‹ Hygiène socialeChapitre 3 sur 4 · II. — La Gymnastique Suédoise à l’École et au Foyer · texte numérisé non relu

II. — La Gymnastique Suédoise à l’École et au Foyer

Si maintenant nous nous transportons à quelques kilomètres de Bruxelles, à Vilvorde, au pensionnat de jeunes filles Les Peupliers, dirigé par M'e Lefebure, sœur du commandant, nous y trouvons un gymnase modèle, et un enseignement complet de la gymnastique de Ling, professé par une maîtresse gymnaste suédoise.

Le tableau des mensurations qu’on y a prises sur douze jeunes filles nous indique un développement très marqué de la cage thoracique dans ses diamètres antéro-postérieur et transverse; quand au volume pulmonaire, il s’est accru d’une moyenne de 0,408 centilitres en un an.

Le docteur Hanquet, médecin de l'établissement m'écrit :

« Je puis affirmer que depuis que ces demoiselles s’adonnent régulière- » ment aux exercices de gymnastique suédoise leur santé générale, leur » résistance physique, a gagné dans des proportions considérables. Il n’y » plus de malade, chez vous, disai-je en riant à Me Lefebure, depuis que » vous pratiquez la méthode de Ling et vous allez avoir les médecins . » contre vous. »

Un des grands arguments des adversaires de Ling est d’affirmer qu’une gymnastique bonne pour les peuples du Nord n’est pas bonne pour les peuples du Midi, et particulièrement pour les Français. À priori on peut le considérer comme faux, car l’homme, sous toutes les latitudes, est anatomiquement constitué de la même facon, ses fonctions physiologiques sont identiques.

Pour ce qui est de la France et particulièrement de son Midi, je constate que les effets de la gymnastique suédoise sont aussi indiscutables à Pau, le Midi par excellence où je l’applique chez des jeunes filles ; et à Sarlat, encore le Midi, chez des jeunes gens. ï

J'ai reproduit, des rapports, les plus concluants ‘. Celui de la directrice de l’École normale des institutrices des Basses-P yrénées, à Pau, adressé à M. Martel, inspecteur général de l’Instruction publique, dit qu’à partir du moment où la gymnastique suédoise a été introduite à l’école, le nombre des malades a diminué progressivement. En 1903 il était de 38 élèves ; en 1904, de 27 ; en 190, de 16 élèves ; l'appétit a augmenté ; les élèves ont d’elles-mêmes supprimé leur corset; le rendement intellectuel a été plus grand, surtout aux examens de fin d'année; aucune élève n’a demandé à se faire dispenser de la gymnastique qui a pour toutes un très grand attrait, elles l’aiment et ne la trouvent pas ennuyeuse. Mêmes conclusions de la part de l'Ecole normale des institutrices, à Angoulême. Au collège des garçons, à Sarlat, le principal constate également le relèvement de la santé des élèves, depuis l’application de la gymnastique suédoioe. En 1902, 34 élèves ont séjourné à l'infirmerie ; en 1903, 25 ; en 1904, 17; en 1905, 8 élèves seulement : « Nous faisons, dit-il, des loisirs aux médecins. »

La gymnastique suédoise ne donne pas seulement des résultats à la caserne et à l’école, mais encore au foyer, chez des personnes commençant leur entraînement à un âge relativement avancé.

1. — Pu. Tissié. L'Homme de demain. L’Éducation physique en France. Rapport présenté au Congrès international d'expansion économique mondiale, à Mons. Section I, Enseignement, p. 164, Bruxelles, Hayez, 1905. |

A la suite de mes conférences plusieurs personnes ayant opté pour la | nu. gymnastique de Ling en ont largement bénéficié. Tel le capitaine Pauly 14

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doise, le 1 Octobre 1904.

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du 18° régiment d'infanterie, qui, pour mieux s’appliquer à lui-même les principes de la méthode, a appris le suédois. Au bout de quelques semaines d'entraînement, son tailleur, obligé d'élargir ses tuniques, fut forcé de

| A s’apercevoir des heureux effets de la gymnastique de Ling, appliquée dans: toute sa pureté. Je possède de nombreux documents, du même genre, dans

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lesquels les tailleurs mêmes constatent une modification dans le développement du sommet de la cage thoracique à sa partie antérieure pectorale. La grande erreur, celle qui, jusqu’à ce jour, a retardé l’évolution de la

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gymnastique rationnelle, est l'importance excessive accordée aux muscles.

M. Demeny a sacrifié à cette erreur. Le muscle n’arrive biologiquement J. e + 0 Q 8 fe

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| placent : 1° l’innervation, pour la vie même du muscle ; 2° la respiration, ; À pour son oxygénation ; 3° la circulation, pour l'apport du sang nourricier ; 4° la digestion, pour la constitution du plasma sanguin nourricier; 5° les articulations pour le point d’appui des leviers ; 6° les os, pour les bras de

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Division de sous-officiers photographiés au co.

hé communiqué par M. le commandant Lefebure, commandant l'École de gymnastique militaire de Belgique).

scrime militaires de Belgique, à Bruxelles.

le l'entrainement par la gymnastique suédoise.

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leviers et pour la résistance; 7° les muscles enfin, pour la puissance. La

puissance du muscle est fonction de la résistance du segment. Mais la

puissance musculaire et la résistance segmentaire sont fonction du point |

d'appui articulaire. La puissance musculaire n'existe et ne vaut que par l'existence première des six facteurs ci-dessus désignés. Le muscle est un agent de force, tributaire de nombreuses forces ; il n’est pas la seule force ainsi qu’on l’a cru jusqu’à ce jour ; c’est donc commettre une erreur de ne

voir en gymnastique que des muscles en fonction. En gymnastique, comme

en bien des choses, c’est ce qu’on ne voit pas qui est le plus important. C’est à un muscle qu’on ne voit pas, le diaphragme, qu'est dévolue la principale fonction musculaire vitale au point de vue de la respiration. C’est pourtant ce muscle qu’on violente depuis cent ans avec la gymnas-

tique de suspension aux agrès, trapèze, anneaux, barres fixes, barres

parallèles, recs, etc. C’est encore sur le jeu de ce muscle que la nouvelle école, dite éclectique, apporte une attention trop superficielle. Il ne faut jamais perdre de vue, en gymnastique rationnelle, que la circulation de retour, c’est-à-dire la circulation veineuse et lymphatique, est fonction de la respiration. La circulation de retour est assurée par quatre forces qui font remonter le sang au cœur et qui luttent contre l'attraction terrestre. Ces forces sont : 1° la ois à tergo ; 2° la contraction musculaire ; 3° le jeu des valvules sigmoïdes ; 4° le jeu thoracique dans l'inspiration, ou système de vases communiquants entre les poumons et le cœur droit, par l’artère pulmonaire. Deux de ces forces, la contraction musculaire et l'inspiration sont sous la dépendance de la volonté ; deux sont fixes et imposées, la vis à tergo et le jeu des valvules sigmoïdes.

Toute la science, en gymnastique éducative respiratoire, consiste à savoir mettre en fonction, par antagonisme réciproque, le jeu des deux grands groupes musculaires : celui des inspirateurs, prenant leur point d'appui au-dessus du diaphragme, et celui des expirateurs, prenant leur point d'appui au-dessous du diaphragme‘. On respire d’autant mieux que la somme des efforts nécessités par l'acte respiratoire est moindre. On ne peut se figurer combien les modifications dans le jeu et dans la forme de la cage thoracique sont rapides ni combien les résultats sont encourageants avec une bonne méthode de gymnastique respiratoire, comme la méthode suédoise. |

III, — La Gymnastique Suédoise à la Clinique médicale.

Voici quatre tracés cirtométriques que j’ai pris chez un jeune homme de 20 ans réformé du service militaire pour une pleurésie contractée au cours de son entraînement et dont j'ai traité les adhérences par la gymnastique respiratoire et le massage, en me basant sur les principes physiologiques exposés plus haut.

Les adhérences pleurales avaient déformé la cage thoracique à gauche. Le premier tracé a été pris avant le traitement, le 26 mai 1902; la pleurésie était localisée à gauche, où la courbe de la fig. 6 est aplatie; le poumon droit fonctionnant bien donne une courbe très développée à droite. La ligne à trait plein représente le tour de poitrine dans l'inspiration forcée, la ligne pointillée, dans l’expiration forcée. Le second tracé, (fig. 7), a été pris après le traitement, le 3x1 juillet 1902, deux mois plus tard après

î. — Pu. Tissié. Précis de Gymnastique rationnelle de développement. Gymnastique scolaire et militaire. — Gymnastique hygiénique de chambre. 2° édition, Pau. Imprimerie Garet, 11, rue des Cordeliers, 1905.

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vingt-cinq séances de massage localisé aux muscles inspirateurs à gauche fe et dix séances de gymnastique respiratoire. : fée

La symétrie des lignes a été rétablie en faveur de la courbe, à gauche, alors que la courbe, à droite, surtout dans l'inspiration, a été moins modifiée. :

Si maintenant on reporte les deux courbes en ligne pleine des deux tracés en inspirationl’une sur l’autre, pour savoir de combien s’est développée la cage thoracique, dans quel sens s’est produit

FIGURE 6. — Adhérences pleurales à gauche (tracér). le développement et quelles

— Tracé pris avant le traitement, le 26 mai 1902 Nota : Lire 0,013 au lieu de o,o12 au diamètre obli- tées par le traitement ; si on

que gauche arrière.

sont les modifications appor-

en fait autant pour l’expira-

tion, en repor tant les deux courbes pointillées l’une sur l’autre, on cons-

tate que le gain s’est produit en avant,

en avant; les pertes sont postérieures et latérales (fig. 8-9).

De cette observation, outre le côté purement thérapeutique qui a une grande valeur, je désire tirer une conclusion de philosophie biologique dont la portée est notable,

Je veux parler de l’équilibre dans . la vie. Le corps humain n’échappe

pas à la loi universelle de cet équilibre des forces antagonistes.

L'analyse des tracés cirtométriques pathologiques établit que, dans le cours du traitement respiratoire, les deux côtés ne se sont pas développés également ;

dès le début, seul le côté gauche a

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