X AVERTISSEMENT
les éléments d'un livre utile qui serait forcément consulté par tous les écrivains sociaux de l'avenir et qui, mieux que quelques mémoires récompensés, perpétuerait sûrement le nom du fondateur du concours. S'il en était autrement, nous regretterions toujours, quant à nous, la dispersion de tant de feuilles où chacun avait mis de son cœur, de son observation personnelle et de sa pensée (1).
Le présent ouvrage, bien que classé dans la première série dite du paupérisme, touche à toutes les questions du programme. Il n'a pas paru possible à son auteur de s'attacher à une solution unique du mal populaire; il croit que le remède est aussi multiple qu'il y a de fonctions diverses dans la société et que la guérison doit venir de tous les côtés à la fois. C'est du moins l'idée qu'il a voulu exprimer par ce titre d'Hygiène sociale qu'il donne aujourd'hui à son travail.
Le mémoire publié n'a pas subi de changements essentiels. On y a seulement introduit quelques faits nouveaux survenus depuis quinze mois; il a bien fallu tenir compte des réformes passées à l'état de mesures accomplies, dont on ne parlait auparavant que comme de simples projets.
L'auteur a été heureux et surpris, à cette occasion, de pouvoir en constater le nombre et l'importance. Il
(1) Nous proposerions mênne aloi's à tous nos co-laiiréats de composer, en coopéralion, un volume, de la substance de nos écrits récompensés. Vingt-cinq études analytiques d'une vingtaine de pages, fournies par les auteurs couronnés, formeraient, par leur réunion, un livre populaire plus instructif et plus intéressant peut-être que n^lmporte quel mémoire en particulier.
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lui suffira d'indiquer ici, en ce qui concerne la France seulement : Tinstitution de la Caisse d'épargne postale, l'admission récente des associations ouvrières aux adjudications des travaux de la Ville, la création d'un grand établissement de crédit populaire, un premier vote acquis à la réforme des ventes judiciaires d'immeubles de la petite propriété, le chemin fait par les propositions relatives à la réforme des détestables impôts sur les boissons, le service nouveau de l'assistance des enfants moralement abandonnés, la gratuité de renseignement primaire, l'obligation légale de l'instruction et enfin les importantes lois financières pour la construction des écoles et le développement des moyens de savoir.
Ce sont là des progrès considérables qui prouvent que les quinze derniers mois sont loin d'avoir été stériles. On ne pouvait les passer sous silence. Puissent des progrès nouveaux et rapides enlever bientôt à ce livre tout ce qui lui reste en intérêt d'actualité.
Paris, 20 juin 1882.
Ad. C.
L*auteur sera profondément reconnaissant de toutes les rectifications et informations nouvelles qii*on voudra bien lui adresser pcrsonnelieinent, 4, cité Gaillard, à Paris.