‹ Hygiène sociale de l'enfanceChapitre 191 sur 212 · SURVEILLANCE MÉDICALE · texte numérisé non relu

SURVEILLANCE MÉDICALE

fire aux besoins de la population des grands centres. Par suite de leur nombre restreint beaucoup de quartiers s'en trouvent éloignés ; les parents hésitent à parcourir de grandes distances pour y conduire leurs enfants et de longs déplacements peuvent ne pas être sans inconvénients pour ces derniers. Enfin, dans bien des cas, l'avis d'un maître ou d'un spécialiste renommés n'est pas indispensable ; il serait préférable qu'ils puissent réserver leur temps à l'examen et au traitement des malades atteints d'affections graves ou d'un diagnostic difficile.

Les consultations-dispensaires sont faites par un ou plusieurs médecins, suivant leur importance ; dans ce dernier cas, chacun d'eux a généralement une attribution spéciale : médecine, chirurgie, nourrissons, oto-rhino-laryngologie, etc.

Le dispensaire comporte un service de pansements où les blessés et les malades peuvent se présenter régulièrement et une pharmacie qui délivre gratuitement les médicaments prescrits. Si celle-ci faitdéfaut, on peut avoir recours, après arrangement, à des pharmaciens de la ville.

Les dispensaires de la ville de Paris comprennent en outre des gouttes de lait qui distribuent du lait stérilisé aux mères indigentes. Ils donnent des bons de charbon, de pain, de viande, etc.

Des hôpitaux -dispensaires existent à Paris, mais ils ne sont pas aussi nombreux qu'à Londres. Ils comprennent un petit service d'hospitalisation, annexé à la consultation.

Us doivent être réservés aux affections médicales ou chirurgicales légères, qui ne demandent qu'un séjour de courte durée ; les maladies contagieuses devraient en être exclues. S'il en était autrement, ils nécessiteraient une installation elun personnel importants ; ils feraient double emploi avec les hôpitaux et seraient très coûteux, les frais généraux étant d'autant plus grands que le nombre de lits est plus petit.

20 Dispensaires d'hygiène sociale- — Les progrès réalisés parla médecine et surtout l'importance croissante de l'hygiène prophylactique ont montré l'insuffisance des dispensaires du type précédent.

Le diagnostic des maladies demande la mise en œuvre de techniques spéciales et l'intervention fréquente du laboratoire. La distribution de quelques médicaments ne résume plus toute la thérapeutique: Dans maintes circonstances celle-ci comporte l'emploi des agents physiques, des cures d'air, de l'héliothérapie, de la radiothérapie, etc.

D'autre part, la prophylaxie delà tuberculose et de la syphilis

demande de plus en plus, dans l'intérêt public, que le dispensaire ne limite plus strictement son action à la population indigente.

Ajoutons que le traitement curatif et la prophylaxie exigent désormais, dans un grand nombre de cas, une liaison constante du médecin avec le malade et son entourage, liaison que le médecin ne peut assurer qu'avec le concours d'un personnel spécialement éduqué.

Le type des dispensaires d'hygiène' sociale a été réalisé à Lille par Calmette. Des dispensaires du type Calmette ont été créés de divers côtés, tantpar l'Assistance publique que par les œuvres privées. Leur multiplication dans les villes et dans les campagnes a été réclamée, en juin 191^, par le Congrès de Y Alliance (Thygiène sociale réuni à Lyon, mais leur rendement est insuffisant s'il est limité uniquement à la lutte contre la tuberculose. Pour remplir son but, le dispensaire d'hygiène sociale doit être mixte et comporter au moins deux sections : une section antituberculeuse et une section d'hygiène de l'enfance l. Le dispensaire inauguré en octobre 191 9 et rattaché à l'Institut de puériculture de la Faculté de médecine de Paris est établi selon ce type.

Il a même été proposé de joindre aux deux sections précédentes une section de prophylaxie antivénérienne.

Le dispensaire d'hygiène ixfaxtile peut être isolé ou associé au dispensaire antituberculeux. Dans ce dernier cas chaque section doit fonctionner dans des locaux complètement séparés.

Le dispensaire comportera le personnel suivant :

10 Un ou plusieurs médecins, dont un accoucheur, pour diriger les consultations suivantes : consultation de femmes enceintes, consultation de nourrissons sains, consultation d'enfants malades, consultation chirurgicale et orthopédique.

2° Une directrice pour tenir à jour les fiches sociales et sanitaires du malade et de sa famille, assurer la direction des visiteuses à domicile, entretenir des rapports administratifs suivis avec les infirmières scolaires et les inGrmières soignant à domicile, établir la liaison avec les unions d'œuvres et les diverses institutions d'assistance publique et privée.

3° Une sage- femme chargée d'assister l'accoucheur aux consultations et de \i>itcr les femmes enceintes à domicile.

4° Une visiteuse d'hygiène pour nourrissons sains, dont le rôle consiste à assister le médecin, à conseiller les mères, à les diriger sur la consultation des nourrissons.

5o Une infirmière soignante pour enfants malades chargée d'assister les méde-

1. Armand Delille, Note sur l'organisation et le mode de fonctionnement des dispensaires d'hygiène sociale urbains et ruraux, Bull, de l'Académie de médecine, 22 avril 191 g. Projet d'organisation et de surveillance de la santé des enfants au moyen des dispensaires d'hygiène sociale, Société de médecine publique et d'hygiène sanitaire, juillet 1 919.

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cins aux consultations médicale et chirurgicale et de soigner les enfants à domicile, sous la direction du médecin de la famille ou du bureau de bienfaisance.

Pour rendre les services qu'on est en droit d'en attendre, les dispensaires médicaux et d'hygiène sociale doivent être, on le sait, complétés par l'organisation à' infirmières-visiteuses et par la distribution de secours de traitement à domicile.

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