Cité par Szana
SOMMAIRE. — Inconvénients de la vie urbaine pour les enfants. Son remède : la vie an grand air. Mode* de réalisation.
I. Ecoles de plein air. — Ecole mrale Classe de plein air. Ecoles de plein air. Historique. Type externat et type internat. — A. Création et organisation : situation, installation (externat, internat). — B. Fonctionnement : a. classes, h. exercices physiques, e. hydrothérapie, d. siestes, e. alimentation, f. emploi du temps. — C. Durée du séjour à l'école. — D. Budget et ressources. — E. Indications. — F. Rôle du médecin. — G. Résultats: a. résultats médicaux, b. résultats pédagogiques.
II. Collèges et lycées de plein air. — Rut. — 1° Collèges libres de plein air. Vie familiale. Organisation. Enseignement. Emploi du temps. Exercices de plein air : jeux, sports, gymnastique, travaux manuels. Résultats. — iJO Etablissements de l'Etat. — 3° Collèges climatiques,
III. Colonies de vacances. Promenades et voyages scolaires. — 7° Colonies de vacances : a. historique, b. organisation et fonctionnement (placement familial et placement collectif en internat, alimentation, emploi du temps), c. choix des enfants (âge, colonies maternelles scolaires, état de santé), d. durée du séjour, e. résultats, f. dépenses. — i)0 Promenades scolaires. — 3° Voyages scolaires.
L'énorme développement des grandes cités modernes entraîne de sérieux inconvénients pour l'hygiène. Dans les agglomérations urbaines, l'encombrement, le manque d'air et de lumière, créent pour les habitants des conditions défectueuses d'existence. Celles-ci se font déjà sentir pour les enfants de la population aisée ou riche, dont un grand nombre supportent mal le séjour de la ville et la vie de lycée ; à plus forte raison, sont-elles préjudiciables aux enfants de la population ouvrière et de la population pauvre, qui demeurent dans des rues étroites, dans des logis insuffisants, et sont obligés de fréquenter des écoles surpeuplées.
Cette influence nuisible de la vie urbaine, jointe au retentissement sur les enfants de l'alcoolisme, de la syphilis, de la tuberculose,
à l'alimentation mauvaise et mal comprime, entraînent la déchéance de la race.
Les enfants sont souvent chétifs, de taille et de poids intérieurs à la moyenne ; ils sont anémiques. Ils sont des candidats tout désignés à la tuberculose : l5 °/0 des écoliers parisiens, ^l'après Grancher, sont atteints de tuberculose fermée ganglio-pulmonaire.
Le remède à ces maux divers qui menacent l'enfance consiste dans la vie au grand air. « Les villes sont le gouffre de L'espèce humaine», pouvait déjà écrire J.-J. Rousseau au xvm" siècle. « Au bout de quelques générations, les races périssent ou dégénèrent, il faut les renouveler, et c'est toujours la campagne qui fournit à ce renouvellement. Envoyez donc vos enfants se renouveler, pour ainsi dire, eux-mêmes, et reprendre au milieu des champs la vigueur qu'on perd dans l'air malsain des lieux trop peuplés. »
La vie à la campagne peut être réalisée de diverses façons : vacances à la campagne, au besoin collèges de plein air pour les enfants des familles aisées, colonies de vacances, écoles de plein air pour les moins favorisés.
Dans tous les pays, des efforts ont été tentés pour faire bénéficier les enfants du peuple de la vie au grand air. Les bons résultats obtenus jusqu'ici montrent la nécessité d'en étendre les bienfaits au plus grand nombre d'enfants possible. Il est donc utile d'en poser les principes, d'en étudier les modes d'application et les moyens de coordonner toutes les initiatives.
Les difficultés matérielles sont considérables, car nombreux sont les enfants dont il convient de s'occuper. A Paris, par exemple, on compte plus de 200.000 écoliers, parmi lesquels il en est au moins So.ooo dont la santé laisse à désirer, puisque 1 5 déjà sont des tuberculeux ganglio-pulmonaires. Si tous les enfants ont droit au grand air, ils n'en ont pas tous un égal besoin, et surtout ils n'ont pas tous besoin d'en profiter dans les mêmes conditions. C'est au médecin de faire un choix parmi les écoliers et de désigner le genre d'établissement le plus qualifié pour améliorer leur étal. Il lui faut donc connaître les institutions principales de plein air, que nous allon> maintenant passer en revue.
Les écoles de plein air ont à l'heure actuelle un grand nombre de partisans dans les milieux médicaux et pédagogiques.
L'école de plein air, dit Edouard Petit l-, « est et n'est pas l'école rurale, qui ouvre ses portes à plus de trois millions d'écolières et d'écoliers dans trente mille communes ». Sien effet lécole rurale baigne bien dans l'air et la lumière, trop souvent elle n'est pas hygiénique. « Que de fois, dans des écoles merveilleusement situées, dans un lieu salubre, dans un décor pittoresque, devant de larges horizons, j'ai reculé au seuil d'une salle de classe où trente à quarante fillettes et garçons étaient enfermés entre quatre murs, dans une atmosphère malsaine ! Le plein air enveloppe la maison co-éducatrice ; il s'arrête aux portes et fenêtres hermétiquement closes. »
Toutefois, dans ces dernières années, de notables progrès ont été réalisés ; un grand nombre d'écoles rurales de construction récente satisfont aux exigences de l'hygiène. Dans ces conditions, il est possible de faire profiter beaucoup de jeunes citadins des bienfaits d'une école villageoise saine, en les plaçant chez des paysans. C'est ainsi que procède Y Œuvre de Grancher pour la préservation familiale de Feu faut contre la tuberculose. Le système adopté pour les enfants de tuberculeux encore sains pourrait être appliqué aux enfants délicats, anémiques, etc.. et même tuberculeux ganglionnaires dans certaines conditions. Pour retirer d'un tel placement les meilleurs bénéfices, il suffirait de grouper les enfants d'une ville déterminée dans certains pays et de les y soumettre régulièrement à la surveillance médicale.
La ville de Paris place déjà 38.ooo enfants assistés dans douze départements ruraux, surtout dans le Morvan, au plus grand profit de la santé physique et morale de ses petits protégés.
La Classe de plein air n'est pas non plus l'école de plein air. Cette classe, d'après Balliet 2, fonctionne dans certaines écoles urbaines des Etats-Unis, entre autres à NeAv-\ork et à Boston ; elle est réservée aux enfants débilités et aux tuberculeux initiaux.
La salle est maintenue à une température beaucoup plus basse que la classe ordinaire (fresh air room) et la lumière solaire y pénètre abondamment. Les écoliers, vêtus chaudement, bien nourris, fournissent un travail moitié moindre que leurs camarades du même
A op
Ce système donne de très bons résultats ; les enfants gagnent rapidement en poids, en vigueur et même en capacité mentale. Mal-
i. Edouard Petit, Les écoles de plein air. L'Hygiène scolaire, avril 19 10, n° 3o,
a. Balliet, Les écoles de plein air et les écoliers qui doivent en bénéficier, Ilfc Congrès internat, d'hygiène scolaire, Paris, 1910, 1. 1, p. 1 54 .
398 LA VIE Al G RAM) AIR
heureusement la difficulté consiste à trouver un air de bonne qualité dans les villes, et d'ailleurs, les classes ordinaires, elles aussi, ne devraient-elles pas remplir les conditions de la classe de plein air ?
L'école de plein air proprement dite est née en Allemagne. En ,1902, le D1' Bêcher, créa une station de convalescence pour les enfants sortant de l'hôpital, à Pankow-Schoenhausen, près de Berlin. Les écoliers venaient y passer la journée ; ils y étudiaient pendant une heure ou deux. Plusieurs stations similaires furent créées ensuite de divers côtés.
C'est deux ans plus tard, en 190/j, que fut ouverte à Charlottenbourg, faubourg de Berlin, la première école de plein air sous le nom de Waldschule (école de foret). Les enfants s'y rendaient pour la journée ; ils y recevaient l'instruction et en même temps étaient soumis à un traitement convenable.
Des établissements du même genre ont été créés dans diverses villes d'Allemagne, à Elberfeld, Munich, Leipzig, Magdebourg. Dresde ; en Autriche, à Freiwaldau ; en Italie, à Rome ; en Suisse, à Zurich, Glarisegg et à Grunau ; en Angleterre, par le London Counly Council, à Bostall Wood, Forest Ilill, Shoohers-Hill cl Kentishtown ; aux environs de Manchester à Ivnoll-Green ; à Bradford, Halifax et Leeds ; aux Etats-Unis, à Boston, Chicago ; dans la République Argentine, etc.
En France, la création des écoles de plein air a été réclamée dès 1906 par Grancher, pour réaliser la Préservation scolaire contre la tuberculose . S'adressant aux enfants déjà tuberculeux mais non contagieux, elles ne faisaient pas double emploi avec l'œuvre de Préservation familiale, destinée aux enfants sains exposés à la contagion.
La première école française de plein air externat a été installée à Mulhouse en 1906, dans un château de la banlieue, entouré d'un magnifique parc de trois hectares et pourvu de tout le confort désirable. La première école française de plein air internat a été fondée aux environs de Lyon, au Yernay. en 1907, sur la proposition du Dr Vigne ^médecin du bureau d'hygiène, et du maire Edouard Herriot. Elle diffère des écoles allemandes par le fait qu'elle reçoit des pensionnaires.
Nîmes a son école de plein air depuis 1909. Nancy en a ouvert une récemment, Bordeaux et le Havre sont sur le point d'en créer.
1. Paul Vigne, Les écoles en plein air, in II. Legrand, Les cures d'eau, d'air et de régime chez les enfants, Paris. IQIO. — Maurice Gauthier, Les écoles de plein air, Thèse de Lyon, 191 1.
Quanta la ville de Paris, elle s'occupe activement à l'heure actuelle de la question. La caisse des écoles du XVIe arrondissement a déjà ouvert une école dé plein air au Vésinetet un internat de plein air a été établi dans l'ancien séminaire de Mortain (Manche), pour les écoliers du XXe arrondissement. La Ligue française pour l'hygiène scolaire a institué de son côté une école de plein air à Fontaine-Bouillant près de Chartres.
Les écoles de plein air fonctionnent donc suivant deux types différents :
i° Le type externat, adopté à Mulhouse et à Nancy ;
2° Le type internat, adopté au Yernay, véritable sanatorium-école.
Nous allons envisager les conditions d'établissement et de fonctionnement de ces institutions.
A. Création et organisation des écoles de plein air. — La situation de l'école de plein air doit être convenablement choisie ; elle doit être à la fois bien aérée et bien abritée contre les vents. Une situation élevée, au flanc d'une colline par exemple, remplit les conditions voulues. L'école de forêt n'est pas indispensable, mais la proximité des arbres et surtout des pins est favorable.
L'école doit être éloignée des agglomérations et des usines. S'il s'agit d'un externat, la distance de la ville ne doit pas dépasser 3 ou 4 kilomètres ; les communications doivent être assurées par un tramway ou par un chemin de fer.
h' installation de l'école de plein air peut être faite à peu de frais» Certains locaux sont indispensables.
Pour un externat, il suffit de baraquements en bois, réalisant un maximum d'aération, mais bien protégés et comprenant : i" une baraque servant de salle de classe et de réfectoire les jours de pluie ; 2° un préau couvert ou une galerie abritée pour la sieste des enfants ou leurs jeux par mauvais temps ; 3° des baraques annexes pour la cuisine, le logement du personnel, les water-closets, les lavabos et les bains-douches. Il est nécessaire de ménager une chambre d'isolement.
Pour un internat, l'installation doit être plus complète ; elle varie d'ailleurs suivant les locaux dont on dispose.
Au Vernay ', on a utilisé un grand édifice entouré de vastes jardins et de pelouses. Le bâtiment principal comprend deux étages élevés sur perron et remplissant toutes les conditions hygiéniques voulues.
i. Paul Viose. L'école municipale lyonnaise de plein air, l'Avenir médical, mars, avril et mai 1909.
LA VIE AU GRAND A Ut
\u rez-de-chaussée sont installés : la cuisine, le réfectoire, la salle de classe, la salle de récréation pour les jours de mauvais temps, la salle de visites. Au premier étage, se trouvent les dortoirs et les vestiaires, dotés d'un cubage d'air considérable et de nombreuses fenêtres (fig. 82).
En principe, de petits pavillons isolés sont préférables aux grands
L'école de plein air internat du Yernay.
bâtiments. L'un d'eux devra toujours être aménagé pour servir d infirmerie.
Quelle que soit la disposition des locaux, l'école de plein air ne doit pas grouper un trop grand nombre d'élèves. Les chiffres de 100 enfants pour un internat et de 200 pour un externat constituent un maximum.
Si ce nombre doit être dépassé, il faut que l'établissement soit composé, en quelque sorte, d'une série d'écoles juxtaposées.
B. Fonctionnement des écoles de plein air. — Dans une école de plein air le genre de vie doit être adapté à la constitution des enfants qu'on y envoie. Les indications générales en sonl les suivantes : exposition prolongée au grand air, alîmentationsubstantielle raisonnée, ce qui exclut la suralimentation, travail réduit.
Dans lés externats, les élèves arrivent en général vers Bheuresdu matin ; ils s'en vont le soir entre 18 et 20 heures '. Dans les internats, le séjour au grand air est permanent.
i.Dans certains externats de plein air, les enfants viennent le dimanche comme les autres jours.
Sauf par mauvais temps, les principaux actes de la vie journalière s'accomplissent au dehors : classes, exercices physiques, sieste et repas.
a. Les classes (fig. 83) seront courtes et en nombre suffisant pour assurer l'enseignement. Le temps consacré à l'étude ne devra pas, en général, dépasser trois heures ; on fera des pauses après chaque demi-
Fig. 83. — L'école de plein air externat de Mulhouse. La classe.
heure. L'enseignement sera surtout oral, la discipline sera douce, car les enfants ont besoin d'être ménagés.
b. Les exercices physiques occuperont une place plus importante que le travail intellectuel ; on leur réservera quatre ou cinq heures.
On alternera les exercices libres et les exercices réglés. Parmi les premiers rentrent le jardinage l et les jeux tranquilles ; on évitera les jeux violents qui exposent au refroidissement et à la fatigue. Au nombre des seconds, le premier rang doit appartenir à la gymnas-
i. L'école de plein air de Mulhouse dispose d'un jardin botanicpc et de jardinets individuels.
UÏG1L5E SOCIALE DE L FÎTAM t
LA VIE Al G HA SI) A Ut
tique suédoise, particulièrement apte à améliorer l'amplitude thoracique et la ventilation pulmonaire.
c. A la pratique des exercices physiques, on associera, avec grand avantage, l'hydrothérapie, sous forme de bains et de douches, douches en jet notamment.
d. La siestes sont indispensables. Leur nombre et leur durée va-
m. v -.wflfl W - *
&*âfc
PL >h/^' ^p^
Fig. 84. — L'école de plein air de Mulhouse. La sieste.
rient suivant les enfants. Après le repas principal de midi, une sieste d'une ou deux heures sera obligatoire pour tous.
La sieste sera pratiquée sous les galeries de cure ; les enfants, protégés par des couvertures, reposeront clans des hamacs ou sur des chaises longues (fig. S!\). Si le temps est favorable, la sieste se fera à l'air libre ; on retirera souvent un grand bénéfice de l'héliothérapie, en faisant prendre aux enfants de grands bains de solleil '.
La sieste contribue pour une bonne part à l'augmentation de poids des enfants ; mais, d'après Vigne, il ne faut pas abuser du repos ;
i. Armand Deluxe et Wapler, L'école de plein air et Técole au soleil, Paris.
en prenant de l'exercice, les élèves gagnent en activité respiratoire, ce qu'ils ne gagnent pas en poids.
e. L'alimentation varie suivant l'âge. Elle sera abondante, car le séjour en plein air augmente l'appétit et l'assimilation, mais elle ne sera point excessive. Les aliments seront variés autant qu'il est possible.
Comme modèle de régime, voici celui utilisé par Vigne à l'école municipale lyonnaise de plein air :
La ration journalière comporte approximativement, pour les enfants de 9 à i3 ans :
Pain 4oo gr. Fromage ij gr.
Viande pesée crue. i5o à 200 gr. Confiture. . . . 20 gr.
l'a tes alimentaires ou riz. 5o gr. Lait go ce.
Légumes secs. ... i!\ ce. Vin uo ce.
Légumes verts. ... 20 ce.
Les repas, au nombre de 5, comprennent en principe :
Premier repas (7 heures) ; 3oo grammes de lait ou de café au lait sucré ou de chocolat au lait. Pain à discrétion.
Deuxième repas (10 heures) : un œuf, lait et pain ou 3oo grammes de lait.
Troisième repas (midi) : viande, légume vert, fromage, dessert. 12 centilitres de vin. Le dimanche et le jeudi une sardine en supplément.
Quatrième repas (16 heures) : 3oo grammes de lait ou 100 à i5o grammes de pain avec fromage, beurre, chocolat, confitures ou fruits, ou bouillie avec 200 grammes de lait, ou cacao au lait.
Cinquième repas (ig heures) : soupe, légumes secs ou verts, œufs, fruits ou confiture ou fromage. 12 centilitres de vin.
A côté de l'alimentation commune, il convient que le médecin ait le droit de prescrire des régimes Spéciaux, appropriés à l'état de santé de certains enfants.
f. L'emploi du temps, basé sur les données précédentes, doit être lixé d'un commun accord par l'instituteur et par le médecin. Voici celui qui est adopté à l'école du Vernay :
7 heures.
Réveil.
Lavabo et waler-closet
Premier repas.
Jardinage.
Etude en plein air.
Deuxième repas.
Etude en plein air,
Récréation.
Troisième repas.
Sieste.
404 LA VIE AU GRAND Mit
Etude en plein air.
Quatrième repas. Récréation
Etude en plein air.
Jardinage.
Cinquième repas.
Dortoir.
L'emploi du temps ne saurait naturellement rire uniforme pour tous les enfants, et les facteurs individuel sentrent toujours en ligne de compte. Les détails du fonctionnement des écoles de plein air varient nécessairement, d'autre part, suivant les pays, mais les règles principales sont toujours les mômes.
C. Durée du séjour à l'école. — La durée du séjour à l'école de plein air sera plus ou moins longue suivant les enfants. Elle doit être au minimum de trois mois ; ce délai parait nécessaire pour obtenir une amélioration permanente de la santé.
A Lyon, après deux années d'expérience. Vigne déclare que, dans 5op. 100 des cas, une cure de 3 mois, et, dans 20 p. 100 des cas, deux cures, permettent un retour intégral à la santé.
Les écoles de plein air externats ne peuvent guère demeurer ouvertes que pendant la belle saison, en raison des allées et venues qu'elles impliquent. Les écoles internats, au contraire, peuvent fonctionner toute l'année.
D. Budget et ressources. — Le budget d'une école de plein air externat est évidemment moins élevé que celui d'un internat ; les frais de première installation sont plus réduits, l'entretien de chaque enfant est moins coûteux.
A Y école-externat de Charlottenbourg, le prix de revient par jour et par enfant (nourriture et transport compris) était de 1 fr. ij en 1907, d'après Lacabe-Plasteig ' ; en 1911 il était descendu à o fr. 87, d'après Méry -. A l'école-externat de Londres, ce prix est de 1 fr. 48.
A Y école-internat de Lyon, d'après Vigne, la dépense a été de 1 /4.000 francs pour 100 enfants en 1910 et, d'après Méry, le prix de revient journalier était de 1 fr. 87 avant la guerre.
Les ressources destinées à couvrir ces dépenses sont surtout four nies par les municipalités. Des subventions d'autre origine peuvent permettre ou favoriser la création et l'entretien des écoles de plein air. Certaines caisses des écoles, comme celle du W Ie arrondisse-
1 . Lacabe-Plasteig, Les écoles de plein air et les élèves qui doivent en bénéficier, ///«' Congrès International d'Hygiène scolaire, Paris, 1910, t. I, p. 293. :>.. Méry, Les écoles de plein air, Paris médical, a déc. IQII, p. 3a.
ment à Paris, certaines fondations particulières, comme le denier des écoles de Lyon, accordent chaque année des fonds à cet effet.
La mutualité peut également intervenir de la façon la plus utile et particulièrement la Mutualité scolaire, car elle a intérêt à favoriser les mesures préventives destinées à réduire le nombre de journées de maladies pour lesquelles elle verse des allocations. (Edouard Petit.)
Dans ce même ordre d'idées, il faut signaler la création à Paris, en 1910, d'une société de secours mutuels : l'Ecole en plein air. Les enfants, moyennant une cotisation mensuelle de o fr. 5o, sont inscrits comme membres participants entre 3 et i!\ ans, alors qu'ils sont valides ; ils sont soumis à un stage d'un an, puis sont admis définitivement. Lorsque leur état répond aux indications de l'école de plein air, ils ont droit d'y faire un séjour gratuit pendant 5 mois. Les frais de transport et de voyage restent seuls à la charge des familles.
Une heureuse innovation, réalisée à Dudelange. dans le grandduché de Luxembourg, est la création d'écoles de plein air par les grandes entreprises industrielles ; l'école de Dudelange, ouverte en mai iqi3, a été fondée parles Aciéries réunies de Bourbach, Esch, Dudelange l.
Malgré la diversité des sources de revenus, la réalisation des écoles de plein air comporte de grandes difficultés pratiques, en raison du nombre élevé d'enfants qu'elles sont appelées à recevoir.
En admettant, avec Grancher, que la population scolaire des villes comporte une proportion de i5 pour 100 de tuberculeux ganglio-pulmonaires, on en peut déduire avec Lacabe-Plasteig qu'il faudrait envoyer dans ces écoles :
3.ooo enfants pour une ville comme Lille. 3.8oo — — Bordeaux.
3o.ooo — — Paris.
Ainsi, en prenant pour base le prix de revient journalier de Lyon avant la guerre (1 fr. 87 par enfant), les écoles de plein air internat nécessaires à la ville de Paris coûteraient par jour une somme minima de 56. 000 francs, soit un peu plus de 2 millions par an ; or cette somme doit être actuellement doublée. Mais, atout considérer, elle n'est pas trop élevée pour une ville comme Paris, d'autant plus que la dépense serait compensée par des économies diverses. Pour le présent, le petit pensionnaire de l'école de plein air n'émargerait
1. M. G randjean, L'école de plein air de Dudelange (Luxembourg), La Médecine scolaire, 10 février 1 g î 4, p 67.
plus au budget de l'école ordinaire, de l'hôpital ou des colonies de vacances ; dans l'avenir, la ville bénéficierait d'économies dues à une diminution de la tuberculose.
E. Indications. — Les indications respectives des externats et des internats de plein air doivent être bien connues du médecin. Les premiers sont surtout des écoles préventives, les seconds des écoles curatives.
h' externat, en principe, sera réservé aux enfants débilités, chétifs, souffreteux, dont l'organisme a besoin d'un stimulant. Il présente l'inconvénient d'obliger chaque soir au retour à la ville et dans la famille, souvent mal logée. Mais il offre l'avantage de ne pas séparer l'enfant des parents et d'être moins coûteux.
L'internat, Y école-sanatorium, est indispensable pour la guérison des enfants atteints de tuberculose fermée et en particulier de tuberculose ganglio-pulmonaire. Malheureusement, le nombre d'élèves admis en pension dans cette école est forcément plus limité.
F. Rôle du médecin. — Le rôle du médecin dans l'école de plein air est encore plus important que clans l'école ordinaire. Pour faciliter sa tâche, tout enfant admis devrait présenter à l'entrée sa fiche médicale. Celle-ci sera tenue à jour, pendant le séjour à l'école de plein air.
Dans les écoles-externats, chaque matin, tout arrivant doit être l'objet d'un examen rapide de la part du médecin ou d'une infirmière compétente, pour éviter la contagion des maladies infectieuses dont les conséquences seraient d'autant plus fâcheuses qu'elles atteindraient des sujets en état de moindre résistance.
En dehors des examens d'arrivée et de départ, aussi bien dans les externats que dans les internats, les enfants doivent subir une visite médicale hebdomadaire, au cours de laquelle le médecin relèvera, en particulier, les modifications du poids et delà taille.
G. Résultats. — a. Résultats médicaux. — Les résultats médicaux fournis par les écoles de plein air montrent l'intérêt de celte institution. Après la cure, l'état général des élèves devient meilleur; le poids, la taille, l'amplitude respiratoire augmentent notablement, les signes d'anémie et de tuberculose ganglio-pulmonaire s'effacent ou s'atténuent.
L' 'augmentation de poids ne se manifeste sensiblement qu'au bout de deux ou trois semaines de séjour, mais ensuite elle progresse d'une façon très notable. A l'école du Vernay, l'augmentation moyenne du poids des enfants, après trois mois de cure, a été de 3 kgr. ioo en 1909.
Les symptômes ganglio-pulmonaires, d'autre part, subissent des