LE SD
Les autres appareils sont normaux.
Le diagnostic suivant est alors posé: Syndrome de Basedow très net, de date récente (quelques mois), ayant été précédé de phénomènes généraux, fièvre et anémie. Induration du sommet droit. Confirmation radioscopique.
Tel était l'état de notre malade aa mois d'août 1910. Après être restée quelques jours à l'hôpital, elle en sort pour y rentrer de nouveau, toujours à la salle Bouillaud, en octobre 1910. Nouvel examen à cette date. Voici ce qu'on constate :
Les signes du goître exophtalmique ont à peu près disparu : la tumeur du cou ne se sent plus, l’exophtalmisme est très atténué, le tremblement persiste beaucoup moins intense; seule la tachycardie n’a pas diminué, le pouls variant entre 120 et 140 pulsations à la minute.
Du côté pulmonaire, l'examen physique, qui était à peu près muet deux mois auparavant, permet de faire à présent les constatations suivantes :
En avant et à droite :
Percussion. — Submatité au sommet.
Palpation. — Vibrations exagérées.
Auscultation. — Quelques craquements inspiratoires, expi-
ration prolongée, bronchophonie nette, pas de pectoriloquie aphone.
En arrière et à droite:
Percussion. — Submatité dans les fosses sus et ‘sous-épineuses.
Palpation. — Douleur très vive à la pression à la partie interne de la fosse sus-épmeuse. Pas de douleurs spontanées. Vibrations exagérées dans tout le poumon droit.
Auscultation. — Fosse sus-épineuse : Inspiration rude, expiration rude, prolongée et sifflante. Bronchophonie et pectoriloquie aphone. Qi
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. Fosse sous-épineuse el plus bas encore : Inspiration ronflante et rude.
De plus, les signes fonctionnels sont également très accentués, la toux est devenue fréquente, l'expectoration abondante contient des bacilles de Koch, la température monte quotidiennement à 38 et 39 degrés ; de plus, l’amaigrissement est considérable.
Ainsi en deux mois le tableau de la maladie à complètement changé : landis que les signes de goître exophtalmique diminuaient dans de notables proporlions, la tuberculose
accélérait sa marche et amenait la mort de notre malade en décembre 1910.
OBSERvATION Il Ramaud et Bloch (Société médicale des hôpitaux de Paris 1908, page 713)
Le malade que nous avons l’honneur de vous présenter a eu dans sa vie deux épisodes morbides intéressants: un goître exophtalmique et une tuberculose pulmonaire qui semble avoir joué un grand rôle aussi bien dans l'apparition que dans la disparition de la tumeur thyroïdienne et des symptômes fonctionnels qui l'accompagnent.
Voici son histoire en quelques mots :
E. P., 33 ans, maçon, entre salle Rostan, n° 14, dans le service de M. Lion.
Antécédents héréditaires. — Père et mère morts l’un et l’autre vers 60 ans d'accident qu'il ne peut pas préciser, car il avait quitté son village à cette époque. Ils wont jamais pré-
0 EE senté, semble-t-il, le moindre stigmate névropathique, pas plus que leurs enfants.
Antécédents personnels. — Rougeole en PRrAges Réformé pour varices. Son caractère a été calme jusqu’à l'apparition du goître. Il s’est marié en 1897, à l’âge de 22 ans ; sa femme, blanchisseuse de son état, a toujours joui d’une bonne santé; par contre, de ses quatre enfants, trois sont morts de convulsions ou de méningite; la quatrième, seule survivante, est en traitement à Berk-sur-Mer pour une coxalgie tuberculeuse.
Notre malade, tout d'abord assez sobre, a commencé à s’alcooliser deux ou trois ans après son mariage, par conséquent après le début de ses accidents nerveux, et jusqu'à il y a quelques temps encore, il buvait quotidiennement quatre litres de vin rouge, deux absinthes et trois ou quatre petits verres de spiritueux. En revanche, il n’a jamais eu d’accidents vénériens.
Le début du goître D pa remonte en 1898, c'està-dire un ân après son mariage. [l remarqua alors que son cou grossissait, que ses yeux devenaient plus saillants, que son caractère se modifiait sensiblement et devenait plus irritable; les nuits se passaient sans sommeil et un certain tremblement agitait ses membres à la moindre émotion. Tous ces renseignements, d’ailleurs, nous ont été confirmés très exactement par sa femme que nous avons interrogée à ce sujet.
Néanmoins, 1l n'avait ajouté que peu d'importance à tous ces accidents, lorsqu’en 1901, étant à Etampes, il fit une chute de neuf mètres de nt chute assez heureuse cependant puisqu'il n'eut qu'une simple plaie du cuir chevelu, sans fracture. Mais les symptômes de la maladie de Parry- Graves prirent aussitôt un grand développement, ce qui frappa, paraît-il, le médecin de l'hôpital d’Etampes. Son cou
avait grossi au point qu'il fut obligé d'élargir tous ses cols de chemise ; ses yeux devinrent très saillants ; pour la première fois, 1l éprouva de fréquentes palpitations ; son pouls devint rapide; mais il ne peut nous donner quelques précisions làdessus. En même temps, il éprouvait une continuelle sensaton de chaleur ; sa peau était moite. Il devint extrêmement irritable et passa presque toutes ses nuits sans sommeil. Seul le tremblement ne se modifiait pas. |
En 1904, il nota que les symptômes précédents avaient une tendance à retrocéder et, en 1905, le cou avait repris ses dimensions normales. Mais en même temps, il remarqua, dans le creux sus-claviculaire, la présence de paquets ganglionnaires peu douloureux. |
Voilà pour son passé exophtalmique. La tuberculose, de son côté, avait débuté vraisemblablement en 1896, deux ans avant son goître, par des rhumes de longue durée ; en 1901, après son accident, ces rhumes devinrent plus tenaces et plus longs ; il maigrit, perdit ses forces et ne put travailler qu’en prenant de fréquents repos. En 1905, apparurent les premières adénopathies cervicales et cette apparition coïncide avec la rétrocession du goître.
= Voyons maintenant ce qui reste à P... de sa maladie de Parry-Graves et de sa tuberculose pulmonaire.
Régression de l’exophtalmisme et des signes (Mœæbius, etc.) Le corps thyroïde ne se sent plus à la palpation, mais il y a de nombreuses adénopathies sus-claviculaires.
Les battements de cœur sont réguliers et fréquents, 96 à a minute ; la pression artérielle est de 14 à 15. Le caractère devenu normal ; plus de chaleur. Les sueurs sont vespérales et proviennent d'un état de tuberculose avancée les urines sont normales. ;
L’anorexie est complète, la constipation alterne avec la
diarrhée.