ART DE BRODER
Tous les écrivains de l’antiquité sont unanimes sur les chefs-d'œuvre en broderies dus à la main des femmes. Diverses matières précieuses entraient dans ces broderies : l’or, l’argent, la soie et la laine teintes, des pierreries de diverses couleurs y étaient aussi artistement placées. — Le manteau de Jason était cité comme un chef-d’œuvre en teinture et en broderie.— Arachné tissait et brodait à exciter la jalousie de Minerve. — Hélène fît cadeau à Pâris d’une écharpe brodée de ses mains. — Andromaque brodait des fleurs sur une tunique, en attendant Hector qu’elle ne devait plus revoir. — Les Sidoniennes que Péris avait amenées à Troie, brodèrent un voile avec tant d’art et de perfection, qu’Hécube le jugea digne d’être offert à Minerve. — Les Égyptiennes, et particulièrement les Babyloniennes, étaient renommées pour l’habileté de leur aiguille; mais les bro-
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dcuses de Sidon, en Phénicie, l'emportaient sur elles.
Le voile qui couvrait le sein de Cléopâtre, dans le
somptueux festin que celte reine magnifique donna à César, était sorti de leurs mains ; il coûtait 2,000,000 de sesterces, environ 400,000 francs.
On connaissait aussi l'art de brocher et de lamer les étoffes ; cet art, né dans l'Inde, fut également porté en Grèce et à Rome. — Périclès et Alcibiade possédaient de superbes tuniques à bordures brochées; le dernier, surtout, se faisait remarquer par la finesse de ses habits et par la profusion des broderies dont ils étaient chargés. — Le lit d’or sur lequel le tyran Denis fit asseoir le courtisan Damoclès, avait pour couverture un riche tapis à dessins brochés. — La prétexte des sénateurs et des magistrats romains était une robe blanche avec des bordures pourpres brochées sur étoffe.
Les vêtements des riches brillaient par l’éclat des couleurs, la délicatesse des broderies et la finesse du tissu ; la réunion de ces qualités les mettait à un prix très-élevé. — Le manteau d’Alexandre-le-Grand coûtait 100,000 francs; — celui deBdélicléon, fabriqué à Ecbalane, 10,000 francs, selon Aristophane. Le voile de Cléopâtre, dont nous venons de parler, était estimé 400,000 francs. D’après l’élévation de ces prix, on peut juger de la qualité de l’étoffe et de la perfection du travail.