CHAPITRE XXXIÏÏ l'instruction intégrale
L'dt>ligatiOQ légale impose un minimum de savoir. -^ Le programme de la loi du 28 mars 1882 ; les cinq parties de l'instruction primaire. — L'en seignement pratique de la langue française. — Le calcul, le dessin et les notions des sciences rattachés au système des poids et mesures. — La géographie prise pour base des notions de politique, d'économie et de droit usuel. — Les exercices physiques, le chant, le travail manuel à l'école. — L'éducation sociologique : morale, histoire et pratiques sociales. *
L'obligation el la gratuité, dont nous avons reconnu l'étroite corrélation, ne sont que des moyens; le but, c'est Finstruction. Quand on est d'accord sur les moyens, l'on doit être d'accord 'sur le but. Quand on décrète l'obligation d'un certain savoir, le minimum de ce savoir doit être bien arrêté. Il subsiste néanmoins une certaine hésitation sur ce minimum, même après la loi du 28L mars 1882.
Au fond, chacun sait bien ce que Ton entend par instruction première indispensable pour tous : la lecture courante, une écriture lisible, une orthographe suffisante, l'usage des quatre règles, la connaissance des poids et mesures métriques, l'enseignement moral, la doctrine religieuse ou philosophique, suivant le culte ou l'opinion de la famille. Voilà le strict bagage qu'il faudrait pouvoir exiger de tout enfant de treize ou quatorze ans qui va devenir ouvrier. C'est le moyen pour lui d'acquérir le surplus par la lecture, par les entretiens, par la pratique de la vie.
Ce n'est pas à dire que ce minimum ne doive s'accroître
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d'année en anné^ et qu'il faille y cantonerà perpétuité tous les élèves des écoles primaires. Assurément non; mais il est prudent de définir ce qui est obligatoire et ce qui est facultatif, et il vaut mieux se montrer modéré dans les exigences présentes, que de risquer une application incomplète et arbitraire des prescriptions de la loi.
La loi nouvelle, cependant, a obéi à un autre ordre de préocupations. Elle a entendu, fixer non le minimum mais lemcucimum de l'enseignement primaire, au delà duquel l'école devra changer de régime et de législation pour rentrer dans laréglementation de renseignement secondaire. La commission parlementaire quia élaboré la loi avait bien compris cependant que son programme n'était pas immédiatement réalisable dans son entier, mais elle en laissait l'application au conseil départemental (i).
Le programme inscrit au frontispice de la loi doit néanmoins servir de règle et il nous faut le comparer au programme antérieur pour bien saisir la portée de la loi nouvelle.
Établissons donc- le parallèle des deux programmes.