Gruveilhier, Revue philanthropique, 10 avril
2. Société des Médecins Inspecteurs des Ecoles de la Seine, 20 décembre 1912, La Médecine scolaire, 10 février ioiû.
néré. » Il est regrettable que dans beaucoup d'établissements la préparation des plats ne soit pas l'objet de soins suffisants.
Il faut, d'autre part, apprendre aux élèves la manière de bien manger. Sans les importuner au réfectoire, les surveillants doivent avec discrétion leur donner des conseils et leur rappeler qu'il faut manger lentement et bien màclior.
Des progrès notables ont été réalisés pendant ces dernières années dans un grand nombre d'internats. Malheureusement la nourriture reste la même pour tous les élèves, et beaucoup d'entre eux, bien que n'étant pas réellement malades, auraient besoin d'èlre soumis à des régimes spéciaux. Les dyspeptiques, les constipés, les entériliques, les débilités, les lymphatiques, les nerveux, les surmenés et combien d'autres encore, ont besoin d'une alimentation spéciale qu'ils pourraient obtenir dans leurs familles et qui leur est refusée dans les lycées et les collèges. L'uniformité de régime ne sied point à tous les enfants. « Il y a là, dit Le Gendre, un problème difficile à résoudre mais non pas insoluble. La solution doit être cherchée dans la répartition des écoliers par tables ou par réfectoires, suivant trois ou quatre grandes catégories dont le régime sera institué de concert par l'administration du lycée et le médecin attaché à l'établissement. »
Il ne faut pas oublier, du reste, que les rations théoriques ne sont pas forcément les rations pratiques. On ne doit pas trop rationner les enfants, surtout les grands. Il faut, nous le répétons, les laisser manger à leur appétit et satisfaire cette faim d'écolier, bien préférable à l'anorexie si commune chez les collégiens. On peut, aujourd'hui encore, répéter avec Herbert Spencer : « Au fond, la confiance avec laquelle beaucoup de personnes établissent des lois à l'égard de l'estomac de leurs enfants prouve leur ignorance de la physiologie ; si elles étaient plus instruites elles seraient plus modestes. »