IX FIRMES MOTEURS
On y effectuerait un premier triage, pour séparer les enfants encore curables, susceptibles d'être traités conformément à la loi de 189^ sur l'assistance médicale obligatoire, et les enfants véritablement incurables.
Dans ce même hospice, on déterminerait la catégorie à laquelle l'incurable doit être rattaché au point de vue de l'assistance : infirme sensoriel, psychique, moteur ou mixte.
L'hospice dépositaire servirait également à fixer le degré d'utilisation de chaque enfant infirme et la nature des occupations dont il est capable. Il aurait pour but de mesurer Y adaptabilité sociale au travail, qui peut être totale, partielle ou nulle.
En somme cet hospice serait à la fois un organisme de triage, de contrôle et de distribution dans les établissements appropriés à chaque cas particulier.
p. Etablissement spécial pour l'éducation et l'instruction des enfants infirmes de la motilité. — Cet établissement, destiné à recevoir gratuitement les enfants infirmes indigents, aurait les buts suivants :
i° Améliorer autant que possible l'état physique des enfants par des interventions chirurgicales et un traitement orthopédique approprié. La médecine et la chirurgie occuperont donc une place importante dans l'établissement, car la tâche principale sera d'obtenir, à défaut de guérison, une amélioration de l'infirmité permettant l'exercice d'un métier.
20 Donner l'instruction aux pupilles et leur enseigner un métier sur les bases que nous étudierons plus loin.
3° Procurer aux élèves que leur infirmité empêche de trouver un emploi les moyens de gagner leur vie dans un atelier spécial en utilisant leurs capacités.
En France, l'Assistance publique ne possède aucun établissement de ce genre. Elle a réuni à Paris ko fillettes infirmes incurables dans un pavillon de la Salpêtrière et 3o garçons à l'hospice d'Ivry. Ces derniers étaient, en 1908, hospitalisés dans le service de Souques pour les infirmités suivantes :
Mal de Pott 9 cas. Maladie de Little. .
Paralysie infantile. . . 8 — Ostéite tuberculeuse.
Atrophie musculaire. . 2 — Rachitisme.
Ataxie cérébelleuse. . . 1 — Coxalgie suppurée. .
Hémiplégie spasmodique. 1 — Brûlures
Athétose 1 — Hypospadias. . . . •
Paraplégie spasmodique. 1 —
Ces enfants infirmes sont simplement hébergés, mais ils ne sont. soumis à aucune éducation professionnelle.
L'Assistance privée a fondé des établissements pour les enfants infirmes ; ils reçoivent les estropiés et leur donnent une éducation appropriée à leur état.
L'asile des jeunes garçons incurables a été fondé à Paris, en 1 858, par les Frères hospitaliers de Saint-.Iean-de-Dieu. Il possède l\oo lits réservés aux enfants de .■ 5 à 12 ans de Paris et des environs. Ils sont gardés jusqu'à 20 ;m~, puis envoyés soit dans leurs familles, soit dans des asiles départementaux. Le prix de la pension était avant la guerre de i5 à 20 francs par mois ; beaucoup de placos sont gratuites. Les pensionnaires reçoivent un enseignement primaire et professionnel (ateliers de cordonnerie, de reliure). Une partie des infirmes sont envoyés au Croisic (Loire-Inférieure), à L'hôpital marin tenu par les Frères du même ordre et appartenant à l'œuvre.
L'asile Malhilde, fondé à Neuiliy en i853, reconnu d'utilité publique et dirigé par les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, dispose de 3oo places destinées aux jeunes filles pauvres de Paris infirmes de 5 à 1 2 ans qui, une fois admises, peuvent rester indéfiniment à l'asile. Le prix de la pension était avant la guerre de 3oo francs par an. Les pensionnaires reçoivent une éducation morale et religieuse, l'enseignement, primaire et professionnel, ainsi que tous les soins médicaux que nécessite leur état.
En Bavière, un établisse ment centrai pour l'éducation et l'instruction des enfants estropiés a été fondé à Munich en 1800.
Il reçoit les^enfants de 1 1 à 1 4 ans qui, ayant terminé leurs études primaires, ne peuvent entrer en apprentissage à cause de leurs infirmités. Le personnel enseignant se compose, pour 88 enfants, de 8 professeurs et de 3 maîtres d'atelier de reliure, de couture, de cordonnerie. Sur 4i heures d'études par semaine, en elt'ct, près de 28 sont consacrées à l'enseignement professionnel. L'établissement comprend un service médico-orthopédique dirigé par un chirurgien orthopédiste assisté d'un médecin et d'un dentiste.
Aux Etats-Unis, les premières mesures pour favoriser le traitement et l'instruction des enfants estropiés ont été prises en i863. Des établissements spéciaux fonctionnent à New-York, Boston, Philadelphie, Baltimore, Chicago et Saint-Paul.
En Italie, le premier établissement destiné à recueillir les enfants atteints de difformités congénitales ou acquises a été fondé à Turin en 1872. Des instituts du même genre ont élé créés ensuite à Milan, à Gènes, à Bergame, à Manloue, etc.
En Autriche, tasile pour enfants infirmes de la inutilité de Lanzendorfa. été ouvert en 1900 dans la banlieue de ^ ienne.
Il reçoit les enfants à partir de 3 ans et les garde jusqu'à \!\ ans ; il leur assure l'instruction et leur donne les soins médicaux appropriés à leur état. Cet établissement possède une installation qui permet de soumettre les infirmes à l'aérolhérapie et à l'héliothérapie. Il est eu relation directe avec le service chirurgical et orthopédique de l'hôpital général de Vienne où les enrantssont conduits lorsqu'ils ■doivent subir une intervention ; à l'asile on applique seulement les appareils plâtrés.