OBSERVATIONS
Les fiches sont conservées dans une boîte et classées par ordre alphaétique. ,
F0NCT10XXEMEX1 99
3° Personnel. — Pour assurer la bonne marche de la consultation de nourrissons-goutte de lait, il faut un personnel choisi.
Celui-ci comprend : un médecin et, au besoin, un médecin adjoint, si l'importance de l'établissement le nécessite ; trois ou quatre dames assistantes, chargées de recueillir les renseignements, de peser et de toiser les bébés, de tenir les écritures ; une ou plusieurs femmes de service, une gérante. Celle-ci doit être instruite des principales règles de l'hygiène infantile et offrir les garanties morales nécessaires. Elle assure la préparation, la stérilisation et la distribution du lait. Le médecin et la gérante ont les rôles les plus importants.
III. — Fonctionnement. — Dans les locaux que nous venons de décrire et avec le personnel que nous venons d'énumérer, fonctionnent les consultations et les distributions de lait.
i° Consultation. — La consultation a lieu, en général, une ou deux fois par semaine, suivant le nombre des inscrits. L'idéal serait une consultation quotidienne, afin qu'au moindre malaise les mères puissent recevoir les conseils du médecin, qui connaît et suit leur enfant. Du four a adopté cette modalité, qui lui donne toute satisfaction, à la Goutte de lait de Fécamp ; les mères viennent le jour qui leur convient le mieux, mais elles sont obligées de présenter leur enfant une fois par semaine.
A leur arrivée à la consultation, les mères sont reçues par une dame assistante. Leurs enfants sont immédiatement soumis au triage. Ceux qui toussent ou présentent une éruption sont séparés des autres et introduits dans la salle réservée aux douteux. Il n'est pas besoin de grandes connaissances médicales pour s'apercevoir qu'un enfant est atteint ou suspect de coqueluche, de rougeole, etc. ; une personne avertie suffit pour le triage.
Les nourrissons, qui ne présentent aucun symptôme suspect, sont admis dans la salle d'attente ; chaque mère reçoit un numéro d'ordre, afin d'éviter les contestations. Pour supprimer tout danger de contamination, les jetons de métal utilisés à l'Œuvre lyonnaise sont bouillis, après chaque séance, dans une solution forte de potasse, puis rincés à l'eau et stérilisés à l'étuve. On peut encore se servir de papiers numérotés, qui sont brûlés après l'emploi.
Dans la salle d'attente, les mères déshabillent leurs enfants ; elles les apportent, au fur et à mesure, à la première assistante, chargée des pesées et, si l'on veut, du toisage des bébés.
Une deuxième assistante pointe les présences et inscrit sur une liste les numéros des livrets individuels ; puis elle note les poids et les
tailles sur ces livrets, que les mères remettent au médecin lorqu'elles passent, à leur tour, dans le cabinet de consultation.
Là, l'enfant est examiné. S'il s'agit d'un nouveau venu, le médecin fait inscrire sur le registre et le livret individuel tous les renseignements utiles, concernant les antécédents et l'histoire de la maladie. Quand le bébé est souffrant, on en prend note. On évite ainsi la répétition des interrogatoires et on peut suivre avec précision l'évolution de l'enfant.
Pour tous les nourrissons, les chiffres inscrits au livret, après avoir été notés sur la courbe des poids, sont transcrits sur la fiche individuelle par un aide, qui y marque également les prescriptions alimentaires formulées. Si la mère nourrit elle-même, le médecin lui donne de vive voix des indications sur le nombre des tétées que doit prendre l'enfant.
Dans le cas de l'allaitement artificiel, les fiches sont transmises à la gérante. Celle-ci recopie sur la tablette des régimes destinée à la cuisine le nombre des biberons et les quantités de lait coupé ou pur qu'ils doivent contenir.
Chaque malin les mères viennent retirer les paniers de lait préparés à leur intention.
La distribution du lait conformément aux indications du médecin est d'une importance capitale. Le médecin ne se montrera jamais trop sévère pour imposer la stricte observation de ses prescriptions.
Les fautes commises peuvent entraîner des conséquences irréparables.
2° Lait et aliments utilisés. — Les aliments utilisés dans les consultations de nourrissons-gouttes de lait sont ceux que nous avons étudiés dans le chapitre précédent. Nous n'avons ici qu'à envisager les mesures spéciales d'approvisionnement et de préparation que nécessite la distribution degrandes quantités.
Le lait est le principal aliment. Mais il faut aussi disposer de cer tains aliments du sevrage et de quelques aliments spéciaux destinés aux bébés qui, pour des raisons diverses, ne doivent pas être laissés au régime lacté ordinaire.
a. Lait. — - La provenance du lait doit être connue. On s'adresse à des laiteries où les vaches sont saines, bien nourries et tenues proprement. De temps en temps, un chimiste procède à l'analyse pour s'assurer que la composition est normale ; mais, à cet égard, l'honnêteté du vendeur est encore la meilleure sauvegarde, car l'écrémage et le mouillage ne sont pas toujours faciles à apprécier par l'analyse.
FONCTIOXXEMEXT 101
On exige que la traite soit effectuée dans de bonnes conditions d'asepsie (p. 33).
Les précautions à prendre pour le transport du lait dépendent de la distance qui sépare la laiterie de la consultation. Si cette distance est courte, on l'apporte sans lui faire subir de manipulations. Si le lait doit voyager, on lui fait subir, au préalable, la pasteurisation (p. 73). Dans un cas comme dans l'autre, on le stérilise avant de le distribuer (p. 96).
Quand il n'est pas possible d'obtenir un lait offrant les garanties voulues, il vaut mieux utiliser du lait stérilisé industriellement par surchauffage (p. 73).
Son emploi simplifie le travail de la consultation-goutte de lait. En général, celle-ci se borne alors à distribuer des bouteilles de lait stérilisé, d'une contenance d'un demi-litre ou d'un litre ; les mères se chargent de les répartir dans les biberons. Mais en laissant ce soin aux femmes, on crée l'occasion de fautes qui peuvent être préjudiciables aux bébés.
Le lait stérilisé industriellement est d'un emploi pratique dans les villes éloignées de tout centre producteur et dans les consultations qui ont une nombreuse clientèle; il en est ainsi, par exemple, au dispensaire de Delleville, qui, d'après Yariot, distribue chaque jour i5o ou 200 litres de lait.
Quel que soit le lait utilisé, il convient de le soumettre aux procédés de correction, dont nous avons montré la nécessité (p. 74)- Ces corrections peuvent être faites par les mères quand on leur délivre des bouteilles de lait stérilisé. Elles sont faites, le plus souvent, à l'établissement, quand il délivre des biberons tout préparés. Cette dernière méthode est la meilleure ; il vaut mieux, même avec le lait stérilisé, distribuer des biberons contenant les mélanges appropriés.
Les procédés de correction les plus simples sont le coupage à l'eau sucrée, suivant la méthode de Marfan, et la maternisalion, d'après la méthode de Léon Du four.
Voici comment on procède en grand dans une consultation de nourrissons-goutte de lait.
Coupage à l'eau sucrée. — On utilise quatre récipients munis d'un robinet à la partie inférieure.
Dans le premier, on prépare une solution de sucre ordinaire dans la proportion de 100 grammes par litre.
Dans le second, on mélange deux parties de lait et une partie de la solution (coupage au tiers).
Dans le troisième, on mélange trois parties de lait et une partie
de la solution (coupage au quart).
Dans le quatrième, on met du lait pur, additionné de 20 grammes de sucre par litre.
Il est facile ensuite de remplir les biberons destinés à chaque enfant avec le contenu de l'un ou de l'autre récipient, suivant les indications portées au tableau des régimes.
Maternisation. — Léon Dufour la réalise de la façon suivante à la Goutte de lait de Fécamp.
On prend, par exemple, 21 litres de lait. On prélève 7 litres que l'on écréme au centrifugeur. La crème, ainsi séparée, est versée dans les i4 litres restants ; on ajoute 7 litres d'eau additionnée, par litre, de 35 grammes de lactose et d'un gramme de chlorure de sodium. Le litre de lait ainsi modifié présente une composition voisine de celle du lait de femme.
On répartit ensuite les rations dans les biberons.
Les biberons, une fois remplis, sont stérilisés dans les- appareils décrits plus haut.
Dans des circonstances spéciales, les consultations de nourrissons se servent avec avantage soit de lait desséché ou en poudre, soit de lait condensé (p. 7^).
b. Farines. — Pour les enfants arrivés à la période du sevrage, les consultations de nourrissons délivrent des farines de bonne qualité, farines d'arrow-root, de blé, d'orge, d'avoine. Elles continuent également les distributions du lait en quantités nécessaires à la préparation des bouillies et à la boisson. Mais c'est aux mères qu'incombe le soin de la préparation des bouillies.
c. Aliments divers. — Les consultations de nourrissons-qouttcs de lait doivent encore distribuer divers aliments destinés aux bébés qui tolèrent mal le lait ordinaire ou souffrent de troubles digestifs. Tels sont le lait stérilisé et homogénéisé, le lait hypersucré, le lait écrémé, le. babeurre, les bouillies maltosées.
Le lait homogénéisé et stérilisé (p. 78) se trouve facilement dans le commerce. On l'emploie pur ou coupé d'eau sucrée.
Le lait hypersucré est du lait ordinaire pur ou coupé, additionné de 10 ou i5 grammes de sucre ordinaire pour 100. On peut également utiliser du lait condensé hypersucré.
Le lait écrémé s'obtient à l'aide d'une centrifugeuse. Avec une écrémeuse à petite vitesse on obtient aisément des laits dont la teneur en beurre est réduite à 10 ou 1 5 grammes par litre. Le lait écrémé est stérilisé comme le lait ordinaire. Il est souvent avantageux de le sucrer fortement, à 10 ou i5 pour 100.
Le babeurre est fourni par la laiterie ou préparé à l'établissement.