PLEURS ET COURONNES
Les fleurs naturelles et artificielles, soit simples, soit réunies en grappe, en bouquet, ou tressées en couronnes, entraient ordinairement dans la composition des toilettes, et surtout des coiffures. L'antiquité eut des bouquetières célèbres, entre autres Glycère, qui fut l’amante du peintre Pausias et sa rivale dans l'art de composer des guirlandes et des couronnes. Les dames romaines faisaient entrer dans leur boudoir des bouquetières, afin de choisir les fleurs dont elles voulaient se parer. L’art de la uléphanoplocie, c’est-à-dire l’art de fabriquer des couronnes, de mélanger les fleurs, de varier, d’assortir les couleurs, de composer des corbeilles, des guirlandes, de magnifiques bouquets, de donner une forme élégante aux épis, aux gerbes, aux palmes, etc., avait été porté à un tel degré de perfection, que les peintres allaient demander des modèles aux artistes bouquetières, lorsqu’ils avaient des bouquets à peindre. Les écrivains de l’ancienne Grèce nous apprennent qu’en jetant les yeux sur une corbeille de fleurs composée par une habile bouquetière, on ne savait ce qu'on devait le plus admirer, ou de l’éclatante variété des couleurs, ou de l’art avec lequel elles étaient disposées.
Les dames romaines employaient donc les fleurs dans leur parure, de même qu’on les emploie aujourd hui ; déplus, chaque fleur avait son langage. Ainsi, le chèvrefeuille placé dans les cheveux d’une jeune fille nubile, signifiait : Je désireme mûrier ; — un muguet : J e vous écouterai ; — un myrte : Je réponds à vos vœux. — Une tulipe dans les cheveux d une femme mariée voulait dire : J ‘aime mon époux et méprise la louange des hommes, etc. , etc. Aujourd'hui, non-seulement les fleurs d’une coiffure n’ont aucune signification, mais elles jurent quelquefois avec l’âge et la figure des femmes qui les portent.