‹ Hygiène sociale contre le PaupérismeChapitre 7 sur 88 · TABLEAUX DU PAUPÉRISME · texte numérisé non relu

TABLEAUX DU PAUPÉRISME

Gervaise et Coupeau. — Le sublime. — Les conditions de i'ouvrier parisien à ses différents âges. — Les workhouses en Angleterre.

Dâiis un roman fameux, l' Assommoir, dont les meilleures parties reposent sur des observations sérieuses consignées dans un autre livre que j'aurai occasion de citer tout à Vheure, nous voyons deux principaux types : un homme, une femme.

Une femme dévouée, courageuse, ayant Tinstinct de Tordre et du travail ; — un homme bon, adroit ouvrier, pas vicieux de tempérament, doux et assez rangé dans sa jeunesse, mais joyeux, faible et imprévoyant. Nature d'enfant qui entre en ménage avec sept sous dans la poche, qu'un terrible accident, suivi d'une longue et paresseuse convalescence, dérange de ses bonnes habitudes de conduite pour le plonger dans les mauvaises, et qui, sans protection ni secours, victime du hasard, qui est toujours le plus fort quand on n'a pas d'armes pour le combattre, gagné peu à peu par la fainéantise et l'ivrognerie, tombe dans ia misère abrutissante et y entraîne sa femme et sa fille, qui dérivent à la fin dans la prostitution.

Cette histoire lamentable, qui serait calomnieuse si on prétendait l'appliquer à la masse du peuple, est instructive pour qui n'y cherche, comme dans un musée pathologique,

qu'une peinture du mal horrible qu'on appelle le paupérisme. Elle montre que l'ouvrier sans caractère est impuissant à se maintenir dans le bon ordre s'il n'est soutenu par une famille et par un patronage ou une association. Homme ou femme de peu de volonté, quels que soient ses facultés et ses mérites, il est régi par des habitudes, heureux si elles sont bonnes, malheureux si elles sont funestes.

Gervaise n'était point coureuse ; quand Lantier l'avait prise toute jeune, elle avait été séduite parce qu'il se disait son mari et qu'elle croyait jouer au ménage. Son idéal était de travailler tranquille, d'élever ses enfants, de n'èlre pas battue et de mourir à la fin. dans son lit, chez elle.

Quant à Coupeau, « lui, rigoleur, ne s'embarrassait pas de l'avenir. Les jours amenaient les jours, pardi ! On aorait toujours bien la niche et la pâtée. . . »

Cette jeunesse, cette gaieté insouciante, ce modeste courage^ cet instinct du labeur, cette inconscience même qui dissimule au jeune couple les noirceurs de l'avenir et lui fait commencer si joyeusement son dur sillon : tout cela semble la condition du bonheur ouvrier. Erreur effroyable ! C'est la promesse d'un dénouement infernal. L'histoire n'est qu'un récit du long affaissement de ces deux êtres dont l'un finit à Sainte-Anne, en proie au delirium tremens^ et l'autre, comme une chienne de la rue, dans un taudis sans nom.

Cela, c'est le roman, dira-t-on. Mais le roman est la mise en scène d'un livre consciencieux, très original, publié d*abord en avril 1870, réédité en 1872, qui a pour titre :

« Le SUBLIME ou le travailleur comme il est en 4870 et ce qu'il peut être, par D. P. (i) »

(1) Ces initiales désignent un homme de cœur et de mérite, un manufacturier qui s'est élevé lui-même, après avoir longtemps vécu parmi les oumers, M. Denis Poulot, naguère encore maire du xi« arrondissement de Paris et toujours dévoué aux véritables intérêts des travailiMirs.

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Le mot sublime détourné d'une chanson populaire où Ton parlait de Dieu « ce sublime ouvrier » est devenu presque un terme d*argot pour désigner l'ouvrier paresseux» noceur, violent ou déclamateur, suivant son degré d'instruction, par opposition à l'ouvrier proprement dit qui est le travailleur d'ordre et de conduite.

Le sublime est à l'ouvrier ce que le bohème est à l'artiste. C'est l'homme, souvent habile, mais vaniteux et perverti, qui contracte peu à peu tous les vices serviles, qui se livre, comme le Neveu de Rameau, à tous les paradoxes sociaux et qui finit par se faire gloire de ses ignominies, ne travaillant d'ailleurs que forcé par lo besoin et recourant trop souvent, à la longue, aux ressources honteuses de tous les proxénétismes.

On comprend bien que de l'ouvrier vrai au sublime, il y a de nombreuses dégradations. L'auteur des observations que nous signalons, qui portent, dit-il, sur plus de 10,000 ouvriers dont il a été le collaborateur, croit cependant pouvoir avancer que dans l'industrie du fer,^l n'y a pas moins de 60 pour 100 de sublimes et seulement 10 pour 100 d'où* vriers sans reproche.

Dans une autre industrie, celle des charpentiers, qu'il faut considérer comme une partie d'élite, parce que tout le monde y sait lire, écrire et dessiner et qu'on y est encore soutenu par un sentiment d'honneur collectif, la proportion des sublimes n'est que de 10 pour 100, les bons ouvriers représentent plus de 90 pour 100.

A part ce dernier chiffre, les autres révélations sont terribles;, mais elles ne s'expliquent que trop si on les rapproche du tableau de l'ouvrier à ses différents âges.

Nous tenons encore ici à invoquer le témoignage d'un chef d'industrie de Paris (1).

* (!) Voir le livre de M. A. Fougeroosse : Patnms et Ouvriers ti$ FoÊfii, Parif^ 1880, diez Chaix et GuiUaamin.

a Pendant son enfance, ^on père et sa mère travaillent le plus souvent au dehors, l'un et l'autre; on le laisse donc le plus longtemps possible loin de la famille; un peu plus grand il va à l'école, mais les niasses commencent à huit heures, finissent à quatre ; le père et la mère ont quitté la maison des six heures et n'y rentrent qu'à la nuit. Pendant deux heures le matin et autant le soir, l'eniant est seul, ou confié à la garde de quelque voisine indifférente, ou, le plus souvent, courant la rue avec d*autros enfants aussi délaissés que lui^ se poussant les uns les autres au désordre et au vice. Il voit à peine, ainsi, ses père et mère ; comment recevrait-il d'eux des conseils, des principes, une direction, et comment des liens puissants d'affection, de respect pourraient-ils se nouer entre eux? L'élément le plus favorable h l'éducation de l'enfant, le repas en commun, fait absolument défaut dans la famille de l'ouvrier ; chacun mange de son côté, loin des siens, dans un milieu mal fait pour développer les sentiments de famille. Le logement est également un instrument de démoralisation ; il est trop petit, les convenances ne peuvent y être observées.

» A ces tristes influences, combien de fois, hélas, se joignent le désordre et Tinconduite de la mère, la paresse, l'ivrognerie du père, les scènes de sauvage violence!

» Voilà pour l'enfance : suppression des sources du bien, abondance de celles du mal.

» Sorti de cette première période, le fils de l'ouvrier devient apprenti, et, sauf dans les maisons qui ont soigneusement organisé Tapprenlissage, il se trouve tout à coup en présence d'hommes laits, (|ui n'ont nul souci de sa jeunesse, et sa jeune âme est brusquement outragée par le spectacle de toutes les inlirmilés morales et physiques. Par ce funeste entourage, il est bien vite entraîné; il veut jouir aussi de la vie ; il se hàto de quitter le toit paternel; il perd sa jeunesse et sa santé dans des plaisirs hâtifs.

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^y à vingt ans, on le trouve souvent déjà pris dans l'étreinte de Tivrognerie, plongé dans quelque union irré- ^lière. Il est arrivé là tout naturellement, sous Timpulsion de Texemple, de lentraînement, des mauvais conseils, et faute d'une main paternelle vigilante. Peut-on l'accuser de ce résultat, peut-on même s'en étonner, lorsqu'on songe à la quantité de soins, do conseils, de frais d'instruction qu'il a fallu dépenser pour amener le fils*de famille aisée à éti'e, à vingt ans, un homme d'avenir?

» Plus tard cet ouvrier se marie ; où prend-il sa femme? Dans un milieu pareil au sien, dans des conditions d'éducation tout aussi déplorables ; la femme a passé aussi par le délaissement de renfance, par la contagion de l'atelier ; ^lle n'est pas la ménagère faite aux habitudes d'ordre, de propreté, d'économie; elle n'est pas non plus, dans la plupart des cas, la jeune fille à l'âme pure, au corps vierge, qui fait entrer au logis la joie, l'espérance et l'énergie. Du reste, l'atelier n'est-il pas là pour la reprendre, rendre 1q foyer désert et froid, car il faut vivre; puis les enfants viennent, augmentent la 'dépense, supprinient le travail de la femme ; les économies des premiers jours, si on a pu en faire, s'en vont; la misère arrive, aigrit les caractères ; les enfants mal soignés, mal élevés, lûalpropres, deviennent des sujets de querelles, des charges ^ supportées péniblement, des motifs de découragement. Les deux époux ' voient bien qu'ils ne peuvent plus compter sur l'avenir; jamais ils n'arriveront à mettre un sou [devant fautive; c'est la misère fatale, irrémissible, à perpétuité : à quoi bon lutter? Les camarades l'avaient bien dit, ils avaient raison quand ils riaient des efforts des premiers temps; l'ouvrier voué à la misère, c'est son lot ; qu'il lutte ou qu'il cède tout de suite, l'avenir est tout pareil ; les enfants s'envoleront dès qu'ils pourront, fuyant ce foyer où le pain manque souvent; ils ont été la charge, ils ne seront jamais le

seeôurs: la vieillesse viendra et, avec elle, TimpcMMibilîté 4e tfavailler, le manque de ressources^ la foim, la mendieitÀ, rhospice, la mort. De là, le laisser-aller, rabandon de soi* même, à la maison, à Fatelîer, le retour aux vieilles habitudes, le désordre, la paresse, le vin et la réalisation des sombres présages des camarades. »

Quand on en arrive là, quand la société est suffisamment envahie par cette ligue croissante de la misère congénitale et du vice originel, elle se sent impuissante aux réformes énergiques qui seraient nécessaires ; elle les ignore même le plus souvent, car le mal est défiguré par les politiciens de toutes les classes qui cherchent à s'en faire une arme de parti et qui formulent, sous le nom dé socialisme ou de collectivisme ou de communalisme révolutionnaire, la revendication inconsciente du paupérisme grandissant.

Qufe fait-elle alors? Elle a recours aux palliatifs, et ne pou» vaut guérir la misère, la soulage-t elle au moins? .Non, elle l'entretient. L'Angleterre, sous couleur de charité publique, édicté sa loi de 1834, poor law, qui rend les communes responsables de ses pauvres, et qui institue les toorkhousesj maisons de travail et d'asile, lieux infâmes de dégradation, d'abjection, et de perversion.

Ce fut cependant, sous l'inspiration des philanthropes anglais, une généreuse institution de bienfaisance que ces asiles où l'on devait être reçu sur l'heure, sans conditions d'4ge, de sexe, d'origine, de caractère, de conduite; où l'on peut rester trois jours, moyennant un travail quotidien machinal de quelques heures, avec faculté d'y revenir aussi souvent qu'on se retrouvera sans pain et sans abri, où l'on peut même s'établir à perpétuité, pourvu qu'on accepte d'être parqué par catégorie d'âge, de sexe et de santé, et de subir la dure séquestration et le régime disciplinaire d'une prison.

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La prison vobntaire pour échapper à la amère, voilà le dernier JCQot de la grande civilisation britannique^ poar une notable partie de la population des gi*andes villes (133,000 personnes en 1876).

Gela s€^ble atroce, mais le mot de prison est encore trop doux et c'est le bagne volontaire qu'il Tant dire. Qu'on en juge par ces détails empruntés à une relation du Pall mail Gazette : c'est le. récit d'une nuit passée dans un workkome par un rédacteur du journal déguisé en pauvre «

ce Je frappai à la porte d'une main courageuse ; on ouvrit.-^ (lue demandez- vous? — Un asile. — Votre nom? — JoshuaMasson. —Que faites- vous? — Je suis graveur — .Où avez-vous couché la nuit dernière? — Â Hammersmith. — Où irez-vous en sortant d'ici? — A Hammersmith... — C'est bien; voici votre pain»

» Ou bureau, où ce dialogue avait eu lieu, je fus conduit à travers une cour triste et froide, \ la salle des bains. On me fit ôter tous mes vêtements, avec injonction de les plier dans mon mouchoir ; on les mit sous clefs jst ils devaient mètre rendus le lendemain. J'obéis. C'était une chose afireuse à voir que le bain où il me fut ensuite prescrit de me plonger. Le liquide qu'il contenait ressemblait à l'eau dans laquelle on a fait bouillir du mouton. Je pensais aux pauvres couverts de vermine à qui cette eau avait déjà servi ; mais il n'y avait pas à reculer ; fermant les yeux, je me précipitai dans le mutton broth. L'horrible épreuve subie, on me remit un numéro; on me donna une chemise ; on me jeta sur les épaules une couverture de laine grossière et on me conduisit au dortoir des casuals. C'était un espace pavé de dalles qui disparaissaient en partie sous la fange. Des tuiles mal jointes, au travers desquelles filtrait l'humidité, formaient le toit. Des quatre côtés de l'enceinte, trois seulement étaient des murs^ le quatrième se composait de planches et d^une mauvaise toile dont les crevasses laissaient voir le ciel et laissaient entrer le vent. Là, sur des sacs étroits, qu'une poignée

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de foin élevait à peiae de six pouces au-dessUs des dalles glacées, j'aperçus une trentaine de malheureux, honnnes ou enfants. Les uns, la tête cachée dans leur couverture et immobiles, me firent TefiFet de cadavres qu'on a couverts j[>our en dérober la vue; les autres, assis sur le séant et nus jusqu'à la ceinture, m'apparurent comme les démons de la débauche et de tous lés vices. Ils chantaient des chansons effroyables, se répandaient en plaisanteries obscènes, juraient, hurlaient, racontaient des histoires à faire frémir, se vantaient de vols commis la veille, et triomphaient d'avance des vols projetés pour le lendemain.

» J'avais pris un des sacs ; au moment de m'y étendre, je remarquai une large tache de sang. Saisi d'horreur, je fus sur le point d'en prendre un autre, je n'osai pas ; je me serais trahi en me montrant dégoûté pour si peu. Tout près de moi, trois jeunes voleurs couchaient, ou plutôt fumaient et juraient ensemble. Leurs crachats m'effleuraient à chaque instant le visage, et leurs propos étaient si abominables qu'ils arrachèrent enfin à des indigents honnêtes, couchés à quelque distance, une protestation désespérée. Ce fut alors de la part des coquins auxquels la protestation s'adressait, un effroyable débordement de menaces, d'injures, de grossiers sarcasmes et de rires sataniques. La pauvreté honnête fut réduite au silence par la pauvreté criminelle.

» Sur ces entrefaites, un garçon d'une quinzaine d'années entra. Il avait une figure aimable, des cheveux qui riessembiaient à de la soie, de grand yeux bleus et une douce voix de femme. C'était un voleur de profession, très populaire parmi les habitués de l'endroit. Il alla prendre place sur le sac qui servait de lit à trois de ses compagnons. On lui demanda de raconter des histoires. Celles qu'il raconta étaient d'une nature telle^ que les indigents honnêtes, dont quelques-uns avaient avec eux leurs enfants, se levèrent furieux, menaçant d'employer la force si cela continuait.

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Mai» la force était du côté dcB abrutis. Ils chantèrent en cœur des hy runes sans nom. Puis l'enfant & la douce voix« au regard tendre, proposa de jouer à un jeu qui consistait k prononcer une demi douzaine de phrases sans laisser échapper un mot obscèqe. La peine encourue par celui qui n*y réussissait pas, était un coup: on vit les coups pleuvoir dru comme grêle.

» Vers une heure du matin, un nouvel hôte, sa couver^ ture sur les épaules, fit son entrée en dansant d'une manière grotesque et en s'accompagnant de la yo\x. Il revenait du théâtre. Il avait vu une pantomime qu'il avait trouvée à son goût. Il déclara que le paillasse était excellent; mais^ critique difficile à satisfaire, il jugeait la Colombine avec beaucoup de sévérité. Ce fashionable de mauvais lieux fut bientôt suivi de dix gueux de la pire espèce, qui; arrivant tous à la foiS; en chemise ou nus, venant trop lard pour avoir reçu à la porte du bureau leur morceau de pain et trouvant chaque lit occupé dans le hangar, s'en procurèrent un de haute lutte au milieu de transports de rage, arrachant la couverture de celui-ci, poussant du pied celui-là, s'allongéant avec un sans façon brutal à côté d'un troisième et faisant craindre à l'égal de la peste leur hideux voisinage.

» Cependant la nuit s'avançait; la fatigue et le sommeil finirent par avoir raison du désordre. Je ne dormais pas, et le sentiment qui domina en moi fut celui d'une compassion douloureuse. La nuit était froide ; le vent soufflait^ pénétrait dans l'enceinte. 11 semblait qu'une soif ardente dévorftt ces malheureux, car il ne se passait pas de minute que l'un d'eux ne se levât et n'allât boire, tout grelottant; à un seau mis à sa portée par la prévoyance de la charité légale. Le silence était d'ailleurs continuellement interrompu par tous les divers genres de toux qui annoncent la phthisie et souvent, pour ainsi dirQ, la mort ; cet antre sentait le cimetière.

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» A^ point db ymt la voiic de l'employé de s«rvic#*ctia': « ifcijoxit! » Des indigents appartenant an teorMiôuse '^rt^n-^ reiA ttàre Fappel des numéros et distribuèn^t les pttcpiiMf S ienrs difiKrents possesseurs. Quand tons fiaient hiAîRés, chacun reçut un monceau de pain. L#» honnêtes gens que Tetcks de la pauvreté avait conduits là, paraissaient souffrir cruellement; les misérables avec lesquels ils étaient coU'* fondus étaient très gais. Le bruit s'était répandu pendant la nuit qu'on aurait du gruau à déjeuner; ces derniers le réclamèrent à grands cris. Le gruau fût apporté. C'était une bouiiiîe dégoûtante; on ne la mangea pas, oh la dévora. B falhit alors commencer le travail, prix de l'hospitalité reçue. II consistait à faire aller un moulin à blé au ihoyen dé barres de fer traversant le mur, occupant la largeur du hangar. La besogne n'avait rien de bien rude. Toutefois, la surveillance n'étant ni sérieuse ni continue, tes coqnins profitèrent des intervalles où elle était absente pour vejeter sur les honnêtes gens la part de leur tâche commune. Cette tâche accomplie, les uns et les autres partirent, ne se doutant guère qu'ils avaient passé la nuit avec un confrèï^ qu'attendait, à quelques pas de là, une voiture élégante, et qui ne s'était aventuré au milieu d'eux que pour bien posséder' le secret de la charité légale en action. »

Avouez que quand un malheureux en est réduit à se conésnmer soi-même à ce bagne pour ne pas mourir de faim et de froid, il ne doit pas être très éloigné de tenter qud*» qàe mauvais coup fructueux, sans autre risque que le bague véritable, dont il a déjà l'équivalent. C'est ainsi que le tvarkhouse, le dépôt de mendicité et bien des institutions semblables, qui n'ont de l'asile que le nom, sont autant de fljyers du crime.

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