SOS
Fig. 91. — Progression du nombre de:
pupilles de la section parisienne d< l'Œuvre Grancher, de 190 \ à 191 3.
Les résultais obtenus par l'Œuvre Grancher sont remarquables. En 1912, après neuf ans d'exercice, sur plus d,e s,i 1 enfants placés à la campagne, il n'y a eu que \ cas de tuberculose (1 méningite, 1 adénite, 1 tuberculose intestinale, 1 lupus), soit une proportion inférieure à 1/2 pour 100. Ces !\ cas se seraient d'ailleurs déclarés dans les mois qui suivirent le placement.
En transplantant les enfants à la campagne, L'Œuvre Grancher non seulement les préserve de la tuberculose, mais encore provoque leur retour à la terre et contribue ainsi à la régénération de la race. Les anciens pupilles de l'Œuvre ont, en effet, embrassé des professions agricoles dans une proportion de plus de 60 pour 100. Pour obtenir ce résultat, l'Œuvre Grancher, après avoir gardé reniant jusqu'à i3 ans dans ses foyers de plein air, le place en apprentissage dans une ferme ou dans un atelier de village.
Pour les enfants à (j es de moins de ô' ans, pour les nourrissons, il n'existe, à l'heure actuelle, aucune œuvre de préservation analogue. Il y a là une lacune regrettable qui doit être comblée *.
L'Œuvre Grancher n'envoie dans ses foyers de campagne que des enfants sains, c'est-à-dire ne présentant aucun symptôme net de tuberculose, mais la plupart d'entre eux ont déjà été touchés par le bacille de Koch et abritent ce germe dans leur organisme.
A l'âge de 3 ans, en effet, âge minimum d'admission fixé par l'Œuvre Grancher, un tiers des enfants tics villes présente déjà une réaction positive à la tuberculine.
Pour que l'enfant soit sûrement indemne, il faut le transplanter dès la naissance et il est en tout cas indiqué de le soustraire le plus tôt possible à la contagion tuberculeuse familiale, pour le placer à la campagne dans des conditions hygiéniques appropriées à son jeune âge.
Certaines constatations montrent que les résultats de cette sépara tion précoce sont très favorables. Hutinel a remarqué que les enfants assistés, dont un grand nombre sont lilsde tuberculeux, restent généralement indemnes de tuberculose, parce qu'ils ont été immédiatement écartés du foyer de contamination et élevés au grand air, loin des villes.
Planchu et Gardère "-'. Vittoz ;!. onl égalemenl constate', à Lyon, que les enfants de phtisiques se développaient aussi bien que les
1. P. NoBÉcounT et G. Schheiber, doc, cit. — Georges IIvm rcoEOR,De la tuberculose de l'enfant du premier âge cl de sa prophylaxie, Thèse, Paris, lQi3.