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II. Etablissements privés

10 Pour les garçons :

Ecole professionnelle du Luc (Gard).

Œuvre des Enfants abandonnés ou délaissés de la Gironde, à Bordeaux (Gironde).

Colonie agricole de Mettray (Indre-et-Loire).

Ecole professionnelle des forges de Bologne (Haute-Marne).

Société lyonnaise pour le sauvetage de l'enfance. Etablissement de Sacuny-Brignais (Rhône).

2° Pour les filles :

Bon-Pasteur de Moulins (Allier).

Notre-Dame-de-la-Charité du refuge de.Caen (Calvados). Bon-Pasteur d'Angoulême (Charente).

Notre-Dame-de-la-Charité du refuge de Besançon (Doubs). Refuge de Kernisy-en-Penhars (Finistère).

Asile évangélique de INunes (Gard).

Solitude de Nazareth, à Montpellier (Hérault). Refuge de Saint-Cyr, à Rennes (Ille-et-Yilaine).

Notre-Dame-de-la-Charité du refuge des Dames blanches, à Nantes Loire-Inférieure).

1. Cette liste comprend également les maisons de correction dont nous parlons plus loin.

Notre- Dame-de-la-Miséricorde, à Laval (Mayenne).

Refuge de la Solitude, à Lyon (Rhône).

Ron-Pasteur d'Ecully (Rhône).

Ron-Pastcur de Saint-Omer (Pas-de-Calais).

Ron-Pasteur du Mans (Sarthe).

Notre-Dame-de-la Charité du refuge, à Yersailles(Seine-et-Oise).

Notre-Dame-de-la- Charité du refuge, à Montauban (Tarn-et-Garonne).

Notre-Dame- de-Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne).

Ron-Pasteur de Poitiers (Vienne).

Le placement des enfanls vicieux ou coupables dans ces établissements a, comme celui des enfanls assistés, pour base le département. Mais la constitution d établissements régionaux serait plus avantageuse, car elle permettrait de pratiquer dans de meilleures conditions l'éducation spéciale, dite professionnelle, avec un personnel bien préparé, en outre elle rendrait service aux nombreux départements qui en sont totalement dépourvus.

En attendant la création d'oeuvres spéciales, les magistrats sont souvent obligés d'avoir recours à la faculté, qui leur est laissée, de placer les enfants coupables dans le service des enfants assistés ; mais cette manière de procéder offre un double inconvénient : d'une part la rééducation morale de l'enfant coupable est négligée, d'autre part, il devient trop souvent pour lesautres pupilles un ferment de révolte et d'immoralité.

L'Assistance publique s'efforce de réaliser le plus rapidement possible le placement familial de ces jeunes délinquants, en évitant les familles où d'autres enfants pourraient être contagionnés moralement. Mais, ainsi que le fait remarquer Turquan, l'enfant se rend souvent coupable de nouveaux méfaits ; il est alors rendu par ses parents nourriciers à l'inspecteur de l'Assistance publique et est replacé après un nouveau séjour à l'hospice dépositaire. On est obligé de recommencer ainsi deux, trois et parfois dix fois, jusqu'à ce qu'on obtienne l'autorisation accordée par la loi du 28 juin 1904 de remettre l'enfant à Y administration pénitentiaire. « Chaque séjour à l'hospice, dit Turquan, est accompagné d'actes d'insubordination et de désordre, de propagande d'indiscipline et d'immoralité. Aussi tous les pupilles iinissent-ils par pâlir de la déconsidération dont sont l'objet ces enfants vicieux. Les nourriciers et les patrons renoncent à accepter les pupilles même bons sujets etles placements deviennent plus difficiles. En confiant à l'Assistance publique, dans leur intérêt mal entendu d'ailleurs, des enfants ayant commis des actes coupables, on a sacrifié d'autres enfants, beaucoup plus nombreux, qui sont plus intéressants encore, car ils n'ont pas commis de fautes. »

Pour ces raisons, il serait désirable, comme le réclame Jean Monod, que le principe de la non-intervention de l'Assistance publique, envisagé par la loi de 191 2, soit nettement affirmé et que les enfants coupables ou vicieux ne puissent plus être confiés à titre définitif à la garde de cette administration. Mais alors il devient indispensable de créer des établissements de rééducation spéciaux, capables de recevoir ces enfants, fort difficiles à surveiller.

Ces établissements de rééducation doivent comprendre des quartiers séparés, où les enfants sont groupés par petits effectifs soit suivant leur âge, comme à Mettray (France), soit suivant leur degré 'le moralité, comme à Namur et à Ruysselede (Belgique), soit suivant leurs aptitudes projessionnelles, comme à Schékesféhervar (Hongrie). Ces divisions ne peuvent d'ailleurs être rigoureusement observées qu'au dortoir et à la récréation, ce qui est déjà très important ; pour l'instruction scolaire et le travail, on est obligé de mélanger les catégories différentes d'élèves.

Pour les mineurs de i3 ans, il faut des établissements permettant de donner l'instruction scolaire. Or, actuellement seules certaines écoles de l'Assistance publique possèdent une telle organisation.

L'école Théophile -Roussel ', par exemple, spéciale au département de la Seine, recueille les garçons indisciplinés, d'intelligence normale (enfants difficiles, turbulents, coléreux, paresseux, etc.), anormaux de caractère (instables, impulsifs, névropathes, etc.), ou coupables simplement pervertis, à la condition qu'ils soient susceptibles d'être entièrement amendés et rééduqués. Les uns sont admis, après enquête, sur la demande de leurs parents ; les autres sont des enfants abandonnés, qui doivent être soumis à une surveillance constante et qui lui sont confiés par l'Assistance publique ; les autres des enfants inculpés arrêtés sur le pavé de Paris qui lui sont adressés par le juge d'instruction. Les élèves, au nombre de 70, ne sont pas admis après 1 2 ans, ils peuvent rester à l'école jusqu'à l'âge de 1 G ans, puis les uns sont rendus à leurs parents, les autres à l'Assistance publique.

\J enseignement professionnel doit occuper une large place dans ces établissements de rééducation. L'école Théophile-Roussel, qui forme surtout des menuisiers, des mécaniciens et des jardiniers, possède deux ateliers et un vaste jardin qui sert d'école d'horticulture. « On recherche non pas un rendement scolaire, mais un rendement social » (Paul-Boncour).

1. J. Paul Boncoir. Vers quels établissements diriger les écoliers indisciplinés ? Un internat primaire, l'Ecole Théophile Roussel. Son but. Son fonctionnement. Les formalités d'admission. La Médecine scolaire, l\, nu 5, p. j5, if mai 1920.

DES ENFANTS VICIEUX OU COUPABLES 3i>3

Pour les jeunes filles, l'enseignement ménager est très important. En Belgique, à Reeseville, il existe un établissement destiné à l'instruction morale et ménagère des filles, qui donne de bons résultais.

Au point de vue du choix, de la profession, il faut tenir compte des instincts particuliers et variables des enfants. Signalons à ce propos qu'à Londres le Dr Bernardo a créé la compagnie des chiffonniers ambulants pour les enfants atteints de vagabondage incurable.

Les établissements de rééducation doivent être complétés par des œuvres déplacement et d'assistance. L'école Théophile Roussel a créé ainsi les Patronages des industries du bois, du fer et du jardinage. Grâce à eux, les élèves se placent facilement à leur sortie de l'école. Cette dernière a en outre créé un asile temporaire dans un pavillon disponible qui permet de recevoir les anciens élèves momentanément sans travail.

d. Maisons de correction. — Les maisons de correction, véritables colonies pénitentiaires, ont un caractère nettement répressif. conformément au système toujours en vigueur du Code pénal, complété par la loi du 5 août 1850 sur l'éducation et le patronage des jeunes détenus.

La première maison de correction a été réalisée en France, en 1889, à Mettray, par Demetz, qui a eu ensuite de nombreux imitateurs en Europe et dans le Nouveau Monde '. Mais les colonies pénitentiaires pour jeunes détenus ont diminué dans de fortes proportions, sous l'influence des tendances actuelles qui cherchent à éviter la répression, pour préserver les enfants et les mettre à l'abri de la contagion et des mauvais exemples.

Les maisons de correction n'ont été trop souvent que des « maisons de corruption » (Roubinovitch). L'enfant y entre généralement sans avoir été l'objet d'un examen médical préalable ; elles constituent un mauvais milieu d'observation qui ne permet pas de mettre en relief le caractère véritable de l'enfant. L'éducation sévère en usage dans ces établissements constitue la voie la plus sûre pour les jeter à leur sortie dans la criminalité.

Il ne faut donc admettre dans les maisons de correction que les enfants justiciables d'un véritable dressage pour être maintenus dans la bonne voie et être protégés contre les influences pernicieuses. La discipline y est évidemment très rigoureuse. Les enfants, isolés de toute influence extérieure et mis dans l'impossibilité de fuire, sont surtout occupés à des travaux industriels.

1. En France, les colonies pénitentiaires des Douaires et de S, tint-Maurice sont, comme celle de Mettray. réservées au\ mineurs de 14 a iSans.

Les diverses législations établissent une limite <I'<ï<je fixe pour la sortie des enfants de ces maisons et les y maintiennent en général jusqu'à leur majorité. En réalité, il serait plus rationnel, comme le propose Zollan Bosniak ', d'établir une limite d'âge individuelle, variable avec chaque sujet. Certains enfants, en effet, peuvent être rendus à leur famille dès l'âge de iG ans ; d'autres devront rester surveillés jusqu'à 20 et même 22 ans.

e. Placement dans les asiles. — Les enfants vicieux ou coupables, atteints de psychoses caractérisées, d'épilepsie, etc., doivent êlre admis dans des asiles spéciaux. On est obligé parfois d'agir de même à l'égard de certains sujets rebelles à toute influence et qu'il est nécessaire de soumettre, au moins provisoirement, à un isolement complet.

Quel que soit le modede placement adopté pour l'enfant vicieux ou coupable, il convient de ne pas lui donner un caractère définitif.

Suivant les résultats de l'observation et du traitement médico-pédagogiques, l'enfant doit pouvoir être facilement soumis à un régime plus ou moins sévère et pouvoir passer, suivant les circonstances, d'un établissement de rééducation dans une famille ou dans une maison de correction et inversement.

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