NI 2 3 <. 5 G
Fig. i5. — Courbes schématiques tle la taille et du poids de la naissance à 2 ans.
sentent d'ailleurs des variations individuelles dont il faut tenir compte. 20 Examen des nourrissons- — - La mensuration du poids el
de la taille ne constitue qu'un des éléments d'appréciation de la santé d'un nourrisson. Un examen "complet doit porter sur: \) l'aspect générai B) la dentition. G) l'ossification du crâne, D) le fonctionnement du tube digestif, E) la marche. F) laparole.
A) Aspect général de l'enfant. — 11 n'est pas besoin de rappe-
t'ig. itj. — Nourrisson hérédo-syphilitique.
(il
1er l'aspect du nourrisson bien portant. Les modifications que présente cet aspect fournissent des données utiles sur un état de santé défectueux ; elles décèlent souvent un retard du développement physique ou intellectuel qui nécessite un examen médical approfondi.
La couleur de la peau, son plus ou moins d'élasticité, les plis qu'elle forme, la fermeté ou la mollesse des chairs, la fonte du tissu cellulo-graisseux sous-cutané ou sa surcharge attirent l'attention sur des troubles de la digestion et de la nutrition ou sur diverses maladies. Des éruptions variées, des idcérations. des fissures de la région ano-fessière etdes lèvres, un coryza purulent peuventfaire porter le diagnostic à'hérédo-syphilis (fig.16). Les déformations du squelette des membres et du crâne constituent des signes manifestes de rachi-
Fig. 1-. — Enfant rachitiquc de deux ans et demi.
tisme (fig. 17). Une bouche entr'ouverte, une respiration nasale bruyante, la difficulté de téter font penser à un vice de conformation des
fusses nasales ou à des végétations adénoïdes. Parfoisl'aspecl estcarac-
Fiff. 18. — Nourrisson mvxœdcmateux.
t('i istique : tel celui du myxœdémateux congénital (fig. 18) ou de Yathrepsique (fig. 19) .
B) Dentition. — h'évolulion de la dentition et les anomalies dentaires fournissent des renseignements très utiles sur le développement et l'état de santé du nourrisson.
a) Evolution de la nr.Mirio\. — ha première dentition ou dentition de lait comporte 20 dents, qui apparaissent entre 6 et 3o mois dans l'ordre suivant (fig. 20 :
De G à 1 2 mois
De 12 à iS mois De 18 à :i!\ mois
2 incisives médianes inférieures
2 — — supérieures.
2 — latérales supérieures
2 — — inférieures.
j u premières petites molaires supérieures. '2 — — inférieures.
\ 2 canines supérieures ou œillères
1 2 canines inférieures, De n'u à 3o mois. '4 deuxièmes petites molaires.
L'éruption dentaire peut être précoce et débuter dès le troisième ou
CROISSANCE DES NOUIUUSSOXS
Fig. ig. — Nourrisson athrepsique de 3 mois.
Petites molaires Canines Incisives
ïil'N
Fie. 20. - Ordre d'éruption des dents de lajpremière dentition.
le quatrième mois. D'autre fois elle est tardive et dans ce cas elle esl l'indice d'un état pathologique héréditaire ou acquit
* b) Anomalies dentaires. — Certaines dents peuvent faire défaut ou présenter des anomalies de volume, déforme, de colora lion. Assez souvent elles présentent des atrophies ou des érosions. Elles peuvent être cariées ou disparaître de bonne heure. Ces diverses lésions reflètent un mauvais état général et sont souvent l'indice d'une maladie caractérisée.
C) Ossification du crâne- — A la naissance, les os de la voûte crânienne laissent entre eux des intervalles linéaires membraneux ou sut ares. La suture médiane s'élargit en deux points, qui sont la petite fontanelle ou fontanelle postérieure et la grande fontanelle ou fontanelle antérieure (fig. 21).
ha fontanelle antérieure a la forme d'un losange de 2 cm. 5 à
Fig. 21. — Crànc de îoelus à terme. Sulur< - el fontanelles. (L. Farabeuf et II. Varnier.
3 centimètres de diamètre. Chez les nourrissons normaux, elle est modérément tendue et animée de faibles battements. Chez les nourrissons athrepsiques ou atteints de troubles gastro intestinaux sévères, elle est déprimée e\ peut même être effacée, du fait de la déshydratation; parfois les os du crâne chevauchent. Chez les nourrissons atteints de méningite ou d'hydrocéphalie, la fontanelle bombe el s'agrandît par suite de l'hypertension du liquide céphalo-rachidien sécrété en ex< s
Normalement la fontanelle antérieure e>l très réduite à partir de 5 ou 6 mois et soudée à partir de i'i ou iô mois. La soudure
précoce, qu'il ne faut pas confondre avec une ossification précoce de la membrane, s'observe parfois, notamment chez les microcéphales. La soudure tardive est plus fréquente ; elle peut ne se faire qu'à 2 ou 3 ans, chez les rachi tiques, les hydrocéphales, les myxœdémateux.
L'examen des os du crâne peut encore déceler du cranio-tabes ou cranio- malade. Il était considéré par Parrot comme dû à fhérédosyphilis. Pour Marfan, il relève du rachitisme, lequel peut d'ailleurs être lui-même de nature syphilitique ; pour Comby, pour Hutinel et Tixier, il peut se rencontrer chez des enfants sains, dont le développement est retardé.
D) Fonctionnement du tube digestif, a) Fèces. — Les selles des nourrissons seront examinées chaque jour.
Les selles du nourrisson au sein, au nombre de une à trois par jour, présentent l'aspect « d'œufs brouillés ». Elles sont homogènes ; leur consistance est demi-molle, leur coloration jaune d'or ; celle-ci est due à la bilirubine, qui, parfois au contact de l'air se transforme par oxydation en biliverdine; la teinte verte qui en résulte n'a pas de signification pathologique. Leur odeur est aigrelette, nullement fécaloïde ; leur réaction acide. Leur quantité augmente de io grammes de selles humides pendant le premier mois jusqu'à 80 grammes environ.
Les selles du nourrisson au biberon sont plus rares. Leur couleur est jaune pâle, souvent grisâtre. Leur consistance est celle d'une pâte molle, tantôt bien liée, tantôt parsemée de petits grumeaux de caséine. Leur odeur, peu fétide en général, devient parfois ammoniacale ; leur réaction est alcaline. Elles sont plus abondantes que les selles des enfants au sein, car l'utilisation du lait de vache est moindre que celle du lait de femme (93 au lieu de 96 pour 100).
Les troubles digestifs du nourrisson se manifestent, suivant les cas, par de la constipation ou de la diarrhée.
Il importe de montrer les selles au médecin. Leur couleur, leur consistance, leur odeur, au besoin^ leur examen microscopique et leur analyse chimique lui fournissent des renseignements utiles pour remonter aux causes si variées des affections gastro-intestinales.
Les causes sont de deux ordres : les unes intrinsèques tiennent à l'enfant qui .présente une intolérance à l'égard du lait ou bien une insuffisance plus ou moins accentuée de ses glandes digestives ; les autres extrinsèques tiennent à l'alimentation qui est de mauvaise qualité ou mal réglementée.
b) Vomissement:?. — Souvent les nourrissons ont des régurgitations qui sont dues à une tétée trop rapide ou trop copieuse, au balancement pendant la digestion, etc. Elles ont peu d'importance
HTGIÈNE SOCIALE DE l'eHFARCI 5
66 HYGIÈNE INDIVIDUELLE DES NOlItMSSOXS
Les vomissements véritables indiquent un état pathologique. Ils surviennent plus ou moins tardivement après le repas ; le lait, eu partie digéré par le suc gastrique, est en général caillé.
Leurs causes sont nombreuses et parfois elles échappent à l'examen médical le mieux dirigé. Ils peuvent être occasionnels ou habituels et persistants.
E) Mouvements. Marche. — Vers le troisième mois, le bébé tend les mains dans la direction d'une personne ou d'un objet déterminé : vers le sixième mois, il commence à s'asseoir ; vers la fin de la première année, il se tient debout. Entre 12 et 1 5 mois, il exécute les premiers pas. Au début il se tient aux meubles ; puis il avance sans appui, il prend peu à peu de l'assurance et ses pas deviennent de plus en plus réguliers.
Les nourrissons élevés au sein marchent plus tôt que ceux élevés au biberon ; les filles plus tôt que les garçons. Les jumeaux marchent habituellement plus tardivement que les autres bébés.
Le retard de la marche indique un état pathologique, lorsque l'enfant n'a pas encore exécuté les premiers pas à dix-huit mois.
Suivant les cas, l'examen décèle desmalformations locales (pied bot, luxation congénitale de la hanche, etc.), du rachitisme, des syndromes liés à des altérations congénitales ou acquises du système nerveux, une paralysie infantile, etc.
F) Parole. — A partir du troisième mois, l'intelligence du bébé s'éveille. Elle ne se manifeste d'abord que par son regard, ses mouvements, ses cris, son sourire ou ses larmes. Vers le huitième mois l'enfant cherche à émettre des sons auxquels il attribue un sens parti culier, vers un an il articule les premiers mots : marna, papa. ^ ers deux ans il commence à construire des phrases. Les petites filles parlent en général plus tôt que les garçons.
Lorsque l'enfant atteint un an et demi ou deux ans sans prononcer un mot, on doit craindre un retard du développement intellectuel et même l'idiotie ou un trouble de l'audition (surdi-mutité). Exceptionnellement il s'agit d'une malformation de la langue ou du voile du palais.
Elle comprend :
i° L'alimentation', 20 1 'habillement et le couchage ; 3° les soins de propreté ; [\° les sorties et [exercice.
1. P. Nobécourt, Conseils pratiques d'hygiène infantile (en collaboration avec
1°) Alimentation des nourrissons.
L'alimentation du nourrisson varie suivant son âge et l'état de son développement. On distingue deux périodes :
À) la période d'allaitement, durant laquelle le lait est l'aliment exclusif ; B) la période d'ablactation ou de sevrage, durant laquelle on substitue progressivement au lait d'autres aliments.
A) Allaitement.
Le lait est l'aliment du bébé normal depuis la naissance jusque vers huit mois. On distingue trois sortes d'allaitement : § a] L'allaitement naturel, au sein ; § b) L'allaitement artificiel avec un lait animal ; § c) L'allaitement mixte, association desdeux précédents.
§ a) Allaitement naturel.
Lait de femme. — La composition moyenne du lait de femme, âgé de moins d'un an, est la suivante :
Densité i.od2
Extrait sec ia3 gr. 5o
Beurre 35 gr.
Lactose anhydre 7° gr-
Caséine et albumine 12 à i4 gr.
Sels minéraux 2 gr.
En pratique, il suffit de retenir que le lait de femme renferme approximativement 70 gr. de lactose, moitié moins de beurre (35 gr.), cinq fois moins de caséine et d'albumine (i4 gr.).
Tous les laits ne comportent pas cette composition chimique moyenne ; il en est de très bons dont la composition est sensiblement différente. Une série de facteurs influent sur la composition du lait : l'âge du lait, le moment de la tétée, le moment de la journée, le volume des seins, la fréquence des tétées, etc.
Aussi, pour pratiquer l'analyse du lait, faut-il prélever un échantillon moyen. On recueille, dans les 24 heures, environ 60 centimètres cubes de lait, en trayant le lait des deux seins à trois tétées diffé-
Babonneix, Prosper Merklen, Darré, Roger Voisin, Paisseau, Tixier), Paris, 191 i, J. B. Baillière et fils, éditeur.
P. Nobécourt, Conférences pratiques sur l'alimentation des nourrissons, 2e édition. Paris, 191 4. Masson et C'e, éditeurs.
rentes, le matin, au milieu de la journée et le soir, et, chaque fois, jflu commencement, au milieu et à la fin de la tétée.
La quantité de lait sécrétée par une bonne nourrice atteint facilement un litre par jour et davantage. Certaines femmes donnant le sein à plusieurs enfants peuvent quotidiennement fournir jusqu'à 3 litres ; d'autres au contraire ne donnent pas la ration nécessaire à un enfant.
Allaitement maternel. — La mère a le devoir d'allaiter son en faut, mais l'allaitement maternel peut rencontrer des obstacles d'ordre physiologique, pathologique ou social.
Les obstacles physiologiques peuvent être locaux ou généraux.
Parmi les obstacles locaux, l'absence de mamelles et les anomalies des mamelons sont exceptionnelles. Par contre Cinsuffisance de la sécrétion lactée est assez commune.
Les obstacles d'ordre général agissent par leur action sur la sécrétion lactée.
L'âge de la mère intervient peu. Des femmes très jeunes, de i 'i ou 10 ans, des femmes ayant dépassé la quarantaine peuvent être de bonnes nourrices.
La menstruation, qui réapparaît à une époque variable et souvent au cours du premier ou du deuxième mois, n'empêche pas une mère d'allaiter. Si le nourrisson présente à chaque période quelques troubles passagers (vomissements, diarrhée, baisse de poids), on se contente de supprimer le sein pendant quelques jours ou de prescrire passagèrement l'allaitement mixte.
La grossesse, surtout pendant les premiers mois, n'est pas toujours une contre-indication à la poursuite de l'allaitement. Mais à un moment donné, on peut être amené, dans L'intérêt de la mère ou de l'enfant, à le suspendre.
Les obstacles pathologiques sont également locaux ou généraux.
Lesaffections mammaires (fissures, crevasses, lymphangites, galaclophorites, abcès), peuvent entraîner la suppression momentanée ou définitive du sein.
Les maladies organiques du cœur, des reins, du foie, etc. : les infections aiguës, la tuberculose, la syphilis, les intoxications (plomb, alcool), etc., peuvent nécessiter la suppression de l'allaitement maternel. Chaque cas particulier comporte une solution propre.
Les obstacles sociaux empêchent certaines femmes d'allaiter : employées, ouvrières, domestiques, etc. que leur travail relient éloignées de leur enfant. Ils ne devraient pas exister. Les pouvoirs publics loi Paul Strauss, loi sur l'allaitement dans les usines), les administrations (congrès de maternité, secours d'allaitement), les œuvres di-
verses (mutualités maternelles, cantines maternelles, crèches, etc.) s'eflbrcent d'ailleurs de faciliter l'allaitement des travailleuses.
Quant aux femmes des familles aisées ou riches qui se refusent à donner le sein par convenances personnelles, elles sont sans excuse. Leur nombre d'ailleurs diminue à la suite des campagnes menées dans ces dernières années en faveur de l'allaitement maternel.
Allaitement mercenaire. — L'allaitement par une nourrice mercenaire comporte divers inconvénients. La nourrice sur lien, qui abandonne son bébé pour se placer dans une famille, met ses jours en danger; en quittant son mari et ses autres enfants elle désorganise la famille. La nourrice à distance, qui emporte l'enfant chez elle, l'élève rarement au sein et, trop souvent, ne lui donne qu'un lait de vache suspect ou une alimentation défectueuse soupes, panades, etc.) ; aussi la mortalité des enfants du premier âge placés en nourrice est élevée (p. 29).
La loi Théophile lïoussel, promulguée en 1874, a pour but d'obvier à ces inconvénients. Malheureusement elle n'est pas toujours appliquée et ses résultats ne sont pas aussi satisfaisants qu'on serait en droit de l'espérer. Le mieux est de n'avoir recours aux nourrices que lorsqu'on y est absolument obligé. On peut placer les bébés, que leurs mères ne peuvent garder avec elles, dans une pouponnière ou dans un centre d'élevage placés sous la direction et la surveillance constante d'un médecin compétent.
La syphilis constitue une contre-indication formelle à l'allaitement mercenaire. Même si le bébé parait indemne, le devoir du père est d'avertir le médecin. Tous deux sont d'ailleurs passibles de sanctions judiciaires, si l'enfant contamine la nourrice. C'est seulement dans certains cas particuliers que le médecin peutautoriser, en connaissance de cause, l'allaitement mercenaire.
Choix d'une nourrice. — Il est très difficile de trouver une nourrice dont le lait soit du même âge que l'enfant qu'on désire lui confier. Il suffit d'ailleurs que le lait ne soit pas trop vieux. Par contre, une bonne nourrice devra remplir certaines conditions.
Elle sera Agée de vingt à trente ans et sera accouchée depuis deux ou trois mois afin de n'être pas incommodée par les suites de couches. Elle aura déjàfait d'autres nourritures, car dans ce cas la sécrétion lac'.ée est habituellement plus durable et plus abondante.
Elle devra être soumise à l'examen du médecin. Ce dernier vérifiera l'état des seins, la conformation des mamelons, se rendra compte de l'état général, passera en revue les différents appareils et organes ; il cherchera, en particulier, à dépister la tuberculose et la syphilis.
Le médecin aura soin d'examiner l'enfant de la nourrice pour juger son état de santé et éviter toute supercherie ; il exigera le livret sur lequel est porté l'âge de l'enfant.
Souvent il sera prudent de réclamer un certificat récent de moralité.
Technique de l'allaitement naturel. — Sauf dans des cas particuliers, la répartition des tétées est la suivante :
Ao-e. Nombre de tétées. Intervalle des tétées. Repos de la nuit.
De o à°3 mois. .8 2 h. 3o 6 h.
De 3 à 6 — . . 7 ;! h- l h-
De 6 à 9 — . . 6 3 h. 9 h.
La régularité des tétées est très importante ; dès la naissance l'enfant doit être habitué à prendre ses repas à heures fixes ; s'il dort au moment \roulu, il faut le réveiller. Il faut obtenir que la nuit il repose sans interruption entre la dernière tétée du soir et la première du lendemain. La mère qui nourrit, le père qui travaille, ont tous deux besoin d'un sommeil réparateur.
La quantité de lait prise à chaque tétée diffère suivant l'âge et le poids de l'enfant ; elle dépend en outre d'autres facteurs qui varient pour chaque cas particulier.
La durée de la tétée est en moyenne de dix à quinze minutes ; elle ne permet pas de déterminer la quantité de lait ingéré. Celle-ci varie suivant l'activité de la glande mammaire et l'énergie de la succion de l'enfant.
La pesée de la tétée seule fournit des indications exactes. Avant la tétée, l'enfant est placé tout habillé sur le pèse-bébé, on fait la lare. On donne le sein, puis au bout de quelque temps on pose de nouveau l'enfant sur la balance. Lss poids qu'il faut ajoutera la lare indiquent la quantité de lait ingérée.
Chez le nouveau- ne, on administre des quantités de lait progressivement croissantes en se conformant à la règle suivante : à partir du deuxième jour, on donne autant de fois 80 grammes de lait que l'enfant a de jours ; les rations sont réparties en huit tétées.
Par 3/1 heures.
1er jour Mien ou presque rien.
2e — 8» X 2 = 160 gr.
3e — 80 X 3 = 240 gr.
4e — . . 80 X -'t = 3ao gr.
5e — 80 X 5 = 4oo gr.
Ce — 80 X fi =: 480 gr.
7= — . 80 X ;- 5Go gr.
Par t
.'■té.'.
gr.
gr-
tto
Go
grgrgr-
gr-
ALIMESTATIOS
Chez le nourrisson, on peut fixer la ralion d'après l'âge, d'après le poids, d'après la taille. Le tableau suivant nous sert habituellement de base :
Pour ioo gr.
\jids
u poids
ombres
Quantités de lait
du
corps.
Age.
du corps.
Par 2 i\ h.
de
tétées.
par tétée.
kilogr.
grammes
54o gr.
65 à 70 gr.
iG
IOD à 110 —
mois
gr. 5
gr-
Ces quantités sont, bien entendu, théoriques. Elles servent uniquement à fixer les idées. Pour chaque nourrisson, la ration optima est variable ; elle doit être fixée, non seulement d'après le poids et la taille, mais encore par l'examen général de l'enfant tel que nous l'avons décrit précédemment.
Hygiène des nourrices. — La nourrice, pour avoir un bon lait, doit observer certaines règles d'hygiène locale et générale.
i") Hygiène locale. — Les mamelons seront lavés avant et après chaque tétée avec de l'eau bouillie pure ou additionnée d'un quart d'eau oxygénée. On évite souvent ainsi les gerçures et les crevasses.
Les bouts de sein seront utilisés lorsqu'on voudra protéger les mamelons contre le contact direct des lèvres de l'enfant ; les téterelles ou tire-lait, si le nourrisson n'a pas la force de téter seul. Ces instruments seront chaque fois nettoyés et bouillis.
Si la sécrétion du lait est trop abondante ou si l'allaitement naturel doit être suspendu momentanément pour une raison ou une autre, on a soin de vider le sein à l'aide d'un succion lacto-pompe.
20) Hygiène générale . — L'alimentation de la nourrice sera abondante ; sa ration sera environ d'un tiers plus forte que celle des autres femmes, car il faut tenir compte des pertes liées à la sécrétion mammaire ; mais la suralimentation est nuisible à la santé et à la qualité du lait.
La plupart des aliments habituels sont autorisés. On interdit ceux qui donnent une mauvaise odeur au lait et peuvent provoquer des troubles digestifs chez l'enfant : les choux, les asperges, les oignons, l'ail, etc.
On défend les liqueurs et les alcools qui passent dans le lait et peuvent déterminer de l'insomnie ou des convulsions chez le nourrisson. Comme boisson habituelle, on permet, en quantités limitées, la bière faiblement alcoolisée, le cidre où le vin (un demi-litre). On
recommande les infusions (tilleul, camomille, feuilles d'oranger) et les décoctions (orge diastasé, avoine torréfiée). On autorise une tasse de café ou de thé après le déjeuner. Au total, la quantité de liquides absorbée en ik heures ne doit pas dépasser deux litres à deux litres et demi.
La nourrice mènera une existence régulière et évitera le surmenage. Si elle est obligée de travailler pour gagner sa vie, ses heuresde travail doivent être réduites.
Elle doit prendre des bains fréquents et effectuer des sorties quotidiennes.
Elle doit éviter la constipation et la combattre le cas échéant par un régime rafraîchissant (légumes verts, compotes) et par des suppositoires ou des lavements. Les purgatifs peuvent diminuer la sécrétion lactée.
§ b) Allaitement artificiel.
L'allaitement artificiel peut être réalisé avec le lait de chèvre, le lait (lûnesse et même, dans certains pays, avec le lait de jument, de chamelle, etc. En France, le lait de vache est utilisé le plus couramment; c'est le seul dont nous nous occuperons.
Lait de vache. — Sa composition chimique est en moyenne la suivante, par litre :
Densité i.o3i
Extrait sec à ioo° i3o gr.
Beurre. 'i" gr.
Lactose 5o gr.
Caséine et albumine 35 gr.
Sels . 7 gr.
Le lait doit être l'objet d'une surveillance attentive depuis l'instant où il sort du pis de la vache jusqu'au moment où il e>t administré à l'enfant. 11 doit provenir d'établissements où les bêtes sont soigneusement examinées, soumises à une alimentation saine et bien réglée, ainsi qu'aune propreté minutieuse (p. 32).
La composition du lait varie suivant les pays et suivant les i laitières constituant le troupeau. En pratique on se base surtout sur la teneur en beurre pour apprécier la valeur du lait. A ce point de vue, on distingue :
Les laits très bons contenant plus de .'|0 gr. de Leurre par litre.
Les laits bons — — 35 à !\o gr. —
Les laits médiocres — — 3o à 35 gr. —
Les laits mauvais — moins de 3o gr —
Toutefois certains laits, faibles en beurre, sont bien supportés par le nourrisson. Lorsque le développement de ce dernier et son étal digestif sont satisfaisants, l'usage d'un tel lait peut être continué.
La composition du lait est 1res souvent faussée parles sophistications dont il est l'objet. Les plus communes sont l'écrémage et le mouillage qui en diminuent la valeur alimentaire et le contaminent par adjonction d'eau souillée. D'autre partie lait est souvent additionné de substances chimiques destinées aie conserver, mais qui sont nuisibles au nourrisson. On devra toujours prendre les précautions nécessaires pour éviter ces fraudes.
Procédés' de conservation et de stérilisation du lut. — Non seulement le lait doit avoir une composition chimique normale et ne pas contenir de substances nuisibles éliminées par les mamelles ou ajoutées ultérieurement ; mais encore il doit être bactériologiquement pur.
On peut se procurer du lailcru aseptique (p. 33) ; mais ce lait est coûteux, et, même s'il offre les garanties suffisantes, il ne présente pas d'avantages manifestes. Aussi a-ton recours habituellement au lait stérilisé. Le chauffage à des températures convenables constitue le seul moyen pratique et efficace de conservation du lait.
La pasteurisation consiste dans le chauffage pendant vingt minutes à 76-80°. Elle détruit les ferments lactiques et permet la conservation du lait durant -i!\ heures. C'est un procédé industriel qui facilite son transport à longue distance.
La stérilisation relative suffit en pratique, lorsque le lait est transporté avec les précautions nécessaires. Elle est réalisée à domicile par Fébullition, qui doit être maintenue cinq ou six. minutes, et par le chauffage au bain-marie à 100" dans un appareil du type Soxhlet-Budin.
La stérilisation absolue, obtenue par le surchauffage, détruit tous les germes ; elle est du domaine de l'industrie. Les laits stérilisés industriellement subissent des températures de 108 à no'1 pendant ■quarante-cinq minutes dans des étuves à vapeur sous pression. Ils sont livrés en bouteilles de dimensions variables. Ils se conservent très longtemps, mais à la longue ils subissent dans leur composition des modifications nuisibles au nourrisson.
Dans les laits fixés et homogénéisés avant le surchauffa'gè, les globules graisseux sont brisés par un procédé mécanique ; l'émulsion demeure parfaite et la crème ne vient pas, à la longue, former à la surface une couche difficile à désagréger. Leur usage prolongé peut engendrer le scorbut infantile ou maladie de Barlow. On les réservera aux enfants intolérants pour les laits ordinaires ou atteints de
74 HYGIÈNE INDIVIDUELLE DES XOlïiRISSOyS
troubles digestifs. En outre il sera bon de donner à l'enfant un peu de jus de fruits frais (citron, orange, raisin).
Les lails condensés et les laits desséches sont vendus en boîtes de fer-blanc soudées.
Le /a/7 condensé ou concentré se présente sous l'aspect d'un sirop épais. C'est un lait privé d'une partie de son eau par ébullition dans le vide.
Il peut être entier ou écrémé : généralement il est additionné de 12 p. ioo de sucre qui assure sa conservation et augmente sa valeur a li bile. 11 se conserve bien, est d'un maniement aisé et est en général très bien accepté par les nourrissons. Il suffit au moment de l'emploi de l'étendre de la quantité voulue d'eau bouillie.
Le lait desséché est une poudre constituée par le résidu sec du lait privé en totalité de son eau au moyen de procédés divers (Bévenot de Neveu, Just-Hatmaker, Mignot-Plumey, etc.). On trouve dans le commerce des lails secs entiers ou laits gras, des laits secs demiécrémés ou demi-gras qui renferment 12 à i5 p. ioo de graisses, des laits secs totalement écrémés ou maigres qui contiennent moins de
1 p. 100 de graisse.
Le lait desséché ne se conserve bien que s'il est partiellement écrémé ; les laits gras rancissent facilement. Pour la préparation des biberons, il suffit de délayer la quantité voulue de poudre dans de l'eau bouillie et de sucrer.
Ces divers laits ont leur utilité dans des circonstances particulières que nous envisagerons dans les chapitres suivants.
Procédés de correction. — Le laitde vache pur est mal supporté parles jeunes nourrissons (p. 02). Une des raisons se trouve dans les différences de composition chimique qu'il présente avec le lait de femme. Il est en effet plus riche en beurre, contient deux fois plus de matières albuminoïdes et un tiers en moins de lactose.
Les procédés de correction ont pour but d'atténuer ces différences. Ils sont nombreux.
Le coupage à l'eau sucrée est le plus simple. Il a pour but de diminuer les matières albuminoïdes par l'addition d'eau, de suppléer par l'addition de sucre à la faible teneur en lactose et à la diminution du beurre résultant du coupage.
Pour le nouveau-né, on emploie du lait coupé d'eau par
moitié ; pour le nourrisson, du lait coupé au tiers ou au quart
Marfan, Variot). Après î\ mois, on donne du lait pur sucré à
Le sucre est ajouté soit à l'eau dans la proportion de 10 grammes pour 100, soit au mélange lait et eau. Dans ce dernier cas, on met
ALIMEXTATIOX 75
une cuiller à café de sucre en poudre, soit 3 grammes environ, dans ioo grammes du mélange.
Le choix du sucre a été très discuté. Ou utilise communément du sucre ordinaire ou saccharose et on réserve aux enfants constipés le sucre de lait ou lactose qui est légèrement laxatif1. Souvent il est utile de porter la ration de sucre à io ou i5 p. ioo.
Lorsqu'on stérilise le lait à domicile, les biberons sont remplis de lait coupé et sucré avant d'être placés au bain-marie. Lorsqu'on se sert de lait stérilisé industriellement, on a soin de n'ajouter que de l'eau bouillie.
Biberons. — Le biberon le meilleur est un flacon en verre gradué d'une capacité de ioo à 200 centimètres cubes, facile ànettoyer. Les biberons à tube, interdits par la loi depuis 1910, sont dangereux.
Les tétines de caoutchouc, en doigt de gant, percées à leur extrémité d'un ou deux orifices en piqûre d'épingles sont les plus commodes. Seules les tétines en feuille anglaise pure, vulcanisées au bain de soufre à chaud, présentent les qualités requises par l'hygiène.
Le biberon et la tétine seront soigneusement nettoyés. Le biberon est soumis à l'ébullition si le verre est solide; sinon, lavé à l'eau chaude additionnée de carbonate de soude, puis écouvilloné et rincé à l'eau bouillante. La tétine sera brossée extérieurement et intérieurement, puis conservée dans de l'eau bouillie.
Au moment de la tétée, le biberon rempli est tiédi au bain-marie à 5o°.
Rations de l'enfant au biberon. — ha répartition des tétées sera la même que pour l'enfant au sein ; la régularité des repas devra être rigoureusement observée. La tétée au biberon durera dix minutes en moyenne ; on veillera à ce que le lait affleure toujours le col du flacon pour éviter que l'enfant ne tette à vide et ne déglutisse de l'air.
Lesdosesde lait à administrer varient suivant l'âge, l'état de développement de l'enfant et l'activité de ses digestions. Le médecin doit fixer pour chaque nourrisson la ration alimentaire convenable.
On donne au nouveau-né, durant la première semaine, du lait coupé par moitié d'eau sucrée à 10 % , aux mêmes doses que le lait de femme (p. 70).
Pour le nourrisson, le mieux est d'établir la ration d'après le poids du corps ; les chiffres indiqués dans le tableau suivant peuvent servir de base :
1. P. Nobécolrt et G. Schreiber, Les sucres dans l'alimentation du nourrisson. Paris médical, 2 décembre 191 1.
Poids
du corps.
Coupage du lait.
àlogr. ( Lait — ) aul
3 kilogr. J Lait coupe /i — ) au tiers.
5 — Lait coupe
I au quart.
i Lait pur.
Quantité
par ioo gr, de poids corporel.
18 ce.
16 ce.
i5 ce,