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eu à cœur de faciliter à l'ouvrier, père de famille, Tachât de son habitation. Aussi accorde-t-elle de très longs Icrmes pour le paiement, c'est-à-dire quinze ou dix-huit ans. L'acompte exigé au moment de l'entrée en possession n'est que de 200 fr. au minimum et de 400 francs au maximum. Le surplus du prix, on le comprend dans le loyer mensuel. Qu'elles soient vendues ou simplement louées, les maisons trouvent des preneurs au fur et à mesure qu'elles s'achèvent. »
Eq résumé, maisons de 3 chambres, de 2,000 à 2,800 fr., louées sur le pied d environ 7 1/2 pour 100, ou amortissables en quinze ou dix-huit ans par annuités de 11 à 12 pour 100, avec fractionnement mensuel du loyer et de l'amortissement : voilà les principaux avantages de la combinaison alsacienne, qui est de beaucoup supérieure à tout casernement des ouvriers, la vie en commun étant démoralisatrice au premier chef. Les inconvénients, nous les signa- Ions' de suite, c'est l'agglomération des maisons, le cantonnement des ouvriers, l'uniformité des constructions et la réglementation qui résulte de l'origine philanthropique et quasi-officielle.
Les cités ouvrières de Mulhouse ont été imitées au Havre avec succès, par un alsacien émigré, M. Jules Siegfried, aujourd'hui maire de la ville. La société qui construit et vend les maisons tire un intérêt de 4 0/0 de son capital.
Une autre société, parente de celle du Havre, a été fondée à Bolbec (Seine-Inférieure). Elle y a construit des maisonnettes en briques avec jardin, au prix de 2,800 francs payables en treize annuités.
Le rapport parlementaire présenté par M. Ducarre, au nom de la commission d'enquête sur les conditions du travail en France (1875), signale avec éloge une création analogue à celle d'Alsace, due à MM. Japy frères dans le territoire de Belfort. La maison Japy frères a fondé une société immobilière ayant pour but de permettre à ses ouvriers de deve-
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niv propriétaires. Elle leur vend une maison et un jardin 2,000 francs devant être amortis eu onze aus (ce qui, à 8 0/0* doit faire environ 12 0, '0 ou 240 francs, par an)» Ces maisons sont isolées. I/institution a eu un tel succès que les maisons sont retenues avant la pose de la première pierre et que MM* Japy ne peuvent pas suffire aux demandes. Pour laisser, dans cet ordre d'idées; toute liberté aux ouvriers, MM. Japy font, en outre, à ceux qui le désirent, des avances pour construction.
Nous appelons l'attention sur ces conditions qui marquent un progrès véritable dans Toeuvredes habitations ouvrières : isolement des maisons, possibilité pour Touvrier de s'établir à son gré, en profitant néanmoins du crédit.
Cest (ians le môme esprit de respect de l'indépendance des travailleurs, que la maison Rsstner, de Thann, ne voulant pas établir de cité ouvrière, fait des avances à ceux de «es ouvriers qui veulent acquérir une maison ou un champ.
Cette simple combinaison de crédit, du moment que Thabitude de l'épargne existe, et que l'ouvrier a le goût de la propriété, est bien préférable à toute réglementation philanthropique, et elle est de nature à donner bien plus de satisfaction à Touvrier qui peut s'établir à son gré. On est toujours tenté de se défier d'une combinaison purement désintéressée, d'une association qui renonce à tout bénéfice, il semble que l'intérêt d'un entrepreneur donne la seule garant e véritable que l'ouvrier sera servi suivant son goût. Il ne faut pas d'ailleurs se dissimuler que toute tBuvre de protection et de bienfaisance inspire à l'ouvrier le sentiment fâcheux qu'on ne fait qu'accomplir un devoir envers lui. Il n'en a nulle reconnaissance, el son groirpement dans xm môme village ou dans une même cité dépendant de la febrique, ra plus d'une fois mis la fabrique dans l'embarras, parce que, en rendant les ouvriers propriétaires sans clfort, en ne développant pas chez ^botl l^esprit ^initiative «l d'in-
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dépendance, ou en a fait des colons qui se considèrent comme attachés en permanence à la fabrique et comme en possession d*un véritable droit au travail.
Dans la pensée d'encourager la construction et Tacquisition par les ouvriers ou paysans de leur habitation, un groupe de députés qui obéit aux tendances semi-socialistes dont se targuait l'empereur Napoléon IIl, avait formulé le 16 lévrier 1880 une proposition de loi concernant les prêts à faire aux ouvriers et aux cultivateurs par le Crédit foncier.
Aux termes de cette proposition, dont M. Haentjens était le principal signataire, le Crédit foncier, en compensation de son privilège et de la faveur qui lui était faite d'émettre des obligations à lots, devait prélever sur le bénéfice de ses emprunts une somme de cent millions, qui aurait reçu laffectation suivante :
50 millions seraient avancés aux propriétaires, chefs d'usines ou associations coopératives, disposés à faire bâtir des maisons d'ouvriers ;
60 mirions seraient prêtés aux ouvriers qui voudraient devenir acquéreurs de leurs habitations ou faire construire des maisons pour loger leurs familles, sous la condition que les maisons ne dépasseraient pas une valeur de 4,000 francs dans les villes et de 3,000 francs da,ns les campagnes.
Le remboursement de la somme de 50 millions avancée aux propriétaires ou aux associations pour la construction de maisons ouvrières devait s'effectuer en trente-deux années, intérêts et amortissement compris, par le paiement d'annuités égales à 5 0/0 de la somme prêtée.
Quant aux prêts aux ouvriers, remboursés en douze annuités de 6 0/0 (amortissement compris), ils devaientconstituer, pour l'établissement dont il s'agil, une perte annuelle de deux millions pendant douze ans. il paraissait juste, aux auteurs de la proposition, de faire supporter au Trésor
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public la moitié de cette perte, soit un million par an pendant douze années.
La proposition Hacnijons partait évidemment d'une louable intention, et le résultat qu'elle avait en vue était pleinement désirable, mais elle mettait en œuvre deux moyens qu'il est toujours dangertîux d'employer : une contribution forcée imposée à un établissement privé comme prix de l'aliénation en ses mains d'un droit public, comme condition d'un privilège qui aurait cessé par la d'être précaire j et, ensuite, la subvention de l'Etat, qui donne au peuple le sentiment qu'on s'acquitte envers lui d'une dette, ce qui paralyse son épargne et son initiative privée en le poussant dans la mauvaise voie des sollicitations et des revendications.
Toute œuvre philanthropique est stérile si elle n'a pas d'abord pour premier résultat de raffermir le caractère des individus.
En fait, depuis ses derniers emprunts, l'intérêt des crédits hypothécaires par le Oéiiit foncier s'est abaissé à 4.90 pour 100, sans commission supplémentaire (amortissement en dehors). A ce taux, et dans les conditions ordinaires des opérations, quelles seraient les charges normales à assumer par un ouvrier pour acquérir une maison?
Voici différents prix, pour divers types de maisons, empruntés aux maisons de gardes des compagnies de chemins de fer et aux maisons d'ouvriers construites au Creuzot.
11 résulte des devis comparatifs que les prix du nord de la France sont à peu près les trois cinquièmes de ceux de Paris, à cause du bon marché de la briqueterie belge, et que les prix du Creuzot représentent 70 à 75 0/0 dû ceux de Paris. Quant au midi, la cherté des briques et la nécessité de construire des murs plus épais, donnent à peu près les mêmes conditions qu'à Paris. Enfin, il faut observer qu'une maison isolée dans la campagne coûte aussi cher qu'une mai-