‹ Hygiène sociale contre le PaupérismeChapitre 43 sur 88 · C. Frais généraux · texte numérisé non relu

C. Frais généraux

Salaire fixe des secrétaires, indemnité et jetons de présence des délégués et des membres du conseil, location des bureaux et salles de réunion, et surtout impression de nombreux documents.

La proportionnalité de ces différents chapitres peut être ainsi déterminée.

Secours mutuels. ........ 15 39 pour 100

Affaires du métier ^6 61 —

Frais généraux 22 » —

Ensemble 64 20 pour 100

Excédent de recettes mis en réserve 35 80 —

Total égal aux recettes (1). . . . 100 ï» —

Si Ton cumule les sommes consacrées aux secours mutuels (15 S9) avec Texcédent (35 80) mis en réserve pour faire face dans l'avenir à Faccroissement de charge des retraites, on obtient une proportion de 51.39 pour 100 (34 1/2 pour 100 en 1877) relative aux dépenses actuelles ou futures des secours mutuels. C'est là l'hypothèse la plus favorable. Or, c'est précisément en s'appuyant sur cette hypothèse qu'un actuaire des compagnies anglaises d'assurances sur la vie , les tables de mortalité à la main, a conclu à l'insolvabilité future de l'association ouvrière, pour l'époque où les membres de l'Union ayant vieilli, seront devenus plus sujets aux

(1) Dix ans plus tard, en 1877, année où les grèves furent nombreuses, ces proportions se sont trouvées modifiées comme suit :

Secours mutuels 24 61 0/0

Affaires du métier 48 79

Frais généraux l6 80

Réserve 9 80

Total 100 »

Cette répartition s'applique à une somme de 42,231 liv. st. ou environ 1,055,778 francs. [Çwgrès des insUtutioiu de prévoyance ^ p. 291.)

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ladies et toucheront enfin au terme de la retraite et de la

mort.

L'Union ouvrière a eu des défenseurs qui ont fait valoir qu'il fallait joindre aux. cotisations régulières trois autres éléments de revenus ou d'économies ; les amendes infligées aux. membres en retard dans leurs payements ; la privation de tout secours tant qu'ils ne se sont pas mis en rèfj;le; et enfin, l'exclusion prononcée annuellement contre un assez grand nombre de membres, qui perdent ainsi leur part dans la réserve accumulée ou qui sont astreints à un nouveau droit d'entrée s'ils veulent s'affilier de nouveau.

En tenant compte de ces diverses considérations, un fonctionnaire de la dette publique, H. Finlaison, a déclaré que, même en supprimant la dépense des grèves, il faudrait élever de 1 sh. à 1 sh. 1/2 (de 1 fr. 2S c. à 1 fr. 87 c. 1/2) les cotisations hebdomadaires pour que l'Union en question offrît les garanties nécessaires de solidité.

Or, c'est la déperise des grèves et des chômages qui est l'objet principal de l'union de métier, et les secours, en cas de maladie, de vieillesse ou de mort ne forment qu'un objet secondaire, dont la réalisation est entièrement subordonnée aux ressources laissées par l'objet principal. La recommandation de M. Finlaison est donc impossible à suivre pour les trade-unions. Une autre proposition de M. le comte de Paris, d'augmenter d'un quart les cotisations et de réduire d'un huitième les secours, paraît assez onéreuse; dès lors, le fonctionnement des trade - unions comme sociétés de secours mutuels ne laisse pas que de paraître incertain et présomptueux.

On en a profité pour dire que la perspective des secours mutuels et des retraites était un appât menteur offert par les trade-unions pour recruter de plus nombreux adhérents.

Cette accusation est formellement repoussée, comme une imputation calomnieuse, par les principaux chefs d'unions

FONGTIONNEHtSNT NORMAL DES UNIONS iSti

qui prétendent, au contraire, que Tabonnement aux secours, lorsqu'il est laissé facultatif, ne réunit qu'un très petit nombre de souscripteurs.

De son côté, M. le comte de Paris est d'avis que les unions mixtes, c'est-à-dire celles qui fonctionnent à la fois comme caisse de grèves et comme société de secours mutuels, sont préférables aux pures trade-societies en ce qu'elles ont un élément de retenue et de prudence qui influe toujours à la longue sur leur conduite. Les sociétés qui n'allouent pas de secours, parmi lesquelles se trouvaient les associations des couteliers de Sheffield, « se sont toujours distinguées, dit-il, par leur intolérance et leurs procédés violents. Une fois maîtresses d'un fonds commun destiné exclusivement aux grèves, leur tendance naturelle est de lui chercher de l'emploi à tort ou à raison. Dans les sociétés mixtes, au contraire, toute grève entame les ressources de la caisse de secours, et l'ouvrier, qui sait que chaque jour de chômage lui fait perdre tant pour cent des avantages futurs sur lesquels il compte, sera bien moins disposé à quitter le travail. »

M. Ludlow a dit aussi dans son Mémoire au Congrès des institutions de prévoyance : « L'objet principal de la tradeunion est et sera toujours la défense ou l'avancement des intérêts du travailleur comme tel. Au jour de la lutte, tous les fonds dovroat être mis en jeu, y compris ceux affectés jusque-là aux besoins du malade, de l'invalide du travail, de la veuve, de l'orphelin. Il n'en est pas moins vrai que l'adjonction d'autres objets opère nécessairement comme un modérateur puissant des tendances militantes de la trade-Ainicmy et que, lorsqu'une union ayant malades, pensionnaires, veuves et orphelins à sa charge, se met en grève, ce ne peut jamais être sans les motifs les plus graves (1). >»

(1) Comptes rendus^ p. 290.

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Nous n'avons pas, bien entendu, à contester ces observalions qui reposent sur des faits d'expérience; mais une vérité plus générale nous fait désirer et nous donne à penser que les trade-unions finiront avec le temps par obéir à Ja loi modeme,^ qui est aussi vraie <ians l'ordre économique et social que dans l'ordre politique, je veux parler de la division des fonctions et de la séparation des pouvoirs, grande loi aussi favorable au progrès qu'à la liberté.

Ainsi, de même que nous demandons que les sociétés de secours mutuels se déchargent le plus possible de tout ce qui peut faire l'objet d'une assurance ordinaire, en ne se réservant que le rôle d'intermédiaire entre ses membres et les compagnies d'assurance proprement dites; de même, nous croyons qu'il y aura profit, pour la liberté individuelle et pour le bon fonctionnement des institutions populaires, à ce que les trade-unions divisent elles-mêmes le faisceau de leur autorité, en se déchargeant, par exemple, des obligations de secours et de retraites sur les associations ou les compagnies qui seront mieux en état de les assumer à moins de frais, sauf, pour les unions, à se rése/'ver le contrôle de ce fonctionnement extérieur.

L'assurance contre le chômage pourra-t-elle même rester également et pratiquement dans les attributions d'une association corporative? La question est au moins douteuse.

Quand une profession est fatalement , périodiquement contrainte de suspendre son travail pendant une partie de l'année, si l'ouvrier ne réussit pas à utiliser dans une occu pation accessoire cette vacance du travail principal, il est clair' qu'il doit mettre de côté pendant la saison active de quoi pourvoir aux besoins de sa famille pendant la saison inactive, et qu'il peut être aidé dans cette tâche par une société d'épargne et de prévoyance. D'autre part, quand le chômage est consécutif à un accident tel qne l'incendie d'une usine, l'inondation d'une houillère, etc., il y a là un ordre de fait.

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