‹ Hygiène sociale de l'enfanceChapitre 98 sur 212 · Cité par Dufestel, loc. cit., p. iSi · texte numérisé non relu

Cité par Dufestel, loc. cit., p. iSi

quelle, suivant leurs aptitudes physiques, ils pourront jouer ou se reposer.

Pour les grands élèves, de plus de 1 5 ou iG ans, des éludes facultatives seront instituées soit le matin, soit le soir, suivant les heures du lever et du coucher. Celles-ci varieront avec l'âge des élèves, niais , elles devront toujours être espacées de telle manière que la durée du sommeil nécessaire à l'enfant soit rigoureusement observée. Le sommeil prolongé est le moyen le plus efficace de combattre la fatigue intellectuelle et de mettre l'élève en bonne disposition de travail pour le jour suivant.

D. Nombre d' heures de travail intellectuel. — Le nombre d'heures de travail intellectuel qu'on peut imposer par jour aux élèves varie selon leur âge. En moyenne, on pourra se baser sur les chiffres suivants d :

Un élève de 7 à 12 ans peut fournir 6 heures de travail.

— io ans et plus — 8 —

Les horaires, toutefois, doivent être très élastiques, surtout pour les grands élèves, et notamment au cours des périodes de travail intensif nécessité par la préparation des examens, des concours, etc.

E. Congés. Vacances. — Les jours de congé ont une très grande importance pour le repos intellectuel : l'usage d'interrompre les classes le jeudi et le dimanche est justifié, surtout si on les consacre aux jeux ou aux exercices de plein air.

Ghaillou, indépendamment du repos du dimanche, demande que deux classes de l'après-midi par semaine soient remplacées par une promenade. Cette mesure est bonne si on profite des excursions pour donner aux enfants des leçons de choses, mais elle est dilli< :ilement applicable pendant la mauvaise saison et dans les grandes villes.

Les vacances sont hygiéniques, tant au point de vue cérébral qu'au point de vue physique. Ghaillou estime que trois semaines de vacances sont nécessaires après chaque trimestre et que le troisième trimestre de l'année doit être suivi de 8 ou 9 semaines de vacances.

1. En France, dans les écoles primaires, qui reçoivent des enfants de 6 à i3 ans, il y a 6 heures de classe par jour, 3 heures le matin et 3 heures le soir, avec un quart d'heure de récréation intermédiaire.

Il ne faudrait cependant pas aller trop loin dans cette voie ; on risquerait de restreindre trop le temps réservé à l'enseignement ; une semaine de repos après le premier trimestre, deux semaines après le deuxième, les grandes vacances après le troisième, nous paraissent des repos amplement suffisants.

En se conformant à ces indications, on évitera, pour les enfants normaux, le surmenage, autour duquel on a fait grand bruit dans ces dernières années.

3° Surmenage intellectuel. — Le surmenage intellectuel est relativement rare. Les enfants bien doués y échappent parce qu'ils travaillent facilement ; quant aux mauvais écoliers, ils l'évitent, du fait même de leur inattention ou de leur paresse.

Celles-ci ne méritent pas entièrement leur mauvaise réputation ; dans certains cas, elles présentent une certaine utilité et réalisent un moyen de défense de l'organisme contre l'excès de travail intellectuel.

Les programmes et les horaires de nos écoles prêtent à de nombreuses critiques. Ils sont trop chargés et souvent mal adaptés à l'âge des enfants ; surtout, bien que recueil soit difficile à éviter, ils ne sont pas assez individualistes, c'est-à-dire qu'ils ne tiennent pas un compte suffisant des aptitudes particulières de chaque élève. Aussi la plupart des écoliers ne fournissent pas la somme de travail dont ils seraient capables, s'ils étaient mieux dirigés et mieux compris. Leur instruction souffre de l'indolence et de la paresse qu'ils manifestent, mais celles-ci sont relatives, non absolues. On peut considérer ces enfants comme des victimes du malmenage scolaire, lequel ne doit pas être confondu avec le surmenage. Ce dernier nécessite un excès d'application mentale ; il atteint les écoliers travailleurs mais débiles ; il frappe surtout les grands enfants ou les jeunes gens stimulés par la préparation des examens ou des concours.. Dans les écoles supérieures et les écoles normales, « le surmenage existe à l'état chronique ». (Dufestel.)

Surmenage et fatigue ne sont pas synonymes. Celle-ci est la conséquence naturelle de tout effort ; il ne faut pas la craindre, mais s'efforcer d'y accoutumer l'enfant. Celui-là, au contraire, est un état anormal, pathologique, durable, difficile à combattre et qu'il faut éviter. « Une fatigue normale, écrivent Binet et Henri, est celle qui se répare d'elle même, sans qu'ony songe,. ..au contraire, il y a surmenage, toutes les fois que la fatigue qu'on éprouve exige pour sa réparation des conditions exceptionnelles. » Le surmenage, en somme, est une fatigue chronique.

A. Causes du surmenage. — Les causes du surmenage sont multiples. La fatigue cérébrale, par excès de travail intellectuel, intervient au premier plan dans sa production, mais une hygiène physique défectueuse y prédispose singulièrement. L'insuffisance d'aération, l'absence d'exercices physiques, le sommeil trop limité, k mauvaise répartition des horaires, sont autant de facteurs qui facilitent l'apparition du surmenage.

B. Effets du surmenage. — Les effets du surmenage portent à la fois sur les facultés intellectuelles et sur l'organisme. Ils donnent naissance à une série de troubles dont quelques-uns peuvent se rencontrer chez l'enfant indépendamment du surmenage.

Le travail cérébral devient pénible, plus long et moins profitable ; certains enfants sont incapables de tout effort intellectuel. Des céphalalgies surviennent, accompagnées ou nond'épistaxis ; elles sont dues à la congestion encéphalique provoquée par le travail et celle-ci se trouve elle-même favorisée par l'immobilité, par la vie renfermée, parfois aussi par des troubles digestifs.

Les troubles digestifs ont bien des raisons pour apparaître : l'alimentation est souvent mauvaise, les repas sont trop rapides et sui vis d'un repos insuffisant. En classe, l'excitation cérébrale prolongée nuit à la bonne digestion, et l'estomac peut se trouver comprimé, par suite d'une position défectueuse. Ainsi prennent naissance diverses affections gastro-intestinales difficiles à soigner et dont le sujet continuera parfois à souffrir au sortir de l'école : dyspepsie gastro-intestinale chronique-avec ou sans dilatation d'estomac, constipation ou diarrhée, entéro-colite muco-membraneuse, ptôses viscérales, etc.

En même temps que surviennent les symptômes précédents, l'enfant peut présenter de l'amaigrissement, de Y anémie. Celle-ci revêt habituellement l'aspect de la chlorose chez les jeunes filles, à l'approche de la puberté ; lorsque celte dernière s'établit, on peut voir survenir du retard et de l'irrégularité de la menstruation.

Des palpitations ne sont pas rares, ainsi que l'augmentation de volume du cœur, qualifiée communément de pseudo- hypertrophie cardiaque de croissance.

Du neroosisme se manifeste par la perte de l'entrain, L'irritabilité, les modifications du caractère, l'insomnie. Parfois, apparaissent la neurasthénie, l'hystérie, la chorée.

Enfin bien souvent le surmenage favorise l'éclosion de la tuberculose,en rendant le sujet moins résistant à L'atteinte du bacille ou en donnant un coup de fouet à des Lésions demeurées larvées jusque-là ; inversement, la tuberculose facilite la production du surmenage.

C. Prédispositions individuelles. — Le surmenage, tant au point de vue de son apparition que de son degré, est nettement influencé par les prédispositions individuelles. L'âge entre en ligne de compte ; c'est ainsi que le nombre des surmenés augmente au cours de la période pubère, pendant laquelle la croissance est particulièrement active. Le tempérament personnel intervient ; la constitution du sujet, ses antécédents, l'état actuel de ses organes sont autant de facteurs dont il faut se préoccuper.

Pour ces divers motifs, l'intervention du médecin devient nécessaire et les consultations dans les établissements scolaires s'imposent. 11 appartient au médecin de donner son avis sur le régime de travail, d'ordonner, lecas échéant, l'interruption desétudes et de conseiller un repos prolongé, de formuler les indications utiles au traitement des troubles constatés.

XV Ecole normale supérieure, dont l'un de nous assure le service médical, les bons résultats obtenus par de telles mesures sont des plus manifestes.

Dans le domaine intellectuel, comme dans le domaine physique, on e^t obligé d'adopter un type moyen d'enfants que l'on considère comme le type normal. Mais aucun enfantne correspond exactement à ce tvpe ; chaque individu s'en éloigne plus ou moins. Il n'existe pas deux individus qui soient semblables et égaux ; l'inégalité est la règle. Il y a des grands et des petits, des gros et des maigres, des enfants vifs et actifs, des enfants lents et indolents ; l'intelligence, la mémoire, l'aptitude au travail, la faculté d'attention varient d'un sujet à l'autre. Il existe des aptitudes individuelles, que les maîtres et les médecins doivent savoir discerner pour varier les modalités de l'éducation et de l'hygiène. Cette variété des êtres vivants est uneloi biologique : « Il n'y a point une matière vivante unique, un seul protoplasma : il y en a une infinité, autant qu'il y a d'individus distincts. Si semblable qu'un homme soit à un autre, on est contraint d'admettre qu'ils diffèrent par la substance qui les constitue. » (Dastre.)

Certains enfants s'éloignent plus que d'autres du type normal. Us sont paresseux, xnatlentifs, indisciplinés ; ils travaillent difficilement ou profitent mal de renseignement. Us doivent attirer l'attention de l'hygiéniste et être examinés par le médecin, car souvent leur constitution physique ou leur état de santé sont la cause de cet état de choses.

La paresse est souvent une affaire de tempérament morbide. Les paresseux de naissance (A. Binet) sont des enfants indolents, mous, indécis, peu actifs, présentant une apathie marquée pour le travail physique ou pour le travail intellectuel ou pour l'un et l'autre à la fois; ils rentrent alors dans la catégorie des paresseux physiques et ^psychiques de Weigert '. Leur défaut de volonté pour l'effort peut être surpris en toute occasion ; ce sont des asthéniques légers, doués du tempérament dit lymphatique.

L' inattention décèlesouvent un état morbide. Les inattentifs ont un caractère instable. Il est impossible de maintenir leur attention longtemps fixée sur le même sujet, sous peine de provoquer une fatigue et un épuisement durables ; aussi ces sujets rentrent-ils souvent dans le groupe précédent des paresseux. Les névropathies, la neurasthénie, s'observent aussi chez eux.

Il n'est pas rare que les inaltentifs soient en même temps des indisciplinés ; à leur instabilité habituelle s'associe un sentiment d'hostilité pour le maître (A. Binet).

L'inattention, la paresse, l'instabilité s'exagèrent pendant la période de puberté, surtout quand la croissance des membres est trop rapide ; l'allongement des os ne s'accompagne pas d'un allongement parallèle des muscles, des filets nerveux, des vaisseaux, des aponévroses, du périoste ; l'étirement de ces tissus provoque des douleurs, profondes, sourdes, mal localisées. On voit « des écoliers devenir mauvais sujets par suite des punitions encourues pendant cette période pour des motifs nés de leurs gènesdouloureuses ; ils souffraient et leurs souffrances étaient méconnues ». (Godin.) Ces phénomènes sont en outre influencés par une série de facteurs pathologiques que nous allons retrouver.

L'inaptitude au travail intellectuel peut être associée à la paresse ou à l'inattention, mais elle en est souvent indépendante. Elle est alors liée à un relard dans le développement intellectuel. 11 s'agit de retardés scolaires, qu'il ne faut pas confondre avec les anormaux psychiques ou intellectuels, que nous étudierons dans le prochain chapitre. Il est bien entendu qu'il s'agit d'enfants placés dans les conditions habituelles de scolarité et ayant fréquenté régulièrement l'école.

Etiologie. — Des causes assez nombreuses peinent intervenir pour expliquer le relard intellectuel, la paresse et l'inattention.

i. AA eigert, Essai de classification îles enfants paresseux, III6 Congrès international d' Hygiène scolaire, Paris, 1910, t. III, p. 705.

i° Retard dans le développement physique. — Les relations qui existent entre le degré d'intelligence et le développement physique ont été étudiées avec soin par Binet. D'une part, pour mesurer l'intelligence, il a établi un barème d'instruction, indiquant les connaissances scolaires qu'on peut raisonnablement demander à un écolier, car elles sont possédées par la moyenne des enfants du même âge. D'autre part, il a évalué le développement pbysique, par des mensurations (taille, poids, largeur d'épaules, spirométrie). Suivant les constatations, le développement physique ou intellectuel est considéré comme avancé, régulier on relardé.

Une série d'études poursuivies sur des garçons des écoles de Paris a permis à Binet de noter les relations suivantes entre le développement physique et le développement intellectuel :

DÉVELOPPEMENT PHYSIQUE DkVELGPPEMENI INTELLECTUEL

avance. régulier. retarde.

Avancé 33 p. ioo 16 p. ioo 21 p. 100

Régulier 35 — 33 — 32 —

Retardé 22 — 39 — 3g —

De ces chiffres, Binet a tiré les conclusions suivantes :

« Les avancés intellectuels sont plus nombreux parmi les avancés physiques que parmi les retardés physiques ; mais c'est une règle qui souffre bien des exceptions, puisque 22 pour 100 des élèves à brillante intelligence sont parmi les chétifs. Dans la pratique scolaire il reste évident que le lien unissant la capacité intellectuelle à la capacité physique est assez lâche et que, d'un examen d'anthropométrie corporelle, on ne peut rien conclure sur l'intelligence d'un écolier. »

Mendousse1, d'autre part, a remarqué que les inattentifs sont souvent très vigoureux, mais que les sujets chétifs sont presque toujours inattentifs.

Il importe donc de se préoccuper de lachétiveté physique, puisque le retard intellectuel, la paresse et l'instabilité peuvent lui être associés, et en dépendre dans une certaine mesure. Les causes en sont multiples.

L'injluence de la misère, d'abord, semble incontestable. On note souvent, chez les enfants de la population pauvre, un retard du développement physique, retard qu'on retrouve chez les parents et que

1. Mendousse, L'inattention. Ses causes. Ses remèdes. Moyens de la combattre. Des circonstances qui la favorisent clans les plans d'étude et les méthodes d'enseignement, IIIe Congrès international d'Hygiène scolaire, Paris, 1910, t. I, p. '19 '1.

les conditions défectueuses d'existence ne permettent pas de combattre. Cette faiblesse de constitution atteint le cerveau comme les autres organes et, suivant l'expression de Binet, « la dégénérescence physique s'accompagne de dégénérescence intellectuelle et morale ».

t Mais la misère n'intervient pas toujours et les facteurs que nous allons étudier jouent un rôle souvent prédominant.

2° Troubles des glandes endocrines. — Les troubles des glandes endocrines ont une importance qui devient chaque jour plus manifeste. L'influence que peut exercer sur le développement intellectuel l' insuffisance thyroïdienne est bien connue depuis les travaux de Thibierge, de Brissaud, d'IIertoghe et d'autres.

A côté du myxœdème classique il existe des formes frustes, donnant lieu au syndrome d" hypothyroïdie l : les enfants ont la taille petite, un corps trapu, une grosse tête, la face légèrement bouffie, en pleine lune, la peau un peu épaissie et sèche.

A. ces divers symptômes on peut voir se surajouter la céphalée, le refroidissement et la cyanose des extrémités, un certain degré d'obésité, l'anorexie, la constipation, l'énurésie nocturne, de l'ichtyose.

Chez les enfants hypothyroïdiens, le faciès adénoïdien ast fréquent. Chez les fillettes, des troubles de la menstruation peuvent exister. On note parfois aussi du retard de la puberté et même la persistance de l'infantilisme ; les sujets conservent les caractères physiques et psychiques de l'enfance, et les caractères sexuels secondaires n'apparaissent pas. Parfois l'enfant présente le syndrome adiposo-génital.

Au point de vue intellectuel, l'insuffisance thyroïdienne entraîne assez souvent un degré plus ou moins marqué d'arriération mentale ; l'esprit est paresseux, l'activité est médiocre ; les enfants sont mous, nonchalants.

L'opothérapie thyroïdienne améliore d'une façon très nette les symptômes que nous venons d'énumérer. En la pratiquant d'une façon suivie, on obtient parfois des résultats surprenants ; certains écoliers paresseux s'intéressent progressivement à leurs études et finissent par prendre goût au travail.

La glande thyroïde n'est d'ailleurs pas toujours seule déficiente -. A la période pubère notamment, l'insuffisance des autres glandes

i. Nobécourt, L'bvpotbyroïdie de la puberté, Le Monde médical, i'1' octobre

2. Hutisel, Synergies glandulaires (aperçu clinique), Bulletin médical, 4 et 13 décembre 1917.

endocrines, surrénales, hypophyse, glandes génitales, peut expliquer l'arriération des écoliers (Raoul Dupuy). On note, chez eux, en effet, de nombreuses anomalies relevant des syndromes surrénaux, hypophysaires ou génitaux.

L'influence des diverses glandes endocrines sur le développement intellectuel est également démontrée, d'après Raoul Dupuv d, par l'efficacité de la polyopothérapie endocrinienne associée et pratiquée à petites doses. Cet auteur recommande l'administration, par séries de 20 à 3o jours tous les 2 mois, de corps thyroïde, d'hypophyse, de surrénale à la dose quotidienne de o gr. 02 à o gr. o5, dose variable suivant l'âge des sujets et le type de leur arriération. Dans les cas compliqués de gigantisme partiel (mains et pieds) ou total et d'asthénie, il a recours en outre à l'extrait interstitiel de testicule. Si. au contraire, il constate de l'excitabilité, il prescrit le corps jaune, à la dose de o gr. o5 à o gr. 10 par jour, quelque soit le sexe de l'enfant.

Celle thérapeutique peut provoquer des modifications notables : accroissement delà taille, développement du système pileux, apparition de l'activité sexuelle, amélioration de l'état intellectuel et du caractère.

3° Maladies du système nerveux, — Les maladies du système nerveux entraînent fréquemment un retard du développement intellectuel, et nous consacrerons un chapitre spécial à l'étude des anormaux psychiques, idiots, imbéciles, épileptiques, etc. L'épilepsie, la chorée, provoquent souvent des modifications du caractère , l'enfant devient irritable et instable, son aptitude au travail diminue. Dans la chorée, ces symptômes précèdent parfois l'apparition des mouvements désordonnés.

4° Végétations adénoïdes. — Les végétations adénoïdes sont souvent cause d'inattention et certains auteurs donnent à cette dernière, en raison de sa fréquence, le nom d' « aprosexie des adénoïdiens » (du grec a, privatif, et icpocé^siv, être attentif) -.

Les végétations peuvent aussi provoquer un véritable retard intellectuel. Quand on décèle leur existence deux cas sont à considérer. Tantôt elles interviennent en déterminant une gêne de l'hématose et une dureté de l'ouïe, et, peut-être, d'après la conception de P. Bonnier, en diminuant les excitations de la muqueuse nasale-

1. Raoul Duput, Le traitement des enfants arriérés par l'opolhérapie endocrinienne associée, Académie des sciences, i5 janvier 1912.

2. G. Weber, L'aprosexie des adénoïdiens, Pédiatrie pratique, 5 décembre

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provoquées normalement par le passage de l'air, qui jouent un rôle dans )r\ stimulation du bulbe ; tantôt elles sont associées à un état myxœdémateux fruste. Dans les deux cas, il convient d'en faire l'ablation, mais dans le second, il est nécessaire d'avoir recours, en outre, à l'opothérapie.

5° Maladies diverses. — Los affections du tube digestif, la dyspepsie, la dilatation de l'estomac, la constipation, l'entérocolite, etc., les affections hépatiques déterminent fréquemment delà céphalée, de la torpeur intellectuelle, surtout pendant la période digestive. Aussi est-il nécessaire de se préoccuper, plus qu'il n'est coutume, de l'état des voies digestives de l'écolier, de surveiller avec soin son alimentation, d'obtenir, s'il est possible, comme nous l'avons précédemment réclamé, l'institution de régimes spéciaux dans les internats.

Certains auteurs considèrent les vers intestinaux (ascaris lombricoïdes, oxyures vermiculaires, ténias, etc.) comme une cause possible d'instabilité et d'inattention.

Les maladies du cœur, des reins, etc., qui retentissent sur la nutrition et gênent le développement normal de l'enfant, nuisent également à l'accomplissement de ses fonctions cérébrales.

Les maladies débilitantes, qui provoquent un affaiblissement général de l'organisme, les anémies, la tuberculose latente, l'alcoolisme, une mauvaise hygiène entraînent de même des conséquences lâcheuses au point de vue intellectuel.

Un rôle important doit être attribué à Vhérédo-syphilis, cause si fréquente de dystrophies, de miopragiés diverses, portant en particulier sur le système nerveux. Aux t\ pes morbides bien définis (syndrome deLitlle, diplégies,monoplégies, microcéphalie, atrophie encéphalique, scléroses diffuses et systématisées, etc.) « se relient, par une série d'atténuations, des altérations moins évidentes, moins définies, qui se reconnaissent à des relards plus ou moins marqués dans le développement psychique, à des bizarreries, à des stigmates de dégénérescence, qui font des sujets, non pas des malades, mais des êtres anormaux » (Hulinel) '.

6° Troubles des organes des sens. — Les troubles des organes des sens méritent une place à part, car on les rencontre très fréquemment chez les écoliers paresseux cl inattenlifs.

Une vision défectueuse, par amblyopie, myopie, hypermétropie, astigmatisme, etc., peut èlre la seule cause du retard des études.

•i. Hutinel, Syphilis héréditaire et miopragiés, Archives de médecine des enfants, juillet 1919.

L'enfant qui voit mal profite peu de l'enseignement visuel. S'il ne se plaint pas, c'est souvent par timidité ou par ignorance de son état. « D'une part, dit Binet. parmi les anormaux de la vision, on trouve an nombre d'arriérés scolaires bien supérieur à la moyenne, et, d'autre part, parmi les arriérés scolaires, on trouve un nombre de mauvaises vues bien supérieur à la moyenne. »

De Font-Réàulx a fait les observations suivantes '. Les hypermétropes, qui voient bien, mais avec effort, « sont souvent peu attentifs, ne peuvent pas lire, écrire ou coudre longtemps. Us sont distraits. rêveurs, pour reposer leur accommodation. Ln revanche, ardents aux sports, où leur vision se repose, ils fortifient leurs muscles. Us deviennent de moins en moins studieux à mesure qu'ils vieillissent, le pouvoir accommodatif diminuant avec l'âge »... Les myopes, qui voient mal de loin, « vivent entourés d'une brume plus ou moins dense. Ce sont des écoliers tranquilles. Ils n'aiment pas les sports, car on ne court pas dans le brouillard, et ils développent mal leurs muscles. Par contre, ils adorent la lecture, la couture, le dessin ». Les astigmates « ne peuvent jamais mettre leur regard au point. Ils auront des maux de tète jusque vers 4o ou 5o ans. Sur 10 migraineux, il y a au moins 9 astigmates ».

Pour remédier à l'infériorité qui résulte d'une mauvaise rue, il convient d'attribuer aux enfants une place convenable dans la classe et de leur faire porter des lunettes.

Il serait utile, en outre, à l'exemple de la ville de Strasbourg -. de réunir les enfants amblyopes de toutes les écoles primaires d'une ville dans une seule école spécialement aménagée pour eux et dirigée par un maître lui-même atteint de faiblesse de la vue de façon qu'il connaisse mieux les besoins spéciaux de ces enfants.

h'audilioB doit naturellement être normale pour que l'élève bénéficie complètement de l'enseignement oral. La dureté de l'ouïe, la surdité partielle influent d'autant plus sur le retard de l'instruction qu'elles sont plus prononcées. On devra les dépister avec soin et les corriger par des mesures appropriées.

70 Etats constitutionnels. Types morphologiques. — En dehors des cas que nous venons de passer en revue il y a des sujets normaux ou presque normaux, qui sont des paresseux oudesinat-

1. De Font -Réaulx, Influence de l'état de la vision sur le développement intellectuel et physique de l'enfant, /«•' Congrès des médecins scolaires de langue Jrançaise, Paris, 191 2.

2. E. Redslob, Ecole pour enfants amblyopes, Arch. d' Ophlalm., juillet 1920,

tentifs. Ce sont les enfants inaptes à supporter le régime scolaire.

La façon donl les divers élèves réagissent ù ce régime varie, en effet, suivant le type morphologique qu'ils présentent, connue l'ont montré les travaux de Sigaud et Vincent, Chaillou et Mac- Aulifle, etc.

Ces auteurs distinguent quatre types morphologiques principaux : * le type respiratoire, le type musculaire, le type digestif et le type cérébral.

Le type respiratoire, caractérisé parla longueur du tronc et l'élargissement de la zone naso-malaire, est un type rural ; il demande beaucoup d'air et la vie des champs lui convient particulièrement.

Le type digestif, comme le précédent, est remarquable par la longueur du tronc, mais c'est l'abdomen qui prédomine, non la cage thoracique ', une alimentation forte et reconstituante lui est nécessaire.

Le type musculaire, qui se distingue par la longueur ou l'aspect massif des membres et par le relief accusé des muscles, a besoin de beaucoup d'exercice.

Le régime qui convient à ces trois types pour permettre un travail intellectuel satisfaisant est différent du régime approprié au dernier type ou type cérébral. Celui-ci est caractérisé par une grosse tête en opposition avec le reste du corps qui est fluet, une taille petite, des membres grêles, une ossature légère, une musculature effacée. Les enfants qui présentent un tel type sont particulièrement doués pour l'étude. Comme ils sont déjà entraînés par l'hérédité, l'air, la lumière et l'exercice ne leur sont pas aussi indispensables qu'aux autres.

Ces données morphologiques, dont il ne faudrait pas exagérer l'importance, comportent des applications directes, non seulement pour l'hygiène physique des écoliers, mais encore pour leur éducation intellectuelle. Elles montrent la nécessité de soumettre les enfants à des régimes particuliers, suivant leur tempérament ; à cet égard, l'intervention du médecin est de toute importance.

C'est au médecin d'indiquer la somme de travail qu'on peut exiger d'un enfant, c'est à lui de reconnaître éventuellement la cause de l'inattention, de la paresse, du relard scolaire et de formuler un traitement variable suivant les cas.

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