître, que le crédit personnel est Une forme de crédit inférieur et que son cercle, loin de s'étendre, doit au contraire se restreindre de plus en plus. C'est là, je pensCy^'une illusion de l'heure présente. Par cela même que la production se concentre et que les anonymats grandissent, l'impossibilité d'une direction unique et souveraine devient palj^ble, les vices de l'irresponsabilité des agents apparaissent et l'expérience démontre la nécessité d'une combinaison nouvelle qui concilie la centralisation avec l'initiative individuelle. On peut maintenir les grandes entreprises, respecter le contrôle d'une direction supérieure, mais fractionner les fonctions executives et multiplier les responsabilités personnelles d'une manière tout à fait analogue à ce qui s'observe dans la petite (Nroduction ; en sorte que lasolu*tion du crédit personnel pourrait être une solution plus générale encore que celle du crédit anonyme et devenir ainsi la clé du progrès économique tout entier. En résumé, dans cette partie du programme, il s'agirait de rechercher par quelles combinaisons économiques, on pourrait sauvegarder les droits et les facultés de l'individu tout en le subordonnant aux grands anonymats qui sont devenus des organes nécessaires. Ce serait individualiser le socialisme et régénérer la centralisation.

5^ et 6^ A toutes ces fins, il y a des réformes nécessaires, tout d'abord dans les lois et les impdts qui sont contraires au but social à poursuivre; ensuite, il faut étendre et renouveler l'instruction prfmaire et générale, en lui d<Minaat un triple caractère : élémentaire, qu'elle a déjà; professionaelie, qu'elle n'a qu'exceptiminellement ; et sociologique, qu'elle

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n'a pas du tout. Par enseignement sociologique, j*entMMk qu'il faut ajouter aux connaissances réelles qu'on s'efforde de donner aux enfants (lecture, écriture, géographie, calcul, système métrique, dessin, .etc. )» la connaissance plus pré^ cieuse encore des ressources et des conditions sociales. Il faut l^r montrer les avantages de la propriété, de Tassociation, de l'assurance et du crécfit, les moyens de les obtenir; leur exposer sommairement l'action de la commune, dont ils sont membres prochains, et de l'État, dont ils sont membres lointains, et en ouvrant leur conscience à ces grandeurs humaines, les adapter peu à peu au fonctionne ment de la société, puissance sans égaie quand nous savons Tutiliser, obstacle écrasant quand nous nous y heurtons.

Voilà le programme que je voudrais pouvoir suivre. Il semblera vaste et peut-être ambitieux. On s'étonnera de voir proposer, avec espoir de le faire adopter, un plan qui ne vise à rien moins qu'à modifier l'état social des deux tiers peut-être de la population de la France, et les lecteurs les mieux intentionnés se sentiront pris d'un profond sentiment de découragement.

Ce serait à tort, et on ne doit pas s'imaginer que le programme retracé soit d'une exécution impossible. Il faut à ce sujet une explication préalable.

Le paupérisme en France est relativement restreint. La population agricole en est pour ainsi dire exempte. Bien que souvent malheureuse, elle est dans la bonne voie de l'épargne, et il suffirait d'y ajouter de l'instruction et du crédit pour qu'elle fût assurée du bien-être et du progrès qu'elle mérite.

Reste doue la population ouvrière des grandes villes, qui est loin d'être atteinte en entier par le paupérisme. On peut admeUre cependant que le plus petit nombre selhl est en équilibre stable. Le plus gnmd nombre lutte pénibkment,

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«t s'il ne tombe pas dans la misère, il en est toujours menacé. 6ne partie, la plus petite heureusement, se débat au fond de Tabtme social; mais ce ne sont pas toujours les plus nûsérables, ce sont les plus imprévoyants. . Certes, on aurait fort à faire s'il fallait s'adressa à tout ce monde à la fois, repécher les uns de leur trou, empêcher de tomber ceux qui sont sur le bord, et donner aux autres un surcroît de forces pour qu'ils gravissent plus rapidement l'échelle du salut qui les mettra dMnitivement hors de péril. Qui trop embrasse mal étreint. Si l'on veut le progrès social, ce n'est pas en s'adressant au plus grand nombre qu'on y parviendra le plus vite; c'est en commençant par l'émancipation du petit nombre.

Cela semble étrange, mais une simple réflexion suflSra pour dégager la proposition de son aspect paradoxal.

La masse du peuple est instinctive et - invindblement imitatrice; elle suit la petite phalange de ceux qui sont capables d'initiative et qui donnent l'exemple. Or, à part les exceptions qui constituent les natures irrémédiablement vicieuses et incorrigibles, à livrer alors aux criminalistes et aux aliénistes, il faut bien reconnaître que la plupart des ouvriers dévoyés; qui donnent la mauvaise impulsion à la masse, sont des hommes qui, en d'autres circonstances, auraient été capables de bien faire, mais dont les facultés ont été entravées et dont l'activité s'est pervertie' en se tournant vers les plaisirs, vers les excès alcooliques, vers les agitations passionnées. Donner carrière à ces individus actifs, leur ouvrir un débouché, leur procurer les moyens d'instruction et de crédit qui leur manquent, c'est immédiatement tourner au bien social une énergie précieuse qui aujourd'hui n'est pas seulement inutilisée, qui est souvent retournée contre la société,

' Du méirne coup, en remettant en valeur ces hommes qui Aont le nerf du peuple, on rétablit ses cadres natuïislsV on

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veconslitm les officiers et sous-officiers dont la mnltitoëe, fMur discipline instinctive, par entraînement irréfléchi, subit l'aiftorité morale et en* quelque sorte physique.

Quel est le moyen pour arriver à ce but? C'est, par cultare et par sélection, de rallier ces tètes de file au parti de l'épargne, de Tassociation et du crédit.

En un mot, des trois catégories qui se partagent le peuple ; les énergiques, les instinctifs et les corrompus, il faut se borner à n'agir que sur les premiers.

Sur les corrompus, tout effort serait vain. On doit se résigner à les mettre, si faire se peut, en quarantaine au moins morale, pour arrêter surtout la contagion qui menaoe de s'étendre à leur entourage et à leur progéniture. Contre eux les seules mesures efficaces sont, en quelque sorte, des mesures de police et de salubrité, avec les inévitables dispositions d'assistance.

Sur les instinctifs, l'action est encore incertaine. Natures faibles, point mauvaises, mais essentiellement moutonnières et indisciplinées, ne sachant ni se soumettre ni se diriger, faciles à s'imprégner de toutes les habitudes, bonnes ou mauvaises, mais surtout mauvaises, elles ont besoin qu'on les préserve des entraînements les plus dangereux et principalement des corrompus. 11 leur faudrait nécessairement des coutumes et des institutions à suivre par gloriole et par imitation, et qui leur tinssent lieu tout à la fois de prévoyance et de raisonnement, mais il y a besoin pour cela d'une tutelle persistante, et ce n'est ni l'État ni la classe des patrons qui peut l'exercer ; leur autorité serait immédiatement contredite et bafouée. 11 n'y a d'autorité efficace sur cette catégorie si nombreuse d'hommes du peuple que l'autorité spontanée qui surgit d'au milieu d'eux ; ils n'accepteront jamais que le patronage et l'exemple de leurs pairs.

C'est pourquoi il est si nécessaire de favoriser la reconnaissance de ceux-là ; c'est pourquoi il faut stimuler le cou-

rage des énergiques, en leur donnant les moyeas de sortir de leur abattement» de triompher des obstacles qm leur semblaient insurmontables, de recouvrer leur indépen<knce et de prendre leur essor suivant leurs aptitudes.

Si (m réussissait à rallier les énergiques, à les convertir aux principes de la vérité sociale, fussent-ils en petit nombre, leur exemple, leur propagande involontaire, et dans certains cas, leur concours actif, auraient bientôt définitivement raison de la masse des instinctifs.

On aperçoit donc .que laréf(»rme est plus aisée .qu'elle ne paraissait. Il n'est plus nécessaire de bouleverser d'un seul coup la population tout entière et de s'adresser à la fois à des mittions d'hommes soupçonneux et réfractaires, il safBt de conquérir quelques milliers d'initiateurs, et tout le reste sera gagné.

Certains, dès lors, que le but n'est pas ûtopique ni la tftchedémesurée, nous pouvons entrer avec confiance dans rexa-* meu détaillé du programme ;

1** L'épargne et la propriété ;

9f^ L'association et le mutuellisme ;

3^ L^organisation du crédit ;

4* L'organisation du travail ;

6^ Les réformes nécessaires dans les lois et les impôts ;

6® La réforme de l'enseignement.

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