III. — POUPONNIÈRES
Les Pouponnières { ne font pas double emploi avec les crèches pour la protection de l'enfant du premier âge. Celles-ci sont des externats de nourrissons ; celles-là sont des inteniaLs^où^]es enfants
1. R. R.vimosdi, Puériculture et Pouponnière, Paris, if)i3. — Wallich, Les Pouponnières, Rapport à la Conférence nationale de la Ligue contre la mortalité infantile, Paris, mai 1920.
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sont élevés en commun sous une direction médicale depuis la naissance jusqu'à l'âge de deux ans environ.
Les Pouponnières remplissent un double but ; d'une part, elles reçoivent les bébés qui ne peuvent rester chez leurs mères et leur évitent le placement libre chez une nourrice de campagne ; d'autre part, elles accueillent un certain nombre de mères pauvres auxquelles elles permettent de continuer l'allaitement de leurs enfants, tout en donnant le sein à des nourrissons étrangers '.
Parmi les Pouponnières, les unes sont destinées aux enfants malades ou débiles, les autres aux enfants normaux. Mais cette division est quelque peu artificielle, en ce sens que ces dernières doivent être en état de s'occuper, le cas échéant, des pensionnaires qui deviennent malades.
Au nombre des Pouponnières pour enfants malades ou débiles nous citerons : celle de Médan, dirigée par Méry, destinée aux nourrissons atrophiques, débiles, convalescents ; la nourricene Rémond, de Lyon, dirigée par Planchu, qui poursuit le même but. Signalons également la Pouponnière de plein air de Lyon, dirigée par Péhu -, qui reçoit pendant l'été, pour une durée de six à huit semaines, les enfants des crèches lyonnaises, atrophiques, rachitiques ou convalescents.
Ces établissements répondent à des buts nettement définis, mais s'écartent du type que nous avons spécialement en vue, la Pouponnière pour enfants normaux ; c'est cette dernière seule que nous étudierons ici.
La première Pouponnière a été fondée à Porchefonlaine. près Versailles, en 1891, par M1"" G. Charpentier et Mme Eug. Manuel. Sous l'impulsion de M'"e Veil-Picard et de Raimondi, elle a pris un grand développement.
Nous devons mentionner également la Pouponnière du Nouget, à Montgeron, dirigée par Lesage et Porée ; la Pouponnière lyonnaise de la Société protectrice de l'enfance, dirigée par Berchoud ; la Pouponnière P. Butin, de Dieppe, dirigée par Poupault ; la Pouponnière de Boulqgne-sur-Mer , fondée par Aigre ; la Pouponneraie du Parc Saint-Paul, à Chaville (Seine-et-Oise), dirigée par Ch. Laborde ; la Maison de l'Enfant de Bordeaux, dirigée par Rocaz ; les Pouponnières de Strasbourg, de Dijon, de Villeneuve-sur-Lot, etc.
1. ÎNous ne parlons pas ici des œuvres où l'on recueille les mères qui allaitent leurs enfants, telles que Y Abri maternel de Nanterre. Elles sont étudiées dans un autre chapitre (p. 167).
2. Péhu, la Pouponnière de plein air, L'Avenir médical, i«r juin 1910.
Dans ces dernières années, le nombre des Pouponnières a notablement augmente en France, particulièrement depuis la guerre.
En 1918, a été fondée Y Entre-Aide des Femmes françaises. Cette société, sous la direction de Wallich, se propose de créer des Pouponnières, rattachées au point de vue budgétaire à un groupe détablissements secondaires, lycée ou collège de filles et de garçons.
Les trois premières Pouponnières de VEnlre-Aide ont été installées à Moulins, à Paris et à Boulogne-sur-Seine.
Une Pouponnière ouvrière a, d'autre part, été inaugurée à Levallois-Neuilly, 9, rue Danton, près de Paris, en 1919.
Le nombre des Pouponnières est encore très restreint. Lu Comité central des Pouponnières s'est formé, en 1919, au siège social de la Ligue contre la mortalité infantile, à l'effet d'intensifier leur création pour les enfants orphelins de mère ou dont la mère est malade et qui sont de ce fait voués à l'allaitement artificiel. Cette limitation a pour but d'éviter l'abandon de l'allaitement maternel lorsque celui-ci est possible.
Des Pouponnières existent également depuis longtemps à l'étranger : en Suède, en Norvège, au Danemark, en Allemagne et dans la Suisse allemande, où elles portent le nom de Saiïglingsheim.
1. Organisation. — a. Locaux. — Les Pouponnières étant des internats seront établies de préférence en dehors des villes. Les prix de revient et d'entretien sont dans ce cas moins élevés ; l'air est plus pur et le soleil plus ardent. Le voisinage de la mer est bon. à condition que les bâtiments et les jardins soint bien protégés contre le vent et suffisamment éloignés du littoral '.
Pour permettre aux parents de rendre facilement visite à leur enfant, on choisit une localité qui ait des communications faciles avec le centre auquel la Pouponnière est rattachée.
L'établissement doit comprendre un nombre de pavillons en rapport avec la population à laquelle il est destiné. Il doit remplir les conditions hygiéniques indiquées à propos des crèches (p. 120). Le type est fourni par la Pouponnière de Porche fontaine '-.
La Pouponnière de Porchefontaine 3 s'étend sur une surface de
i.P. Nobécourt, La Pouponnière < P. Bmliu » de Dieppe, Journ. de médecine de Paris, n° 39, sept. 191a.
2. R. Raimondi, Communication au IIIe Congrès internat, des gouttes de lait. Berlin, sept. 1911.
3. La Pouponnière de Porchefontaine comporte un budget fort élevé. Des Pou-
POL'POXMKIŒS
1 5.3a 3 m-. Dans un premier bâtiment se trouvent réunis les services de direction, la lingerie, la cuisine, le réfectoire des nourrices, la salle de bains et les parloirs pour les parents. Plus loin, au milieu d'un grand parc, s'élèvent trois grands pavillons isolés.
Chaque pavillon abrite 33 nourrissons et 1 1 mères. Il se compose de quatre salles, deux de jour, deux de nuit, et de deux vastes dortoirs pour les nourrices. 11 renferme en outre une salle de change et de bains, une petite lingerie, une biberonnerie et deux chambres d'isolement destinées aux entants qui présentent le moindre mouvement fébrile.
Un petit pavillon spécial sert de lazaret ; les enfants et les nourrices y sont mis en observation à leur entrée.
Lue infirmerie permet d'isoler, chaque malade avec sa mère.
Une raiherie modelé comporte un lazaret dans lequel chaque
Fig. 3g. — La vacherie modèle de la Pouponnière de Porche fontaine.
animal est isolé, avant son admission dans l'étable, pour éviter la fièvre aphteuse ; il y subit l'épreuve de la luberculine. Elle comprend une salle de préparation des aliments, Yétable (fig. 39), une
ponnières plus modestes et moins coûteuses peuvent être créées sur le modèle, par •exemple, de la Maison de l'enfant de Bordeaux, fort bien installée elle aussi.