DEUXIÈME ET DE LA TROISIÈME ENFANCES
La deuxième et la troisième enfances s'étendent de trois à seize ans.
Elles constituent, pour l'hygiène sociale, l'âge scolaire. L'enfant, en effet, fréquente Yêcole maternelle jusqu'à sept ans, puis Yécolé primaire, qu'il quitte à treize ans '. Sinon, il est instruit dans un collège ou dans un lycée et y poursuit ses études au delà des limites de l'enfance.
A la sortie de l'école primaire, l'hygiéniste ne doit pas abandonner l'enfant. Au magasin, à V atelier ou à l'usine, il doit veiller à l'observation de l'hygiène, et celle-ci comporte, du fait de l'âge, des règles particulières.
Dans les chapitres suivants nous étudions les nombreuses questions qui intéressent l'hygiène des écoliers et des écoles : l'inspection médicale des écoles et le rôle des médecins scolaires, l'examen physique des écoliers, l'hygiène des locaux scolaires et le mobilier des
i. Il est question de demander la prolongation de la scolarité jusqu'à quatorze ans révolus. Cette mesure, pleinement justifiée pour le médecin, soulève des objections d'ordre divers. (Dufestel, La Médecine scolaire, IX, n°s 6 et 8, ier juin et icr août 1920.)
écoles, l'hygiène physique et l'hygiène intellectuelle des écoliers, l'hygiène et l'éducation des anormaux psychiques, des infirmes, des aveugles, des sourds-muets, des idiots, des enfants coupables.
Un dernier chapitre est consacré à l'hygiène des apprentis et des jeunes ouvriers.
Cil A P l TRE PREMIER
INSPECTION MÉDICALE DES ÉCOLES. ROLE DES MÉDECINS SCOLAIRES. ROLE DES INFIRMIÈRES SCOLAIRES.
SOMMAIRE. — I. Historique de l'inspection médicale des écoles. — 1° Inspection médicale des écoles en France. Initiative de Lakanal. Loi Guizot (28 juin 1833). Loi du 30 octobre 1880. Décret du 18 janvier 1887. Organisation de l'inspection <i Paris. Organisation de l'inspection dans la banlieue parisienne. Inspection médicale dans les lycées et les collèges. — 2° Inspection médicale des écoles et l'étranger : Belgique. Hollande. Allemagne. Suisse. Angleterre.
II. Rôle des médecins scolaires. — Préservation de la collectivité. Préservation et surveillance de l'enfant. — /° Hygiène générale de l'école ; 2° Prophylaxie des maladies contagieuses ; 3° Surveillance de la santé physique de l'enfant ; 1° Surveillance de la sauté intellectuelle ; 5° Education hygiénique des enfants et des maîtres. — {{apports des médecins scolaires avec les maîtres et les médecins de famille.
III. Rôle des infirmières scolaires. — 1° Infirmières scolaires éi l'étranger ; 2° Infirmières scolaires en France ; 3 ' Fonctions de l'infirmière scolaire.
Depuis longtemps des médecins ont été introduits dans les établissements d'enseignement primaire et d'enseignement secondaire, mais leur rôle avait été mal défini et leurs attributions étaient restées limitées. Dans ces dernières années, l'insuffisance de la surveillance médicale est devenue manifeste ; elle n'était plus en rapport avec la conception moderne de l'hygiène sociale. Aussi les pouvoirs publics se sont-ils préoccupés d'y apporter les améliorations nécessaires. Mais dans beaucoup d'écoles l'hygiène n'a pas encore pénétré et les règlements relatifs à la propreté des locaux et des écoliers ne sont pas appliqués pour des raisons diverses : résistance des municipalités, indifférence des parents, indifférence ou découragement des instituteurs et des institutrices.
Il est instructif de suivre les différentes phases cpi'a traversées
l'inspection médicale des écoles et de préciser le rôle que doivent ou que devraient remplir actuellement les médecins scolaires.
(Ecoles maternelles , écoles primaires, collèges et lycées.
La nécessité de placer l'hygiène des écoles et des écoliers sous la surveillance du médecin a été reconnue depuis longtemps, mais, jusqu'à ces derniers temps, aucune tentative sérieuse n'avait été laite en vue de l'organisation d'un service médical, et à l'heure actuelle ce dernier laisse encore beaucoup à désirer.
i° Inspection médicale des écoles en France — L'inspection médicale des écoles est née en France, il \ a plus d'un siècle !. Le 26 juin 1 7q3, La/canal proposait à la Convention nationale la visite de chaque école par un offiefer tic santé, el divers cou ventionneïs exprimèrent le vœu de confier au médecin la surveillance de l'éducation physique des écoliers.
Malheureusement ces projets demeurèrent lettre morte et il ne fut plus question d'inspection médicale des écoles jusqu'à la loi Guizot, promulguée le 28 juin 1 833, qui imposait aux communes le soin de veiller à la salubrité des établissements scolaires.
Cette loi ne fut pas appliquée et les communes continuèrent à se désintéresser de l'hygiène scolaire. Il fallut un demi siècle pour que le législateur s'occupât à nouveau de la question en votant la loi du 30 octobre 1886 suivie du décret du 18 janvier 1887 : ils instituaient des médecins inspecteurs, agréés par le préfet, pour assurer l'examen médical des enfants, la surveillance des locaux el l'observation des règles de l'hygiène. Plus lard, diverses circulaires ministérielles ont indiqué les mesures de prophylaxie à prendre en cas d'épidémie ( 1890) . Mais les réalisations continuaient à se faire attendre à peu près partout.
Ces divers échecs ne découragèrent pas les médecins et les hommes d'Etat, persuadés de l'importance de l'inspection médicale des écoles. A la suite d'interventions répétées, le gouvernement a déposé, le 23 mars 1910, un projet de loi relatif à l'inspection médicale dans les écoles primaires publiques et privées. Ce projet, envoyé à la
1. Doisy, rapport présenté, an nom tic la Commission île l'hygiène publique, sur le projet de loi relatif à l'inspection médicale dans les écoles primaires publiques el privées. Chambre des députés, séance 'In 3o juin ign