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NATALITÉ ET MORTALITÉ

territoire non envahie, soit sur 77 départements. Il s'estproduit dans la population civile seule :

en i()i4. . • 647-549 décès. en 1916. . . 607.7/42 décès.

Cette statistique ne mentionne pas les décès survenus en 1918 et en 19 19; elle ne tient pas compte des pertes causées par la guerre, lesquelles ont été officiellement fixées à 1.A00.000 hommes.

Balance des naissances et des décès. — La balance des naissances et des décès, au cours du xixe siècle, a comporté dix fois un excédent de décès : quatre fois avant 1890, six fois depuis 1890.

Au début du xxe siècle, l'excédent des décès se trouve terriblement

Fig. 4. -— Graphique des naissances et des décès en France de 1901 à 191 1.

aggravé du fait de la guerre, mais déjà, en 191 t, on notait un excédent de 34.869 décès. Voici d'ailleurs les excédents de naissances et de décès pour les années 1910a 1917, les statistiques ne portant toujours, pour les années de guerre, que sur 77 départements :

Excédent

Excédent

Excédent

Excédent

de naissances.

de décès.

de naissances.

de décès.

igi4.

igi5.

Le graphique ci-conlre (fig. \ , emprunté à Waïlich, montre d'une façon très nette le rapport entre les naissances et les décès en France, pendant lexix" siècle et le commencement du xxe siècle. On voit, à partir de 1891, la ligne des décès atteindre et même dépasser Ja ligne des naissances.

Sur la carte de France (fig. 5), dressée par l'Alliance nationale pour l'accroissement de lu population française, on constate combien est

lOOJ. Ofpêrtement <ieli 5eine\Qh

Fig. 5. — Carte de France pour montrer le mouvement de la population. — Départements où il \ a excédent de décès (en noir>, excédent de naissances (en blanc). — Les cbiflres indiquent la valeur de l'excédent.

petit le nombre des départements où, avant la guerre, on enregistrait un excédent de naissances sur les décès.

Déjà avant la guerre, la France se trouvait gravement menacée du fait de sa dépopulation. Or. pour 77 départements seulement les 1 1 autres étant ceux qui ont été envahis, et qui ont servi de champ de bataille pendant cinquante-deux mois), la population civile a diminué de 191.4 à 1917 du total des excédents de décès, soit 883.i6o. Si l'on tient compte, d'autre part, des pertes de guerre, on peut évaluer, avec Mardi, à 2 millions le déficit de la

population française masculine ulile (hommes de seize à soixantecinq ans). Ce chiffre se passe de commentaires ; il montre à l'évidence que le pays est en danger et son avenir compromis, si l'on ne parvient pas à enrayer cette dépopulation, chronique avant 1 914,

suraiguë durant la guerre.

Un cri d'alarme a été jeté de divers côtés et en première ligne par des médecins. « Les nationsqui veulent vivre, écrivait Lannelongue ', doivent avoir des enfants, sinon elles peuvent se préparer à périr. »

Il est donc urgent de mettre en œuvre les remèdes nécessaires pour arrêter la dépopulation.

Remèdes contre la dépopulation. — Toutes les mesures déjà en vigueur ou projetées poursuivent soit le relèvement de la natalité, soit l'abaissement delà mortalité.

Le relèvement de lu natalité constitue un prohlème éminemment complexe. Il n'entre pas dans notre plan de l'aborder ici. La question est d'ailleurs beaucoup plus d'ordre social et moral que d'ordre médical ; la stérilité relevant de causes morbides est beaucoup moins fréquente que la stérilité volontaire.

L'abaissement de la mortalité est, par contre, du ressort de la médecine. Il appartient au médecin d'entreprendre et de diriger la lutte contre la mortalité. Il la soutient chaque jour en traitant les malades ; mais, s'il limite à cet objet son intervention, son œuvre est incomplète. Il doit se proposer la suppression des causes de mort qui peuvent être évitées, et celles-ci sont nombreuses pendant l'enfance.

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