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III. — MUTUALITÉ MATERNELLE

L'exposé précédent montre combien l 'Assistance publique et Y Assistance privée multiplient leurs efforts pour lutter contre la mortalité infantile en aidant les mères avant l'accouchement et pendant l'allaitement.

Cependant, malgré les budgets élevés dont elles disposent, malgré les concours dévoués qui leur sont assurés, elles n'arrivent pas à faire face à tous les besoins. D'autre part, si leur utilité est indiscutable, elles peuvent mériter le reproche d'habituer les familles à trop compter sur la charité et à ne pas faire l'effort nécessaire pour élever leurs enfants.

i° But et moyen d'action. — La Mutualité maternelle a pour but de restreindre par la prévoyance le domaine de l'Assistance. Selon la définition qu'en a donnée Poussineau, elle est « l'Association mutuelle des mères pauvres et riches, ayant pour but de donner aux

1. Signalons à ce propos que les Américains attachent une grande importance aux infirmières-visiteuses instruites, bien rémunérées, et qu'ils sont partisans d'une propagande intensive en faveur de l'hygiène infantile au moyen de tracts, brochures, affiches, articles de journaux, etc. Ils ont organisé dans le même but à Lyon„ Toulouse, Marseille, etc., une série d'expositions qui ont obtenu un grand succès.

sociétaires, lorsqu'elles seront en couches, une indemnité suffisante pour qu'elles puissent s'abstenir de travailler pendant quatre semaines et pour leur permettre de se soigner et de donner a leur enfant les soins qu'il réclame pendant les premières semaines après l'accouchement ».

A vrai dire, les avantages matériels et moraux de la Mutualité sont plus considérables que ne le laisse entendre celte simple définition.

Avant l'accouchement, la Mutualité maternelle oblige la femme enceinte à se soumettre à des examens répétés du médecin.

L'accouchement, par ses soins, peut être réalisé à domicile dans des conditions très satisfaisantes. Les mères sont heureuses d'éviter l'hôpital et de rester à leur foyer.

Après l'accouchement, la Mutualité donne à ses sociétaires en couches une indemnité suffisante pour qu'elles puissent se reposer pendant c[ualre semaines et se consacrer uniquement à l'élevage de l'enfant. Puis elle suit la mère jusqu'au sevrage de l'enfant par ses consultations de nourrissons qui contribuent largement à encourager l'allaitement maternel.

-La Mutualité favorise donc la natalité en aidant les femmes à supporter les charges de la grossesse et de l'allaitement. Elle combat d'autre part la mortalité infantile par la surveillance incessante dont elle entoure la mère et le nourrisson.

2° Historique. — En 18G6, Jean Dollfus créait l'Association des femmes en couches de Mulhouse. Mais celte Association, restreinte aux ouvrières de six grandes maisons industrielles, révélait plutôt le caractère d'une assurance obligatoire que d'une mutualité.

La première mutualité répondant à la définition précédemment donnée a été fondée à Paris, en 1891, par Félix Poussineau et Brylinski, et placée sous le patronage de M'"e Carnot. Elle a été approuvée par l'arrêté ministériel du 21 février IS92.

Créée tout d'abord pour une certaine catégorie d'ouvrières, l'œuvre, en 190/i, a étendu son action bienfaisante à toutes les ménagères, ouvrières et employées du département de la Seine. Peu à peu, plusieurs villes de France ont fondé à leur tour des mutualités. Actuellement il en existe 120, mais leur nombre devrait être plus élevé l.

1. F. Boshier, Le développement des Mutualités maternelles depuis le Congres <:le Paris, 1908, Rapport au 11e Congrès national de la Mutualité maternelle, octobre igi'i.

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