CRAVATES. — COLS
Ce fut, dit-on, vers le milieu du dix-septième siècle qu’un régiment de Croates introduisit en France la mode de la cravate. Si ce vêtement a l’avantage de préserver le cou du froid, il a l’énorme inconvénient de prédisposer cette région du corps à beaucoup de maladies : aux maux de gorge, aux angines, aux irritations du larynx et de l’arrière-bouche. Le célèbre Percy rapporte qu’un régiment ayant quitté ses cols dans une balte, pour respirer plus à son aise, le lendemain trois cent soixante hommes entrèrent à l’hôpital, presque tous atteints d’angine inflammatoire.
Lorsque la cravate est trop serrée, il y a gêne de la circulation; et, si cette gêne se prolonge, des saignements de nez surviennent, quelquefois des vertiges et même l’apoplexie I
Les peuples qui conservent le cou nu sont exempts des maladies causées par la chaleur, la constriction et le frottement de la cravate; les femmes et les enfants, qui, chez nous, ont le cou libre, sont moins sujets que les hommes aux maux dégorgé. 11 serait à désirer,que la mode vînt de proscrire la cravate , la liberté et la santé du cou s’en trouveraient beaucoup mieux. Mais, jusqu’à ce que ce jour arrive, il est hygiénique de ne porter pour cravate que des tissus simples et légers ,
exempts de ces carcasses de carton, de poils de sanglier ou de baleine, qui tiennent le cou comme dans un carcan. On se gardera de trop serrer Ta cravate, de la quitter lorsque le cou est en sueur; on devra en desserrer le nœud avant de se livrer aux exercices du chant, de la déclamation, etc., et s’en débarrasser totalement lorsqu’on voudra se livrer au sommeil.