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COIFFURES

Les coiffures des femmes grecques de la haute antiquité et celles des dames romaines dans les premiers siècles de Rome, étaient d'une extrême simplicité. La coiffure consistait alors à séparer les cheveux par une ligne médiane sur le haut de la tète, et à les tresser en longues nattes tombant sur les épaules , ou encore à les arrondir en anneaux détachés pour les laisser flotter autour du cou. Plus lard, parurent les bandeaux bouffants à mècbes ondulées, dont les pointes se tordaient et allaient se perdre dans la masse des cheveux, qui formait, derrière la tête, une torsade ou bourrelet. Cette torsade était maintenue par une étroite bandelette enroulée nommée ténia.

Lorsque la civilisation eut fait progresser les arts et développé le goût du luxe, la coquetterie inventa mille charmantes coiffures pour rehausser la beauté. Tantôt les cheveux, séparés en deux parties égales, formaient des nattes qu’on roulait en couronnes autour de la tète; tantôt la masse des cheveux, nouée sur la région occipitale, se divisait en tresses , boucles , nœuds et ornements divers. Telles étaient les anciennes coiffures grecques et romaines, dont les dessins nous ont été conservés sur des pierres gravées et des bas-reliefs. La mode changea peu à peu ces coiffures; on orna la tète de couronnes de fleurs et de chapelets de

perles; le front fut ceint d’une espèce de diadènje; les nœuds, les tresses varièrent leurs formes; les bandelettes qui s’enroulaient autour des torsades, furent chargées de pierreries; des rubans de soie d’abord, et puis d’or et d’argent , avec des dessins en relief, ornèrent les cheveux et flottèrent sur les épaules; enfin l’art de la coiffure se compliqua et devint très-difficile. Les lois de Rome nous apprennent que les coiffeurs et coiffeuses devaient faire un long apprentissage pour acquérir le goût et l’habileté nécessaires à leur profession.

L’art de la coiffure se divisait en plusieurs branches, et chaque branche possédait ses célébrités. Il y avait des coiffeurs qui travaillaient exclusivement les tresses et les nattes ; d autres qui ne faisaient que les boucles et les crepes. Il y avait des coiffeuses pour les tulules ou bourrelets ; enfin, celles dont le goût s’était développé par une longue pratique, donnaient le dernier coup de main à l’édifice de la coiffure.

Lorsque Rome fut devenue la maîtresse du monde, le luxe et les dépenses pour la toilette s'accrurent si pi odigieusement , que chaque nouvelle conquête, chaque cortège triomphal apportait des innovations dans le vêtement et la coiffure. Quelquefois les cheveux, roulés avec des bandelettes d’or et de pourpre, étaient enfermés dans une délicate résille de perles fines ; d autres fois c’était avec des épingles et des fléchés d or qu’on en fixait les tresses nombreuses

autour d’un diadème étincelant de pierres précieuses. Enfin, à force de vouloir innover et surcharger la tête d’ornements, les dames romaines s’habituèrent peu à peu a des coiffures si riches, si compliquées, qu’elles finirent par ne trouver supportables que celles qui étaient le plus ridiculement surchargées.

Alors on vit des coiffures dites amoureuses, dans lesquelles on donnait aux cheveux la forme d’une colombe, d’un cœur enflammé percé de traits; les

coiffures en lyre, où les cheveux simulaient les deux branches de la lyre. — On vit des coiffures guerrières représentant un casque, un bouclier, une catapulte, une tour crénelée. Ces sortes de coiffures exigeaient une si grande quantité de mèches rondes et plates , de boudins et de nœuds disposés par étages, qu il fallait, pour coiffer ainsi une seule tête , la dépouille de vingt autres têtes. On vit des coiffures en palmier, en saule pleureur, en arélliuse ; 'mais la coiffure la plus compliquée était, sans contre- ’dit, la coiffure olympienne, composée d’une infinité de tresses, depuis la grosseur du doigt jusqu’à la léinuité d une aiguille, et d’une multitude de boucles de toutes dimensions. La tête entière se trouvait recouverte de paillettes d’or et d’argent , de perles, de ibandelettes et de rubans; un diadème étincelant de pierreries mobiles et de ciselures à facettes, complétait cette coiffure, si éblouissante au soleil que les •yeux ne pouvaient en soutenir l’éclat.

On croit généralement que l’art de la coiffure n arriva point, à Rome, au degré de perfection ou 1 on porté nos habiles coiffeurs de Paris ; cependant, on est forcé de convenir, en lisant l’histoire, que les anciens mettaient en œuvre une foule de procédés ingénieux, et qu’ils nous surpassaient par le luxe et la richesse.

Les modes romaines, relatives à la coiffure, sous les Empereurs, furent aussi changeantes, aussi monstrueuses que celles des Français aux dix-sepUeme et dix-huitième siècles (1). Il se faisait à Rome un commerce considérable de cheveux étrangers, de tours et de perruques. Par une de ces bizarreries dont les exemples se rencontrent chez tous les peuples, il arriva une époque où les élégantes Romaines ne ' ou u rent plus conserver la couleur naturelle de leurs cheveux; elles les teignirent donc en roux au moyen d’un savon gaulois qui contenait une forte proportion de chlorure de soude. Bientôt elles ne se contentèrent plus de ce savon, souvent infidèle et dangereux, elles voulurent faire usage de cheveux postiches. Alors on dépouilla les femmes des Cattes et des Ncambres de leur chevelure rousse; on fit venir des Gaules et de la Belgique des cheveux blonds ; il s établit à Rome des boutiques où l'on vendait des eht-

(1) Voyez l’intéressant et très-utile ouvrage intitulé : complète des cheveux et de la harbe , par A. D * J , . eiéni

l’histoire des modes relatives à la chevelure, e les J rjues les plus propres à sa conservation.

gnons gaulois et des toupets germains que les dames adaptaient à leur tête avec tout l’art imaginable. Des femmes cette mode passa aux hommes, et plusieurs hauts personnages, non contents de porter perruques rousses, les poudraient encore avec de la poudre d’or afin de les rendre plus brillantes. La chevelure de l’empereur Commode, qui usait de celte poudre, miroitait au point de faire baisser les yeux à quiconque osait le regarder. La mode des cheveux blonds et roux devint si générale, qu’il n’y eut que les femmes à peau très-brune qui consentissent à conserver la couleur noire de leurs cheveux, encore avaient-elles soin d’en délayer l’ébène par divers procédés.

Plus tard, la mode rejeta la couleur blonde pour lui substituer la noire. Alors, les chimistes de l’épo- .que inventèrent divers procédés mêlanogenes, c’est- •à-dire teignant en noir les cheveux blonds et blancs. Au nombre de ces teintures se trouvait une de celles «qu’on emploie encore aujourd’hui, composée de chaux «et d’un oxyde de plomb qui, au moyen de la chaleur, «se combinait avec le soufre du cheveu et formait un îsulfure noir de plomb. Mais on ne tarda point à l’a- Ibandonner à cause de ses inconvénients et de ses «dangers. (Voyez à ce sujet Y Hygiène complète des 'cheveux, citée dans la note précédente. Toutes les tformules de teintures pileuses, au nombre de vingt, «en usage chez les anciens et les modernes, y sont re-

latées, avec l’indication du choix qu’on doit faire.)

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